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Cinéma

«La belle époque»: retour en arrière ***

CRITIQUE / Dans le récent «Les plus belles années d’une vie», Claude Lelouch postulait que le meilleur est à venir et que, parfois, la tendresse résiste au passage du temps. Ce n’est pas tout à fait le cas de Victor, qui se retrouve à la rue après 40 ans de vie commune, à son grand désespoir. Jusqu’à ce qu’on lui fasse une proposition attrayante : revivre le moment où il est tombé en amour avec sa femme…

Le deuxième long métrage de Nicolas Bedos, le réjouissant La belle époque, s’inscrit tout à fait dans le prolongement de Monsieur et Madame Adelman (2017). Ce dernier s’ouvre avec les funérailles de Monsieur. L’enterrement devient un prétexte à un retour en arrière où le spectateur assiste au premier rendez-vous amoureux du couple, point de départ d’une chronique sur les cinquante années de ce tumultueux mariage.

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Merci pour tout: Julie Perreault et Magalie Lépine-Blondeau en chicane

Le duo aux antipodes est une formule éprouvée, surtout pour les comédies. Le cinéma québécois l’utilise presque tous les étés, avec Louis-José Houde ou Patrick Huard. «Merci pour tout» ne réinvente pas la roue en mariant Julie Perreault et Magalie Lépine-Blondeau, deux sœurs qui s’évitent depuis une banale chicane et sont réunies par la mort de leur père. Des rôles qui contrastent fortement avec la complicité qui unit les populaires actrices.

Les éclats de rire fusent, les sourires rayonnent dans cette entrevue croisée — on croit la réalisatrice Louise Archambault lorsqu’elle évoque ses problèmes de discipline sur le plateau. Ce qui devenait un peu plus compliqué pour les scènes dramatiques — l’humour sert à mesurer le gouffre qui sépare les sœurs. Un écart qui se comble petit à petit.

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Louise Archambault: le doux souvenir d’Andrée Lachapelle

La sortie de «Merci pour tout» arrive à point nommé pour Louise Archambault après «Gabrielle» (2013) et «Il pleuvait des oiseaux» (2019), deux films intenses. La comédie vient un peu alléger le deuil de la réalisatrice même si elle chérit un doux souvenir d’Andrée Lachapelle.

Volonté du distributeur d’une sortie en septembre pour Il pleuvait des oiseaux — et tournage hâtif pour Merci pour tout —, les deux longs métrages sont arrivés en salle à quelques mois de distance.

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Le film de la semaine: «Les éblouis» *** 1/2

CRITIQUE / Sarah Suco n’a pas choisi la voie de la facilité pour son premier long métrage. En bonne partie inspiré par sa jeunesse, le poignant «Les éblouis» raconte l’impact pernicieux qu’a sur quatre enfants la volonté des parents d’intégrer une communauté chrétienne menée par un pasteur charismatique. La cinéaste française évoque avec beaucoup de doigté l’embrigadement d’une famille aveuglée par sa foi.

Pour raconter son histoire, dans tous les sens du terme, Sarah Suco a décidé d’adopter le point de vue de Camille (Céleste Brunnquell, une révélation). L’aînée a 12 ans, réside à Angoulême et se passionne pour les arts du cirque.

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Jumanji — le prochain niveau: jouer le jeu ** 1/2

CRITIQUE / Le succès commercial de la relance de Jumanji, avec Bienvenue dans la jungle, a généré exactement le produit hollywoodien habituel dans de telles circonstances : une franchise sans originalité. Pour Le prochain niveau, Jake Kasdan s’est contenté de répéter la même recette, divertissante, mais plombée par une réalisation terriblement convenue et un scénario prévisible. Il faut être prêt à jouer le jeu.

Petit rappel : le Jumanji de 2017 se voulait une suite logique à l’original (Joe Johnston, 1995) et se déroulait avec une vingtaine d’années plus tard. Quatre finissants du secondaire étaient projetés dans le jeu vidéo du même nom : le nerd Spencer, le sportif Fridge, la bavarde superficielle Bethany et la timide intello Martha. 

Ils fréquentent maintenant l’université, mais sont réunis pour la période des Fêtes. Un soir, à l’insu de ses amis, Spencer branche la console et se retrouve à Jumanji. Ils n’auront d’autre choix que de le suivre (pour le ramener) lorsqu’ils découvrent le pot aux roses.

Leurs avatars sont — évidemment — interprétés par la distribution de l’épisode précédent : Dwayne Johnson, Kevin Hart, Karen Gillan et Jack Black. 

Petite variante, qui sert de ressort comique : le grand-père de Spencer et Milo, présents dans la maison, sont aspirés au même moment (sans raison apparente, Bethany reste en arrière). Les deux papis, dont l’amitié est en morceaux depuis 15 ans, vont passer leur temps à s’étriver…

Dans la logique du jeu vidéo, nos aventuriers devraient accéder à un niveau supérieur. Pas vraiment. Les scènes d’action sont une coche en dessous du film précédent. À part, peut-être, le passage avec les ponts suspendus qui swinguent et les mandrills sauvages (des primates proches du babouin), un autre clin d’œil à Indiana Jones. Jake Kasdan est le fils de Lawrence, scénariste des Aventuriers de l’arche perdue (Spielberg, 1981).

Le réalisateur et ses acolytes multiplient d’ailleurs les références à la culture populaire — Mission : Impossible, Dr Doolittle, Le Trône de fer, Wicked Games (Chris Isaak), Baby, I Love Your Way (Peter Frampton), etc. — et aux jeux vidéo. C’est amusant, mais un peu court… Tout comme l’ajout d’une cambrioleuse asiatique et d’un cheval noir.

Même chose pour le reste : de l’humour vaudevillesque, de la musique appuyée, des maximes psychopop, du mélo… 

Au début de la partie, le quatuor d’avatars se retrouve en plein désert — une métaphore qui s’applique bien à l’esprit de ce film édulcoré, quand on y pense. Même la réalisation de Kasdan reste au minimum syndical, avec tous les trucs habituels (gros plans, plans de réaction, champ/contrechamp…).

Sans renouvellement — mais est-ce vraiment ce que souhaitent les amateurs du genre? —, on finit éventuellement par se lasser. Si seulement Le prochain niveau avait pu se conclure en affichant game over!

