Cinéma

«Ma vie avec John F. Donovan» de Dolan atterrit au Québec après les turbulences

TORONTO - L’acteur et réalisateur Xavier Dolan vénérait depuis son enfance des étoiles du cinéma telles que Natalie Portman, Kathy Bates et Susan Sarandon.

À l’âge adulte, il a eu l’occasion de les diriger sur un plateau de tournage.

À l’affiche au Québec à partir de vendredi, «Ma vie avec John F. Donovan» est centré sur une correspondance qui dure depuis des années entre un jeune garçon et un acteur célèbre, qui finit par modifier leurs trajectoires.

Pour raconter ce récit édifiant sur les contraintes de la célébrité, Xavier Dolan a pu obtenir les services de plusieurs de ses idoles d’enfance, notamment le trio oscarisé Portman, Bates et Sarandon.

Le film n’a toutefois pas eu un parcours de tout repos.

Soutenue par un budget de 35 millions $ et des acteurs de premier plan, la première incursion de Xavier Dolan dans le cinéma de langue anglaise a été entravée par des problèmes de production: un processus de montage prolongé ayant entraîné l’excision de l’actrice étoile Jessica Chastain; un retrait de dernière minute du Festival de Cannes 2018; et la difficulté à obtenir une sortie en Amérique du Nord (aucune date n’a encore été fixée aux États-Unis).

La première version de «Ma vie avec John F. Donovan» avait une durée de plus de quatre heures, selon Xavier Dolan, qui a passé deux ans dans une salle de montage pour ramener le film à un long métrage.

«Je pense que la raison qu’il a été en post-production si longtemps est que je voulais rendre hommage à de nombreux films (et séries télévisées) qui m’importaient dans mon enfance», a déclaré le cinéaste.

«Je voulais inclure tous ces enfants chéris de mon enfance, ce qui est devenu difficile quand je devais faire des choix.»

Malgré toute son indécision, Natalie Portman a soutenu que Xavier Dolan était rigoureux dans son attention au détail, rendant les changements aussi minutieux que la manière dont un figurant ouvrait un journal.

Natalie Portman a déclaré que cette minutie l’avait aidée à peaufiner sa performance en tant que mère d’un jeune acteur en herbe, interprété par Jacob Tremblay, qui établit une relation de correspondants avec la vedette de la télévision John F. Donovan.

«C’était incroyable de voir cette personne nettement plus jeune que moi avoir une vision aussi pointue de la façon dont il veut créer ce monde», a affirmé Natalie Portman à propos du réalisateur trentenaire, dont les films acclamés incluent «Mommy» en 2014 et «J’ai tué ma mère» en 2009.

La vedette de «Game of Thrones», Kit Harrington, qui incarne le personnage principal du film, a déclaré que le dévouement de Xavier Dolan l’avait motivé à repousser ses limites en tant qu’acteur. Tout de même, alors que le tournage s’étirait, Kit Harrington a admis que le travail infatigable de Xavier Dolan pouvait parfois être «frustrant».

Kit Harrington se souvient d’une conversation avec Xavier Dolan après avoir filmé une longue bande-annonce du drame surnaturel pour adolescents de son personnage, «Hellsome High».

«(Je lui disais): «C’est une journée entière de tournage, Xavier. Je sais que tu ne l’utiliseras jamais»», s’est-il rappelé. «Il a répondu: «Oui, mais j’en ai besoin.» (Et j’ai dit): «Mais non tu n’en as pas besoin! Tu n’en as vraiment pas besoin! J’aurais pu rentrer à la maison il y a trois semaines.»

«Je pense que d’une certaine manière, c’est sa façon de travailler. Il a un grand creuset d’idées, qu’il déverse et puis qu’il trie presque comme des morceaux d’un casse-tête.»

Au coeur du film se trouve un parcours initiatique, a déclaré Xavier Dolan, qui, d’une certaine manière, fait le parallèle avec sa propre trajectoire, de l’enfant acteur à la réalisation, en passant par la direction des vedettes qui ont façonné son éducation culturelle.

«Ma vie avec John F. Donovan» prend l’affiche vendredi à Toronto, Vancouver, Calgary et un peu partout au Québec.

Cinéma

Les Obama financent un film sur la «mondialisation inversée»

LOS ANGELES — Plongée sociale dans le quotidien d'une usine de l'Ohio rachetée par des Chinois, le documentaire «American Factory» a conquis Barack et Michelle Obama, qui en ont fait la première acquisition de leur société de production.

«Ils nous appellent les étrangers», lâche un employé désabusé d'une usine de pare-brises de l'Ohio, où des centaines d'ouvrier chinois sont venus travailler, loin de leurs familles.

Mais l'ouvrier en question est américain, pas chinois, et il a bien du mal à s'adapter aux changements apportés par le milliardaire Cao Dewang, qui a racheté en 2014 l'usine de Moraine, abandonnée six ans plus tôt par le constructeur emblématique des États-Unis, General Motors.

Pour les réalisateurs du film American Factory, Steven Bognar et Julia Reichert, il s'agit ni plus ni moins de «mondialisation inversée».

Le couple avait été sélectionné aux Oscars pour son documentaire sur la fermeture de l'usine GM en 2008 et il a souhaité revenir pour y filmer la reprise de la production sous la direction de la société chinoise Fuyao.

American Factory dépeint la joie initialement suscitée par la reprise de l'activité et le retour de milliers d'emplois dans une zone sinistrée, puis la colère et les désillusions devant les exigences et la sévérité de la direction chinoise.

Cette plongée dans la vie de l'usine, des ouvriers aux cadres supérieurs, tant américains que chinois, a séduit l'ancien président Barack Obama et son épouse Michelle lorsque le film a été présenté en janvier au prestigieux festival Sundance, dans l'Utah.

Le couple a aussitôt acheté le documentaire et le diffusera sur la plateforme Netflix et dans certains cinémas le 21 août, la première oeuvre jamais distribuée par leur société Higher Ground Productions.

«Mme Obama a dit que ça lui parlait, car son père a travaillé très dur pendant des décennies pour faire vivre sa famille, et elle a senti ce côté "Midwest" du film lorsqu'elle l'a vu», confie à l'AFP Steven Bognar.

«Elle a retrouvé sa famille dans le film, et je pense que le président y a trouvé un certain nombre de questions politiques et de sujets liés à la mondialisation», ajoute Julia Reichert.

«Fossé culturel»

La compétition entre les États-Unis et la Chine pour la maîtrise de l'économie mondiale est un facteur déterminant de la géopolitique du 21e siècle. Les réalisateurs ont cherché à en explorer les aspects humains à travers la vie de cette usine de l'Ohio, à laquelle le propriétaire leur a donné libre accès.

Cao Dewang, président et fondateur du groupe Fuyao, «est un franc-tireur, quelqu'un de très indépendant, un homme d'affaires qui s'est fait tout seul», analyse Steven Bognar. «Il avait vu notre précédent film [sur l'usine] et il l'avait aimé, donc il a décidé de tenter sa chance avec nous».

Les premières scènes du nouveau documentaire montrent les efforts sincères des ouvriers américains et chinois pour apprendre à se connaître et établir des liens. Parties de pêche, leçons de tir et fêtes de Thanksgiving semblent porter leurs fruits.

Les choses se gâtent lorsque la nouvelle direction s'inquiète de lourdes pertes financières. Elle commence alors à licencier les cadres américains pour les remplacer par des chinois, bombardés d'exhortations patriotiques pour obtenir des rendements toujours plus importants.

Malgré les promesses, les salaires restent bien inférieurs à ceux offerts à l'époque par General Motors, tandis que tout est fait pour décourager les tentatives d'organiser des syndicats ou d'endiguer la détérioration des critères de sécurité.

