Cinéma

Un gars de Québec au pavillon américain à Cannes

CANNES — Lorsqu’il était ado, Laurent-Armand Lachance rêvait de Cannes. Autant pour les films que pour le glamour. «J’ai toujours voulu faire du cinéma», dit celui qui a fait un peu de figuration. Puis le p’tit gars de Sainte-Foy a étudié, est tombé en amour et a déménagé aux États-Unis, il y a 30 ans. Par un étrange retour du balancier dont la vie a parfois le secret, le voici maintenant responsable de l’organisation du pavillon américain du célèbre festival depuis… 19 ans!

Assis à une table du pavillon, qui donne sur la magnifique plage de Cannes, Laurent-Armand Lachance dégage une irrésistible joie de vivre. Sourire engageant, yeux bleus perçants, le blond cinquantenaire, jeans, chemise bleu pâle, veston marine et lunettes assorties, est intarissable.

Notre homme commence dès la mi-janvier le recrutement d’une quarantaine d’employés, puis des fournisseurs. Il arrive une semaine avant le début des festivités et reste quelques jours après la conclusion (puis prends des vacances en Europe). Des vedettes y ont leurs habitudes, de Faye Dunaway à Spike Lee. 

Les pavillons nationaux, coincés entre le Palais des festivals et la mer, font partie du paysage pendant l’événement. Il n’en a pas toujours été ainsi. Julie Sisk, sa «patronne» — Laurent-Armand est travailleur autonome —, a demandé au Festival en 1989 d’installer un business center sur la plage. 

Ses dirigeants ont rapidement flairé la bonne affaire. Ils louent d’ailleurs les espaces à prix d’or, mais être présent, pour les pays producteurs, s’avère un incontournable pour brasser des affaires (le Québec et le Canada ont chacun leur pavillon). 

Le pavillon américain n’obtient pas d’argent du gouvernement. Il fait appel à des commanditaires et demande une adhésion. Ils sont plus de 1500 membres, «dont la moitié ne sont pas Américains». Les autres visiteurs doivent payer, contrairement aux autres pavillons (mais l’entrée est libre de 18h à 22h). Payer? Il y a une cuisine, quantité d’événements et des ateliers. Et de folles soirées, très courues.

Il s’y tient d’ailleurs le plus grand party LBGTQ du Festival, depuis 11 ans. Mardi, on attend plus de 1200 personnes pour faire la fête jusqu’à 2h.

Vocation éducative

Mais, souligne notre homme, pas peu fier, le pavillon américain a aussi une vocation éducative. Il accueille quelque 200 étudiants en stage pendant la durée du festival. Pas seulement là. Ils œuvrent aussi dans d’autres pavillons ou auprès de compagnies sur place.

En échange d’un cinq heures de boulot bénévole, les étudiants en cinéma (majoritairement), en événementiel et en cuisine, recrutés aux États-Unis, au Canada, en Asie et en Angleterre, peuvent vivre à plein l’expérience du Festival de Cannes.

«Ça leur permet d’être dans le milieu, pas juste de marcher sur la Croisette», soutient Laurent-Armand Lachance. Et même plus : on s’organise pour leur trouver des billets pour qu’ils puissent faire la célèbre montée des marches du tapis rouge. 

Et Laurent-Armand? Très occupé, évidemment. Mais il ne manque aucun des films de Xavier Dolan présentés en compétition — il y sera pour Matthias et Maxime.

Le reste de l’année? Le résident de Newport, Rhode Island, fait dans l’événementiel comme le bal du gouverneur de l’endroit ou la Tennis Week. Il a aussi coordonné un pavillon américain à la Mostra de Venise les cinq années qu’a duré l’expérience et au festival de Sundance.

Mais encore et toujours il revient, conscient de sa «chance» de participer à un «mythique» événement. «Après la première année, je ne savais pas si j’allais nécessairement revenir. Dix-neuf ans plus tard, je suis encore ici.»

Cinéma

«John Wick» flingue «Avengers» de la tête du box-office

LOS ANGELES — Après des semaines à caracoler en tête du box-office nord-américain, «Avengers: Phase finale» a cédé la première place ce week-end à «John Wick Parabellum», mais le film de super-héros Marvel est désormais tout près du record des recettes mondiales détenu par «Avatar».

Le dernier épisode de la série Avengers a engrangé 30 millions de dollars pendant son quatrième week-end d'exploitation dans les salles américaines et canadiennes, selon les chiffres définitifs publiés lundi par la société spécialisée Exhibitor Relations. Cela porte le total de ses recettes mondiales à plus de 2,61 milliards de dollars, contre 2,79 milliards pour Avatar en 2009.

Cinéma

Xavier Dolan a de la compétition pour la Palme d’or

CANNES — C’est mercredi qu’on pourra enfin voir Matthias et Maxime, le huitième long métrage de Xavier Dolan. Je peux déjà vous dire que le réalisateur québécois a de la grosse compétition pour la Palme d’or.

Le Festival de Cannes ressemble à un marathon. Maintenant que le cap de la mi-distance est dépassé, on ressent une petite lassitude. Puis on se dit qu’on aura bientôt franchi la distance. Ça remet d’aplomb.

