Leilani (Issa Rae) et Jibran (Kumail Nanjiana) passent une nuit difficile dans <em>Les tourtereaux</em>.
Leilani (Issa Rae) et Jibran (Kumail Nanjiana) passent une nuit difficile dans <em>Les tourtereaux</em>.

Les tourtereaux : Surtout pour le duel d’acteurs ** 1/2

CRITIQUE / Tout se recycle à Hollywood, y compris un genre presque oublié. Les tourtereaux (The Lovebirds) remet au goût du jour la screwball comedy en misant sur deux acteurs — Kumail Nanjiani et Issa Rae — qui se livre à un duel en feu d’artifice. Rien de subtil, un bon rythme et un couple querelleur qui se fissure; voilà des ingrédients qui plaisent pour autant qu’on ait la tête à un divertissement léger.

La screwball comedy, popularisée dans les années 30 et 40, se veut une satire de l’histoire d’amour traditionnel qui se distingue par une femme dominante qui bouscule la masculinité de son partenaire. Comme ici avec Leilani (Rae) et Jibran (Nanjiani). C’est moins révolutionnaire qu’à l’époque, mais la bataille des sexes s’avère, semble-t-il, un sujet indémodable.

Pour Les tourtereaux, le canevas s’apparente à celui de Mean Streets (1973) de Scorsese : une soirée normale, fertile en rebondissements (parfois invraisemblables), qui vire au cauchemar.

Notre duo habitant La Nouvelle-Orléans se rend à un souper lorsqu’ils renversent un coursier à vélo. À peine relevé, ce dernier prend la fuite. De retour vers l’auto, le couple est bousculé par un flic en civil qui poursuit le cycliste. Une fois rattrapé, il lui passe dessus à répétition puis s’enfuit.

Traumatisés, Leilani et Jibran sont convaincus qu’on les accusera du meurtre. Ils décident de retrouver le mystérieux Moustache (Paul Sparks) pour prouver leur innocence. Évidemment, ils sont maladroits, à la limite du ridicule, et accumulent les gaffes. Les deux incorrigibles bavards réussissent néanmoins à faire avancer leur enquête.

Il faut une bonne dose de crédulité ou de bon vouloir de la part du spectateur… Mais on rigole.

On s’attendait à mieux de Michael Showalter, qui a connu un immense succès avec The Big Sick (2017), qui mettait aussi en vedette Kumail Nanjiani. Il y avait une différence majeure : la qualité du scénario. Celui des Tourtereaux, écrit par Aaron Abrams et Brendan Gall, est bancal et prévisible.

Le clin d’œil appuyé à la séquence d’orgie des Yeux grands fermés (1999) de Kubrick fait sourire, mais le manque de maîtrise du langage cinématographique de Showalter, et la paresse de sa réalisation, n’en sont qu’encore plus évidents. Les trois quarts des scènes sont tournées en champ / contrechamp...

Évidemment, avec deux acteurs qui dialoguent sur le 220, malgré la pauvreté de leur réplique, on peut comprendre que le réalisateur ait opté pour une solution qui leur laisse toute la place.

C’est le principal attrait de ce long métrage — en plus de miser sur un couple issu des minorités. La chimie entre les deux acteurs, dans des rôles opposés, fonctionne bien. Évidemment, Showalter joue sur les contrastes, reste que les segments sentimentaux manquent de crédibilité.

La comédie romantique mise sur un couple issu des minorités.

Les tourtereaux rentre dans la catégorie des films d’avion : parfait pour se changer les idées, mais vite oublié. Disons que c’est bon aussi dans la catégorie COVID-19.

Paramount misait beaucoup sur cette comédie romantique décalée, dont la première mondiale était prévue à South by Southwest, suivie d’une sortie en salle. Pandémie oblige, les droits ont été vendus à Netflix, qui l’offre à compter du vendredi 22 mai.

Au générique

Cote : ** 1/2

Titre : Les tourtereaux

Genre : Comédie romantique

Réalisateur : Michael Showalter

Acteurs : Kumail Nanjiani, Issa Rae

Durée : 1h27