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Cinéma

Cécile de France: Jubilation et dénonciation au féminin

PARIS — Cécile de France interprétait une noble vengeresse dans «Mademoiselle de Joncquières», elle endosse maintenant dans «Rebelles» les habits d’une ancienne reine de beauté forcée de retourner vivre chez sa mère. Un écart qui témoigne de la polyvalence de l’actrice et qui lui a valu de nombreuses récompenses. La pétillante Belge (et oui!), pas prétentieuse pour deux sous, a accordé au «Soleil» un entretien ponctué d’éclats de rire où elle évoque la jubilation de jouer avec un flingue et de réaliser ses cascades, mais aussi l’importance pour les femmes de revendiquer la place qui leur revient et de dénoncer les abus.

Q Avec son style décalé, qui met en scène trois travailleuses d’usine qui tombe sur un magot qui va leur causer plaies et bosses, et ses nombreuses influences, peut-on qualifier Rebelles de comédie rock’n’roll?

Cinéma

Sundance démarre dans la cohue avec Taylor Swift

PARK CITY — Entre hurlements d’admirateurs et grognements des journalistes, le festival américain du cinéma indépendant de Sundance a démarré dans la cohue jeudi soir, avec la présentation de «Miss Americana», un documentaire Netflix sur la pop star planétaire Taylor Swift, venue braver le froid de l’Utah pour ses admirateurs et une poignée de photographes.

Présenté en avant-première mondiale, Miss Americana, réalisé par Lana Wilson, retrace la carrière de la chanteuse de 30 ans, de ses débuts dans la musique country à son accession à la célébrité mondiale, autant pour ses tubes accrocheurs que pour ses choix politiques ou sa maîtrise des réseaux sociaux.

Le Festival de Sundance, qui se tient jusqu’au 2 février dans les montagnes de l’Utah, dans l’ouest des États-Unis, a choisi depuis quelques années d’ouvrir les festivités avec plusieurs films, puisés dans chacune de ses sections, pour ouvrir les festivités. Mais la projection de Miss Americana faisait néanmoins figure d’événement de la soirée.

Pour preuve, la longue file d’admirateurs sans ticket venus faire la queue pendant des heures, dans le froid, dans l’espoir de décrocher un précieux sésame de dernière minute ou, pour le moins, d’apercevoir leur idole.

Hailey, 19 ans, est venue de Phoenix, à 1000 kilomètres de là, avec trois copines pour l’occasion. « J’essaie de la suivre autant que je peux. C’est la seule, il n’y a personne comme elle », dit-elle, tout en consultant son portable frénétiquement, à la recherche des dernières informations sur la vedette.

Admirateurs en larmes

Bientôt, l’une des adolescentes pressées contre les rambardes rugit « Swift spotting ! ! » (Swift repérée !). Un brouhaha parcourt les rangs, les doigts tapotent à l’unisson sur les cellulaires et la joie fuse : Taylor Swift a été prise en photo dans la rue principale de Park City, et elle est en route pour l’Eccles Theatre, où se tient la projection.

La température monte aussi d’un cran chez les journalistes, photographes et cameramans. Car Netflix, après avoir annoncé qu’il n’y aurait pas d’entrevues sur le tapis rouge, décide finalement de verrouiller l’accès, ne laissant entrer qu’une poignée de photographes, et laissant les caméras à la porte.

Quand Taylor Swift arrive finalement et s’extrait d’un 4x4 blanc, cinq minutes avant la projection, les hurlements redoublent et les fans se mélangent aux journalistes dans la cohue générale, pour arracher, bras tendus, une image, une vidéo, un cliché. Les volontaires du festival, habituellement placides et bienveillants, doivent hausser le ton quand les barrières de sécurité menacent de s’effondrer.

Taylor Swift, en combinaison à carreaux et trench-coat assorti, n’en a cure et signe des autographes le long des barrières, sourit, serre des mains, avant de passer devant les photographes et de s’engouffrer dans la salle.

Derrière elle, la tornade blonde laisse des grappes de fans transis, quelques-unes essuyant même quelques larmes, encore bouleversées par le passage de la chanteuse.

Dans les autres salles du festival, l’ambiance était plus détendue, mais l’émotion non moins présente, notamment à la présentation d’un autre documentaire Netflix, Crip Camp, produit par Barack et Michelle Obama.

Le couple présidentiel n’avait pas fait le déplacement, mais le fondateur du festival, Robert Redford, qui avait annoncé l’an dernier sa décision de se mettre en retrait de la manifestation, est monté sur scène pour témoigner de son « grand amour » pour le directeur du festival, John Cooper, qui quitte Sundance après 11 ans à sa tête.

Sundance, le plus grand rendez-vous annuel du cinéma indépendant américain, présente cette année près de 120 longs métrages venus de 27 pays. Pionnier dans la représentation des femmes et des minorités, le festival a précisé que sur les 65 réalisateurs en lice dans les quatre sections compétitives, 46 % étaient des femmes, 38 % des personnes de couleur et 12 % des membres de la communauté LGBT.

Cinéma

Weinstein avait une «liste rouge» des femmes susceptibles de le dénoncer

NEW YORK — Harvey Weinstein voulait recueillir des informations sur les femmes susceptibles de le dénoncer, a raconté vendredi à New York un détective privé, au troisième jour du procès pour agressions sexuelles du producteur de cinéma, emblématique du mouvement #MoiAussi.

Lors de son audition, le détective privé Sam Anson a expliqué avoir reçu un courrier électronique d’Harvey Weinstein mi-août 2017, un peu moins de deux mois avant la publication des révélations du New York Times et du New Yorker.

Le message contenait une «liste rouge» de personnes sur lesquelles l’ancien patron du studio Miramax demandait au privé d’enquêter. Il l’a également appelé pour préciser sa requête.

«Il disait qu’il s’inquiétait de la préparation d’articles évoquant son comportement sexuel de manière négative», a témoigné Sam Anson, qui a assuré ne pas avoir donné suite à cette demande.

Dans cette liste figuraient notamment, selon l’enquêteur, les noms des actrices Annabella Sciorra et Rose McGowan, qui affirment avoir été violées par Harvey Weinstein.

Annabella Sciorra a raconté jeudi avoir été violée par M. Weinstein à l’hiver 1993. Elle a également détaillé le harcèlement auquel il l’aurait soumise pendant des années.

«Il me détruira»

Bien qu’elle n’ait pas parlé publiquement de ce viol jusqu’en octobre 2017, Mme Sciorra avait témoigné jeudi en avoir parlé à une amie, l’actrice Rosie Perez.

Vendredi, cette dernière a comparu comme témoin et a bien indiqué avoir parlé à Annabella Sciorra, la nuit de son agression présumée.

À la demande de la procureure, Mme Perez a montré du doigt M. Weinstein, assis avec ses avocats. L’ex-magnat d’Hollywood lui a fait signe de la main.

«Annabella m’a dit : “Je crois que quelque chose de grave est arrivé. Je crois que c’était un viol”», a déclaré l’actrice nommée aux Oscars pour État second.

Quelques mois après, selon Mme Perez, Annabella Sciorra lui a révélé qu’Harvey Weinstein était l’agresseur.

«Je lui ai dit : “S’il te plaît, parle à la police”. Mais elle m’a dit : “Je ne peux pas, il me détruira”».

Démonter les «mythes»

Un avocat de la défense, Damon Cheronis, a cependant accusé Rosie Perez de se contredire : il a souligné qu’elle avait dit dans le passé, à un journaliste du New Yorker, que Mme Sciorra ne lui avait parlé du viol que longtemps après les faits.

Vendredi matin, le tribunal avait entendu un autre témoin de l’accusation, la psychiatre Barbara Ziv, qui avait témoigné au procès de la star de la télé américaine Bill Cosby, condamné pour agression sexuelle.

La procureure de Manhattan, Joan Illuzzi-Orbon, l’a citée pour démonter «certains mythes» sur les agressions sexuelles.

L’experte a notamment souligné que la plupart des agressions sexuelles étaient commises par une connaissance de la victime et non par un inconnu et qu’il était faux de penser que les victimes signalaient généralement leur agression à la police ou à des amis.

Contacts

Harvey Weinstein, 67 ans, longtemps figure vénérée d’Hollywood, risque la perpétuité pour avoir agressé sexuellement deux femmes, une ex-assistante de production en 2006 et une jeune actrice en 2013. Il affirme que ses relations sexuelles étaient toutes consenties. Son procès est censé durer jusqu’au 6 mars.

Les avocats de la défense ont cité de multiples échanges entre M. Weinstein et la femme supposément violée en 2013, Jessica Mann, montrant selon eux qu’ils avaient eu «une relation amoureuse» après le viol présumé, insinuant qu’elle n’avait pas pu être violée.

Ils ont aussi essayé jeudi de saper la crédibilité d’Annabella Sciorra en soulignant qu’elle avait tu son viol supposé pendant des années et qu’elle avait continué à croiser M. Weinstein après cela, sans le confronter.

«C’est la norme que de rester en contact» avec son agresseur, a souligné Mme Ziv. «Ces contacts peuvent aller de SMS ou courriels jusqu’à une relation qui continue».

Lors d’un contre-interrogatoire, l’avocat de la défense Damon Cheronis a demandé à Mme Ziv s’il était possible qu’avec les années, «par honte», des femmes qualifient de viol ce qui avait été un rapport sexuel consensuel.