Cinéma

Cannes: «Diego Maradona» — l’homme derrière le mythe

CANNES —Les Québécois sont fous du hockey, en général, et des Canadiens, en particulier. Ce qui n’est rien comparé à la passion démesurée des maniaques de football (le soccer). Pas pour rien que la salle de projection était archibondée lundi, à 8h30, pour la projection de «Diego Maradona», même si le film est présenté hors compétition. Après Ayrton Senna et Amy Winehouse, Asif Kapadia livre un autre documentaire percutant, qui dévoile l’homme derrière le mythe.

Le réalisateur britannique a gardé la même structure : des images d’archives avec, en voix hors champ, les commentaires de la garde rapprochée, de spécialistes et du principal intéressé. Le réalisateur se garde bien de tout jugement, laissant au spectateur tirer ses conclusions. Et c’est absolument passionnant, avec un personnage plus grand que nature.

Cinéma

En larmes, Alain Delon honoré à Cannes [VIDÉO]

CANNES — En larmes, le monstre sacré du cinéma Alain Delon a reçu dimanche une Palme d'or d'honneur au Festival de Cannes pour l'ensemble de sa carrière malgré des protestations d'associations féministes, remerciant le public à qui il a voulu dire au revoir.

«Il y a longtemps que je n'ai pas autant chialé», a avoué l'acteur de 83 ans, le visage rougi, en recevant cette récompense des mains de sa fille Anouchka, sous un tonnerre d'applaudissements.

Cinéma

Cannes : Malick retrouve sa touche magique

CANNES — Terrence Malick est capable du meilleur comme du pire. Après sa Palme d’or pour «L’arbre de la vie», en 2011, on se demandait sérieusement si le réalisateur américain avait perdu sa touche magique. Avec le magistral «Une vie cachée» présenté dimanche au 72e Festival de Cannes, la réponse est clairement non.

Le 7e art existe encore. Si, si. On en a eu la preuve avec le drame historique de Malick. C’est pour ce genre de film éblouissant que ce festival est une bénédiction. Même si le réalisateur s'est transformé en fantôme, comme d'habitude, pour la montée des marches.

Cinéma

Émotion à Cannes pour le couple mythique d'«Un homme et une femme» [VIDÉO]

CANNES — C'était en 1966. Claude Lelouch montait les marches de Cannes avec Jean-Louis Trintignant et Anouk Aimée pour "Un homme et une femme", et recevait une Palme d'or. Le réalisateur français et ses acteurs ont à nouveau foulé le tapis rouge samedi pour présenter une suite de leur film, dans un moment plein d'émotion.

«On a le sentiment d'avoir fait le tour du monde des émotions et d'être revenus là où on est nés. J'espère que les gens vont être de très bonne humeur, parce que nous on l'est», a déclaré Claude Lelouch, 81 ans, visiblement ému, avant de monter les marches de Cannes sous la pluie au bras d'Anouk Aimée, 87 ans, habillée tout en noir.

Cinéma

Des fleurs Frankenstein à Cannes!

CANNES — Programmer un festival ressemble à de la prospection. Il faut filtrer quantité de films dans l’espoir de trouver une pépite. Le critique, lui, est chargé d’évaluer la quantité de la marchandise. Au Festival de Cannes, il s’attend à trouver des longs métrages de première qualité. Il lui arrive tout de même de se gratter la tête en se demandant si on n’essaie pas de lui refiler de l’or des fous.

L’or des fous, c’est le nom qu’on donnait à la pyrite à l’époque. Ça brille, mais ça n’a pas la même valeur. C’est un peu le cas des longs métrages de la compétition que j’ai vus samedi. Cela dit sans méchanceté.

Cinéma

Cannes: un maître au sommet de son art, l’autre moins

CANNES — Les journées sont longues et les nuits sont courtes au Festival de Cannes. Jeudi soir, j’ai décliné deux invitations. La levée du corps a quand même été difficile vendredi matin. Le nouveau Ken Loach a servi de motivation. Le vénérable réalisateur britannique est en quête d’une troisième Palme d’or et il se révèle au sommet de son art. Sorry We Missed You, un drame familial touchant sur la charge mentale, aura ses chances. Un vrai petit bijou.

Avez-vous déjà eu l’impression que tout part en vrille? Parce que l’accumulation de problèmes, petits et grands, devient insurmontable? Parce que le travail (de plus en plus précaire) empiète sur la vie familiale et que la culpabilité qui en découle vous rend moins productif?

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Jusqu'ici tout va bien: Vie de banlieue ***

CRITIQUE / Plusieurs cités des banlieues parisiennes, avec leur jeunesse désœuvrée, leurs immeubles en décrépitude et leur criminalité galopante, constituent depuis longtemps un casse-tête pour les politiciens français. Même les policiers s’aventurent avec une extrême prudence dans ces endroits frappés sporadiquement par des émeutes.

Et si une des façons de déboulonner les clichés et les préjugés sur ces quartiers dits «sensibles» passait par l’humour? C’est en tout cas le pari du cinéaste Mohamed Hamidi qui, avec la comédie Jusqu’ici tout va bien, démontre avec une naïveté à la fois charmante et agaçante qu’un rapprochement est possible entre les habitants de ces endroits multi-ethniques et des individus qui n’ont jamais mis les pieds à l’extérieur du périphérique parisien.