Cinéma

Des fans déjà en file pour voir le prochain Star Wars, une semaine avant

LOS ANGELES — Munis de sacs de couchage et d’un projecteur portatif, des fans acharnés de Star Wars ont commencé jeudi à camper sur le parvis du célèbre cinéma Chinese Theatre à Hollywood, plus d’une semaine avant la sortie du nouveau film de leur univers favori aux États-Unis.

Jeudi midi, l’AFP comptait déjà une vingtaine de passionnés comptant bien être les premiers à voir le 19 décembre  L'ascension de Skywalker, dernier épisode d’une saga entamée voici déjà 42 ans.

Les organisateurs estiment dans les prochains jours recevoir le renfort de fans venant du Royaume-Uni ou du Japon et devraient être au total 150 devant les portes du cinéma où Star Wars a été projeté pour la toute première fois en public, en 1977.

«Quand Star Wars arrive, vous mettez tout en pause, c’est comme avoir un bébé», lance Nicolas Johnson, parti pour une longue attente avec son chien Cookie.

«En fait j’ai vraiment beaucoup de chance de pouvoir travailler tout en faisant la queue », ajoute Shing Hwong, avocate de 39 ans venue de la région de San Francisco avec son ordinateur portable.

« Je vais dormir ici et le soir, je peux traîner avec plein d’amis, parler de Star Wars, vivre Star Wars », dit-elle.

C’est en 1999, pour la sortie de La Menace fantôme qui signait le grand retour de la Guerre des étoiles après la trilogie d’origine, que la communauté de passionnés a commencé à s’organiser pour faire la queue devant le Chinese Theatre. À l’époque, les plus déterminés avaient attendu pendant 42 jours sur Hollywood Boulevard.  

Les studios privilégient les fêtes de fin d’année pour la sortie des grosses productions, et même en Californie du Sud, les nuits d’hiver peuvent être fraîches. Qu’à cela ne tienne, « j’ai un sac de couchage, la nuit je me glisse dedans pour rester au chaud », explique Erik Murillo, technicien en informatique de 47 ans qui est l’un des organisateurs du rassemblement.

Les participants passent la journée à faire des jeux de société ou des Lego, et utilisent un projecteur portatif pour regarder les précédents films ou les épisodes de la nouvelle série consacrée à l’univers Star Wars, The Mandalorian.

Murillo reconnaît être encore davantage intéressé par le fait de se retrouver entre passionnés que par le film lui-même, dont il a déjà décortiqué la moindre bande-annonce, entrevue ou rumeur sur l’internet.

« Imaginez une soirée pyjama avec des amis qui ont tous le même centre d’intérêt », résume Justin Nunez, photographe de mode à San Diego, revêtu de trois caleçons longs et quatre pulls pour lutter contre le froid.

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Keanu Reeves de retour dans Matrix et John Wick le même jour

LOS ANGELES — Hasard du calendrier ou pouvoir occulte de la Matrice ? Keanu Reeves sera de retour dans les très attendues suites de Matrix et de John Wick qui sortiront le même jour sur les écrans aux États-Unis, le 21 mai 2021, que les fans ont déjà baptisé « Keanu Day ».

Matrix 4, avec sa science-fiction infusée de kung-fu, est distribué par les studios Warner Bros tandis que le quatrième chapitre des aventures du tueur à gages John Wick est produit par leur concurrent Lionsgate. Rien n’indique à première vue que cette double date de sortie soit délibérée, et un changement reste toujours possible, en raison d’un retard lié au tournage ou d’un calcul marketing.

Mais les fans du héros de Point Break n’ont pas attendu pour exulter sur les réseaux sociaux, beaucoup proposant de faire du 21 mai un jour férié officiellement dédié à Keanu Reeves.

À 55 ans, l’acteur canadien a connu un regain de popularité ces dernières années, un phénomène baptisé « Keanuaissance » notamment alimenté par sa présence dans des jeux vidéo auxquels il prête sa voix et parfois son image, comme Cyberpunk 2077.

Keanu Reeves est également apprécié pour son style simple et terre-à-terre, loin des paillettes d’Hollywood, même si ses faits et gestes sont suivis de près par les médias en tous genres.

À ce jour, la trilogie (Matrix en 1999, Matrix Reloaded et Matrix Revolutions en 2003) a récolté au total plus de 1,6 milliard de dollars dans les salles du monde entier. Mêlant philosophie, métaphysique et scènes d’action, la trilogie met en scène un groupe de rebelles qui combattent des intelligences artificielles ayant emprisonné les humains dans la Matrice, univers de réalité virtuelle simulant le monde extérieur.

On ignore comment le quatrième volet de Matrix, dont le titre n’a pas encore été dévoilé, va s’articuler par rapport aux trois premiers.

Cinéma

Inauguration du Clap [PHOTOS]

L’équipe du Clap a officiellement inauguré jeudi soir son nouveau complexe de 12 salles.

Le cinéma à la fine pointe de la technologie a quitté vendredi dernier ses locaux de la Pyramide, après 33 ans, pour migrer dans un édifice situé entre Place Sainte-Foy et de Place de la Cité. La capacité des salles, réparties sur deux étages, varie entre 30 et 250 places, pour un total de 1065 fauteuils. À droite, le directeur général des cinémas Le Clap, Robin Plamondon.

Cinéma

Denis Villeneuve est sacré cinéaste de la décennie à Hollywood

MONTRÉAL — Le cinéaste québécois Denis Villeneuve s’est vu décerner le titre de «cinéaste de la décennie» par la Hollywood Critics Association.

Dans un message publié sur Twitter jeudi après-midi, cette association de critiques de cinéma a annoncé que Denis Villeneuve recevrait son prix lors d’une cérémonie le 9 janvier 2020.

L’association rappelle que «l’incroyable filmographie» de Villeneuve comprend «Incendies», Prisonniers, Ennemi, Sicario, L’arrivée et Blade Runner 2049.

Sur son site internet, la Hollywood Critics Association se décrit comme un groupe de critiques passionnés qui représente «une nouvelle ère à Hollywood».

«La diversité est extrêmement importante dans la critique cinématographique et la Hollywood Critics Association veut s’assurer que toutes les voix sont représentées au sein de notre groupe», peut-on lire sur le site.

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Theron, Kidman et Robbie partent favorites aux SAG Awards [VIDÉO]

LOS ANGELES — Le film «Scandale», inspiré par les faits de harcèlement sexuel ayant coûté sa place au pdg de la chaîne américaine Fox News en 2016, a obtenu mercredi le plus grand nombre de nominations pour les Screen Actors Guild (SAG) Awards, des prix traditionnellement considérés comme un indicateur majeur pour les Oscars.