«Tout est possible, [mais] ce n’est pas habituel,» a répondu Mme Ziv.

Cinéma

Falardeau fier d’ouvrir la Berlinale avec un film au féminin

MONTRÉAL — Le cinéaste Philippe Falardeau dit accueillir avec beaucoup d’humilité et de fierté l’annonce de la projection de son film My Salinger Year en ouverture du Festival international du film de Berlin, le 20 février, en première mondiale.

Le réalisateur originaire de Gatineau a dit avoir «pris la mesure» de ce que cela représentait en constatant la liste de réalisateurs en ouverture de la Berlinale ces dernières années comme les frères Joel et Ethan Coen, Wes Anderson, Isabel Coixet et Wong Kar Wai.

Philippe Falardeau avait appris précédemment qu’il avait été sélectionné dans la nouvelle section Berlinale Special Gala, réservée à des productions de prestige présentées hors compétition.

Le scénario de My Salinger Year, qui est une production canado-irlandaise, est inspiré d’un roman autobiographique du même titre de l’écrivaine américaine Joanna Rakoff.

Le réalisateur de Monsieur Lazhar et de Guibord s’en va-t-en guerre a indiqué en entrevue qu’il cherchait depuis longtemps une façon de raconter une histoire du point de vue d’une femme, et qu’il a été attiré par ce personnage féminin dans le début de la vingtaine avec des «rêves» et des «choix importants à faire».

Un livre touchant

«Ce livre-là m’avait beaucoup touché. Il parle d’une période de la vie que l’on expérimente tous, le début de la vingtaine avec nos rêves, on doit faire des choix importants. Ça a une résonance par rapport à moi, ce que j’ai vécu, je travaillais en science politique et j’ai bifurqué vers le cinéma», a confié le réalisateur dans la cinquantaine.

Le film décrit le monde littéraire de New York des années 1990 en s’attardant à une femme rêvant de devenir écrivaine qui réussit à se faire embaucher comme assistante de l’agente littéraire de l’écrivain américain J. D. Salinger.

Philippe Falardeau ne tarit pas d’éloges par rapport la distribution de son film, avec comme pivot central «deux femmes fortes de générations différentes».

Concernant la jeune femme dans le rôle principal, l’actrice Margaret Qualley, qui a joué dans le dernier film de Quentin Tarantino Il était une fois à... Hollywood, le réalisateur québécois en parle comme de sa muse.

«Il s’agit d’une jeune actrice montante qu’on va voir beaucoup, beaucoup, beaucoup dans le futur. Dans une perspective féminine, il y avait d’autres choses qui avaient retenu son attention dans le récit, et j’ai réécrit le scénario en tenant compte de ça», a-t-il souligné.

Sigourney Weaver

Philippe Falardeau parle aussi d’une rencontre «magnifique» avec Sigourney Weaver à New York, et souligne à quel point son rôle dans les films Alien avait été marquant.

«Les personnages dans les films d’action dans les années 1970, c’était exclusivement mâle, et tout d’un coup, on se retrouvait dans un film de science-fiction, d’action, quasi-horreur, avec un personnage féminin qui ne faisait pas juste crier et avoir peur, mais qui devenait l’héroïne. [Sigourney] Weaver a donné naissance à un nouveau genre de rôle de cinéma mondial pour les femmes, et a joué par la suite dans des films qui m’ont beaucoup touché, comme The Ice Storm d’Ang Lee», a-t-il fait valoir.

Théodore Pellerin

Et il y a le Québécois Théodore Pellerin (Chien de garde, Boy Erased) dans un rôle secondaire, une «pierre précieuse aérodynamique», affirme le réalisateur.

«Je pense que ça ne m’était jamais arrivé comme réalisateur, mais j’ai essayé de tout mettre ce que j’ai tourné avec lui, tellement c’était bon», a-t-il confié.

My Salinger Year est déjà vendu à plusieurs pays, et la présence à Berlin pourrait aider à rejoindre les marchés de l’Allemagne, de la France et des États-Unis, a dit croire Philippe Falardeau. Le film a été coproduit par les firmes micro—scope, de Montréal, et Parallel Films, d’Irlande.

Le directeur artistique du festival de Berlin, Carlo Chatrian, a salué l’humour du long métrage, les liens qu’il tisse avec l’époque actuelle et le rôle de l’art dans la vie quotidienne des gens.

À la Berlinale en 2009, «C’est pas moi, je le jure» s’était vu remettre l’Ours de Cristal et le Grand prix du jury international, deux récompenses attribuées au meilleur film de la section Generation Kplus.

Pour Philippe Falardeau, My Salinger Year est un film foisonnant, «plein d’idées», «très, très ludique», «qui me ressemble plus que peut-être mes deux ou trois derniers films».

Compter sa chance

«J’ai toujours été un peu désinvolte. Et c’est une bonne chose parce que rendu à 51 ans, j’ai une autre sélection qui est importante, et puis je le prends avec plus d’humilité que jamais, je sais que ça se reproduira pas, je sais que c’est majeur et je sais que je dois compter ma chance», a-t-il soutenu.

Outre cette présence à Berlin, il dit développer des projets de série, notamment une fiction écrite par Florence Longpré (M’entends-tu).

«Les projets de long métrage sont plus flous, mais le plus gros projet de ma vie depuis trois ans, c’est ma fille. Je prends beaucoup soin d’elle et cela m’a fait accepter de ralentir la production de films», a-t-il affirmé.

Cinéma

«Rêves de jeunesse»: la perte des illusions ***

CRITIQUE / La prémisse de «Rêves de jeunesse» porte de belles promesses, qui ne se réalisent qu’en partie. Le drame d’Alain Raoust s’attarde au destin d’une jeune femme désorientée qui se retrouve confrontée, de façon fortuite, à ses aspirations adolescentes de changer le monde et à la désillusion de ses ainés.

L’ouverture originale, et forte, de ce troisième long métrage était porteuse : dans un appartement surchargé où de la techno joue à fond la caisse, tous se dandinent en regardant leurs cellulaires. Salomé (Salomé Richard) remplace la musique par du rock alternatif et enfile un costume de taupe pour danser avec sa sœur…

Cinéma

Cédric Kahn: la fiction comme bouée de sauvetage à la maladie mentale

PARIS — Cédric Kahn fait partie du cercle restreint de réalisateurs qui peuvent convaincre Catherine Deneuve, Emmanuelle Bercot et Vincent Macaigne de tourner pour lui dans un film où ils n’auront pas le beau rôle. Dans «Fête de famille», il met en scène un clan dysfonctionnel secoué par la maladie mentale de l’aînée, largement inspiré de ses proches. Une œuvre très personnelle qui tend vend l’universel. «Tout le monde me dit y reconnaître sa famille… sauf la mienne!»

Kahn, 53 ans, affiche sa gouaille habituelle. Réponses courtes et incisives avec un sourire en coin, il se prête à l’exercice obligé de l’entrevue de promotion. Avec 11 longs métrages au compteur, dont Une vie meilleure (2012) et l’excellent La prière (2018), le réalisateur en a vu d’autres. Il faut seulement lui laisser le temps de se réchauffer un peu.

Cinéma

Le film de la semaine: «Fête de famille» ***

Critique / «Aujourd’hui, c’est mon anniversaire et j’aimerais qu’on ne parle que de choses joyeuses», souhaite Andréa. Évidemment, ça ne se passera pas du tout comme ça. Surtout lorsque la grand-mère reçoit un cadeau inattendu : le retour sa fille aînée, après trois ans d’absence. La «Fête de famille» va partir en vrille. Sans renouveler le genre, Cédric Khan peut au moins compter sur une solide distribution pour interpréter cette famille de doux dingues.

C’est ce qui fait la particularité du 11e long métrage du réalisateur, qui joue également Vincent, le frère de Claire (Emmanuelle Bercot) et de Romain (Vincent Macaigne) : ils sont tous un peu fêlés (sauf les petits-enfants). Andréa aussi (Catherine Deneuve, impériale comme toujours), leur mère prête à tout leur pardonner.
Évidemment, les deux frangins logent aux antipodes. Vincent, l’homme respectable à cheval sur les principes, tolère à peine Romain, l’éternel ado qui se la joue artiste d’avant-garde incompris (il tourne d’ailleurs, dit-il, un documentaire pour l’occasion).
Leur fragile équilibre sera vite rompu lorsque la psychotique Claire débarque à l’improviste. Bombe à retardement (et à fragmentation, qui n’épargne personne), celle qui fait du chantage émotif réclame à corps et à cris sa part de la maison de campagne familiale. Immédiatement — même si ça signifie vendre la résidence…
Un prétexte pour illustrer les tensions, névroses, incompréhensions et désaccords dans cette famille où chacun s’exprime sans filtre et sans se soucier des conséquences… Bonjour, les dégâts.
Cédric Kahn joue ici le rôle du metteur en scène, en avant et en arrière de la caméra. Il aurait peut-être dû se limiter à la réalisation : ses acteurs en étalent parfois une couche de trop, même s’il y a une forme de théâtralité assumée (Fête de famille est divisé en trois actes).
D’autant que le cinéaste d’Une vie meilleure (2012) et de La prière (2018) continue à se distinguer par la précision et la justesse de son art, utilisant des cadres fixes larges et des plans souvent longs, où il se déroule presque autant de choses dans le hors-champ. Comme d’habitude, Kahn ne porte pas de jugement, laissant au spectateur son indépendance d’esprit.
Celui-ci devra, toutefois, exercer sa patience : il faut un certain temps avant que le scénario révèle ses secrets — puisqu’il y en a, comme dans tout bon film sur la famille.
Tous seront bientôt placés devant un dilemme presque insoluble et des choix conséquents…
Le réalisateur français a déjà mieux fait et avec un point de vue plus original. N’empêche : il évoque frontalement les ravages de la maladie mentale et son impact non seulement sur celle qui en souffre, mais aussi tout son entourage.
Juste pour ça, Fête de famille vaut la peine de supporter ses défauts, pour en apprécier les qualités. Comme les gens qu’on fréquente dans la vraie vie...

