Le film <em>Everest</em> permet de voir le toit du monde en réalité virtuelle. 
Le film <em>Everest</em> permet de voir le toit du monde en réalité virtuelle. 

De l’Everest à l’Amazonie, la réalité virtuelle s’invite à la maison avec PHI VR TO GO

Geneviève Bouchard
Geneviève Bouchard
Le Soleil
Une virée vertigineuse au sommet de l’Everest, comme si vous y étiez, mais dans le confort de votre salon, ça vous dit? Ou pourquoi pas dans la jungle amazonienne ou dans un sinistre gymnase hanté de fantômes enfantins? Voilà quelques destinations qui vous seront offertes par le projet PHI VR TO GO, une expérience de réalité virtuelle livrée à domicile proposée dès vendredi par le Centre Phi de Montréal.

Le Soleil a eu l’occasion de tester le concept. Sur réservation, un casque de réalité virtuelle est acheminé chez vous par un livreur. Tout le contenu cinématographique y est déjà, suffit de l’enfiler, de s’installer confortablement et de profiter du voyage décliné en une dizaine de courts métrages immersifs primés dans des festivals internationaux.

Né pendant le confinement, le projet s’est déployé dès le printemps dans la métropole. Et il a semble-t-il fait mouche, si bien que le Centre Phi, spécialisé dans la création et la diffusion artistique multidisciplinaire, a voulu l’exporter. De l’intérêt a été démontré à l’international, mais l’équipe s’est d’abord tournée vers Québec pour partager l’expérience. 

«Très rapidement au début du confinement, on s’est demandé comment on allait faire pour continuer d’offrir ce qu’on a l’habitude d’offrir, entre autres de la réalité virtuelle, à notre public. À force de réfléchir, on s’est dit : “Les gens ne viennent plus chez nous, comment peut-on aller chez eux?”» résume la commissaire du projet, Myriam Achard. 

Une programmation pour Québec

Si une sélection de films en réalité virtuelle avait déjà été faite pour le public montréalais, une programmation a été élaborée spécialement pour Québec, notamment pour y inclure davantage de contenu francophone. 

Certaines propositions unilingues anglophones ont été conservées en raison de leur qualité jugée exceptionnelle. «Pour moi, en tant que commissaire, la priorité est de présenter le meilleur contenu possible. Je ne fais pas de compromis sur la qualité», explique Myriam Achard. 

C’est le cas du saisissant court métrage Travelling While Black de Roger Ross Williams et Ayesha Nadarajah, qui nous amène à l’intérieur du restaurant Ben’s Chili Bowl de Washington, où la question des inégalités raciales aux États-Unis — et de la brutalité policière — est abordée de manière aussi sensible que percutante. «Il fallait que ça reste dans la programmation, même si c’est juste en anglais. C’est tellement important comme œuvre», note M0 Achard. Toujours brûlant d’actualité, le sujet nous happe d’autant plus qu’il nous amène à partager la table de ceux qui l’abordent en toute intimité, donnant l’impression qu’on n’aurait qu’à tendre la main pour toucher la leur. 

<em>Traveling While Black</em>

Côté visuel, le film Everest de Jonathan Griffith offre à voir un tableau époustouflant — et qui a parfois de quoi donner le vertige — du sommet du monde, tandis qu’un grimpeur pousse les limites de son corps en faisant l’ascension sans avoir recours à des bouteilles d’oxygène. 

De la montagne à la jungle, Ayahuasca propose une expérience dans le monde des plantes, guidée par un guérisseur indigène dans la forêt amazonienne. 

Entre le touchant documentaire Vestige d’Aaron Bradbury, qui explore le deuil d’une femme en utilisant la capture directe en volumétrie (avec une narration de Marion Cotillard) et l’inquiétant Gymnasia de Chris Lavis et Maciek Szczerbowski, qui nous enferme dans un gymnase hanté par des pantins, l’expérience ratisse large. 

<em>Gymnasia</em>

«On a voulu montrer qu’avec la réalité virtuelle, on peut présenter des œuvres qui vont autant dans l’animation que dans le documentaire, avec ou sans paroles...» résume Myriam Achard

Les amateurs de cirque seront ainsi servis avec ce tête-à-tête à 360 degrés avec les personnages du spectacle Alegria du Cirque du Soleil. Les amoureux des chevaux auront de leur côté de quoi être intrigués par une sombre et singulière danse équestre. 

Tandis qu’une courte fiction nous transporte pendant quelques minutes dans un mignon monde de zombies, un documentaire presque surréaliste fait visiter à vol d’oiseau des villes chinoises reproduisant des pans de Paris, de Venise ou de Londres. 

La programmation comprend à peu près deux heures de contenu qui pourra être regardé pendant les 48 heures de la location. 

<em>Alegría - A Spark of Light</em>

Un partenaire dans la capitale

Pour rendre l’expérience de PHI VR TO GO possible dans la capitale, Le Centre Phi a pu compter sur un partenaire local : l’équipe d’Immersion Québec, attraction touristique qui propose généralement des visites virtuelles de la ville et de son histoire.

Comme la pandémie de COVID-19 a privé la capitale de ses habituels visiteurs étrangers, une vingtaine de casques de réalité virtuelle ont été mis à la disposition du Centre Phi.

Il en coûte en tout 68,75 $ (incluant les frais de livraison) pour la location pendant deux jours du matériel et du contenu de l’expérience PHI VR TO GO. Un dépôt remboursable de 250 $ est aussi demandé pour le prêt du casque de réalité virtuelle. 

Dans le respect des consignes sanitaire, les règles de distanciation physique s’appliquent pendant la livraison et le retour des casques, qui sont désinfectés en utilisant un processus ultraviolet et emballés dans un sac de plastique. Aucun autre matériel que celui qui est fourni n’est nécessaire pour profiter de l’expérience. 

Détails et réservations au phi-centre.com/evenement/fr-phi-vr-to-go/