La prestigieuse distribution du film a été saluée autant collectivement qu’individuellement, les actrices Charlize Theron, Nicole Kidman et Margot Robbie ayant toutes les trois été sélectionnées par leurs pairs du jury des SAG, le syndicat représentant les acteurs.

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Accord de principe pour indemniser des victimes de Weinstein

NEW YORK — Un accord de principe a été trouvé pour indemniser des victimes présumées d’Harvey Weinstein, a indiqué mercredi à l’AFP l’avocat d’une d’entre elles, qui prévoirait le versement de quelque 25 millions de dollars à des dizaines de femmes accusant le producteur de cinéma d’abus sexuels.

Cette transaction, révélée par le New York Times, mais qui reste à valider par un juge, serait sans effet sur l’action contre Harvey Weinstein au pénal : le producteur doit comparaître en procès à partir du 6 janvier à Manhattan pour répondre d’accusations d’agressions sexuelles sur deux femmes, qui lui font risquer la perpétuité.

L’avocat Aaron Filler, représentant de l’actrice Paz De La Huerta, qui affirme avoir été violée par Harvey Weinstein en 2010, a confirmé à l’AFP qu’il y avait accord de principe.

L’indemnisation de dizaines de victimes présumées de l’ancien magnat hollywoodien figure dans un document qui solderait l’ensemble des dettes, contentieux et obligations de The Weinstein Company, la société de production créée par Harvey Weinstein et son frère Bob.

Au total, selon le New York Times, les assureurs de l’entreprise, en dépôt de bilan, ont accepté de verser 47 millions de dollars aux victimes présumées de harcèlement et d’agression sexuelle, mais aussi aux créanciers du groupe.

Harvey Weinstein n’aurait pas à débourser le moindre dollar de la somme prévue, l’ensemble étant pris en charge par les compagnies d’assurance, y compris ses frais de justice au civil. L’accord mettrait fin aux poursuites engagées par toutes les femmes qui en accepteraient les termes, les autres conservant leurs droits à réclamer réparation devant les tribunaux civils.

Selon le Wall Street Journal, il solderait aussi l’action engagée au civil par le procureur de l’État de New York contre les dirigeants de la Weinstein Company pour négligence.

Au total, plus de 80 femmes ont accusé l’ancien producteur indépendant d’agression sexuelle ou de harcèlement, notamment plusieurs actrices de premier plan. Les plus connues d’entre elles, notamment Gwyneth Paltrow, Angelina Jolie ou Salma Hayek n’ont pas participé aux négociations et n’ont pas non plus poursuivi Harvey Weinstein en justice.

L’imminence d’une transaction avec les victimes était annoncée depuis mai, mais plusieurs femmes avaient initialement indiqué qu’elles ne s’y associeraient pas.

Cinéma

Meilleurs films canadiens de l’année: des Québécois à l’honneur

TORONTO — Nouvel honneur pour le film «Antigone», de la réalisatrice Sophie Deraspe : il figure à la liste des dix meilleurs longs métrages canadiens de l’année établie par les dirigeants du Festival international du film de Toronto (TIFF). Guillaume Fournier, Samuel Matteau et Yannick Nolin, de Québec, récoltent le même honneur pour leur court métrage.

Antigone est le représentant du Canada dans la course à l’Oscar du meilleur film international, dont la courte liste des dix titres sélectionnés en vue de la mise en nomination sera connue la semaine prochaine, le 16 décembre. L’œuvre de la réalisatrice originaire de Rivière-du-Loup a raflé quatre prix Borsos au Festival de Whistler 2019 : ceux du meilleur film de fiction canadien, de la meilleure réalisation et du meilleur scénario, en plus du prix de la meilleure interprétation pour Nahéma Ricci.

La liste des dix meilleurs longs métrages canadiens de l’année du TIFF comprend aussi Matthias et Maxime, de Xavier Dolan, qui a été projeté en première en mai dernier au Festival de Cannes, de même que le film Il pleuvait des oiseaux, de Louise Archambault.

Les autres œuvres de la liste sont Anne at 13,000 feet de Kazik Radwanski; Black Conflux de Nicole Dorsey; The Body Remembers When the World Broke Open’ d’Elle-Maija Tailfeathers et Kathleen Hepburn; Murmur, de Heather Young; One Day in the Life of Noah Piugattuk de Zacharias Kunuk; The Twentieth Century, de Matthew Rankin et White Lie de Calvin Thomas et Yonah Lewis

Le TIFF a aussi dressé une liste des dix meilleurs courts métrages, sur laquelle apparaissent cinq films de réalisateurs québécois : Acadiana de Guillaume Fournier, Samuel Matteau et Yannick Nolin; Delphine de Chloé Robichaud, Jarvik d’Émilie Mannering, Physique de la tristesse de Theodore Ushev et Katatjatuuk Kangirsumi, d’Eva Kaukai et Manon Chamberland.

Cette année, dans la liste des meilleurs films canadiens, la moitié ont été réalisés ou codirigés par des femmes et plusieurs des réalisateurs sont des Autochtones.  

Cinéma

Roman Polanski riposte après une nouvelle accusation de viol

PARIS — «On essaie de faire de moi un monstre»: Roman Polanski riposte pour la première fois depuis l’accusation de viol de la Française Valentine Monnier, dénonçant une «histoire aberrante» et accusant le producteur Harvey Weinstein d’avoir relancé les attaques contre lui en 2003.

Dans un entretien au magazine Paris Match à paraître jeudi, dont il fait la Une, le réalisateur de 86 ans «nie absolument», comme il l’avait déjà fait par l’intermédiaire de son avocat il y a un mois, les accusations de Valentine Monnier. Cette photographe française affirme avoir été frappée et violée par Polanski en 1975 en Suisse alors qu’elle avait dix-huit ans.

Affirmant se souvenir «à peine» d’elle, le réalisateur dit «n’avoir évidemment aucun souvenir de ce qu’elle raconte, puisque c’est faux». «Je le nie absolument», poursuit-il. «Son visage sur les photos publiées me dit quelque chose, pas plus.»

«C’est facile d’accuser quand tout est prescrit depuis des dizaines d’années, et lorsqu’on est certain qu’il ne peut y avoir de procédure judiciaire pour me disculper», estime le cinéaste franco-polonais.