Cinéma

«Rebelles»: Girl power ***

CRITIQUE / Allan Mauduit a réussi quelque chose d’assez rare avec «Rebelles». Alors que son film donne, au départ, l’illusion d’une comédie française un peu épaisse, elle bascule dans l’émancipation féminine avec un ton rock’n’roll et en empruntant aux codes du polar et du western. On pense tout de suite aux frères Coen (et à Stephen Frears), surtout avec la galerie de personnages singuliers, à commencer par nos trois perdantes — en apparence.

Le tout débute avec Sandra (truculente Cécile de France). L’ex-miss Nord-Pas-de-Calais revient chez sa mère après 15 ans de vie entretenue sur la Côte d’Azur. Sans emploi, l’ancienne coiffeuse accepte un poste à la conserverie de poissons La belle mer...

Cinéma

Léane Labrèche-Dor: un rôle formateur

Léane Labrèche-Dor avoue avoir «beaucoup appris» sur le plateau du «Rire», du réalisateur Martin Laroche, où elle tient son second rôle principal en carrière au grand écran après «Oscillations», il y a deux ans. «Je ne dirais pas que c’est mon rôle le plus difficile, mais peut-être le plus 'fullfilling' - désolée, je le dis en anglais - celui qui m’a le plus remplie. C’était un beau défi en soi», indique-t-elle au sujet de son personnage, une jeune femme affligée du syndrome du survivant et qui doit composer avec la perte de son amoureux.

Les fantômes de cette tragédie, survenue dans une guerre fictive dont on saura peu, hantent la préposée aux bénéficiaires dans un CHSLD. Une septuagénaire cynique et allumée (Micheline Lanctôt) deviendra sa confidente, au gré d’un scénario déstabilisant. Car, malgré son titre annonciateur de quelque chose de joyeux, le long-métrage s’aventure plus souvent qu’autrement dans des zones troublantes, voire anxiogènes, particulièrement lors des apparitions de la directrice de l’institution (Sylvie Drapeau).

Cinéma

Des scènes du prochain film «Maman, j'ai raté l'avion» seront tournées à Longueuil

LONGUEUIL — Une partie du tournage de la prochaine version de «Maman, j’ai raté l’avion» se déroulera à Longueuil, a annoncé jeudi la direction des communications et des affaires publiques de la municipalité.

Les studios Disney, qui produisent le film, ont jeté leur dévolu sur le parc St. Mark, situé sur la rue Saint-Charles. En fait, l’endroit jouera le rôle de la ville de Chicago.

Selon les autorités municipales, la production a été attirée par le marché de Noël et sa cinquantaine de maisonnettes illuminées et colorées, les nombreux arbres matures et l’église St. Mark dont Longueuil vient de faire l’acquisition.

Disney avait annoncé en août dernier son intention de relancer la populaire franchise. Diverses sources indiquent que le film relatera les mésaventures d’un couple marié qui cherche à se venger d’un jeune garçon qui lui aurait volé quelque chose d’important.

La première version de Maman, j’ai raté l’avion, sortie en 1990 et réalisée par Chris Columbus, avait remporté un grand succès, réalisant des recettes de 476,7 millions $ à l’échelle mondiale. Il mettait en vedette le jeune Macaulay Culkin qui cherchait à défendre sa maison contre un duo de voleurs imbéciles.

Deux autres longs-métrages et deux téléfilms avaient suivi: Maman, j’ai encore raté l’avion, Maman, j’arrête les voleurs, Home Alone 4: Taking Back the House et Home Alone: The Holiday Heist.

Selon le site spécialisé IMDB, le film devrait sortir en décembre.

Arts

Le maître de la complainte

PARIS — Qu’il la chante en anglais, en malinké, créole réunionnais, dialecte sicilien, en français ou en arabe, le chanteur folk Piers Faccini est passé maître dans l’art de la complainte qui, selon lui, n’est pas synonyme de tristesse, mais mène à l’apaisement.

«Quand les gens me disent “cette musique-là, elle est trop triste”, je leur réponds que les musiques mélancoliques me donnent une forme de bonheur, parce que je me dis que c’est la vie exprimée», affirme le chanteur anglo-italo-français.

Le choix de cette forme de chansons, le côté céleste qu’il leur donne avec des arrangements raffinés, l’atmosphère recueillie qui s’en dégage, lui ont rapidement valu d’être comparé à Leonard Cohen.

Mais autant la voix du barde canadien est caverneuse, autant celle de Piers Faccini est plutôt haute et aérienne.

Sur son nouveau EP 4 titres, Hear my Voice, Piers Faccini se penche cette fois au chevet du blues, de la soul et du gospel, qu’il éclaire à la lueur d’arrangements soignés venus de sa culture anglo-saxonne.

Ce musicien revendique l’héritage des pères de la folk anglaise, Bert Jantsch, John Martyn ou John Renbourn, «à la fois très ancrés dans quelque chose de très ancien, fins connaisseurs des musiques du monde et de la musique américaine».

«La complainte, c’est l’expression de la condition existentielle de l’humain. On la retrouve dans plein d’endroits du monde. Il y a une complémentarité entre une complainte des Pouilles ou un blues en mode mineur du Mississippi», estime Piers Faccini.

Son esprit de curiosité, toujours aiguisé à presque 50 ans, il l’a acquis dès l’enfance. Grâce à son père, chercheur pathologiste, qui étudiait au microscope le comportement de cellules malades et les montrait à son fils, fasciné.

«On passe notre temps à observer»

«S’il n’était pas auteur de chansons et si je ne suis pas médecin, au final on passe notre temps à observer. Et de cette observation naît une intuition», explique Piers Faccini.

Cet artiste a tout d’abord mis ce sens de l’observation au service de la peinture et des arts plastiques. «Je ne me destinais pas à être musicien», confesse celui qui intègre en 1989, après le lycée, une école d’art à Chelsea, avant de suivre à Paris un amour de jeunesse.

Il y fera le bonheur des Beaux-Arts. Celui qui a traversé les années 70 et 80 entre la musique de chambre qu’écoutaient ses parents et celles de ses grands frères — Bob Marley, Dylan, The Clash, Neil Youg... — y développera aussi ses talents de chanteur.

Grâce à l’écoute de vieux disques, à l’écriture de musiques pour la télé anglaise et aux rencontres dont celle, fondamentale, avec le violoncelliste Vincent Segal.

«Lorsque j’ai réalisé mon album solo, T-Bone Guarnerius, j’ai fait appel à Piers que l’on n’avait jamais véritablement entendu en France. Je voulais que le public découvre et aime cette voix», a déclaré Vincent Segal à propos de celui qui, plus qu’un complice musical, est devenu un ami.

La bascule se fait lorsque Piers Faccini monte à la fin des années 1990 le groupe Charlie Marlowe. De ce qui était jusqu’alors une passion, il va en faire un métier.

Il s’y est fait une belle place, en publiant depuis 2004 huit albums sous son nom, sans compter de nombreuses collaborations. Parmi les plus récentes : une participation sur le prochain album du joueur de kora malien Ballaké Sissoko.

D’un père trop tôt disparu, qui travaillait souvent dans la maison familiale, au cœur de la campagne anglaise ou française, Piers Faccini a aussi hérité l’amour de la nature.

Depuis une quinzaine d’années, cet homme a l’apparence tranquille d’un gentleman-farmer a fait d’une maison des Cévennes, où il vit avec sa femme napolitaine et leurs deux fils, son laboratoire. Il continue d’y tendre l’oreille sur le monde et lui-même.

Cinéma

Annabella Sciorra raconte comment Weinstein l’a violée

NEW YORK — L’actrice Annabella Sciorra a confronté Harvey Weinstein, jeudi, à la barre des témoins, disant au jury, d’une voix tremblante, que le costaud producteur avait fait irruption dans son appartement au milieu des années 1990, l’avait maîtrisée, puis violée alors qu’elle tentait de le repousser à coups de pied et à coups de poing.

Elle soutient l’avoir confronté un mois plus tard, et il aurait répondu : «C’est ce que disent toutes les bonnes filles catholiques.» Puis, il se serait penché vers elle en ajoutant, sur un ton menaçant : «Cela doit rester entre toi et moi.»

«J’ai cru qu’il allait me frapper», a déclaré au jury Mme Sciorra, qu’on a pu voir notamment dans la série télévisée Les Soprano.

Dans les années 1990, Weinstein lui a envoyé par courrier des Valium et une boîte de pénis en chocolat, a-t-elle raconté. Il s’est aussi présenté tôt un matin à la porte de sa chambre d’hôtel au Festival de Cannes, «en sous-­vêtements, avec une bouteille d’huile pour bébé dans une main et une cassette vidéo dans l’autre». Il serait finalement parti lorsqu’elle a commencé à appuyer frénétiquement sur les touches du téléphone de sa chambre pour appeler à l’aide.

