Soko incarne l'Américaine Loïe Fuller dans le film La danseuse, l'une des productions qui seront projetées cet hiver, dans le cadre du Ciné-club de Chicoutimi.

Ciné-club de Chicoutimi: de jolis numéros d'acteurs pour meubler l'hiver

Le nouveau Almodovar, une Marion Cotillard de la meilleure eau, l'histoire d'une pionnière de la danse injustement oubliée: les raisons de fréquenter le Ciné-club de Chicoutimi ne manqueront pas cet hiver. À en juger par les sept premières séances tenues à compter du 16 janvier, en effet, ni le froid, ni la neige, n'empêcheront les cinéphiles de se rendre au Théâtre Banque Nationale.
Il s'agit de la première moitié de la saison, puisque le comité organisateur annoncera plus tard en quoi consisteront les six derniers programmes. Cette formule implantée à l'automne a pour objectif de coller davantage à l'actualité, tout en facilitant l'obtention de primeurs. Un sondage maison a permis de constater que 80% de la clientèle était satisfaite de cette nouvelle pratique, ce qui témoigne aussi du degré d'adhésion que suscite le ciné-club.
«La saison dernière, nous avons maintenu une moyenne de 350 spectateurs par semaine. Ç'a très bien été», confirme le responsable de la programmation, Richard Boivin. S'appuyant sur la qualité des films à l'affiche cet hiver, il s'attend à ce que les séances tenues tous les lundis, à 17h et 19h 0, génèrent un afflux équivalent.
Histoire de partir du bon pied, le programme initial mettra à l'affiche un suspense réalisé par Paul Verhoeven: Elle. «C'est drôle parce que nous avons fini la saison précédente avec L'avenir, qui mettait en vedette Isabelle Huppert, et nous recommençons avec elle», rapporte Richard Boivin. Notons que cette actrice est en nomination au gala des Golden Globes en vertu de sa performance dans Elle.
Aussi en compétition aux Golden Globes, Manchester By The Sea a permis à un autre interprète de briller, en l'occurrence Casey Affleck. Ce film projeté le 23 janvier l'a aidé à se démarquer de son célèbre frère (Ben, pour ne pas le nommer), tout en faisant de lui l'un des favoris aux Oscars. On voit le personnage qu'il incarne devenir le tuteur de son neveu, ce qui l'oblige à revenir dans une ville qui lui a laissé un souvenir équivoque.
Deux comédies dramatiques se succéderont le 30 janvier et le 6 février, soit Victoria, de la réalisatrice Justine Triet, et Médecin de campagne, de Thomas Lilti. Elles paveront la voie à un drame réalisé par Nicole Garcia, Mal de pierres, proposé le 13 février. Il y est question d'une femme dont le mariage est mis à mal à la suite de sa rencontre avec un militaire revenu de la guerre d'Indochine.
Ce rôle est tenu par Marion Cotillard, à propos de laquelle Richard Boivin ne tarit pas d'éloges. «Elle est formidable dans ce film qui renferme de belles images captées en Suisse, où son personnage fait une cure thermale. Son jeu est d'une justesse... En même temps, cette actrice est différente d'une production à l'autre», s'émerveille le cinéphile.
Il se montre aussi enthousiaste à propos du plus récent film de Pedro Almodovar, Julieta. Cette histoire centrée sur une quinquagénaire qui renoue avec sa fille, après 12 ans de silence, le ramène - avec succès - sur le terrain des portraits de femmes. «Deux actrices incarnent Julieta à des âges différents et dans cas-ci, ça fonctionne, ce qui est plutôt rare», fait observer Richard Boivin.
Quant au dernier programme de février, celui du 27, il consiste en un drame biographique consacré à Loïe Fuller: La danseuse. Tourné par Stéphanie Du Giusto, il montre comment l'Américaine a modernisé son art, comment son approche a séduit le public européen et comment son étoile a pâli à partir du moment où sa jeune compatriote, Isadora Duncan, a émergé de l'anonymat.
«La réalisatrice a confié le rôle de Loïe Fuller à Soko sans même l'obliger à passer une audition. On remarque également la présence de la fille de Johnny Depp et Vanessa Paradis, Lily-Rose Depp. C'est elle qui personnifie Isadora Duncan», précise Richard Boivin qui, tout en planchant sur la programmation, coanimera les soirées en compagnie de Kathy Lapointe.