«Délirant»

Dans un témoignage publié début novembre par Le Parisien, à quelques jours de la sortie du nouveau film de Roman Polanski «J’accuse», la photographe et ex-mannequin Valentine Monnier affirme qu’alors qu’elle était allée skier à Gstaad (Suisse) avec une jeune fille chez le cinéaste, celui-ci l’a «rouée de coups jusqu’à sa reddition» puis «violée en lui faisant subir toutes les vicissitudes» dans son chalet.

«C’est délirant! Je ne frappe pas les femmes! Sans doute les accusations de viol ne font plus assez sensation, il fallait en ajouter une couche», se défend Roman Polanski.

«Elle prend à témoin trois de mes amis, présents au chalet : mon assistant Hercules Bellville, Gérard Brach et sa femme, Elizabeth. Les deux premiers sont morts - c’est commode, ils ne peuvent plus confirmer ni réfuter les propos qu’elle leur prête. Quant à Mme Brach, le journal ne l’a pas trouvée», poursuit le cinéaste, pour qui «cette histoire est aberrante».

Valentine Monnier avait précisé ne pas avoir déposé plainte pour ces faits, prescrits. Mais elle avait indiqué avoir décidé de porter publiquement cette accusation en raison de la sortie du film «J’accuse», qui porte sur une erreur judiciaire, l’affaire Dreyfus.

Cette accusation s’ajoutent à celles d’autres femmes ces dernières années contre Roman Polanski, toujours poursuivi par la justice américaine pour relations sexuelles illégales en 1977 avec une mineure, Samantha Geimer.

Accusations contre Weinstein

Dans une sortie inattendue, Roman Polanski met en cause le producteur Harvey Weinstein, accusé d’abus sexuels par plus de 80 femmes et catalyseur du mouvement  #MeToo. Il accuse le magnat déchu du cinéma d’avoir «déterré» son affaire avec Samantha Geimer qui «n’intéressait plus personne» lors de la campagne pour les Oscars de 2003, où «Le Pianiste» faisait partie des favoris avant de décrocher trois statuettes.

«Son attaché de presse a été le premier à me traiter de “violeur d’enfants”», ajoute le cinéaste, qui déplore dans Paris Match que «depuis des années, on essaie de faire de (lui) un monstre».

«Je me suis habitué à la calomnie, ma peau s’est épaissie, endurcie comme une carapace. Mais pour mes enfants, pour Emmanuelle (Seigner, sa femme, NDLR), c’est épouvantable. C’est pour eux que je parle; pour moi, je n’espère même plus changer le cours des choses», affirme le réalisateur, qui regrette que sa famille «paie le prix presque un demi-siècle plus tard» de la «faute» qu’il a commise en  1977» avec Samantha Geimer.

«Les médias se sont jetés sur moi avec une violence inouïe. Ils s’emparent de chaque nouvelle fausse accusation, même absurde et sans substance, car elle leur permet de ranimer cette histoire. C’est comme une malédiction qui revient et je ne peux rien y faire...».

À la suite de cette nouvelle accusation, «J’accuse» a connu une sortie mouvementée en France, des féministes ayant bloqué des séances et appelé à le boycotter. Grand Prix du Jury à Venise, le film a cependant fait recette avec déjà plus de 1,2 million de spectateurs.

Cinéma

«Marriage Story» et Netflix en tête des nominations aux Golden Globes [VIDÉO]

LOS ANGELES — Le film «Marriage Story» est arrivé lundi en tête des nominations aux Golden Globes avec des sélections dans six catégories au total, la plateforme Netflix qui le produit surpassant tous ses concurrents dans cette étape inaugurale de la saison des récompenses cinématographiques à Hollywood.

«Marriage Story» suit le divorce tumultueux entre une comédienne interprétée par Scarlett Johansson et son metteur en scène de mari, joué par Adam Driver, tous deux en lice dans la catégorie meilleur acteur et actrice.

Dans la catégorie du meilleur film dramatique, «Marriage Story» sera aux prises avec des adversaires de poids comme «Les Deux Papes», «Joker», et surtout «The Irishman», thriller historique politico-mafieux du réalisateur Martin Scorsese, également produit par Netflix, qui recueille cinq nominations.

Si Martin Scorsese a été sélectionné, de même qu’Al Pacino et Joe Pesci qui vont s’affronter pour le meilleur second rôle, l’acteur principal du film long de trois heures et demie, Robert De Niro, repart bredouille.

Le dernier Quentin Tarantino, «Once Upon a Time... in Hollywood», obtient lui aussi cinq nominations, notamment dans la catégorie de la meilleure comédie. Il y retrouvera «Rocketman», biopic consacré au chanteur Elton John, «Jojo Rabbit», encore avec Scarlett Johansson, et «Dolemite Is My Name», qui marque le grand retour d’Eddy Murphy - en lice pour le titre de meilleur acteur - et qui est encore produit par Netflix.

Netflix est toujours aux commandes avec «Les Deux Papes», rencontre imaginaire entre Benoît XVI (Anthony Hopkins) et son successeur François (Jonathan Pryce), qui décrochent chacun une nomination, portant à quatre le total des sélections pour ce film réalisé par le Brésilien Fernando Meirelles.

Le géant de la diffusion en continu a beau être confronté à une compétition croissante, parmi les grands studios hollywoodiens il fait figure de grand vainqueur de la cérémonie organisée tôt lundi matin à Beverly Hills: 18 sélections au total, contre seulement 8 pour Sony, en seconde place du classement.

La diffusion en continu à maturité

«Je ne suis pas surpris par cette domination. Je suis surpris de voir à quel point elle est massive», a déclaré à l’AFP Lorenzo Soria, président de l’Association de la presse étrangère d’Hollywood, dont les 87 membres actifs étaient appelés à voter pour ces nominations.

Cette année encore, les jurés se sont abstenus de désigner une femme dans la liste des réalisateurs en lice, une absence remarquée qui déclenché un début de polémique à Hollywood.

«Ils ne nous représentent pas (...) N’attendez aucune justice dans le système des récompenses», a critiqué sur Twitter Alma Har’el, la réalisatrice du film «Honey Boy», qui n’a pas passé les sélections.

«Nous ne votons pas en fonction du genre (du réalisateur, NDLR). Nous votons en fonction des films et de leur mérite», a expliqué M. Soria à Variety.