L’actrice de 59 ans est devenue la première femme à témoigner au procès de Weinstein pour viol. Le magnat du cinéma, dont la chute brutale a donné naissance au vaste mouvement #MeToo, est accusé à New York d’avoir agressé sexuellement l’ancienne assistante de production Mimi Haleyi dans son appartement en 2006, et d’avoir violé une actrice en herbe dans une chambre d’hôtel en 2013. Il pourrait être condamné à la prison à vie.

Portrait type du prédateur sexuel

Harvey Weinstein, âgé de 67 ans, n’est pas accusé d’avoir agressé Annabella Sciorra, puisqu’il y a prescription dans son cas —les faits allégués se seraient déroulés en 1993 ou 1994. Mais l’actrice fait partie des quatre autres présumées victimes que les procureurs ont l’intention d’appeler à la barre pour montrer que le puissant producteur hollywoodien avait un comportement général de prédateur sexuel. Weinstein, lui, plaide les relations consensuelles.

Disant briser un secret gardé pratiquement enfoui pendant des décennies, Mme Sciorra a raconté jeudi qu’après l’avoir violée, Weinstein avait continué à essayer de pratiquer le sexe oral sur elle, en lui disant : «Ça, c’est pour toi.»

Contre-interrogatoire

La défense a tenté de semer des doutes sur le récit de Mme Sciorra. En contre-interrogatoire, l’actrice a donné une version légèrement différente de l’épisode où le producteur l’avait poussée sur son lit. «Il essayait en quelque sorte, d’une manière amicale, de me cajoler» pour avoir des relations sexuelles, a-t-elle dit. Mais elle a ensuite refusé et elle a tenté de le repousser.

L’avocate de Weinstein, Donna Rotunno, a par ailleurs souligné que l’actrice n’était jamais allée voir la police ou un médecin à la suite de ce viol présumé. «À l’époque, je ne comprenais pas que c’était un viol», a déclaré le témoin.

Me Rotunno a également suggéré que le jugement et la mémoire de Mme Sciorra pouvaient être altérés par l’alcool. Mais l’actrice a déclaré qu’elle n’avait pris qu’un verre de vin au dîner et qu’elle avait abandonné les Valium, une habitude qui s’était développée lorsque Weinstein lui a envoyé des comprimés.

Mercredi, dans sa déclaration d’ouverture, un autre avocat de Weinstein, Damon Cheronis, a soutenu que cette relation sexuelle était consensuelle, pas un viol. Il a plaidé que Mme Sciorra avait dit à un ami qu’elle «avait fait une folie et avait couché avec Harvey Weinstein».

Cinéma

Myriam Verreault à la tête et au cœur du festival de Rivière-du-Loup

La cinéaste Myriam Verreault sera à la tête et au cœur du 8e «Vues dans la tête de…» Du 6 au 9 février, le Festival du film de Rivière-du-Loup offrira une programmation qui témoigne des goûts, de la démarche et des thèmes qui inspirent la réalisatrice originaire de Loretteville. Pendant quatre jours, des œuvres choisies par la marraine de l’événement seront projetées sur le grand écran. Elle participera aussi à des projections, à des discussions et à des formations. Entretien.

Q  Pourquoi avoir accepté de parrainer «Vues dans la tête de...»?

R  C’est un concept que je trouve très intéressant. Je suis très impliquée dans l’industrie du cinéma québécois. J’ai beaucoup de connaissances et d’amis dans le milieu. Je trouve ça génial de pouvoir présenter les films des gens que j’admire et de mes amis, pas juste mes films. Je n’ai pas hésité deux secondes. Ça va me permettre de faire découvrir mes coups de cœur aux gens de Rivière-du-Loup. Ça me tient à cœur que le cinéma québécois voyage en région et un festival comme ça le permet.

Q  Avez-vous déjà vécu une expérience semblable?

Non. Je pense que c’est unique, ce concept-là à Rivière-du-Loup. C’est un concept original. Ils ont inventé une bonne formule.

Q  Est-ce que vous êtes à l’aise dans le contact direct avec le public, avec le monde ordinaire?

R  Oui, j’aime ça. Je suis dans le cinéma, mais je suis une fille ordinaire. Pour moi, c’est facile de communiquer avec les gens ordinaires. Je ne me sens pas différente d’eux. Ça me fait vraiment plaisir. Je suis quelqu’un qui est capable de communiquer facilement devant le public. Ça ne me stresse pas du tout. Au contraire, je trouve ça rafraîchissant. On ne fait pas du cinéma pour l’élite, pour les magazines et pour les critiques de cinéma. On fait du cinéma pour le public. C’est ce qui me touche dans ce qui se passe avec Kuessipan présentement. Je suis contente de la réception et de la critique qui est très bonne. Mais, si c’était resté là, j’aurais été un peu déçue parce que d’abord, je l’ai fait pour le grand public. J’aime ça quand le public découvre le film et qu’il est touché. Donc, de me promener pendant trois ou quatre jours à Rivière-du-Loup et de rencontrer le public, en plus d’inviter des gens avec qui je m’entends bien, ça va être un prétexte pour s’amuser toute la fin de semaine!

Q  Est-ce que le fait que cet événement se tienne en région plutôt qu’en milieu urbain prend une saveur ou une couleur différente?

R  Totalement. Les films que je présente sont accessibles pour le grand public par leur genre. Ce qui est triste, c’est que les films québécois ont de la misère à rester à l’affiche longtemps en région. Donc, qu’il y ait un festival comme ça qui peut faire une programmation qu’avec des films québécois, puis de faire découvrir ces films-là qui sont super bons et qui mériteraient d’être plus longtemps dans les cinémas, c’est génial! Il faut plus d’initiatives comme ça! Ce qui est le fun dans le festival à Rivière-du-Loup, c’est qu’il n’y a jamais deux films en même temps. Donc, si quelqu’un a du temps, il peut faire la programmation complète. Il y a un film à la fois, un événement à la fois. On se suit et on peut apprécier ensemble les mêmes films. Quand on se croise, on a vu les mêmes choses. C’est plus propice à la discussion, c’est plus familier. À Rivière-du-Loup, il n’y a aucune barrière entre nous et les gens. Donc, pour suivre la discussion après le film, aller prendre un café ou rester dans le pas de la porte pour jaser, c’est facile pour les gens. La proximité est importante.

Q  Quels sont vos autres projets?

R  J’en ai beaucoup. Je travaille à la saison 2 de 5e Rang à Radio-Canada comme réalisatrice. C’est mon gagne-pain, c’est ma job de tous les jours parce que le cinéma, ce n’est pas payant. Mais le cinéma, c’est autre chose pour moi : c’est plus sacré. Je vais toujours continuer à en faire. Mais en vieillissant, j’avais le souci d’avoir une job steady. Donc, je suis contente de faire 5e Rang; j’adore ça, j’ai beaucoup de plaisir. Les comédiens sont bons. C’est un super travail. Les gens m’appellent pour faire d’autres séries. J’hésite parce que je ne veux pas quitter 5e Rang. En même temps, je suis attirée vers une série lourde plutôt que des téléromans. Mais pour l’instant, je suis très motivée à faire la saison 3, que je vais tourner probablement cet été. En parallèle, je pense à mes projets personnels. Je développe des longs-métrages de fiction. J’ai deux comédies en développement. 

Cinéma

Début du procès de Weinstein pour viol

NEW YORK — Le procès de Harvey Weinstein, moment historique pour le mouvement #MoiAussi, s’est ouvert mercredi à New York avec les déclarations préliminaires des avocats.

La poursuite a d’entrée de jeu décrit l’ancien magnat de Hollywood comme un prédateur sexuel qui a utilisé sa stature pour abuser des femmes pendant des décennies. La défense a de son côté essayé de discréditer les deux accusatrices et de qualifier leurs relations sexuelles avec le producteur de consensuelles.

La procureure Meghan Hast a déclaré au jury de sept hommes et cinq femmes que l’ancien patron de studio n’était «pas seulement un géant à Hollywood : c’était un violeur». Elle a soutenu que Weinstein avait hurlé à l’une de ses victimes qu’elle lui «devait» des faveurs sexuelles, qu’il avait utilisé des injections pour provoquer une érection avant d’agresser une femme et qu’il avait forcé la porte de l’appartement d’une autre pour ensuite l’agresser.

«C’est pour son manque total d’empathie qu’il doit être tenu responsable», a lancé la procureure Hast.

L’avocat de Weinstein, Damon Cheronis, a répliqué en annonçant qu’il présenterait des courriels «amicaux», des notes aux agendas et d’autres éléments de preuve pour mettre en doute le récit des accusatrices, qui soutiennent avoir été forcées.

Ce procès hautement médiatisé s’ouvre plus de deux ans après qu’une avalanche d’allégations contre Weinstein a donné lieu au mouvement #MoiAussi, considéré par les militantes comme un jalon historique dans la lutte mondiale contre les inconduites sexuelles commises par des hommes influents.

Harvey Weinstein, âgé de 67 ans, a dit peu de choses en arrivant au tribunal, mercredi matin. Lorsqu’on lui a demandé s’il croyait pouvoir bénéficier d’un procès équitable, il a répondu que oui. «J’ai de bons avocats», a-t-il dit. Guidé par des assistants et ses avocats, il n’utilisait pas cette fois le déambulateur sur lequel il s’appuyait récemment à la suite d’un accident de voiture l’été dernier et d’une opération au dos. Il a indiqué mercredi qu’il se sentait mieux.