«Le fossé culturel était plus large que les gens ne le pensaient», estime Steven Bognar, relevant que les propriétaires chinois étaient tout aussi déboussolés et déçus que les ouvriers américains.

«Ils ne nous ont pas mis dehors alors que la pression montait, il faut mettre ça à leur crédit», relève le réalisateur.

L'usine de Moraine n'est pas un cas isolé. Des investisseurs chinois ont racheté de nombreux sites industriels dans le Midwest ou le sud des États-Unis, dont les emplois avaient été délocalisés au Mexique voisin ou ailleurs.

Le président Donald Trump a abondamment joué de ces désillusions pour asseoir sa victoire en 2016. Il a réalisé de très bons scores électoraux dans l'Ohio ainsi que dans le Michigan et le Wisconsin voisins, en promettant que les ouvriers licenciés retrouveraient un emploi grâce à sa politique économique.

Avec American Factory, «vous avez un petit goût de ce que donne la mondialisation au niveau humain. Je pense que le film vous laisse un sentiment de malaise», résume Susan Reichert.

Cinéma

La comédie «Bons garçons» double «Rapides et dangereux» au box-office

LOS ANGELES — En tête deux semaines durant, le film «Rapides et dangereux présentent Hobbs et Shaw» s'est fait griller ce week-end la priorité par les mauvais garçons de «Bons garçons» au box-office nord-américain, selon les estimations publiées dimanche par la société spécialisée Exhibitor Relations.

La comédie estivale des studios Universal à l'humour potache a récolté pour sa sortie 21 millions $ de vendredi à dimanche dans les salles obscures des États-Unis et du Canada.

Vingt ans après Folies de graduation (American Pie), dont il réchauffe les codes, Bons garçons suit les péripéties d'un trio de garçons d'une douzaine d'années tentant laborieusement de s'éveiller à la sexualité.

Le dernier opus de la franchise Rapides et dangereux, prisée des amateurs de voitures de course et de gros muscles, rétrograde du coup en deuxième position, avec 14 millions $ en trois jours.

Le Roi lion de Disney, tourné grâce à un procédé novateur sur un plateau en réalité virtuelle, s'accroche au podium grâce à ses 11,9 millions $ du week-end, qui lui permettent d'approcher la barre du demi-milliard depuis sa sortie il y a cinq semaines.

Le film d'animation Angry Birds le film 2 se hisse péniblement à la quatrième place à sa sortie, avec 10,5 millions $, soit nettement moins que le démarrage réalisé en 2016 par le premier Angry Bird du nom (38,2 millions $).

Deuxième le week-end précédent, Histoires effrayantes à raconter dans le noir, film d'horreur réalisé par le Norvégien André Ovredal et notamment produit par le réalisateur mexicain Guillermo del Toro, glisse à la cinquième place avec 10,1 millions $ engrangés.

Voici le reste du top 10 

6. Instinct de survie : Piégés (9 millions $ pour sa sortie)

7. Dora et la cité d'or perdue (8,5 millions $, 33,9 millions $ en deux semaines)

8. Il était une fois à Hollywood (7,6 millions $, 114,3 millions $ en quatre semaines)

9. Blinded by the Light (4,5 millions $ pour sa sortie)

10. L'art de courir sous la pluie (4,4 millions $, 16,9 millions $ en deux semaines)

Cinéma

L'acteur Peter Fonda, vedette de «Easy Rider», meurt à 79 ans

LOS ANGELES — L’acteur américain Peter Fonda, rendu célèbre par son rôle de motard dans le film «Easy Rider» (1969) qu’il avait co-écrit, est mort vendredi matin à son domicile de Los Angeles à l’âge de 79 ans, laissant orpheline toute une génération marquée par ce long-métrage entré dans la légende.

Fils de la star d’Hollywood Henry Fonda, petit frère de Jane Fonda et père de Bridget Fonda, Peter Fonda est mort d’un arrêt respiratoire provoqué par un cancer du poumon, a indiqué son publiciste dans un communiqué.

«Tandis que nous pleurons la perte de cet homme doux et gracieux, nous souhaitons aussi célébrer son esprit indomptable et son amour de la vie. En l’honneur de Peter, portez un toast à la liberté, s’il vous plaît», conclut le communiqué signé de sa famille.

«Je suis très triste. C’était mon gentil petit frère adoré. Le bavard de la famille. J’ai passé des moments merveilleux seule avec lui ces derniers jours. Il est parti en riant», a dit Jane Fonda dans une déclaration transmise à l’AFP.

Easy Rider, écrit par Peter Fonda, Dennis Hopper et Terry Southern, interprété par les deux premiers et réalisé par Hopper, est l’un des films étendards de la contre-culture américaine des années soixante. Il évoque la quête de liberté à travers une odyssée à moto dans les grands espaces du Sud-ouest américain.

L’image de Peter Fonda les jambes étendues sur son chopper Harley-Davidson peint aux couleurs du drapeau américain est emblématique du cinéma de cette époque. Un exemplaire de cette moto s’était vendu aux enchères 1,35 million de dollars en 2014.

«Icône» 

La disparition de l’acteur, dont le film le plus célèbre a marqué l’histoire des années 60, risque de laisser un grand vide.

«Icône  #PeterFonda», a simplement tweeté l’acteur Joseph Gordon-Levitt, accompagnant son message d’une photo, en noir et blanc, de Peter Fonda, veste en cuir sur les épaules et immense drapeau américain dans le dos.

«Repose en Paix», a tweeté la réalisatrice américaine Ava DuVernay avec une photo datant de 2012 où elle fait un selfie avec celui qu’elle qualifie de «légendaire».

Pour célébrer le 50e anniversaire de la sortie du film (le 14 juillet 1969), Peter Fonda avait organisé une projection à New York le 20 septembre prochain, avec des musiciens pour interpréter la célèbre bande-son rock du film, dont l’inoubliable Born to Be Wild du groupe Steppenwolf.

En 1998, Peter Fonda avait concouru aux Oscars pour son rôle dans le film «L’Or de la vie» de Victor Nuñez, qui lui a finalement valu un Golden Globe.

Plus récemment, Peter Fonda avait joué Méphistophélès dans Ghost Rider (2007). Son dernier film, The Last Full Measure, avec Samuel L. Jackson, Morgan Freeman et Laurence Fishburne, doit sortir fin octobre aux États-Unis.

Militant écologiste de la première heure, l’acteur avait fait sensation au Festival de Cannes en 2011 lorsqu’il avait qualifié le président américain de l’époque, Barack Obama, de «putain de traître» en lui reprochant sa gestion d’une marée noire dans le Golfe du Mexique provoquée par le naufrage de la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon.

Cinéma

Le film culte, «Apocalypse Now» ressort 40 ans après dans une nouvelle version

PARIS — Quarante ans après sa sortie en 1979, Francis Ford Coppola n’en a pas fini avec son obsession pour «Apocalypse Now». Son film culte au tournage maudit revient sur les écrans dans une nouvelle version restaurée, une demi-heure plus longue que l’original.

Malgré le succès de son film sur la Guerre du Vietnam, Palme d’or ex-aequo au Festival de Cannes en 1979 et devenu une référence du 7e Art, Coppola n’a jamais été vraiment satisfait de son oeuvre de 1979, qu’il avait condensée en 2 h 33.

Il avait sorti en 2001 une nouvelle version rallongée de 49 minutes, Apocalypse Now Redux, avec des scènes supplémentaires.

Apocalypse Now Final cut, d’une durée de 3 h 01, sorti jeudi aux États-Unis et mercredi prochain en France, avant une édition Blu-Ray, apparaît comme un compromis entre les précédentes versions, avec une restauration pour la première fois à partir du négatif original, qui aura pris près d’un an, et une qualité d’image et de son optimum, en 4K Dolby Atmos et Dolby Vision.