Les Golden Globes font partie des prix les plus convoités du cinéma américain: ils sont un indicateur majeur des films et acteurs ayant de bonnes chances d’obtenir la célèbre statuette dorée des Oscars.

«Once Upon a Time... in Hollywood» semble avoir de bonnes chances pour la 77e édition des Golden Globes, qui se tiendra le 5 janvier à Los Angeles, avec des nominations pour Quentin Tarantino et les deux principales stars du film: Leonardo DiCaprio et Brad Pitt.

Autre candidat sérieux, le «Joker» (quatre nominations) réalisé par Todd Phillips et incarné par le très remarqué Joaquin Phoenix, qui pourraient tous deux être distingués cette année.

Télé

Preuve de son succès, Netflix a également dominé les nominations pour la télévision, puisque les Golden Globes mettent aussi à l’honneur le petit écran.

«The Crown», série sur la famille royale britannique dans laquelle Olivia Colman interprète la Reine Elizabeth II, défendra ainsi les couleurs de Netflix dans quatre catégories.

Avec «The Morning Show», et le duo d’actrices formé par Jennifer Aniston et Reese Witherspoon, le nouveau service de diffusion en continu d’Apple obtient trois nominations.

Au total, Netflix a arraché 17 nominations pour la télévision, contre 15 à son rival historique HBO.

La France sera représentée aux Golden Globes par l’indéboulonnable compositeur Alexandre Desplat, auteur de la musique du film «Les Filles du Docteur March», le drame historique «Portrait de la jeune fille en feu» par Céline Sciamma, et surtout par «Les Misérables» de Ladj Ly, prix du jury au dernier festival de Cannes. Ces deux derniers longs-métrages sont sélectionné dans la catégorie du meilleur film étranger.

Mais ils trouveront sur leur route un concurrent redoutable, «Parasite» du Coréen Bong Joon-ho, qui a lui remporté la Palme d’Or.

Cinéma

«La Reine des Neiges 2» glace le box-office

LOS ANGELES — «La Reine des Neiges 2» a facilement conforté son trône ce weekend au box-office nord-américain, dont le top 5 n'a pas bougé d'un pouce par rapport à la semaine précédente, selon des chiffres provisoires publiés dimanche par la société spécialisée Exhibitor Relations.

Le film d'animation de Disney a empoché 34,7 millions de dollars de vendredi à dimanche aux États-Unis et au Canada, portant l'ensemble de ses recettes mondiales à 920 millions.

Cinéma

La liste des films pour se mettre sur le party

Lendemain de veille (2009), Todd Phillips

Une gueule de bois épique attend quatre amis après une virée d’enterrement de vie de garçon à Las Vegas dont ils ne garderont aucun souvenir. À leur réveil, le marié manque à l’appel et ils trouvent dans leur chambre un bébé, un poulet et un tigre. Ils devront suivre les indices pour retrouver le fil de leur délirante soirée, point de départ d’une franchise de trois films. Geneviève Bouchard

Cinéma

Weinstein pourrait-il fuir?

NEW YORK — Harvey Weinstein pourrait-il vouloir échapper à son procès pour agressions sexuelles début janvier? C’est ce qu’a affirmé vendredi une procureure de Manhattan, en demandant au juge d’augmenter de un à cinq millions de dollars la caution qui lui permet de rester en liberté surveillée.

Le producteur de cinéma, catalyseur du mouvement #MeToo, avait été convoqué au tribunal en raison d’un changement de loi imminent à New York sur les conditions de liberté sous caution, qui nécessite de réexaminer les conditions de tous les accusés.

Depuis sa première inculpation en mai 2018, M. Weinstein, qui risque la prison à perpétuité pour un viol présumé en 2013 et un acte sexuel forcé en 2006, est resté libre moyennant un million de dollars de caution, le port d’un bracelet électronique et la confiscation de son passeport.

Le producteur de 67 ans — qui a paru très affaibli vendredi au tribunal, soutenu parfois par un proche pour se déplacer — peut voyager aux États-Unis, à condition d’informer préalablement la justice de tout déplacement hors de l’État de New York.

Or la procureure Joan Illuzzi-Orbon a énuméré vendredi devant le juge de nombreuses occasions lors desquelles son bracelet électroniques n’avait émis aucun signal.

Deux fois, en septembre et en octobre, M. Weinstein a disparu des radars des heures durant, et elle a été suffisamment inquiète pour alerter ses avocats et envoyer un enquêteur à son domicile, au nord de New York.

Puisqu’il a parfois voyagé en jet privé ces derniers mois pour se rendre à Los Angeles, et qu’il a accès à «des ressources presque illimitées», la procureure a affirmé que le producteur pourrait subitement «partir en jet privé pour un autre pays». Et se soustraire ainsi à son procès, dont l’ouverture est prévu le 6 janvier, et qui s’annonce ultra-médiatisé.

Donna Rotunno, une avocate de M. Weinstein, a cependant affirmé qu’il ne s’agissait que de «petits problèmes techniques», dus aux imperfections du réseau cellulaire.

Une fois en octobre, a-t-elle reconnu, le producteur est parti à Manhattan sans emporter le boîtier qui accompagne le bracelet, mais a lui-même appelé un de ses employés pour le prévenir. «Il n’y a jamais eu de tentative de retirer le bracelet», a-t-elle assuré.

Le juge James Burke n’a pris aucune décision vendredi, fixant au 11 décembre une nouvelle audience sur ces conditions.

Cinéma

Transidentité : le cinéma peut «éveiller les consciences», selon Benoît Magimel

PARIS — «Éveiller les consciences avec le cinéma, c’est ce qu’on espère parfois», estime Benoît Magimel. Dans «Lola vers la mer», il incarne le père d’une adolescente transgenre, un film en forme de «parcours initiatique» pour «aborder un sujet assez tabou».

Après Une fille facile de Rebecca Zlotowski, dans lequel il interprétait un homme d’affaires viril, Benoît Magimel est à l’affiche de ce deuxième film du réalisateur belge Laurent Micheli, en salles mercredi, l’histoire d’une jeune fille transgenre de 18 ans et de son père.

Lola, qui ne parle plus à son père depuis deux ans, est obligée de le revoir quand sa mère meurt. Ensemble, ils vont jusqu’à la côte belge pour respecter ses dernières volontés. Cette adolescente et ce père plein d’incompréhension, qui l’appelle encore Lionel, vont alors essayer de se comprendre.