Plus d’un mois de procès

Bien que de nombreuses femmes aient accusé Weinstein de les avoir harcelées ou agressées sexuellement au fil des ans, le procès à New York se penche sur deux affaires : il est accusé d’avoir violé une actrice en herbe dans une chambre d’hôtel de New York en 2013, et d’avoir pratiqué de force le sexe oral sur une autre femme dans son appartement en 2006.

L’accusé a plaidé non coupable et soutient que toute activité sexuelle était consensuelle. S’il est reconnu coupable, il pourrait être condamné à la prison à vie.

En plus des deux accusatrices, les procureurs prévoient d’appeler à la barre quatre autres présumées victimes — dont l’actrice Annabella Sciorra — dans le but de présenter Weinstein comme un monstre qui a attiré des femmes en promettant de les aider dans leur carrière, pour ensuite les agresser sexuellement.

Le procès de Weinstein pourrait prendre plus d’un mois, a déclaré le juge James Burke. À en juger par les deux semaines difficiles passées à choisir les jurés, on pourrait assister à un déluge d’objections. Dans un ultime effort pour que le procès se déroule ailleurs qu’à New York, les avocats de Weinstein ont d’ailleurs plaidé que le slogan des manifestantes «Le violeur c’est vous!» lancé dans la rue au début du mois pouvait être entendu jusque dans la salle d’audience 15 étages au-dessus.

Une fois le procès à New York terminé, Harvey Weinstein devra faire face à d’autres accusations de viol et d’agression sexuelle à Los Angeles. Ces accusations ont été déposées alors que s’amorçait la sélection du jury à New York, plus tôt ce mois-ci.

Cinéma

Mort du Monty Python Terry Jones

LONDRES — Pilier des Monty Python et de leur humour déjanté qui ont marqué les années 70, le comédien et réalisateur britannique Terry Jones est mort mardi soir à l’âge de 77 ans, a annoncé mercredi sa famille.

Avec le groupe maître de l’absurde, Terry Jones a coréalisé la comédie culte Sacré Graal avec Terry Gilliam en 1975 et réalisé La Vie de Brian en 1979. Également auteur de livres pour enfants ou de documentaires historiques, il était malade depuis plusieurs années.

«Terry nous a quittés au soir du 21 janvier 2020 à l’âge de 77 ans avec sa femme Anna Soderstrom à ses côtés après un long combat, toujours avec humour, contre une forme rare de démence, a annoncé sa famille dans un communiqué. Son travail avec les Monty Python, ses livres, ses émissions de télévision et ses poèmes vivront pour toujours».

«Cela semble étrange qu’un homme aux talents si nombreux et à l’enthousiasme inépuisable se soit éteint si doucement... a réagi sur Twitter son acolyte des Monty Python John Cleese. Parmi ses nombreuses réalisations, le plus grand cadeau qu’il nous a fait à tous a été sa mise en scène de La Vie de Brian. La perfection.»

Un autre pilier des Monty Python, Michael Palin, qui perd «l’un de (ses) plus proches amis», a salué «un auteur-interprète parmi les plus drôles de sa génération» et un «comédien de la Renaissance complet : auteur, réalisateur, animateur, historien, écrivain pour enfants brillant».

Né le 1er février 1942 à Colwyn Bay, au Pays de Galles, Terry Jones rencontre Michael Palin en faisant du théâtre à l’université d’Oxford. Quelques années plus tard, ils travaillent avec Graham Chapman, John Cleese, Eric Idle et l’Américain Terry Gilliam, pour créer une nouvelle émission humoristique sur la BBC.

Le Monty Python’s Flying Circus est diffusé pour la première fois le 5 octobre 1969, juste avant le bulletin météo. Le cirque durera jusqu’en 1974, pour s’imposer en 45 épisodes comme une référence absolue de l’humour britannique.

«Vilain garçon!»

Érudit, Terry Jones n’a pas déployé ses qualités de médiéviste que pour le délirant Sacré Graal. Il les a aussi mises à profit pour écrire livres d’histoire et réaliser documentaires, quitte à enfiler la cotte de maille pour illustrer son récit des croisades.

Interprétant souvent des rôles de femmes, il a incarné dans La Vie de Brian, qui retrace les tribulations d’un quidam qui se retrouve malgré lui pris pour Jésus, la mère de ce héros malgré lui. Dans l’une des répliques phares du long-métrage qui avait fait scandale à sa sortie en 1979, il s’échinait d’une voix criarde à convaincre une foule adoratrice qu’elle se méprenait : «Maintenant vous m’écoutez. Ce n’est pas le messie. C’est un vilain garçon!»

À l’époque, les critiques criant au blasphème l’avaient laissé stupéfait. Le filme ne porte pas sur «ce que le Christ disait», mais sur les «gens qui le suivaient», avait-il déclaré. «Ceux qui pour les 2000 années suivantes allaient torturer et s’entre-tuer pour lui, parce qu’ils n’arrivaient pas à se mettre d’accord sur ce qu’il disait sur la paix et l’amour.»

Terry Jones a également réalisé le Sens de la Vie, dernier film des Monty Python, en 1983. Il y a incarné un patron obèse de restaurant, célèbre pour son «Il me faut un seau, je vais vomir».

Plus sérieusement, il s’était opposé à la guerre en Irak en 2003 et avait pris la plume pour écrire des articles et même un livre à ce sujet.

Terry Jones a eu deux enfants de son premier mariage avec Alison Telfer, qu’il a épousée en 1970, et est devenu de nouveau père avec sa dernière épouse, à l’âge de 67 ans.

Il était remonté sur scène en 2014 avec le reste de la troupe — John Cleese, Michael Palin, Terry Gilliam, Eric Idle — pour une série de spectacles.

Il rejoint au panthéon des Monty Python Graham Chapman, qui a succombé à un cancer en 1989.

«Deux au tapis, il en reste quatre», a tweeté John Cleese.

Cinéma

Les avocats de Weinstein veulent citer des «courriels amoureux» des plaignantes

NEW YORK — Les avocats de Harvey Weinstein veulent utiliser «des dizaines et des dizaines» de courriels intimes échangés entre lui et ses accusatrices pour tenter de convaincre le jury que les rapports sexuels étaient consensuels, a déclaré la défense mardi, à la veille des déclarations d’ouverture au procès pour viol, à New York.

La défense possède «des dizaines et des dizaines et des dizaines de courriels amoureux adressés à M. Weinstein» qu’elle veut utiliser pour discréditer les témoins, a déclaré Me Damon Cheronis à un juge de Manhattan - en l’absence des jurés. Certaines de ces femmes qui affirment avoir été «victimes» de l’ancien magnat de Hollywood «se sont également vantées d’entretenir une liaison à caractère sexuel avec lui», a plaidé l’avocat lors d’une ultime audience préparatoire au procès.

Les parties ont discuté mardi de la façon dont ces courriels pourraient être utilisés une fois que le jury de sept hommes et cinq femmes commencera à entendre l’affaire, mercredi. Le juge James Burke a finalement interdit à la défense de présenter les courriels en l’espèce lors des déclarations d’ouverture, mais il a permis aux avocats de faire référence à «leur substance et leur contenu».

La sélection du jury s’est terminée la semaine dernière pour ce procès très attendu qui devrait durer au moins six semaines.

L’ex-patron de studio de cinéma, âgé de 67 ans, est accusé d’avoir violé une femme dans une chambre d’hôtel de New York en 2013 et d’avoir forcé un acte sexuel sur une autre femme dans son appartement en 2006. Il a plaidé non coupable et soutient que toute activité sexuelle était consensuelle. S’il est reconnu coupable, il pourrait être condamné à la prison à vie.

Les avocats de Weinstein ont tenté - sans succès jusqu’ici - de faire tenir le procès ailleurs qu’à New York, plaidant qu’une forte publicité avait transformé cette affaire en «cirque». La requête est maintenant devant la Cour d’appel de l’État de New York.

Cinéma

Rimini célèbre le génie de Fellini

RIMINI — La ville italienne de Rimini a commencé lundi à célébrer le centenaire d’un de ses illustres enfants, le cinéaste Federico Fellini, dont l’univers fantastique et surréaliste a marqué l’histoire du Septième art.

Le réalisateur, qui a révolutionné le cinéma avec son univers onirique, sa mélancolie et son imagination débordante, grâce à des films inoubliables comme La Strada (1954), Les nuits de Cabiria (1957), La dolce vita (1960), décédé à Rome en 1993, aurait eu 100 ans lundi.

Un siècle après sa naissance, sa ville natale de Rimini, sur la mer Adriatique, où il est né le 20 janvier 1920, lui prépare un cadeau très spécial : un musée entièrement dédié au maître, dans lequel se mêleront poésie et technologie.

La ville qui a sûrement inspiré l’un de ses chefs-d’oeuvre, Amarcord (1973), portrait de l’Italie profonde à l’apogée du fascisme, veut que le musée soit «un lieu de rêve», comme l’a écrit le quotidien Il Fatto Quotidiano, en raison des décors et des installations visionnaires de ses films.

«L’effet de rêve sera garanti», a déclaré le maire de Rimini, Andrea Gnassi, il y a un mois, lorsqu’il a présenté le projet du Musée international Federico Fellini, qui sera inauguré en décembre 2020.

