Le récit se déroule dans un lieu et à un moment indéterminés, un endroit aride évoque le désert américain et les westerns crépusculaires.
Le récit se déroule dans un lieu et à un moment indéterminés, un endroit aride évoque le désert américain et les westerns crépusculaires.

Pompéi : Pas d’amour et trop d’ennui ** 1/2

CRITIQUE / Pompéi a beau compter sur une sélection à la récente Berlinale, dans la section Generation 14+, il ne prendrait pas l’affiche ici sans Aliocha Schneider en vedette. Le charismatique Québécois livre une bonne performance, mais ça ne sauve pas le film de son marasme.

La proposition d’Anna Falguères et de John Shank, dont c’est la première et deuxième présence à la réalisation d’un long métrage, respectivement, ne manque pas d’audace. Le récit du drame se déroule dans un lieu et à un moment indéterminés — même si les voitures sont vieilles et qu’il n’y a pas de cellulaires, ce qui donne un indice.

Cet endroit aride évoque le désert américain et les westerns crépusculaires, bien que les protagonistes s’expriment en français. Ce groupe de jeunes, laissés à eux-mêmes, y habite, rassemblé comme une meute autour de Toxou (Vincent Rottiers).

Le chef de bande a pris Victor (Aliocha Schneider) et son petit frère Jimmy (Auguste Wilhelm) sous son aile. Ce dernier se trouve à trois semaines de devenir un homme — comprendre sa première relation sexuelle, dans un cadre bien défini.

En attendant, les trois s’échinent à réparer une auto dans une station essence abandonnée et à creuser les environs à la recherche de reliques qui leur permettront de payer leur dette à un énigmatique receleur. Avec sa dégaine à la James Dean, souvent torse nu, Victor s’y promène à moto avec pas de casque.

Jusqu’à l’arrivée de Billie (Garance Marillier), jeune fille androgyne et rebelle qui refuse de se plier aux règles de cette microsociété et bouscule l’ordre établi. Ils vont craquer l’un pour l’autre, au désespoir Toxou, qui ne comprend pas ce désir d’émancipation et de liberté.

Victor (Aliocha Schneider) et Billie (Garance Marillier) vont craquer l’un pour l’autre.

Le film loge quelque part entre le Paris, Texas de Wenders et Jeanne de Bruno Dumont dans sa recherche de minimalisme et d’un cadre qui détonne. Dans ce décor écrasé par le soleil brûlant, tout se déroule au ralenti, distillant un ennui qui finit par contaminer le spectateur même avec beaucoup de bonne volonté.

L’économie de dialogues et l’omniprésence du bruit du vent contribuent aussi à cette volonté d’épure, sans qu’il s’en dégage toutefois quelque chose de vraiment signifiant. Nous reste à admirer la magnifique direction photo de Florian Berutti et la bonne maîtrise des cinéastes de l’art de l’ellipse qu’il saupoudre d’une dose de réalisme magique.

La conclusion, sur laquelle plane un suspense, vient marquer la fin d’un monde. Dans cet univers figé, rien ne sera plus comme avant. Mais leur destin nous laisse complètement indifférent.

Au générique

Cote : ** 1/2

Titre : Pompéi

Genre : Drame

Réalisateurs : Anna Falguères, John Shank,

Acteurs : Aliocha Schneider, Garance Marillier, Vincent Rottiers

Durée : 1h35