Face à Mya Bollaers — elle-même transgenre — qui interprète Lola avec une énergie frontale, Benoît Magimel se glisse dans la peau de ce père en apparence borné, mais brisé par le chagrin, qui va laisser apparaître fragilités et doutes.

«J’ai trouvé que ça posait un regard assez lumineux sur la transidentité. Ça permettait de mettre un peu en lumière un sujet assez tabou, qu’on connaît assez mal», souligne Benoît Magimel dans un entretien avec l’AFP.

Pour lui, ce film est «un acte militant», avec en même temps la volonté de «raconter une histoire assez universelle entre un père et son enfant».

«Contradictions»

«Je me suis beaucoup identifié. J’ai tiré les choses vraiment de manière personnelle, parce que je suis père aussi», explique l’acteur de 45 ans qui a deux filles.

«C’est un parcours initiatique, pas pour le personnage de Lola, mais pour celui de ce père», détaille-t-il. «Il fallait explorer ça.»

Choisi par le réalisateur pour son côté «masculin, hétéro» allié à une grande «sensibilité», l’acteur qui a débuté à 13 ans dans «La Vie est un long fleuve tranquille» d’Étienne Chatiliez interprète tout en nuances ce père d’abord antipathique.

«Ce sont les contradictions qui sont intéressantes […]. Il n’y a pas de force sans fragilité», estime l’acteur, évoquant en filigrane ses propres faiblesses, alors que son parcours a été émaillé ces dernières années par les ennuis judiciaires.

«Ça va. C’est terminé», se contente de dire au sujet d’un chapitre faits divers celui qui avait été condamné en 2017 à trois mois d’emprisonnement avec sursis pour «tentative d’acquisition» de stupéfiants et consommation d’héroïne et de cocaïne.

«Plus à l’aise»

Récompensé par un Prix d’interprétation à Cannes en 2001 (pour La pianiste) et un César en 2016 (pour La Tête haute), il se dit épanoui dans son métier.

«La quarantaine, ça offre une galerie de personnages. Et puis on est un peu plus à l’aise avec soi-même un peu plus sûr. On a de l’expérience, et donc on a peut-être moins de difficultés à envisager certains types de rôles», estime la vedette populaire, à l’agenda bien rempli.

Outre les films de Rebecca Zlotowski, Laurent Micheli et Guillaume Canet (Nous finirons ensemble) sortis cette année, Benoît Magimel a tourné dans le nouveau film de Nicole Garcia Lisa Redler et une adaptation du Horla de Maupassant.

Cet habitué des films d’Emmanuelle Bercot a aussi commencé en octobre le nouveau film de la réalisatrice, De son vivant, dans lequel il incarne un fils condamné par un cancer, aux côtés de Catherine Deneuve et Cécile de France.

Perturbé par l’accident vasculaire dont a été victime Catherine Deneuve début novembre, le tournage a été suspendu la semaine dernière, alors que l’équipe avait fini de tourner les scènes sans la vedette française, dans l’attente de son rétablissement.

«Elle se repose, elle va bien. On se retrouve normalement en début d’année pour terminer ce tournage», indique Benoît Magimel. «On est plutôt sereins», ajoute-t-il. «De toute façon, on ne peut pas imaginer ce film sans elle».

Cinéma

Kim St-Pierre: plongée au fond de soi

«Il est très typique d’un premier long métrage de partir de soi», explique Kim St-Pierre à propos de «Réservoir». La phrase peut faire sourciller quand on sait qu’il s’agit d’un film centré sur deux frères qui décident d’aller répandre les cendres de leur père au chalet. Mais en plongeant sous la surface en compagnie de la réalisatrice, force est de constater qu’on retrouve un peu, beaucoup d’elle dans ce récit initiatique, notamment dans la transposition de la violence qu’elle a vécue jeune.

L’étincelle initiale est inspirée du voyage qu’a effectué son ex-conjoint avec son frère au réservoir Gouin. Kim St-Pierre n’a aucune idée de ce qui s’y est passé. «Ça leur appartient.» Le souvenir s’est toutefois logé dans sa mémoire, d’autant que les touristes peuvent y louer un bateau-maison pour sillonner l’immense plan d’eau créé par le détournement de rivières au nord de La Tuque!

Cinéma

Monos: La guerre est un jeu dangereux *** 1/2

CRITIQUE / «Monos» arrive dans nos cinémas bardé de prix et portant fièrement son titre de représentant de la Colombie aux Oscars pour le meilleur film international. Des honneurs qu’il n’a pas volés. Ce fascinant long métrage se veut une puissante allégorie de la condition humaine, superbement filmé dans des décors naturels à couper le souffle — et un plaidoyer implacable qui dénonce la folie guerrière et l’utilisation d’enfants-soldats.

Alejandro Landes était peu connu avant ce troisième effort, mais les choses risquent de changer avec Monos. Il met en scène huit adolescents qui se retrouvent dans des bâtiments abandonnés sur les contreforts d’une montagne colombienne.

Cinéma

Sarah Suco: L’enfance dans une secte

Sarah Suco a mené une enfance comme les autres, dans le sud de la France, avec ses cinq frères et sœurs. Jusqu’à ce que ses parents, normaux et «brillants», fréquentent une communauté catholique. La dérive sectaire subséquente a servi d’inspiration pour son premier long métrage. «Les éblouis» traite en nuances de cet embrigadement, avec des touches d’humour — «Le rire sauve. Sinon, ça aurait été un film d’horreur». Entretien.

Sarah Suco avoue franchement que son séjour au sein de cette communauté charismatique a laissé des marques. «Ce fut plutôt facile d’en sortir, mais difficile d’entrer dans le monde», explique-t-elle au téléphone. En arrière-plan, par sa fenêtre ouverte, on entend les piaillements des enfants qui sortent de l’école, un fort contraste avec la gravité du sujet. Qu’elle refuse de dramatiser, même s’il lui faudra une douzaine d’années avant de trouver sa voie au théâtre et au cinéma.

Cinéma

Les derniers vilains: ça fait mal, ça fait très mal... *** 1/2

CRITIQUE / Il est tout de même ironique en mesurant le parcours de Maurice «Mad Dog» et Paul «The Butcher» Vachon que les deux Québécois sont l’incarnation même du rêve américain. Partis de rien, les frères lutteurs ont connu un destin exceptionnel. Et c’est encore mieux raconté par la bouche d’un des principaux intéressés dans «Les derniers vilains», l’attachant documentaire de Thomas Rinfret.