«Meilleure version du film au monde», selon le cinéaste, ce Final cut, présenté pour la première fois en avril au Festival de Tribeca, à New York, «apporte une qualité d’image et de son encore supérieure à ce qu’elle était», dit-il. «Le public pourra voir, entendre et ressentir ce film comme je l’ai toujours rêvé».

À New York, le cinéaste de 80 ans a dit avoir «toujours regretté certaines coupes» qu’il avait dû faire en 1979, mais que la deuxième version lui semblait «peut-être trop longue», d’où cette troisième.

«Folie obsessionnelle» 

Le fait de remettre encore sur l’ouvrage son film témoigne aussi du rapport obsessionnel que le réalisateur du Parrain n’a cessé d’entretenir avec cette oeuvre.

Dans son Dictionnaire amoureux du Festival de Cannes, l’ex-président du Festival Gilles Jacob, qui en était alors le délégué général, se souvient qu’en 1979, Coppola «en était arrivé à un tel niveau de folie obsessionnelle que, les mois précédant Cannes», il créait «une fin par semaine».

Il raconte aussi que le réalisateur américain avait présenté à Cannes deux fins possibles aux festivaliers : «une première fin dans la grande salle de l’ancien palais (des festivals) et, en variante, une autre, dans une petite salle».

Une «ultime hésitation» qui était venue couronner son «incapacité» à «monter cinquante mille mètres de pellicule» et à «trancher entre différents montages», un travail qui lui aura pris plus de deux ans, souligne Gilles Jacob.

Le tournage légendaire de cette adaptation libre de la nouvelle de Joseph Conrad Au coeur des ténèbres, racontant le périple du capitaine Willard (Martin Sheen), chargé de retrouver et d’éliminer le colonel Kurtz (Marlon Brando), avait avant cela rencontré toutes les difficultés imaginables.

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Cinéma

L'intervention: Tirer à blanc **

CRITIQUE / Au nombre de longs métrages produits en France chaque année, et donc plusieurs de grandes qualités ne trouvent jamais leur chemin jusque dans nos salles, on peut être surpris que «L’intervention» prenne l’affiche. Ce film d’action caricatural et simplet ne doit sa présence ici, imagine-t-on, qu’au fait que son réalisateur Fred Grivois a grandi au Québec.

La prémisse était pourtant prometteuse. Grivois (La résistance de l’air) s’est inspiré d’un fait vécu, que lui a raconté un des protagonistes.

Cinéma

«Fabuleuses»: paradoxes de jeunes femmes

Peut-on produire des vidéos de routine beauté sur You Tube tout en défendant des idéaux féministes? Que faire lorsqu’on rêve décrire dans un média «sérieux» qui n’engage plus que ceux qui ont au moins 20 000 abonnés? Plongeant dans ces paradoxes de la féminité et de la production de contenu, la réalisatrice Mélanie Charbonneau accouche de «Fabuleuses», le récit d’une amitié triangulaire dans un été montréalais plein de contrastes.

Juliette Gosselin y incarne Clara Diamond, une influenceuse bien seule et étonnement altruiste malgré son apparente vie parfaite dans un condo commandité, son contrat avec une compagnie de maquillage et ses milliers d’abonnés. La réalisatrice s’est aperçue récemment qu’elle pouvait connecter ce personnage à un épisode de sa propre histoire, lorsque son court-métrage Antikamasutra est devenu viral sur YouTube en 2006.

Cinéma

Un documentaire sur un complot pour contaminer des Sud-Africains noirs au VIH

LOS ANGELES — Un groupe de mercenaires racistes avait-il créé un faux programme de vaccination pour inoculer le virus du sida à des Sud-Africains noirs? Aussi invraisemblable que cela paraisse, c’est ce qu’un documentaire qui sort cette semaine aux États-Unis affirme avoir découvert par hasard, en enquêtant sur un mystérieux accident d’avion.

Le film Cold Case : Hammarskjold, du réalisateur danois Mads Brugger, s’intéressait initialement au crash inexpliqué, en 1961, au-dessus de l’actuelle Zambie, de l’appareil transportant Dag Hammarskjold, secrétaire général des Nations unies.

Pour les besoins de son film, Mads Brugger a rencontré un ancien membre d’un groupe paramilitaire clandestin qui aurait entretenu des liens avec le régime sud-africain du temps de l’apartheid. Et cet homme, Alexander Jones, lui affirme que son organisation avait entrepris des recherches sur le VIH dans les années 1980, dans le but d’éliminer les populations noires du pays en les contaminant.

«Nous étions en guerre», déclare Alexander Jones dans le documentaire, «les Noirs d’Afrique du Sud étaient les ennemis».

Rien ne démontre heureusement que cette conspiration suprémaciste blanche ait été mise en œuvre, et les scientifiques estiment de toute façon qu’à l’époque, les moyens techniques ne l’auraient pas réellement permis.

«Scandaleux»

Les documentaristes ont toutefois réussi à retrouver en Afrique du Sud la trace de cliniques qui furent dirigées par le défunt leader du groupe paramilitaire, Keith Maxwell.

Ce dernier prétendait chercher un remède au sida mais n’avait aucune formation médicale, et il évoquait publiquement sa fascination pour les armes biologiques. L’équipe du film a rencontré des témoins affirmant qu’il avait personnellement procédé à des injections de présumés vaccins sur des patients noirs.

«Quoi de plus facile pour obtenir un cobaye humain que de vivre dans un système d’apartheid», lance Alexander Jones dans le film.

«Les Noirs n’ont aucun droit et ils ont besoin de traitements médicaux. Un “philanthrope” arrive en disant : “Je vais ouvrir des cliniques et vous soigner”... Le loup est dans la bergerie», poursuit-il.

«Je sais bien que ce que Jones dit est scandaleux et sensationnel», reconnaît Mads Brugger. «Mais jusqu’à présent, ce qu’il nous a dit et ce que nous avons pu corroborer s’est vérifié», a-t-il déclaré à l’AFP.

Théories du complot

Les théories du complot sur la contamination délibérée des Africains par le virus du sida sont nombreuses et ont notamment été alimentées par l’Union soviétique à la fin de la guerre froide.

Une désinformation qui peut s’avérer particulièrement néfaste pour les campagnes de vaccination, surtout dans les pays ayant un fort taux de prévalence du sida, comme l’Afrique du Sud.

Malgré les critiques suscitées par la diffusion du documentaire au prestigieux festival de Sundance en janvier dernier, Mads Brugger, primé à plusieurs reprises par le passé, défend son travail et la piste suivie dans son film.

Ce sont des documents découverts dans les archives du gouvernement sud-africain, mentionnant un possible attentat à la bombe contre l’avion de Dag Hammarskjold, qui ont mené le réalisateur jusqu’à ce sulfureux groupe baptisé Institut sud-africain pour la recherche maritime (SAIMR).

Mads Brugger est remonté jusqu’à Alexander Jones, qui leur a affirmé que c’était le SAIMR qui avait abattu l’avion du diplomate suédois.

Depuis lors, l’équipe du film a organisé une rencontre entre M. Jones et des enquêteurs de l’ONU travaillant à un rapport sur cette catastrophe aérienne. Une rencontre confirmée à l’AFP par un porte-parole des Nations unies et qui confirme selon M. Brugger la crédibilité de son témoin.

Plusieurs doutes

De nombreux doutes subsistent cependant sur la véracité de la thèse défendue par le cinéaste.

Beaucoup doutent par exemple que le SAIMR ait réellement existé, au-delà de l’esprit fantasque de Keith Maxwell, un excentrique notoire qui s’habillait comme un amiral britannique du XVIIIe siècle.

