Tom Hanks incarne Ernest Kruase, capitaine d’un contre-torpilleur à la tête d’un convoi de navires alliés qui traversent l’Atlantique Nord pour aller ravitailler l’Europe en troupes, carburant et vivres.
Tom Hanks incarne Ernest Kruase, capitaine d’un contre-torpilleur à la tête d’un convoi de navires alliés qui traversent l’Atlantique Nord pour aller ravitailler l’Europe en troupes, carburant et vivres.

Greyhound: l’ennemi invisible ***

CRITIQUE / Dans Greyhound, Ernest Krause (Tom Hanks) et ses hommes font face à un ennemi invisible sournois et mortel. Mais à la différence de la COVID-19, la menace se révèle beaucoup plus concrète lorsqu’elle émerge: des U-Boots. L’acteur vénéré, qui signe également le scénario, y incarne le capitaine d’un contre-torpilleur dans ce drame de guerre crépusculaire, minutieusement reconstitué, mais qui demeure en surface.

Février, 1942, en pleine Seconde Guerre mondiale. Le Greyhound joue un rôle de protection (une corvette canadienne aussi) à la tête d’un convoi de navires alliés qui traversent l’Atlantique Nord pour aller ravitailler l’Europe en troupes, carburant et vivres. Les bateaux entrent dans ce que les marins surnomment le trou noir: un espace où ils sont dépourvus de couverture aérienne.

La température y est glaciale, la mer démontée, l’équipage à cran — un climat exacerbé par la musique anxiogène ainsi que le bruit des vagues et du vent. Mais le véritable danger prend la forme de sous-marins allemands.

Une demi-douzaine d’entre eux entourent bientôt le convoi, attendant le moment propice pour attaquer. S’amorce alors une guerre d’usure qui place le commandant Krause face à des dilemmes insoutenables: doit-il sauver des hommes à la mer ou les abandonner pour porter secours à un navire marchand attaque par les nazis?

Krause pilote pour la première fois un convoi et il est entouré de marins à peine sortis de l’adolescence. Ce qui renforce le sentiment de peur et la tension constante que dégage Greyhound.

Par un souci d’authenticité, le réalisateur Aaron Schneider a tourné quelques scènes dans le seul navire conservé de l’époque, mais l’utilisation évidente d’images générées par ordinateur (CGI) lorsque le Greyhound affronte les vagues démontées de l’océan gâche le plaisir. Tout comme l’usage excessif de jargon maritime, redondant et source d’agacement.

En adaptant Bergers sur la mer (1955), roman de C. S. Forester basé sur des faits réels, Tom Hanks a pris le pari — risqué — d’un presque huis clos sur le contre-torpilleur. L’occasion était belle de dépeindre ses protagonistes plus en profondeur, mais, curieusement, il a évité de le faire.

La plupart des personnages secondaires manquent cruellement de substance. Même son Ernie Krause reste flou. Une séquence avec sa fiancée (Elisabeth Shue), au début du film, s’avère totalement superflue et n’apporte rien à l’intrigue.

Tom Hanks peut donner de l’envergure à son interprétation avec trois fois rien.

Heureusement, l’acteur peut donner de l’envergure à son interprétation avec trois fois rien. Il apparaît évident que son capitaine dévot est un humaniste sensible qui accorde beaucoup d’importance à son prochain, qu’il soit son coéquipier ou son ennemi (dépeint ici de façon caricaturale en voix hors champ d’un commandant allemand).

La réalisation d’Aaron Schneider (Le grand jour, 2009) se révèle à l’image du film: restreinte plutôt qu’avec de l’amplitude. Quelques plans aériens viennent donner de l’air aux scènes confinées à l’intérieur de la timonerie du Greyhound. Mais rien de mémorable — on est loin de Das Boot (1981) de Wolfgang Petersen.

Greyhound devait bénéficier d’une sortie en salles, mais avec la pandémie, Sony a plutôt décidé de le vendre à Apple TV+, qui le diffuse en ce moment.

Au générique

Cote: ***

Titre: Greyhound

Genre: drame de guerre

Réalisateur: Aaron Schneider

Acteurs: Tom Hanks, Stephen Graham, Rob Morgan

Durée: 1h27