La voix éraillée est reconnaissable entre mille, même à 81 ans. D’autant que Paul Vachon n’a rien perdu de sa verve — son corps courbé et sa motricité réduite racontent une tout autre histoire, cependant. Celle des quelque 600 combats livrés pendant toutes ces années aux quatre coins du monde…

Cinéma

Le film de la semaine: Waves ****

CRITIQUE / «Waves», croient certains, pourrait répéter l’exploit de l’Oscar du meilleur film du Moonlight de Barry Jenkins en 2017. Qu’il gagne ou pas importe peu. Ce qui compte vraiment, c’est que Trey Edward Shults livre une intense expérience cinématographique et un maelstrom qui aspire une famille dans un tourbillon d’émotions où se côtoient chagrin, douleur, pardon, guérison, à la suite d’une tragédie.

En partie autobiographique, Waves raconte la destinée des Williams, un foyer uni dirigé d’une main ferme par Ronald (Sterling K. Brown), un père bien intentionné, mais autoritaire. La discipline de fer qu’il impose à son aîné Tyler (Kelvin Harrison Jr.) place la barre très haute.

Cinéma

Course poursuite, fusillades et amour au menu du prochain James Bond

LONDRES — Courses poursuites, fusillades et amour: des extraits du prochain James Bond intitulé «No Time To Die» («Pas le temps de mourir») ont été dévoilés mercredi, fidèles à la recette qui fait le succès du célèbre agent secret de Sa Majesté.

Dans la vidéo de 2 minutes 35 postée sur Twitter, 007 sème ses assaillants en trombe, saute en costume cravate d'un viaduc et utilise son Aston Martin comme une mitrailleuse.

Daniel Craig y enfile de nouveau le costume de l'agent secret, tombé éperdument amoureux de la psychologue Madeleine Swann, interprétée par la Française Léa Seydoux, qui avait joué dans «Spectre», le précédent volet de la série sorti en 2015.

Le Dr Swann est la fille de M. White, ennemi de Bond dans «Casino Royale» et «Quantum of Solace». «Pourquoi donc je te trahirais?» demande Léa Seydoux à 007 lors d'une course poursuite endiablée. «Nous avons tous nos secrets», lui répond-il.

Le film va mettre en scène la rivalité entre James Bond et une autre espionne, jouée par la Britannique Lashana Lynch. «Le monde a changé», lance-t-elle à 007, le priant de «rester à sa place».

La scénariste et actrice britannique multi-récompensée aux Emmy Awards, Phoebe Waller-Bridge (Fleabag), a participé au script de ce nouvel opus qui, selon la comédienne, «traite correctement les femmes».

Rami Malek en «méchant»

Le «méchant» de l'histoire est incarné par l'Américain d'origine égyptienne Rami Malek, 38 ans, qui a décroché l'Oscar du meilleur acteur cette année pour son interprétation de Freddie Mercury, chanteur emblématique de Queen.

Dans ce nouvel opus, «Bond a quitté ses activités au sein des services secrets et profite enfin d'une vie tranquille en Jamaïque», mais «sa quiétude est vite interrompue lorsque son vieil ami de la CIA, Felix Leiter, vient lui demander de l'aide», selon un communiqué de Universal Pictures.

L'agent reprend du service pour porter secours à un scientifique retenu en otage, une mission qui «le mènera sur la trace d'un mystérieux méchant, armé d'une dangereuse nouvelle technologie».

La sortie du film est prévue en avril 2020. C'est la cinquième — et a priori la dernière fois que Daniel Craig, 51 ans, interprète 007.

Cinéma

Harvey Keitel: Hollywood «a besoin d’être réformé»

MARRAKECH — Hollywood «a besoin d’être réformé» pour retrouver un souffle créatif, a déclaré l’acteur américain Harvey Keitel à l’AFP, avant l’une des rares projections en salle de «The Irishman» lundi soir au festival du film de Marrakech (Maroc).

«Hollywood est une grande création. Quand j’étais jeune, je pensais qu’il fallait le détruire. Mais je ne pense plus cela, je pense qu’il doit être réformé», a dit l’acteur, au cours d’un entretien avec plusieurs journalistes.

Pour lui, «ce qui a été accompli [par Hollywood] est sensationnel. Mais il y a une perte d’intégrité : il fut un temps où les grands studios portaient l’art et où l’industrie du cinéma essayait de trouver de jeunes nouveaux réalisateurs». «Cela a vite disparu», a ajouté celui qui joue un second rôle dans le dernier film de Martin Scorsese The Irishman.

Cette épopée de près de 3h30 a été présentée pendant une séance spéciale de la 18e édition du festival de Marrakech.

La salle comble a ainsi profité d’une rare occasion de voir ce film réservé aux abonnés de la plateforme Netflix, dont la distribution limitée en salle fait grincer les dents des cinéphiles du monde entier.

Si M. Scorsese implore les spectateurs de ne pas regarder le film sur leur téléphone, Harvey Keitel a rappelé que le réalisateur américain «n’aurait pas pu faire The Irishman sans les bonnes grâces de Netflix : personne n’en voulait».

«Voir les cinémas fermer nous rend tous un peu tristes, mais pour moi, j’ai toujours pensé qu’il faut évoluer avec son temps», a argué Harvey Keitel, qui vient de fêter ses 80 ans.

Il a assuré n’avoir jamais cherché à «travailler avec des réalisateurs très reconnus» : «j’ai toujours cherché l’expérience des mots [...], une expérience de vie qui me donne l’impression d’apprendre quelque chose sur ce que je suis, où je vais et comment y arriver.»

M. Keitel a rappelé avoir accepté le premier rôle dans Reservoir Dogs, le premier film de Quentin Tarantino (1992) qu’il avait soutenu pour trouver des financements. Il a aussi tourné avec l’Australienne Jane Campion (La leçon de piano) et le Français Bertrand Tavernier (Mort en direct).

Son idéal d’authenticité remonte aux années 10 à Broadway, à la grande époque d’Elia Kazan, d’Arthur Miller ou de Tennessee Williams, quand «il y avait des gens habités par la nécessité d’être honnête sur scène».