Une enquête du New York Times suggère par ailleurs qu’Alexander Jones a commencé par nier l’existence du projet de recherche sur le VIH, et que ce n’est qu’après en avoir parlé avec l’équipe du film qu’il aurait dit en avoir eu connaissance face caméra.

Interrogé à ce sujet par l’AFP, le réalisateur a concédé qu’il y ait pu avoir dans certains cas de «contaminations croisées» car son équipe a passé beaucoup de temps à parler avec M. Jones. «Mais je suis certain que l’essentiel de ce qu’il nous dit, ce n’est pas nous qui lui avons soufflé», se défend-il.

Selon l’Onusida, l’Afrique du Sud connaît «la plus grande épidémie de VIH au monde, avec 19 % de la population totale» vivant avec le virus, soit plus de 7 millions de personnes en 2016.

Cinéma

Le TIFF rend hommage au directeur photo Roger Deakins

TORONTO —Le directeur photo de renom Roger Deakins sera mis à l’honneur au Festival international du film de Toronto, le mois prochain.

M. Deakins — qui a été cité aux Oscars à 14 reprises et qui a finalement ravi la statuette d’or l’an dernier, grâce à « Blade Runner 2049 », de Denis Villeneuve — recevra le Variety Artisan Award lors de la soirée de gala du TIFF.

Cinéma

Percéides: un festival qui voit grand

PERCÉ — Avec la projection de 125 œuvres, la présence de 60 invités participant à 30 événements spéciaux, la présence de l’école de cinéma et l’organisation d’une troisième ciné-croisière, il est permis de dire qu’il a bien grandi, le Festival international de cinéma et d’art les Percéides depuis son premier épisode, il y a 10 ans.

Ce festival se déroulera du 15 au 25 août en trois lieux principaux de Percé : le Centre d’art, au cœur du village, la Vieille usine de l’Anse-à-Beaufils, une dizaine de kilomètres plus à l’ouest, et la plage, où des projections nocturnes ont lieu.

«Les premières Percéides avaient été tenues en trois jours, et on avait projeté 30 films», évoque François Cormier, directeur artistique et fondateur de l’événement, qui vante la capacité d’innovation de son équipe pour expliquer l’évolution de l’événement.

Bien que l’école de cinéma constitue une composante distincte des Percéides, François Cormier la perçoit comme un élément qui nourrit l’événement, et vice versa.

«L’école, ça fait partie d’un même projet. C’est l’éducation cinématographique qui est l’inspiration des Percéides», dit-il.

L’école est menée du 10 au 18 août par la cinéaste Léa Pool et le directeur photographique Pierre Mignot, qui formeront 17 personnes, dont un tiers de Gaspésiens et quelques étudiants de l’extérieur du pays, dont la France. La présence de ces deux professeurs sera mise à contribution à plus d’un égard par François Cormier.

«La classe de maître au lieu avec Léa et Pierre, à la Vieille usine. Ils seront aussi à bord du bateau le 24 août pour la ciné-croisière, avec Louise Marleau et Louise Portal», note-t-il.

Louise Marleau passera une semaine à Percé, puisqu’elle préside le jury des Percéides. Léa Pool et elle ont travaillé ensemble dans La femme de l’hôtel. «C’est de ce rôle que l’idée m’est venue de l’inviter comme présidente du jury», précise François Cormier.

Une projection spéciale de ce film aura lieu en matinée le 24 août, avant la ciné-croisière. La projection sera suivie d’une discussion avec Mme Marleau.

François Cormier hésite toujours un peu quand Le Soleil lui demande de suggérer quelques films de sa programmation aux cinéphiles, mais il cède généralement.

«Le long métrage du réalisateur gaspésien Éli Laliberté, Florent Vollant – Faiseur de Makusham, est un incontournable», dit-il à propos du documentaire présenté en première mondiale. MM. Laliberté et Vollant seront sur place pour échanger avec le public.

Farouchement Kittie, un documentaire relatant la vie de l’artiste-peintre Kittie Bruneau, occupe aussi une place de choix dans la liste de M. Cormier.

«Elle a vécu à l’île Bonaventure. Elle est sensibilisée aux beautés de la nature. Elle est extrêmement liée à Percé. Il y a en plus cet heureux mariage avec le Musée le Chafaud, qui présente une exposition sur les œuvres de Kittie Bruneau tout l’été à Percé», signale-t-il. Mme Bruneau accompagnera le cinéaste Alain Goudreau, lors de la projection, en première.

Des centaines de milliers de Québécois ont vu Mommy, le chef d’œuvre de Xavier Dolan, mais peu l’ont vu avec la possibilité d’en discuter par la suite avec l’acteur Antoine Olivier Pilon. Ce sera possible à Percé. «Antoine Olivier a grandi ici, en Gaspésie. Ça fait partie de son histoire», précise François Cormier. 

Sélection internationale

La sélection internationale des Percéides est étoffée. Elle compte notamment Cold War du Polonais Pawel Pawlikowski, prix de la mise en scène à Cannes en 2018, le film islandais Une femme en guerre de Benedikt Erlingsson et Dogman de l’Italien Matteo Garrone, qui a valu à Marcello Fonte le prix d’interprétation masculine à Cannes en 2018.

Le film français Les drapeaux de papier, réalisé par le très jeune Nathan Ambrosioni, 19 ans, viendra clore la programmation le 25 août.

Les amateurs de courts métrages sont par ailleurs conviés à 23h le 23 août au Centre d’art à la projection d’œuvres de cinéma fantastique présentée au Festival Spams de Montréal, sous la direction de Jarrett Mann.

Cinéma

«Rapides et dangereux» ralentit mais reste en tête du box-office

LOS ANGELES — «Rapides et dangereux présentent Hobbs et Shaw», dernier épisode de la franchise préférée des amateurs de voitures de course, a conservé sa première place au box-office nord-américain mais avec beaucoup moins de spectateurs que le week-end dernier, selon les estimations publiées dimanche par la société spécialisée Exhibitor Relations.

Ce nouvel épisode de la série à succès, qui met l'accent sur les personnages de Hobbs (joué par Dwayne Johnson) et Shaw (Jason Statham), a récolté 25,4 millions $ pour son deuxième week-end d'exploitation.

La semaine dernière, le blockbuster aux bolides rugissants avait récolté plus de 60 millions $ aux États-Unis et au Canada.

Une perte de vitesse considérable mais suffisante pour garder la première place du box-office, devant Histoires effrayantes à raconter dans le noir (20,8 millions $), film d'horreur réalisé par le Norvégien André Ovredal et notamment produit par le Mexicain Guillermo del Toro

La troisième place revient au Roi lion de Disney, tourné cette fois-ci grâce à un procédé novateur sur un plateau en réalité virtuelle, qui ramasse 20 millions $.

On retrouve ensuite avec 17 millions $ pour son premier week-end Dora et la cité d'or perdue, film d'aventures pour enfants et ados adapté de la célèbre série animée Dora l'exploratrice.

La dernière place du top 5 revient à Quentin Tarantino avec son Il était une fois à Hollywood et ses 11,6 millions $. Au total, le film a dépassé les 100 millions $ au box-office nord-américain

Voici le reste du top 10:

6. L'art de courir sous la pluie (8,1 millions $)

7. Les Reines de Hell's Kitchen (5,5 millions $)

8. Spider-Man : loin des siens (5,3 millions $)

9. Histoire de jouets 4 (4,4 millions $)

10. Le mariage d'adieu (2,2 millions $)

Théâtre et cinéma

Sous le soleil de Mamma Mia! la folle année de Romane Denis

Romane Denis a beau avoir passé la moitié de sa vie à jouer devant les caméras, le métier de comédienne n’a pas fini de la surprendre. La jeune femme monte sur les planches pour la première fois pour «Mamma Mia!» et tient un premier rôle en anglais dans le film d’horreur «Slaxx», dont la sortie est prévue cet automne.

