Chrystine Brouillet décrit Chambre 1002 comme une ode à l’amitié et à la gourmandise.

Chrystine Brouillet: gourmande femme de lettres

Une histoire d’amitié, une histoire de gourmandise et un brin de suspense. La prolifique auteure québécoise Chrystine Brouillet sort de sa zone de confort et se permet une petite incartade fort savoureuse, en signant son plus récent roman, Chambre 1002. Bien qu’il ne s’agit pas d’un polar comme l’auteure en a habitué ses plus fidèles lecteurs, Chambre 1002 ne devrait pas trop déstabiliser les fans de l’auteure, en plus de leur mettre l’eau à la bouche.

C’est un sentiment bien particulier. S’installer confortablement et ouvrir un livre, lire quelques heures et, tout à coup, avoir une envie de cuisiner. Ce n’est pourtant pas un livre de cuisine que nous propose Chrystine Brouillet. Mais ceux qui suivent la carrière de près de l’auteure savent qu’elle entretient deux grandes passions : la littérature et la nourriture. Sans trop se tromper, on pourrait qualifier Chrystine Brouillet de gourmande femme de lettres. Un qualificatif qui ferait sans doute plaisir à la principale intéressée.

« Je me suis fait un cadeau en écrivant Chambre 1002. Je sors de ma zone de confort, car ce n’est pas un polar à proprement parler. Ce n’est pas un Maud Graham. Mais c’est une histoire intrigante avec un fond de suspense », explique Mme Brouillet, lors d’une entrevue téléphonique accordée au Progrès.

Si le roman donne l’eau à la bouche aux lecteurs, c’est que 20 recettes ont été intégrées au fil des pages. Des recettes que l’auteure a essayées et dégustées. Mais, bien entendu, les recettes ne sont qu’un prétexte à l’histoire de Chambre 1002. Un prétexte toutefois bien présent.

Chambre 1002, c’est l’histoire d’Hélène, une chef montréalaise connue internationalement. Alors qu’elle se rend à New York pour recevoir un prestigieux prix, le malheur frappe. Sur le chemin du retour, elle est retrouvée inconsciente à la suite d’un accident de la route. Y aurait-il un coupable derrière ce brutal accident ? Hélène, une femme pourtant sans grande histoire, avait-elle des ennemis ?

Chrystine Brouillet propose Chambre 1002, une ode à l’amitié et à la gourmandise.

Hélène sera plongée dans un coma. Et alors que les enquêteurs tentent de faire la lumière sur cette histoire, les amis de la dame la veillent.

Mais après plusieurs semaines sans progrès, les amies d’Hélène orchestreront une originale stratégie aromatique pour tenter d’extirper leur copine de son coma.

« Je voulais écrire une histoire d’amitié, car c’est la chose la plus importante à mes yeux. Vous savez, j’ai un amoureux maintenant, mais j’ai longtemps été seule, et mes amies ont toujours fait partie de ma vie. On peut vivre heureux sans amoureux, mais je ne crois pas qu’on peut vivre heureux sans amis. Je voulais donc m’offrir, et offrir aux lecteurs, un roman sur l’amitié, qui a toujours été ma plus grande muse », a expliqué Chrystine Brouillet, qui admet être un peu nerveuse à la veille de la sortie de son nouveau roman. « J’ai hâte de voir comment Chambre 1002 va être accueilli, car c’est différent de ce à quoi j’ai habitué mes lecteurs. J’espère que ça plaira aux gens », a souligné l’auteure, qui a une cinquantaine de publications à son actif. Elle ne tient plus le décompte précis. « Ça fait 36 ans que j’écris. C’est mon travail, et j’écris tous les jours ! », note la dame née à Loretteville.

En plus de célébrer ce qui compte le plus pour elle, Chrystine Brouillet en a profité pour créer une ode à la gourmandise. « L’odorat est le sens le plus important pour moi. Je trouvais intéressant de l’inclure dans mon histoire. J’espère donner aux gens le goût de cuisiner et de déguster », ajoute Mme Brouillet. À ce chapitre, ce sera mission accomplie.

Chambre 1002 est en librairies depuis le 19 septembre. L’auteure planche déjà sur l’écriture de son prochain roman, qui ramènera l’inspecteure Maud Graham. Si elle consacre environ 25 heures par semaine à l’écriture, Chrystine Brouillet en passe 30 à lire. « Je ne me souviens pas d’une journée où je n’ai pas lu. Ça fait partie de moi et je ne vois pas comment je pourrais vivre sans littérature », souligne l’auteure, qui aurait bien aimé visiter le Salon du livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Son emploi du temps ne lui permettra toutefois pas.

« Je suis bien triste, puisque c’est un salon que j’adore. Et on mange tellement bien ! C’est d’ailleurs là que j’ai reçu le cadeau le plus étonnant. Un lecteur m’avait offert une ouananiche ! Je l’avais savourée le soir même », a raconté Chrystine Brouillet, qui se préparait à concocter un dessert aux bleuets, lors de l’entrevue avec Le Progrès. Elle comptait d’ailleurs partir à la recherche de bleuets du Lac-Saint-Jean. On ignore toutefois si elle a trouvé les perles rares.