Louise Marleau passera une semaine à Percé, puisqu’elle préside le jury des Percéides.

Percéides: un festival qui voit grand

PERCÉ — Avec la projection de 125 œuvres, la présence de 60 invités participant à 30 événements spéciaux, la présence de l’école de cinéma et l’organisation d’une troisième ciné-croisière, il est permis de dire qu’il a bien grandi, le Festival international de cinéma et d’art les Percéides depuis son premier épisode, il y a 10 ans.

Ce festival se déroulera du 15 au 25 août en trois lieux principaux de Percé : le Centre d’art, au cœur du village, la Vieille usine de l’Anse-à-Beaufils, une dizaine de kilomètres plus à l’ouest, et la plage, où des projections nocturnes ont lieu.

«Les premières Percéides avaient été tenues en trois jours, et on avait projeté 30 films», évoque François Cormier, directeur artistique et fondateur de l’événement, qui vante la capacité d’innovation de son équipe pour expliquer l’évolution de l’événement.

Bien que l’école de cinéma constitue une composante distincte des Percéides, François Cormier la perçoit comme un élément qui nourrit l’événement, et vice versa.

«L’école, ça fait partie d’un même projet. C’est l’éducation cinématographique qui est l’inspiration des Percéides», dit-il.

L’école est menée du 10 au 18 août par la cinéaste Léa Pool et le directeur photographique Pierre Mignot, qui formeront 17 personnes, dont un tiers de Gaspésiens et quelques étudiants de l’extérieur du pays, dont la France. La présence de ces deux professeurs sera mise à contribution à plus d’un égard par François Cormier.

«La classe de maître au lieu avec Léa et Pierre, à la Vieille usine. Ils seront aussi à bord du bateau le 24 août pour la ciné-croisière, avec Louise Marleau et Louise Portal», note-t-il.

Louise Marleau passera une semaine à Percé, puisqu’elle préside le jury des Percéides. Léa Pool et elle ont travaillé ensemble dans La femme de l’hôtel. «C’est de ce rôle que l’idée m’est venue de l’inviter comme présidente du jury», précise François Cormier.

Une projection spéciale de ce film aura lieu en matinée le 24 août, avant la ciné-croisière. La projection sera suivie d’une discussion avec Mme Marleau.

François Cormier hésite toujours un peu quand Le Soleil lui demande de suggérer quelques films de sa programmation aux cinéphiles, mais il cède généralement.

«Le long métrage du réalisateur gaspésien Éli Laliberté, Florent Vollant – Faiseur de Makusham, est un incontournable», dit-il à propos du documentaire présenté en première mondiale. MM. Laliberté et Vollant seront sur place pour échanger avec le public.

Farouchement Kittie, un documentaire relatant la vie de l’artiste-peintre Kittie Bruneau, occupe aussi une place de choix dans la liste de M. Cormier.

«Elle a vécu à l’île Bonaventure. Elle est sensibilisée aux beautés de la nature. Elle est extrêmement liée à Percé. Il y a en plus cet heureux mariage avec le Musée le Chafaud, qui présente une exposition sur les œuvres de Kittie Bruneau tout l’été à Percé», signale-t-il. Mme Bruneau accompagnera le cinéaste Alain Goudreau, lors de la projection, en première.

Des centaines de milliers de Québécois ont vu Mommy, le chef d’œuvre de Xavier Dolan, mais peu l’ont vu avec la possibilité d’en discuter par la suite avec l’acteur Antoine Olivier Pilon. Ce sera possible à Percé. «Antoine Olivier a grandi ici, en Gaspésie. Ça fait partie de son histoire», précise François Cormier. 

Sélection internationale

La sélection internationale des Percéides est étoffée. Elle compte notamment Cold War du Polonais Pawel Pawlikowski, prix de la mise en scène à Cannes en 2018, le film islandais Une femme en guerre de Benedikt Erlingsson et Dogman de l’Italien Matteo Garrone, qui a valu à Marcello Fonte le prix d’interprétation masculine à Cannes en 2018.

Le film français Les drapeaux de papier, réalisé par le très jeune Nathan Ambrosioni, 19 ans, viendra clore la programmation le 25 août.

Les amateurs de courts métrages sont par ailleurs conviés à 23h le 23 août au Centre d’art à la projection d’œuvres de cinéma fantastique présentée au Festival Spams de Montréal, sous la direction de Jarrett Mann.

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RENOUER AVEC PERCÉ

L’actrice et présidente du jury des Percéides, Louise Marleau, renouera avec Percé lors du festival de cinéma. Il y a plus d’une décennie qu’elle n’a visité ce secteur «où je suis venue souvent quand j’étais jeune».

Percé lui a déjà permis de refaire son énergie, «après six mois de tournage dans le sud de la France». Cette fois, c’est pour travailler qu’elle viendra en Gaspésie, et elle se prépare déjà en se documentant sur les 18 films en compétition, «dont six par des femmes», insiste-t-elle.

La présence de Léa Pool aux Percéides et la projection de deux films dans lesquels Mme Marleau a joué, Anne Trister et La femme de l’hôtel l’avaient incitée à envisager une présence à Percé. L’appel du directeur artistique François Cormier a fait le reste.

«J’ai souvent fait partie de jurys, mais je n’en ai jamais présidé un. Je suis un peu gênée. Je ne me sens pas dans ma peau […] Je me rends compte que c’est du travail, avec les entrevues, et je travaillerai fort. C’est formidable que des films d’auteur soient présentés dans un festival en région. Notre mission, c’est de faire connaître notre métier. Je vais voir du cinéma, je vais à la découverte de nouvelles personnes, de nouveaux films et à la redécouverte de Percé. Je n’ai vu aucun des films, excepté Des histoires inventées, sur Marc-André Forcier, dans lequel j’ai une petite participation», explique Louise Marleau.