«C’est l’année où je fais plein d’affaires que je n’avais jamais essayées», constate-t-elle. Souriante et posée malgré la canicule estivale, Romane Denis entrevoyait avec bonheur ses vacances d’une dizaine de jours entre la présentation de Mamma Mia! à Montréal et à Québec. Elle prévoyait sagement se reposer, en cuisinant un peu, tout au plus, afin d’être en pleine forme au moment de reprendre le rôle de Sophie pour 24 représentations.

Cinéma

Alexa-Jeanne Dubé dans un huis clos chez les Cubains

Le film «Cuba Merci Gracias» a été pensé et tourné à trois têtes. Alexa-Jeanne Dubé et Emmanuelle Boileau y incarnent deux amies en vacances à La Havane, suivies par la caméra du réalisateur Alex B. Martin.

Dans l’intimité un peu collante et confrontante du voyage, les deux jeunes Québécoises vont à la plage, discutent, se taisent, fument, dansent et flânent dans les rues de la ville, uniques touristes chez l’habitant.

Cinéma

Jeune Juliette: La vie ne vire pas toujours au drame *** 1/2

CRITIQUE / «Jeune Juliette» marque une rupture de ton dans l’œuvre d’Anne Émond. La réalisatrice des «Êtres chers» délaisse les drames torturés, mais pas son habituelle sensibilité, pour cette comédie légère et pétillante, en partie autobiographique, qui raconte le dernier mois du deuxième secondaire d’une ado en surpoids qui prend ses rêves pour la réalité. Un film attendrissant qui démontre que la vie ne vire pas toujours au drame...

Victime d’intimidation, la jeune Juliette (Alexane Jamieson) du titre ne s’en fait pas outre mesure. Elle s’amuse, avec sa meilleure amie Léanne (Léanne Désilets), à mépriser ceux qui vivent mal avec la différence. L’amour de son père Bernard (Robin Aubert) et de son frère Pierre-Luc (Christophe Levac), qui doit bientôt déménager à Montréal pour son cégep, forme un cocon protecteur à la maison.

Cinéma

Cuba Gooding Jr sera jugé en septembre pour attouchements

NEW YORK — L’acteur américain Cuba Gooding Jr sera jugé en septembre pour des accusations d’attouchements non sollicités, un tribunal new-yorkais ayant rejeté sa demande de non-lieu.

Le natif de New York, Oscar du meilleur second rôle en 1997 pour son rôle dans Jerry Maguire, est accusé d’avoir palpé la poitrine d’une femme dans un bar de Manhattan en juin dernier.

M. Gooding nie les accusations et ses avocats assurent que des images de caméras de surveillance du bar montrent clairement que leur client n’est pas coupable.

Mais la juge du tribunal pénal de l’Etat de New York Phyllis Chu a rejeté mercredi leur demande de non-lieu.

«Le tribunal estime que l’accusé n’a pas présenté de motifs convaincants pour justifier un non-lieu», a déclaré Mme Chu dans une décision écrite dont l’AFP a obtenu une copie.

Le procès doit débuter le 3 septembre.

Le délit d’attouchements non sollicités est passible d’un an de prison selon la loi de l’État de New York.

Cuba Gooding Jr, 51 ans, s’est fait connaître avec le film Boyz’n the Hood, la loi de la rue (1991). Il a récemment incarné O. J. Simpson dans la mini-série American Crime Story.

Cinéma

Des documentaires produits par Leonardo DiCaprio et Drake au TIFF

TORONTO — Un documentaire produit par Leonardo DiCaprio sur les courses de voitures électriques, un film sur un professeur de yoga controversé accusé d’inconduite sexuelle et un autre, produit par Drake, sur des immigrants qui ont servi dans l’armée américaine avant d’être déportés seront projetés au Festival international du film de Toronto (TIFF).

Les organisateurs du festival ont indiqué jeudi que les 25 films retenus pour le volet hors fiction de cette année incluent And We Go Green, produit par Leonardo DiCaprio et réalisé par Fisher Stevens et Malcolm Venville, de même que Bikram: Yogi, Guru, Predator, réalisé par Eva Orner.

Drake agit de son côté à titre de producteur exécutif pour Ready for War, aux côtés de Future et David Ayer. Le film est réalisé par Andrew Renzi. Un relationniste du TIFF a déclaré que la production était destinée à la chaîne américaine Showtime, mais qu’il n’y avait encore aucun mot sur un distributeur canadien.

Thom Powers, programmateur du volet Documentaires, a expliqué que la collection de cette année abordait des thèmes tels que les réalisations artistiques, l’immigration, l’environnementalisme et la résistance face aux dirigeants corrompus. Elle touche également à plusieurs personnalités connues, notamment Truman Capote, Merce Cunningham et Imelda Marcos.

«Le programme de cette année montre des personnages que vous n’oublierez jamais: amants, combattants, danseurs, athlètes, despotes, rebelles, prostituées et héros», a affirmé Thom Powers dans un communiqué.

La section ouvrira avec The Cave de Feras Fayyad, réalisateur finaliste aux Oscars, sur un hôpital clandestin dans une Syrie déchirée par la guerre.

Parmi les offres plus légères, citons le premier documentaire de Bryce Dallas Howard, Dads, sur la paternité - incluant le témoignage de son propre père, Ron Howard - et Red Penguins de Gabe Polsky, présenté comme l’histoire comique d’Américains qui tentent d’amener du hockey de style nord-américain à Moscou.

La section «Midnight Madness»

Les programmateurs ont également annoncé les 10 films sélectionnés dans la section «Midnight Madness», généralement dédiée à l’horreur, à la comédie décalée et au film de genre.

Le volet inclut une adaptation de Color Out of Space de H.P. Lovecraft, réalisée par Richard Stanley et mettant en vedette Nicolas Cage; et Gundala de Joko Anwar, basé sur des bandes dessinées de superhéros indonésiennes.

Le film de zombies autochtones «Blood Quantum», de Jeff Barnaby, annoncé précédemment, ouvrira la section. Celle-ci se terminera avec Crazy World d’Isaac Nabwana, une célébration du mouvement cinématographique ougandais Wakaliwood.

Du côté du volet Discovery, on pourra voir en ouverture «Simple Women» de Chiara Malta, dans lequel une réalisatrice rencontre Elina Lowensohn, une actrice qu’elle idolâtrait dans sa jeunesse.

Décrit comme «un volet où trouver des oeuvres pouvant être poétiques, audacieuses ou stimulantes», le volet Discovery a, selon le TIFF, contribué à lancer la carrière internationale de réalisateurs de renom tels que Yorgos Lanthimos, Maren Ade, Alfonso Cuaron, Barry Jenkins et Jean-Marc Vallée.

Le Festival international du film de Toronto se déroulera du 5 au 15 septembre.

Cinéma

Victime d’un ACV, Alain Delon récupère

PARIS — La santé d’Alain Delon suscitait l’inquiétude depuis plusieurs semaines : son fils Anthony Delon a annoncé jeudi que la vedette de 83 ans avait fait un accident cardio-vasculaire et une «légère» hémorragie cérébrale et qu’il se reposait «tranquillement» dans une clinique suisse.

«Mon père a fait un accident cardio-vasculaire et une légère hémorragie cérébrale», a-t-il indiqué dans un communiqué.

«Il a été opéré à la Pitié Salpêtrière [hôpital parisien], où il est resté trois semaines en soins intensifs. Toute la famille s’est relayée à son chevet, mon frère, ma sœur et ma mère Nathalie.»

«Ses fonctions vitales étant parfaites et son état stabilisé, selon les médecins, il est reparti en Suisse et se repose tranquillement dans une clinique.» «Ma sœur qui réside maintenant en Suisse suit son rétablissement de près et nous tient au courant de ses progrès quotidiens», conclut le texte.