«Si on prend les films de Fellini, comme Amarcord, La dolce vita, I Vitelloni, quand on est les regarde tous, c’est comme si on feuilletait un livre d’histoire, on parcourt l’histoire de notre pays, l’histoire de l’Italie, des années 30 aux années 80», a commenté lundi à l’AFP Marco Leonetti, responsable de la Cinémathèque de la ville.

L’hommage à Fellini, qui durera toute l’année, comprend aussi une exposition dans un château médiéval intitulée Fellini 100. Génie immortel, qui a démarrée en décembre, ainsi que des concerts dans tout le centre historique de la cité.

Après Rimini, l’exposition qui durera jusqu’en mars, sera itinérante et se déplacera d’abord à Rome, puis à Los Angeles, Moscou, Berlin, Sao Paulo, Saint-Pétersbourg, Toronto, Buenos Aires, Tirana.

Pour la grande fête collective consacrée au lauréat de cinq Oscars, du Lion d’or à Venise et de la Palme d’or à Cannes, l’exposition du château présente des clichés de Fellini, des films, des souvenirs, de la musique, des documents, des costumes, dont certains sont exposés pour la première fois.

L’hommage prévoit une série de concerts avec un orchestre symphonique, la célèbre musique de Nino Rota et les bandes originales de ses films.

Les SAG Awards en images

Cinéma

Les «mauvais garçons» Will Smith et Martin Lawrence en tête du box-office

LOS ANGELES — Non vous n'êtes pas revenus dans les années 90, et pourtant les «mauvais garçons» Will Smith et Martin Lawrence et un nouveau Docteur Dolittle sont bien en tête du box-office nord-américain, selon les estimations publiées dimanche par la société spécialisée Exhibitor Relations.

Pour sa sortie en salle, Mauvais garçons pour la vie, troisième opus de la célèbre saga policière, a encaissé 59,2 millions de dollars au Canada et aux États-Unis, grâce à une recette apparemment indémodable : vannes bien senties entre les deux compères Will Smith et Martin Lawrence et explosions spectaculaires.

Arts

Un jury formé de sept hommes et cinq femmes pour le procès de Weinstein

NEW YORK — Un jury de sept hommes et cinq femmes a été sélectionné vendredi dans le procès pour viol de Harvey Weinstein après un processus ardu de deux semaines, ouvrant la voie à l'amorce des témoignages dans la prochaine semaine.

Le contingent définitif a principalement effacé un déséquilibre entre les sexes qui, quelques heures plus tôt, avait conduit les procureurs à se plaindre que la défense tentait délibérément de tenir les jeunes femmes à l'écart du jury.

«Ils éliminent systématiquement une catégorie de personnes de ce jury», a déploré la procureure Joan Illuzzi-Orbon.

La défense a affirmé qu'elle ne visait pas spécifiquement les jeunes femmes, mais qu'elle voulait éviter des jurés trop jeunes n'ayant pas conscience de la façon dont les hommes et les femmes interagissaient au début des années 1990.

«C'était une époque différente à New York et sur la planète Terre», a déclaré l'avocat de Harvey Weinstein, Arthur Aidala.

L'accusé de 67 ans n'a fait aucun commentaire à sa sortie du palais de justice lorsque les journalistes lui ont demandé ce qu'il pensait de la sélection du jury. «Demandez à Donna!», a-t-il dit, faisant référence à l'avocate Donna Rotunno. Trois jurés suppléants - un homme et deux femmes - ont également été désignés.

Harvey Weinstein, l'ancien patron du studio derrière des films oscarisés comme «Pulp Fiction» et «Shakespeare in Love», est accusé d'avoir violé une femme dans une chambre d'hôtel à Manhattan en 2013 et d'avoir agressé sexuellement une autre femme en 2006. Il a plaidé non coupable et a déclaré que toute activité sexuelle était consensuelle. S'il est reconnu coupable, il risque la prison à vie.

Chaque jour pendant près d'une semaine, chaque fois que le juge James Burke présentait Harvey Weinstein à un nouveau groupe de jurés potentiels et leur demandait s'ils ne pouvaient pas être impartiaux, des dizaines de mains se levaient.

Les avocats de Harvey Weinstein ont tenté, jusqu'à présent sans succès, de déplacer le procès hors de New York, arguant qu'une telle métropole médiatique où il y a souvent croisement entre les célébrités et les gens ordinaires ne peut probablement pas permettre un procès équitable pour leur client.

Conscient de l'attention des médias et du poids que certaines personnes accordent à l'affaire, le juge a mis en garde les jurés potentiels: «Ce procès n'est pas un référendum sur le mouvement MeToo.»

Sur plus de 600 personnes convoquées comme jurés potentiels, certaines se sont prononcées pour disqualification en admettant qu'elles connussent l'une des nombreuses accusatrices de Harvey Weinstein, eussent une expérience personnelle des sévices sexuels ou eussent lu «Catch and Kill», un livre de Ronan Farrow, un des premiers reporters à avoir mis au jour les allégations contre Harvey Weinstein.

Il y avait d'autres jurés potentiels, comme la mannequin Gigi Hadid, qui ont même souligné avoir déjà rencontré l'accusé.

Cinéma

«Dieu existe, son nom est Petrunya»: Chemin de croix ***

CRITIQUE / Avec un titre comme «Dieu existe, son nom est Petrunya», on se doute bien que le long métrage va jouer (un peu) la carte de la provocation. Satire sociale douce-amère, le film présenté en compétition à Berlin 2019 dénonce avec beaucoup d’à propos le traditionalisme et la misogynie d’une société patriarcale. La réalisatrice a toutefois la main plus lourde dans la deuxième moitié, surtout vers la fin.

La Petrunya (Zorica Nusheva) du titre est tout un numéro. À 32 ans, diplômée en histoire et éternelle chômeuse, elle tente de s’extirper de l’emprise de ses parents — surtout celle de sa mère surprotectrice. Mais il y a peu de place pour des femmes comme elle en Macédoine…

Cinéma

Les Misérables: fierté dans la banlieue parisienne

MONTFERMEIL — «Une revanche! Pour lui et tous les habitants» : dans les allées du marché de Clichy-Montfermeil, banlieue parisienne où a été tourné Les Misérables de Ladj Ly, les habitants disent leur «fierté» de voir ce film sélectionné aux Oscars.

«Maintenant les Américains vont pouvoir nous contacter!» rigole Clément entre les étals chargés de clémentines et de vêtements bon marché. Ce résident de 35 ans fait une brève apparition comme figurant au début du long métrage.

«Ça fait plaisir qu’il aille jusqu’aux Oscars. Ça fait longtemps que Ladj fait ça, il tournait avec son petit téléphone», ajoute-t-il. «C’est une revanche! Pour lui et tous les habitants du 93», numéro du département qui englobe cette banlieue, la Seine-Saint-Denis, lance aussi Rahma, 44 ans.

Sur le marché, beaucoup ont entendu parler du film et connaissent l’histoire de son réalisateur, âgé de 40 ans, qui a grandi et vécu à Montfermeil. Le film, encensé par la critique et déjà primé à Cannes, a franchi lundi une nouvelle étape : il a été sélectionné pour représenter la France aux Oscars.

Tourné en six semaines à Clichy-sous-Bois et Montfermeil, il raconte l’histoire d’une bavure policière dans une cité sensible, à travers le destin d’un policier qui débarque à la brigade anticriminalité.

«J’ai adoré, j’ai été très touché», dit Cyril, 29 ans, éducateur spécialisé dans le quartier. «J’ai reconnu la banlieue telle que je la connais», dit-il. Marqué par la «brutalité» qui s’en dégage, il retient le «constat d’urgence» dressé par le film.

La «rage au ventre»

«La violence, il n’y a pas que ça ici. Mais bien sûr que certains jeunes de banlieue vivent avec la rage au ventre», dit l’éducateur.

Il sait que le président Macron «a promis de faire des choses pour la banlieue» après avoir vu le film. «J’aimerais, j’espère, mais je n’y crois pas vraiment».

L’éducateur évoque le précédent du film La haine, de Mathieu Kassovitz, auquel Les Misérables est souvent comparé. «La haine a cartonné en 1995 et pourtant, il n’y a pas beaucoup de choses qui ont changé depuis.»

Dans ce quartier très enclavé où les émeutes de 2005 qui avaient embrasé les banlieues françaises ont démarré, le tramway vient tout juste d’arriver. Plusieurs tours d’immeuble sont tombées avec la rénovation urbaine. Aujourd’hui, c’est une gare du métro du Grand Paris qui doit bientôt sortir de terre.

«Les transports, la rénovation urbaine, c’est bien, mais ce n’est pas suffisant», poursuit Clément, évoquant «l’emploi», «le pouvoir d’achat».

Mehdi, 17 ans, vient acheter une pizza turque sur un stand du marché. Lui aussi s’est retrouvé dans le film. «Il y a des gens qui font des classes préparatoires, il y a de tout ici». Mais la violence décrite est «aussi une réalité». «C’est bien que ce soit montré», dit l’adolescent. «C’est difficile d’expliquer à des gens de l’extérieur comment on vit ici».

Djamila, 47 ans, a elle découvert une réalité qu’elle ne soupçonnait pas. Elle habite la zone pavillonnaire de la ville, «ça m’a choqué de voir ces jeunes-là, l’état des cités, mais on se dit que malgré tout, on peut s’en sortir à Clichy-sous-Bois».

