En peine économiquement, la Jordanie s’est engagée depuis le début du XXIe siècle dans une opération de charme vis-à-vis de l’industrie du cinéma.

La Jordanie, un décor de choix pour Hollywood

AMMAN — De «Lawrence d’Arabie» au dernier «La guerre des étoiles», son paysage couleur ocre est reconnaissable entre mille : dans le sud de la Jordanie, le Wadi Rum est une pièce-maîtresse de ce petit pays du Moyen-Orient pour jouer dans la cour des superproductions hollywoodiennes.

Planté à l’écart de la voie reliant la capitale Amman aux rives de la mer Rouge, ce désert aux impressionnantes formations rocheuses est ancré dans l’imaginaire des cinéphiles depuis que Peter O’Toole l’a arpenté à dos de chameau dans Lawrence d’Arabie en 1962. Mais la liste des films à succès montrant ces paysages est longue.

Ces derniers années, après Seul sur Mars avec Matt Damon, Will Smith est venu y tourner à partir de fin 2017 Aladdin, une production Disney.

«Quand nous avons atterri en Jordanie, tout à coup, tu commences à te représenter les sentiments du personnage, comme quand nous étions au Wadi Rum [...]. C’était authentiquement spectaculaire», a dit l’acteur américain lors d’une conférence de presse à Amman en mai, au moment de la sortie du film.

Attirer les tournages

En peine économiquement — contrairement à nombre de pays de la région, elle est dépourvue d’hydrocarbures —, la Jordanie s’est engagée depuis le début du XXIe siècle dans une opération de charme vis-à-vis de l’industrie du cinéma.

Une Commission royale du film de Jordanie a été créée en 2003, avec l’idée de faire du pays un «immense studio en plein air», selon son directeur général, Mohannad Al-Bakri.

Pour attirer les réalisateurs du monde entier, cet organisme présidé par le prince Ali ben Al Hussein, demi-frère du roi Abdallah II, offre une liste d’avantages techniques et financiers. Les sociétés de production peuvent par exemple se faire rembourser 10 à 25 % de leurs dépenses sur place si celles-ci dépassent 1,5 million $, ou bénéficier d’exemptions fiscales sur les équipements importés.

«Choix naturel»

Présent en mai au côté de Will Smith, le réalisateur d’Aladdin, Guy Ritchie, a surtout voulu insister sur la qualité des sites, disant avoir vu dans le Wadi Rum «un choix naturel» pour y tourner plusieurs scènes du film inspiré du conte des Mille et une nuits, Aladin et la lampe merveilleuse.

«Il y a une telle paix ici, dans le désert, c’est incomparable», a également argué l’acteur Mena Massoud, qui joue le rôle d’Aladdin.

Mais cette tranquillité d’esprit est aussi le fruit d’un travail réalisé en amont des tournages, arguent les promoteurs de la destination.

À ce titre, Munir Nassar, directeur de Zaman Project Management, une société locale de production, dit avoir préparé le tournage du dernier épisode de La guerre des étoiles, L’ascension de Skywalker, pendant cinq longs mois. «Quand les acteurs sont arrivés, le tournage a duré 12 jours, et puis ils sont partis», souligne M. Nassar, un ex-ministre du Tourisme.

Rogue One, épisode autonome de la franchise, avait déjà été filmé dans le désert jordanien. Et la société de production de M. Nassar a participé à quatre autres tournages, dont celui de Mission sur Mars, de Brian de Palma.