Ces dernières semaines, plusieurs magazines à potins dont Closer et Voici avaient affirmé que l’acteur avait été victime d’un AVC et d’une hémorragie cérébrale.

En larmes à Cannes

Mi-juin, l’entourage professionnel d’Alain Delon avait indiqué que l’acteur avait été admis à l’Hôpital américain de Neuilly, près de Paris, «pour des vertiges et des maux de tête apparemment sans gravité».

«Des symptômes vraisemblablement dus à une arythmie cardiaque dont souffre l’acteur», avait-on précisé de même source. «Il a seulement fait objet d’examens de précaution et devrait sortir sous peu», avait-on ajouté.

Monstre sacré du cinéma, Alain Delon a reçu en mai à Cannes une Palme d’or d’honneur des mains de sa fille Anouchka. Un moment fort.

Très ému, en larmes, il avait prononcé un discours aux accents testamentaires, parlant d’«un hommage posthume, mais de [son] vivant». «Je vais partir, mais je ne partirai pas sans vous remercier.» «Si je suis une star, et c’est pour ça que je veux vous remercier, c’est au public que je le dois et à personne d’autre», avait-il ajouté.

Quelques jours après la fin du festival, il s’était adressé à nouveau à ses fans pour les remercier, répétant que son «voyage» touchait «à sa fin».

Acteur à la filmographie exceptionnelle et à la vie privée tourmentée, Alain Delon est devenu un mythe du cinéma mondial grâce à un charisme rare et une beauté insolente.

«J’ai été programmé pour le succès, pas pour le bonheur. Ça ne va pas ensemble», a un jour expliqué la vedette qui a joué dans quelque 90 films, dont plusieurs classiques, sous la direction de réalisateurs prestigieux (Melville, Visconti, Antonioni, Losey, Godard, Malle...).

Il a également produit une trentaine de longs métrages.

Ses prises de positions en faveur du Front national, de la peine de mort ou sur l’homosexualité, qu’il a qualifiée de «contre-nature», ont contribué à ternir son image et altéré sa popularité.

En mai dernier, des organisations féministes avaient reproché au Festival de Cannes de vouloir honorer un acteur «raciste, homophobe et misogyne».

Cinéma

Hollywood: un programme d’été ouvert à la différence

BURBANK — Le débat fait rage sur la scène sombre et caverneuse d’un entrepôt de la Warner Bros, à propos d’un... champignon.

Un membre de l’équipe du film veut éclairer cet accessoire de 15 centimètres depuis la droite. Un autre préfère le côté gauche.

Richard Crudo, un vétéran de Hollywood, cinéaste ayant travaillé pour de nombreux films, dont American Pie (1999) ou Donnie Darko (2001), d’abord en retrait, intervient.

«Si vous pouvez bien l’éclairer, vous allez gagner un prix de l’Académie», professe-t-il, sourire en coin.

Il supervise une trentaine de jeunes stagiaires de l’Academy Gold, un programme d’été sélectif mis en place par l’Académie des Oscars où les aspirants cinéastes participent à des sessions de travail en coopération avec des géants de l’industrie comme Disney, Sony ou Paramount.

L’initiative a été mise en place dans le sillage de la campagne Oscars So White (les Oscars si blancs) qui dénonçait le manque de diversité dans l’industrie cinématographique.

L’Academy Gold s’adresse aux minorités ethniques, aux femmes et aux personnes souffrant d’un handicap.

Hollywood a franchi le pas après avoir pris conscience que son univers composé d’hommes blancs riches était «simplement une situation intenable», développe Richard Crudo.

«C’est dur pour tout le monde de percer et c’est surtout difficile pour les personnes issues des minorités et les gens qui ont été sous-représentés dans l’industrie depuis des années», poursuit ce membre de l’American Society of Cinematographers.

«Il était temps, il était grand temps», assène-t-il.

«On y arrive»

Les stagiaires ont, ce jour-là, été divisés en cinq groupes, chaque groupe devant transformer le même script, volontairement sibyllin, en scène de film d’un genre de leur choix.

Cette équipe veut du surréel et une esthétique à la David Lynch. D’où ce mannequin hilare, au regard sombre, avec un chapeau de cowboy, et cet étrange champignon.

L’optimisme de ces jeunes — dont certains ont commencé à travailler dans le cinéma après l’éclosion de la campagne #OscarsSoWhite et des mouvements antiharcèlement #MeToo et #TimesUp — concernant les progrès sur le front de la diversité est palpable.

«Le jour où je serai aux Oscars et qu’il y aura autant de nommés femmes que d’hommes, alors je serai satisfaite», relativise toutefois Alyssah Powell, 22 ans.

«Mais vous savez, on y arrive», se réjouit celle qui a mis un pied dans le cinéma dès l’âge de 19 ans et a vu son nom figurer dans les génériques de Kong : Skull Island et Pacific Rim: Uprising.

Car beaucoup des 120 personnes de ce programme éphémère avaient déjà obtenu un stage ou du travail dans un studio hollywoodien et ont été choisies pour postuler à ce programme.

Améliorations «modestes»

Hollywood a aussi pris conscience d’une chose : le changement prend du temps, en témoigne un rapport cette année sur la diversité.

Ce Hollywood Diversity Report a conclu que les femmes et les minorités avaient obtenu de modestes gains et restaient sous-représentés dans l’industrie, comparés à leur nombre dans la population américaine.

Les femmes ont tenu les premiers rôles de films dans 32,9 % des cas, près de deux points de plus depuis 2016. Mais elles sont 50 % dans la population.

«Les améliorations pour les personnes de couleur et les femmes sont assez modestes, voire obstinément statiques», tranchent les auteurs de cette étude de l’université UCLA, en Californie.

Les stagiaires interrogés ont tous affirmé ne pas avoir fait l’expérience, dans l’industrie du cinéma, de discrimination liée à leur origine ethnique ou à leur genre. Mais ils en connaissent plein dans leur entourage.

«Quand les réalisateurs et les chefs des studios de production ne vous ressemblent généralement pas, cela peut être difficile», avance Terion Ford, un Afro-américain originaire de Dallas, au Texas.

Ce jeune homme de 26 ans croit qu’un changement pointe le bout de son nez parce que les patrons à Hollywood ont enfin réalisé que le public veut voir des histoires racontées par ceux qui les vivent.

«Tout le monde n’est pas partant, tout le monde ne veut pas de ce changement», lance-t-il.

«Mais je pense qu’il va y avoir un moment où ils vont dire : “OK, on ne peut pas les vaincre, il faut qu’on les rejoigne”.»

cinéma

Décès du cinéaste Jean-Pierre Mocky

PARIS — Le cinéaste Jean-Pierre Mocky, le plus inclassable des réalisateurs français, est mort jeudi à l’âge de 90 ans, a annoncé sa famille.

«Jean-Pierre Mocky est mort chez lui cet après-midi à 15h», a indiqué son gendre Jérôme Pierrat.

«Jean-Pierre Mocky est parti tourner son prochain film avec Bourvil, Michel Serrault, Michel Simon, Fernandel, Jacqueline Maillan, Jeanne Moreau, Jean Poiret, Francis Blanche, Charles Aznavour et tant d’autres. Le cinéaste s’est éteint dans sa 91e année à son domicile parisien, entouré de sa famille et de ses proches», ont indiqué le fils et la fille du cinéaste, Stanislas Nordey et Olivia Mokiejewski, dans un communiqué.

Auteur de plus d’une soixantaine de films dont Un drôle de paroissien avec Bourvil, Jean-Pierre Mocky était considéré comme «l’anarchiste» du cinéma français, toujours sur la brèche, sempiternel râleur et, avant tout, libre.