«Nous voulions être authentiques, c’était le plus important, il ne s’agissait non pas de ne pas être commercial, parce qu’il faut bien vivre, mais de ne pas être commercialisé». C’est cet esprit «qu’il ne faut pas perdre».

À l’heure actuelle, «est-ce que l’authenticité est toujours là? Oui. Est-ce qu’on pourrait en avoir plus? Moi je dis que oui», a-t-il estimé.

Son seul regret? «Ne pas avoir fini ses études et avoir commencé sa vie comme Marine», même si cette «grande expérience» lui a permis de forger son physique et son mental.

«Je viens d’un milieu très modeste [...] j’avais 16 ans, je voulais devenir quelqu’un» et, avec deux amis, «nous avons décidé de rejoindre les Marines pour devenir des héros», a rappelé ce fils d’immigrants roumano-polonais.

Il a ensuite «travaillé dur» et eut «beaucoup de chance, quelque chose d’indispensable qui ne s’achète pas».

Cinéma

Les défis de Marion Cotillard

MARRAKECH — «Suis-je à la hauteur du défi de ce rôle?» : Marion Cotillard s’est posé la question avant d’accepter le rôle d’une chanteuse d’opéra dans «Annette», le nouveau film du cinéaste français Leos Carax, attendu en 2020.

«J’ai lu le scénario, j’ai trouvé l’histoire au-delà de singulière, profonde et palpable : il y a ce génie poétique et cette folie qu’il y a dans les projets de Léos Carax», a expliqué l’actrice française samedi, pendant le festival du film de Marrakech (Maroc).

«Je n’ai pas dit oui tout de suite [...], j’avais des questions à me poser comme “suis-je à la hauteur du défi de ce rôle?” La réponse n’était pas positive, mais je me suis dit que j’irais quand même», a-t-elle confié pendant une rencontre avec le public. Car l’actrice «aime relever les défis», note-t-elle.

Dans cette comédie musicale lyrique, Marion Cotillard joue aux côtés de l’acteur américain Adam Driver (Star Wars, Marriage Story...).

Pour celle qui a notamment tourné avec Christopher Nolan, Ridley Scott, James Gray ou les frères Dardenne, «la chose la plus importante, c’est de travailler avec des gens complètement habités par ce qu’ils font».

«Je me suis longtemps défendu d’avoir le goût du défi [...]. Mais quand je vois ce que je fais, en fait, je dis “non” quand je ne sens pas assez de défi», a poursuivi l’actrice oscarisée pour son incarnation d’Édith Piaf dans La vie en rose.

Aussi, son rôle le plus difficile a été Lady Macbeth dans Macbeth de Justin Kurzel : «Techniquement, cela semblait insurmontable de jouer, en vieil anglais, un Shakespeare non adapté, dit-elle. J’ai toujours su que j’interpréterais ce rôle un jour, mais je pensais que ce serait sur scène et en français [...]. Le faire en anglais, c’était une pression énorme».

Ce film a été diffusé samedi soir sur écran géant sur la très touristique place Jemaa El Fna, où l’actrice a fait une apparition très applaudie avant la projection gratuite.

«Interprète avant tout»

«J’aime le travail de préparation et d’exploration pour enrichir les personnages, faire des choses singulières ou surprenantes sur certaines scènes, cela me fait vibrer», a-t-elle dit lors de la séquence Conversation with, au Palais des congrès, devant une salle bondée.

«Quand j’étais petite et que je rêvais d’être actrice, les acteurs qui me fascinaient étaient des acteurs “caméléon” qui pouvaient passer d’un rôle à l’autre sans qu’on les reconnaisse», s’est souvenue celle qui se définit comme «une interprète avant tout».

«On apporte quelque chose d’artistique, mais je ne sais pas si je me considère comme une artiste, j’interprète la vision de quelqu’un», a-t-elle précisé.

Son film préféré? Inception de Christopher Nolan, où elle joue avec Leonardo DiCaprio. Elle n’a «pas tout compris au scénario», mais le metteur en scène «avait réponse à tout» et, pour elle, travailler avec Leonardo DiCaprio était un «rêve».

La Capitale

Déménagement du Clap à Place Sainte-Foy: un mélange de hâte et de nostalgie

Dimanche marquait la dernière journée du cinéma Le Clap dans ses locaux de la Pyramide du chemin Sainte-Foy. L’équipe quitte «son sous-sol» avec nostalgie, mais a hâte de faire un gros pas en avant.

Il faut dire que les employés ont eu l’occasion de dire un dernier au revoir tout spécial à leurs locaux. À l’occasion de leur party de Noël, ils ont passé la nuit de samedi dans l’une des salles du cinéma.

«On voulait le faire ici, c’est la dernière fois qu’on pouvait avoir un moment tous les employés ensemble dans la Pyramide. On a eu une belle autorisation, on a dormi ensemble dans une salle, c’était un beau party», raconte la gérante du cinéma, Erika Thériault.

Elle a eu l’honneur de fermer les portes du cinéma pour la dernière fois dimanche.

Le dernier film à démarrer, au coup de 17h, était La Reine des neiges 2. Ce sont donc en majorité des enfants qui ont obtenu les derniers billets.

Les derniers clients à sortir étaient ceux venus voir le film sud-coréen Parasite.

Cinéma

«La Reine des Neiges 2» gravit les sommets du box-office

WASHINGTON — Le box-office nord-américain s'est figé devant «La Reine des Neiges 2» qui a empoché 85,2 millions de dollars ce week-end, selon des chiffres provisoires publiés dimanche par la société spécialisée Exhibitor Relations.

La reine Elsa, sa sœur Anna et le bonhomme de neige Olaf ont même raflé 124,7 millions de dollars sur cinq jours, le jeudi de Thanksgiving étant férié aux États-Unis. Il s'agit d'un record pour ce long week-end, selon le magazine Variety.

Cinéma

La liste: le magasin de jouets comme source d'inspiration

Maman, j’ai encore raté l’avion (1992), Chris Columbus

Un an auparavant, Kevin McCallister avait été oublié à la maison par sa famille partie à Paris pour Noël. Le garçon aux mille mauvais coups avait alors fait passer un sale quart d’heure à deux cambrioleurs. Cette fois, il se trompe d’avion et se retrouve à New York pendant que les siens sont en Floride. Et quand les mêmes vilains menacent de braquer un magasin de jouets dont les profits sont destinés à l’hôpital pour enfants, la débrouillarde petite peste reprendra les armes… Geneviève Bouchard