Véronique, 50 ans, Clichoise depuis des années, a trouvé le film trop «négatif». Il ne «montre qu’un aspect des choses», regrette-t-elle. «J’aurais aimé qu’il y ait une image positive».

«C’est une réelle fierté pour nous», disent pourtant Fatima et Camélia, 18 ans, stagiaires dans une association de soutien scolaire basée dans la ville. Elles retiennent aussi le parcours de Ladj Ly : «c’est un exemple pour les jeunes, ça montre qu’en partant de rien, on peut avoir tout.»

Cinéma

Cate Blanchett présidera le jury de la 77e Mostra de Venise

ROME — L’Australienne Cate Blanchett présidera le jury de la prochaine Mostra de Venise, festival international du film dont la 77e présentation se tiendra du 2 au 12 septembre, ont annoncé jeudi les organisateurs.

La décision de désigner l’actrice et productrice Cate Blanchett, 50 ans, à la tête du jury a été prise le 10 janvier par le Conseil d’administration de la Biennale de Venise, dont la Mostra est une entité, expliquent les organisateurs dans un communiqué. «Chaque année j’attends la sélection de Venise, et chaque année, elle est surprenante et remarquable», a déclaré Cate Blanchett dans le communiqué. «Venise est l’un des festivals de cinéma les plus attrayants au monde, une célébration de ce moyen provocateur et stimulant qu’est le cinéma sous toutes ses formes».

À la pointe du combat des femmes contre les violences sexuelles dans le cinéma, notamment depuis le scandale Weinstein, Cate Blanchett avait porté la contestation au festival de Cannes en 2018, année où elle présidait aussi le jury. 

Cinéma

Le réalisateur Christophe Ruggia en garde à vue

PARIS — Le réalisateur français Christophe Ruggia, accusé d’«attouchements» par l’actrice Adèle Haenel lorsqu’elle était adolescente, a été placé en garde à vue mardi, a-t-on appris auprès du parquet de Paris, confirmant une information des médias LCI et Mediapart.

M. Ruggia a été placé en garde à vue par les enquêteurs de l’Office central pour la répression des violences aux personnes «dans le cadre de l’enquête préliminaire ouverte le 6 novembre 2019 des chefs d’agressions sexuelles sur mineur de 15 ans par personne ayant autorité et harcèlement sexuel», a-t-on indiqué.

Cinéma

«The New Pope» de Sorrentino: le Vatican affronte ses démons extérieurs

PARIS — «La grande question de la place des femmes arrivera aussi au Vatican», présage le réalisateur italien Paolo Sorrentino, qui expose le nouveau pape de sa série à quelques tourments du monde extérieur : le féminisme et le terrorisme.

Dans cette deuxième saison disponible sur HBO, un nouveau pape est élu alors que Pie XIII (Jude Law) est dans le coma.

Ce nouveau pape franciscain veut donner les richesses du Vatican aux pauvres... Il ne tiendra pas longtemps. Il fait alors place au «grandiloquent» Jean-Paul III, joué par John Malkovich, qui prend les commandes pour insuffler son charme et ses doutes au Vatican.

L’actrice Sharon Stone et la rock star Marilyn Manson font aussi une apparition dans cette série (9X52 minutes) à la réalisation baroque, avec des grandes scènes filmées entre cérémonie et vidéoclip, une bande-son très pop, des discours sur l’amour et la foi.

Pour créer Jean-Paul III, Paolo Sorrentino s’est inspiré du cardinal John Henry Newman (1801-1890), le plus célèbre des anglicans ralliés au catholicisme, béatifié fin 2019.

«Il était adepte d’une voie du milieu, dans le sens du compromis», a expliqué le réalisateur de passage à Paris, aux côtés des deux actrices principales de cette série, Cécile de France et Ludivine Sagnier.

Pie XIII va se réveiller pour affronter une menace terroriste qui pèse sur le Vatican, et pour le plus grand bonheur des fans de Jude Law.

«Sourires et clins d’œil» 

Pie XIII et Jean-Paul III ont quelque chose en commun. «Dans leur grande sagesse, ils sont prêts à renoncer à leur ambition individuelle au nom de leurs idées, contrairement à beaucoup d’hommes politiques» lance le réalisateur de La grande bellezza et de Il Divo.

Le cardinal napolitain Voiello (Silvio Orlando) prend là une ampleur qu’il n’avait pas dans la première saison. «Voiello est inspiré de moi, pour les choses les plus stupides, et de certains hommes politiques italiens et catholiques des dernières années, très habiles dans leurs manœuvres», souligne le réalisateur.

Face à Malkovich, Cécile de France avait «l’impression d’être adolescente, de revoir les Liaisons dangereuses», un des grands films de l’acteur américain. Le personnage de l’actrice est aussi «complètement sous le charme» du pape Jean-Paul III, construisant une «relation lumineuse et platonique» avec lui.

L’actrice belge parle de l’œuvre de Sorrentino comme d’un «cinéma d’une grande sensualité». «J’avais l’impression d’être aux premières loges, avec un grand metteur en scène de théâtre, de danse [...] Il s’éloigne complètement du réalisme pour aller vers une dramaturgie, une profondeur psychologique», selon Cécile de France.

Ludivine Sagnier joue une fidèle qui «n’a aucun outil pour sortir de l’oppression masculine, va d’humiliation en humiliation, perd complètement pied avec le réel», explique l’actrice française.

Paolo Sorrentino met ainsi les femmes en avant dans The New Pope avec ces deux actrices, mais aussi avec une grève historique des nonnes.

«L’Église est bien plus sexiste que le reste du monde», souligne Paolo Sorrentino. «Les femmes n’y ont absolument pas les mêmes droits, elles ne peuvent pas dire la messe, elles vivent en fonction des hommes. C’est une situation qui prendra fin.»

Dans quelle mesure s’est-il inspiré de l’actualité? «Paolo est encore en dessous de la réalité», intervient Ludivine Sagnier, évoquant les scandales autour de la pédophilie à l’Église.

Paolo Sorrentino assure que la série n’a pas pu choquer les prêtres, qui «au confessionnal écoutent des péchés toute la journée».

Lors d’une visite au Vatican, «les prêtres me faisaient des sourires et des clins d’œil, comme pour me dire que ça leur avait plu», raconte le réalisateur.

Alors qu’il prépare un film aux États-Unis avec Jennifer Lawrence, le réalisateur assure qu’une troisième saison est «possible» et qu’il a «quelques idées».

Cinéma

La part de marché des films québécois en baisse en 2019

La part de marché des films québécois a encore connu une légère baisse en 2019, comme d’ailleurs celle des films américains, indique l’agence Cinéac, qui compile les recettes aux guichets de tous les cinémas du Québec.

Les recettes aux guichets des cinémas québécois ont par ailleurs augmenté de 2 %, passant de 173 M$ en 2018 à 176,7 M$ en 2019.

La part de marché des films québécois est passée de 8,2 à 7,6 % entre 2018 et 2019; elle était de 11,2 % en 2017, mais on n’avait pas vu de tels chiffres depuis 2009. Le cinéma québécois avait connu une hausse progressive pendant les années 2000, atteignant même 18,2 % de part de marché en 2005. Il poursuit toutefois une tendance à la baisse depuis, avec quelques pics soudains lorsqu’un gros succès québécois attire les foules — comme Bon Cop, Bad Cop ou De père en flic.

La part de marché des films américains aux guichets québécois entre 2018 et 2019 est passée de 80,1 à 77,3 %. Ce sont les films étrangers qui ont comblé les écarts : les films français sont passés de 2,7 à 3,8 % des parts de marché, alors que les films étrangers d’«autres pays» sont passés de 8,7 à 11,2 %.

Les films québécois sortis entre le 28 décembre 2018 et le 26 décembre 2019 et qui ont le mieux cartonné aux guichets sont Menteur (5,8 millions $), Il pleuvait des oiseaux (1,9 M$) et La Femme de mon frère (714 000 $). On retrouve ensuite Matthias et Maxime (462 000 $), Antigone (environ 400 000 $) et Jeune Juliette (env. 300 000 $).

Femmes réalisatrices

Sur les 10 films québécois les plus payants aux guichets en 2019, sept ont été réalisés par des femmes. La Course des tuques a récolté 1,2 M$ en 2019, mais comme il était sorti le 7 décembre 2018, il ne fait pas partie de ce classement.

Menteur, d’Émile Gaudreault, est par ailleurs le seul film québécois à se classer dans le tableau des 20 films les plus populaires aux guichets, toutes origines confondues : la comédie s’est classée cinquième, tout juste derrière Capitaine Marvel. Les films les plus populaires sur les écrans québécois en 2019 ont été les grands succès américains Avengers : phase finale (12 M$), Le Roi lion (10,5 M$) et Joker (7,7 M$).  

Cinéma

Spike Lee président du jury à Cannes [VIDÉO]

Le réalisateur américain Spike Lee sera le président du jury de la 73e édition du Festival de Cannes, une grande fête du cinéma international qui se tiendra du 12 au 23 mai.

Spike Lee, qui est âgé de 62 ans, est présenté par les organisateurs du festival comme étant un réalisateur qui a signé de nombreux films devenus objets de culte et qui a amené au cinéma contemporain les questionnements et les révoltes de l’époque sans oublier de s’adresser au public qu’il a sensibilisé à ses causes. 