L’ancien ministre de la Culture Jack Lang, qui était son ami, a rendu un hommage appuyé au cinéaste «talentueux, irrévérencieux et insurgé du quotidien».

Au cours de sa carrière, il a tourné avec les grands acteurs, de Bourvil à Catherine Deneuve en passant par Charles Aznavour et Gérard Depardieu.

Cinéma

Disney prépare un remake de «Maman, j’ai raté l’avion»

LOS ANGELES — Disney prépare un remake des classiques «Maman, j’ai raté l’avion» et «Une nuit au musée» pour la plateforme de vidéo à la demande qu’il lance en novembre aux États-Unis, baptisée Disney+.

Le numéro un mondial du divertissement a en effet mis la main sur un grand nombre de films emblématiques appartenant à 21 Century Fox, dont l’acquisition a été scellée au printemps dernier.

Bob Iger, le PDG du groupe, a expliqué que Disney était «déterminé à mettre en valeur le vaste catalogue de la Fox (...) par exemple en revisitant  Maman, j’ai raté l’avion+, Une nuit au musée et Journal d’un dégonflé pour une nouvelle génération sur Disney+».

«Rien n’est plus important pour nous que de faire ça correctement», avait-il insisté mardi en commentant les résultats trimestriels de son groupe.

M. Iger n’a pas précisé si ces nouvelles versions seraient adaptées en long métrage ou déclinées en séries télévisées.

La trilogie initiée par Maman, j’ai raté l’avion a récolté au total plus de 900 millions de dollars dans les salles du monde entier.

Dans le film de 1990, Macaulay Culkin incarne Kevin McCallister, un enfant de huit ans accidentellement laissé seul chez lui par sa famille partant en vacances à l’étranger. En pleines fêtes de Noël, il se retrouve obligé de défendre le domicile familial contre les visées de deux cambrioleurs aussi déterminés que maladroits.

La distribution du remake n’a pas été dévoilée, mais Macauley Culkin, 38 ans, a déjà manifesté son intérêt sur les réseaux sociaux sous forme de clin d’oeil adressé aux producteurs: «Hé @Disney, appelle-moi!», a-t-il tweeté.

Autre trilogie à succès, «La nuit au musée» met en scène le comique Ben Stiller en gardien de nuit qui tente tant bien que mal de contenir les pièces de musée dont il a la charge et qui s’anime sans prévenir. Elle a engrangé quelque 1,35 milliard de dollars dans le monde entier.

Les deux franchises devraient servir de produits d’appel pour le lancement de Disney+, qui va devoir se tailler une place dans la jungle impitoyable et déjà surpeuplée des services de streaming télévisé.

Disney est aussi propriétaire des studios Marvel, qui ont récemment dévoilé leurs projets pour les super-héros maison, aussi bien au cinéma que sous forme de séries télé, ce qui brouille un peu plus les limites entre les différents supports.

Les superhéros dont les droits étaient jusqu’alors détenus par la Fox ont également rejoint le giron de Disney, comme les X-Men, les 4 Fantastiques ou Deadpool. Et Bob Iger a affirmé que son groupe croyait beaucoup au potentiel de ces titres «à long terme».

Cinéma

Pas de maître de cérémonie aux 71e Emmy Awards

LOS ANGELES — Comme les Oscars avant elle, la cérémonie des Emmy Awards, prestigieuses récompenses de la télévision américaine, se passera cette année de présentateur vedette pour animer sa 71e présentation le 22 septembre, ont annoncé mercredi les organisateurs.

Selon le président-directeur général de Fox Entertainment, Charlie Collier, cette décision permettra notamment à la cérémonie de consacrer plus de temps au grand nombre de séries qui tirent leur révérence cette année, parmi lesquelles Game of Thrones, sélectionnée à 32 reprises, un record.

«Si vous avez un présentateur et un numéro d’ouverture, ça représente 15 à 20 minutes», a-t-il souligné lors d’une rencontre avec des journalistes spécialisés.

Cérémonie à dynamiser

Il faut remonter à 2003 pour trouver une présentation des Emmy Awards sans maître de cérémonie. Le cas s’était déjà produit en 1975 et 1998.

Cette décision de se passer de présentateur pourrait aussi servir à dynamiser une cérémonie souvent jugée trop poussive et dont les audiences ont été décevantes l’an dernier.

En février, les Oscars avaient eux aussi renoncé à présenter un maître de cérémonie, le candidat retenu, Kevin Hart, ayant jeté l’éponge après la résurgence de vieux tweets homophobes. La soirée a été un succès et les courbes d’audience ont remonté, à la grande satisfaction de l’Académie.

Cinéma

Festival international du film de Toronto: programmation du volet compétitif dévoilée

TORONTO — De nouveaux films de l’actrice devenue réalisatrice Julie Delpy et du cinéaste indépendant torontois Kaz Radwanski font partie des titres choisis pour la section Platform, le volet compétitif du Festival international du film de Toronto (TIFF).

Le long métrage de Kaz Radwanski, une production canado-américaine intitulée Anne at 13 000 ft, est la seule œuvre canadienne dans la catégorie, qui offre un prix de 20 000 $ au créateur du meilleur film. La Franco-Américaine Julie Delpy réalise My Zoe et y tient le rôle principal, celui d’une divorcée obligée de garder contact avec son ex pour élever leur fille Zoe, interprétée par Sophia Ally.

Les organisateurs du festival ont annoncé que le film d’ouverture de la compétition sera la production britannique Rocks, de Sarah Gavron, une histoire axée sur une adolescente qui doit s’occuper d’elle-même et de son petit frère.

Et le film de clôture sera la production italo-française Martin Eden, réalisée par Pietro Marcello, une adaptation du roman du même titre de Jack London, paru en 1909.

Dix films s’affrontent

Parmi les 10 films en compétition, citons le drame franco-allemand Proxima, réalisé par Alice Winocour et mettant en vedette Eva Green dans la peau d’une mère astronaute qui accepte une mission spatiale d’un an; et Wet Season du réalisateur basé à Singapour Anthony Chen, dont le premier long métrage, Ilo Ilo, avait remporté la Caméra d’or au Festival de Cannes en 2013.

Le programme de la section Platform présentera jusqu’à 12 œuvres qui ont une grande valeur artistique. Le festival se tiendra du 5 au 15 septembre.

La programmation inclut également The Moneychanger de Federico Veiroj (Uruguay-Argentine-Allemagne), The Sleepwalkers de Paula Hernandez (Argentine-Uruguay), Sound of Metal de Darius Marder (États-Unis) et Workforce de David Zonana (Mexique).

Cinéma

Festival de cinéma de Québec: «Il pleuvait des oiseaux» ouvrira le bal

Le film de Louise Archambault «Il pleuvait des oiseaux», tourné en partie dans la forêt Montmorency, inaugurera le Festival de cinéma de la ville de Québec (FCVQ), le jeudi 12 septembre.

Le troisième long-métrage de la réalisatrice à qui l’on doit Familia et Gabrielle est une adaptation éponyme du roman de l’auteure d’Abitibi Jocelyne Saucier. Il rassemble à l’écran Andrée Lachapelle, Gilbert Sicotte, Rémy Girard, Eve Landry, Éric Robidoux et Louise Portal.

Cinéma

Le TIFF honorera Taika Waititi, le réalisateur de «Thor: Ragnarok»

TORONTO — Le Festival international du film de Toronto (TIFF), qui n’est pas compétitif, crée un tout nouveau prix hommage en réalisation et c’est le Néo-Zélandais Taika Waititi qui en sera le premier lauréat.

Les codirecteurs du TIFF, Joana Vicente et Cameron Bailey, ont annoncé mardi que le «prix Ebert» serait remis lors de la soirée gala, qui décernera également un prix d’interprétation à Meryl Streep.