En 2018, il a présenté son film BlacKkKlansman: Opération infiltration au Festival de Cannes. Le Délégué général du Festival, Thierry Frémaux, croit que le tempérament provocateur de l’artiste originaire d’Atlanta provoquera de l’émotion au sein de l’élite mondiale du cinéma qui se réunira à Cannes. Il deviendra le premier représentant de la diaspora africaine à présider le prestigieux festival. 

Spike Lee affirme que lorsqu’on l’a appelé pour lui offrir de présider le jury, il était à la fois heureux, surpris et fier. Il ajoute qu’à titre personnel, le Festival de Cannes a eu un impact énorme sur sa carrière de cinéaste. 

À titre de président du jury, Spike Lee succède à Alejandro Inarritu. 

La sélection officielle et la composition du jury de la 73e édition du Festival de Cannes seront dévoilées à la mi-avril. 

Cinéma

Billie Eilish devient la plus jeune interprète d’une chanson titre de James Bond

NEW YORK — La chanteuse américaine Billie Eilish va interpréter le morceau officiel du nouveau volet des aventures de James Bond, «Mourir peut attendre», a annoncé mardi le site de 007.

L’artiste de 18 ans, qui a écrit le texte du morceau avec son frère et complice habituel Finneas, sera la plus jeune interprète de l’histoire des bandes originales de James Bond.

La société EON Productions, qui produit tous les épisodes de James Bond, a toujours attaché une importance particulière à la bande-son de ses films et cherché à recruter des chanteurs en phase avec leur époque.

Madonna, Adele, Sam Smith, Alicia Key ou Jack White ont ainsi prêté leur voix au générique d’un volet, avec des résultats inégaux.

«Live and Let Die» de Paul McCartney and Wings, «Skyfall» d’Adele ou «Goldfinger» de Shirley Bassey (qui a interprété le morceau titre de trois épisodes) restent parmi les plus appréciés.

«Mourir peut attendre», 25e film de la saga, sortira le 2 avril au Royaume-Uni, le 8 en France et le 10 aux États-Unis.

Coulant une paisible retraite en Jamaïque, James Bond y est contacté par un agent de la CIA pour partir à la recherche d’un scientifique victime d’un enlèvement.

Daniel Craig y reprend, pour ce qui devrait être la dernière fois, le rôle de l’agent britannique, tandis que Rami Malek, Oscar 2019 du meilleur acteur pour «Bohemian Rhapsody», se glisse dans la peau d’un mystérieux ennemi.

«C’est dingue»

«C’est dingue de faire partie (de ce film)», a réagi Billie Eilish, citée dans le communiqué, pour qui il s’agit d’un «grand honneur».

«Écrire la chanson principale d’un Bond, nous en rêvons depuis toujours», a-t-elle ajouté. «James Bond est la franchise cinématographique la plus cool de l’histoire. Je suis encore sous le choc.»

Sorti en mars, le premier album de Billie Eilish, «When We All Fall Asleep, Where Do We Go?», a atteint la deuxième place des ventes aux Etats-Unis en 2019, derrière «Hollywood’s Bleeding», du rappeur Post Malone.

La chanteuse californienne a été nommée dans les quatre catégories principales aux Grammy Awards, les récompenses de l’industrie musicale américaine, qui seront décernées le 26 janvier.

Au total, elle est en lice dans six catégories.

Cinéma

La top model Gigi Hadid juré au procès Weinstein?

NEW YORK — La top model Gigi Hadid a fait une apparition lundi, en tant que juré potentiel, au procès pour agressions sexuelles du producteur de cinéma Harvey Weinstein, dernière célébrité en date de ce procès ultra-médiatisé.

La vedette des podiums était au tribunal de Manhattan lundi matin, parmi un nouveau contingent de jurés potentiels qui se succèdent depuis une semaine.

Douze jurés et six suppléants doivent être sélectionnés d’ici la semaine prochaine pour ce procès emblématique du mouvement #MoiAussi. La mannequin de 24 ans a levé la main quand le juge James Burke a demandé si, parmi les quelque 120 jurés potentiels convoqués ce lundi, certains connaissaient M. Weinstein.

«J’ai rencontré l’accusé», a déclaré la mannequin, avant d’indiquer connaître aussi d’autres personnalités dont le nom pourrait être cité pendant le procès, comme Salma Hayek, qui a accusé M. Weinstein de harcèlement sexuel.

Alors que le juge lui demandait si elle pouvait juger l’affaire de façon impartiale malgré tout, Gigi Hadid a répondu par l’affirmative. «Je crois pouvoir quand même garder l’esprit ouvert sur les faits», a-t-elle répondu.

Elle fera donc partie des jurés potentiels appelés à revenir jeudi prochain, pour une sélection plus poussée.

Il semble néanmoins improbable que cette vedette des réseaux sociaux, suivie par plus de 51 millions de personnes sur Instagram, soit retenue parmi les jurés.

Harvey Weinstein, 67 ans, ancien tout-puissant producteur d’Hollywood, a été accusé de harcèlement ou d’agressions sexuelles par plus de 80 femmes, dont des célébrités comme Ashley Judd, Gwyneth Paltrow ou Léa Seydoux.

Mais il ne sera jugé à New York que pour deux cas, un viol et une agression sexuelle, la plupart des faits reprochés étant prescrits.  

Cinéma

Patrick Stewart réinvente son personnage culte du commandant Jean-Luc Picard

PARIS — Le grand retour du commandant Jean-Luc Picard : après une longue éclipse, Patrick Stewart reprend son plus célèbre rôle dans la série inédite «Star Trek : Picard», qui va faire découvrir la saga culte de science-fiction à une nouvelle génération de fans.

Le démarrage le 23 janvier sur CBS et le lendemain sur Amazon Prime Video de cette nouvelle déclinaison de Star Trek est un événement attendu par de nombreux amateurs de science-fiction, et cette production s’annonce comme l’une des plus grosses séries internationales de 2020.

Pour ce projet, l’acteur britannique Patrick Stewart a accepté d’endosser de nouveau le costume du commandant Picard, dont il s’était tenu longtemps éloigné après l’avoir incarné à la télévision dans Star Trek : The Next Generation (1987-1994) puis à quatre reprises au cinéma, pour la dernière fois en 2002 dans Star Trek : Nemesis.

«Cela fait 17 ans que j’ai dit “au revoir” à Jean-Luc. Et j’avais la ferme intention de ne plus retourner dans cet univers, et j’étais en outre persuadé que tout ce qu’il y avait à dire l’avait déjà été», a confié à l’AFP le célèbre acteur, lors d’un déplacement fin 2019 à Paris.

Jusqu’à ce que le créateur de «Star Trek : Picard» Alex Kurtzman, et Michael Chabon, l’un des scénaristes, le séduisent avec leur projet qui ambitionne de renouveler profondément son ancien rôle.

«J’ai trouvé qu’ils avaient des idées inattendues, et qu’ils avaient imaginé un monde différent de celui créé dans Next Generation, dit-il. Il y a un ou deux personnages qu’on retrouve, mais le monde autour d’eux est transformé, ce n’est plus le même». L’action, qui était centrée autour de l’Entreprise dans Next Generation, sera beaucoup plus mouvante et imprévisible, assure-t-il.

Quant à son personnage, «il est dans une situation complètement différente de celle des quatre films et des 178 épisodes» de la série antérieure, décrit-il.

Car l’amiral à la retraite Jean-Luc Picard, symbole d’autorité et de stabilité, a perdu de sa superbe. D’après les rares éléments du scénario qui ont été dévoilés au public, il est déboussolé par le décès de l’androïde Data et n’est plus qu’une relique pour les officiers de Starfleet. Mais une jeune femme en détresse, Dahj, va le pousser à se lancer dans une nouvelle mission...

La série dévoilera des éléments inédits sur les origines de Jean-Luc Picard, et évoquera la culture française (en voie d’extinction dans Star Trek) dont il est imprégné...

«Belle responsabilité»

Des scènes ont été filmées dans un domaine viticole français reconstitué en Californie, «pour que ça ait l’air authentique». «Nous avons essayé de créer un monde aussi français que possible, et je parle même en français pour la première fois», s’amuse Patrick Stewart.

Dans sa nouvelle quête, Picard est secondé par Raffi Musiker, une enquêtrice hors pair, mais troublée par des démons intérieurs, et qui accepte de l’aider malgré leur histoire personnelle «compliquée».

«C’est un personnage qui a eu des difficultés, et qui essaye de s’en sortir comme elle peut... Mais c’est aussi un génie, elle est extrêmement douée. Je crois que son talent l’aide à s’en sortir», explique Michelle Hurd, qui incarne ce personnage tourmenté.

Isa Briones joue Dahj, un autre personnage féminin central, par qui l’action va démarrer. «C’est elle qui débarque et met les choses en mouvement», résume l’actrice, consciente du défi de transmettre à un nouveau public un univers qui inspire des légions de fans.

«C’est une belle responsabilité que nous avons. Il y a tellement de personnes pour qui cette série [Star Trek] a tellement compté, et qu’elle a aidées à sortir de leur coquille, et à trouver des personnes qui pensent comme eux», dit-elle.

La nouvelle série, comme les plus grandes œuvres de la science-­fiction, devrait se faire l’écho de problématiques contemporaines, mais tout en subtilité.

«On raconte des choses qui résonnent avec notre époque, mais on ne s’en rendra compte que tout à la fin», promet Michelle Hurd. Une démarche qui s’inscrit dans la pure tradition de Star Trek : «nous ne donnons pas de leçons, mais on essaye d’apporter un nouvel éclairage sur les tourments de l’humanité».