Taika Waititi, réalisateur de Thor : Ragnarok, fait partie des vedettes qui viennent lancer leur nouveau projet au TIFF. Sa satire contre la haine Jojo Rabbit parle d’un enfant allemand qui découvre une jeune Juive cachée chez lui. Waititi y interprète également le rôle de son meilleur ami imaginaire, Adolf Hitler. Jojo Rabbit, qui met en vedette notamment Sam Rockwell et Scarlett Johansson, doit sortir sur les écrans le 18 octobre.

Le nouveau prix de réalisation du TIFF est décrit comme «une évolution» de l’ancien prix «Roger Ebert Golden Thumb». Ce prix rendait hommage à un cinéaste qui reflétait la passion du regretté critique de cinéma américain Roger Ebert, celui qui accordait la note finale aux films avec son pouce. Les lauréats passés comprennent Claire Denis, Martin Scorsese, Ava DuVernay, Agnès Varda et Wim Wenders.

Le mois dernier, les organisateurs du TIFF annonçaient que le tout premier prix hommage en interprétation serait remis à Meryl Streep, par ailleurs actrice principale du plus récent film de Steven Soderbergh, qui sera projeté à Toronto. The Laundromat suit un groupe de journalistes qui enquêtent sur le scandale du blanchiment d’argent des «Panama Papers». Le TIFF a annoncé qu’il dévoilera bientôt l’autre lauréat du prix d’interprétation, ainsi que le récipiendaire du tout premier prix Mary Pickford, qui récompensera une jeune femme de la relève. Mary Pickford, née à Toronto, avait fondé la United Artists avec Charlie Chaplin, D. W. Griffith et Douglas Fairbanks en 1919.

Le Festival international du film de Toronto se déroulera du 5 au 15 septembre, juste après la Mostra de Venise. La soirée gala, prévue le 9 septembre, constitue aussi une collecte de fonds destinée à soutenir la programmation du TIFF à longueur d’année, au centre culturel «Bell Lightbox» du centre-ville.

Cinéma

Festival de cinéma de la ville de Québec: Louis Bélanger à l’honneur

L’œuvre du cinéaste de la capitale Louis Bélanger sera à l’honneur au prochain Festival de cinéma de la ville de Québec (FCVQ), qui accueillera notamment en exclusivité québécoise son tout nouveau film, «Vivre à 100 milles à l’heure», quelques jours avant sa sortie en salle.

Outre cette primeur, d’autres films du réalisateur de Québec trouveront leur place dans la grille du festival, qui a choisi d’inclure Post-Mortem (1999) et Les mauvaises herbes (2016) à sa programmation. Une conférence sur le parcours professionnel de Louis Bélanger sera aussi organisée pendant le FCVQ.

Cinéma

La liste des films testaments, en l'honneur du 20e des Yeux grands fermés

Les yeux grands fermés (1999), Stanley Kubrick

Est-ce que ce dernier long métrage du grand maître résume toutes les obsessions de Kubrick? On pourrait en débattre longuement, mais il s’agit d’un véritable film testament, complété à titre posthume, une œuvre puissante. Le cinéaste américain a toujours dérangé, jusqu’à la fin : les scènes d’orgie furent censurées... Éric Moreault

Cinéma

Nos vies formidables: Thérapie collective ** 1/2

CRITIQUE / «Nos vies formidables» est le genre de fiction qui se rapproche le plus du documentaire, autant par la forme que le fond. Les intentions de Fabienne Godet sont bonnes, mais le résultat n’est pas à la hauteur. Hormis l’excellente prestation de son actrice principale, le drame psychologique échoue à surpasser les films qui ont déjà traité de cures fermées pour les toxicomanes.

Ils sont une vingtaine de gens ordinaires — jeunes, vieux, hommes, femmes — réunis pour une thérapie de dix semaines. Tout les sépare, sauf leur volonté de se reconstruire en se libérant de leur dépendance par la parole.

Cinéma

Anne Émond: le début d’un temps nouveau

Anne Émond a démontré, depuis une dizaine d’années, l’étendue de son talent en trois longs métrages aussi différents que bouleversants. Pour «Jeune Juliette», la réalisatrice québécoise élargit son registre en livrant une comédie légère et pétillante, en partie autobiographique, qui raconte le dernier mois du deuxième secondaire d’une ado en surpoids qui prend ses rêves pour la réalité. Le Soleil s’est entretenu avec la cinéaste, heureuse du résultat et en verve même après une longue journée d’entrevues.

Q Après Nelly (2016), tu as eu le goût de tourner un film plus léger?

Cinéma

Téléfilm Canada appelle l’industrie à faire une place aux réalisatrices

MONTRÉAL — Téléfilm Canada estime que son initiative pour soutenir les films dirigés par des femmes a progressé, mais elle interpelle l’industrie du divertissement pour que plus de réalisatrices soient aux commandes de longs métrages à grand déploiement.

Des chiffres dévoilés jeudi suggèrent que la société se rapproche de son objectif d’atteindre la parité de genre dans le milieu cinématographique d’ici 2020.

Selon Téléfilm Canada, au cours du dernier exercice financier, 59 % de ses fonds de production ont été octroyés à des projets dans lesquels au moins une femme était productrice principale, réalisatrice ou scénariste.

La société affirme que les projets réalisés avec des femmes productrices ont enregistré les gains les plus importants, atteignant une quasi-parité des investissements dans son portefeuille.

Toutefois, Téléfilm indique n’avoir dépensé que 28 % de son budget pour des films réalisés par des femmes et 36 % pour scénarios féminins.

Cet écart entre les genres était plus prononcé dans les films dont le coût dépassait 2,5 millions $. Dans cette catégorie, environ le quart des projets étaient dirigés par des femmes et 35 % avaient des scénaristes féminines.

En revanche, plus de la moitié des documentaires ont été pilotés par des réalisatrices et 83 % avaient une productrice.

La directrice générale de Téléfilm, Christa Dickenson, a assuré que la société faisait sa part pour élever le talent féminin émergent.

Par exemple, dans un programme destiné aux cinéastes débutants, les femmes représentaient 43 % des réalisateurs, 45 % des scénaristes et 68 % des producteurs.

Bien que les hommes continuent de dominer dans les projets à gros budget, Mme Dickenson souligne que Téléfilm a fait des progrès pour inverser cette tendance mondiale depuis le lancement de l’initiative sur la parité des sexes en 2017.

Selon elle, les femmes peuvent réaliser de grandes choses lorsqu’elles en ont la chance. Elle a notamment mentionné les exemples de La femme de mon frère, de Monia Chokri, qui a reçu cette année le Prix coup de cœur du jury, ex æquo, dans la section Un certain regard au prestigieux Festival de Cannes, et The Grizzlies, de Miranda de Pencier.

«Je pense que le but est d’avoir de plus en plus de femmes dans la filière, a expliqué Mme Dickenson. Avoir ces histoires de réussite apportera d’autres histoires de réussite.»

Cinéma

Les Québécoises en force au TIFF

TORONTO - Des films de Louise Archambault, Sophie Deraspe, Jeff Barnaby et Myriam Verreault font partie de la sélection canadienne du Festival international du film de Toronto, dévoilée mercredi.

Dans la section Contemporary World Cinéma, «Il pleuvait des oiseaux» de Louise Archambault, raconte l’histoire de trois ermites et met en vedette Andrée Lachapelle, Gilbert Sicotte, Rémy Girard, Ève Landry, Éric Robidoux et Louise Portal.

«Antigone» de Sophie Deraspe sera présenté dans la même section. Il s’agit d’une adaptation de la tragédie grecque classique, avec Nahéma Ricci dans le rôle titre.

«Blood Quantum», de Jeff Barnaby, sera projeté en première mondiale dans la section d’horreur «Midnight Madness».