Chronique d’Alma, l’improbable best-seller

C’est aujourd’hui que de nouveaux exemplaires du livre Chronique d’Alma, écrit par l’archiviste Gaston Martel, apparaîtront à la Librairie Harvey, de même qu’à la boutique de l’Odyssée des Bâtisseurs. Compte tenu du succès remporté par la première édition, il faut s’attendre à ce que cet ouvrage qui fait 660 pages suscite une forte demande.

Rappelons que les 1300 copies mises en marché le 8 juin 2017 avaient trouvé preneurs dès la mi-octobre. Vendues au coût de 50 $ l’unité, elles avaient suscité un tel engouement que de nombreux amateurs étaient restés en plan. « Je faisais partie du comité de publication et nous ne pensions pas que ça décollerait comme ça. Puisque nous avons été victimes de notre succès, plusieurs n’ont pu donner le livre en cadeau », a souligné l’auteur il y a quelques jours, à l’occasion d’une entrevue accordée au Quotidien.

Il reconnaît que la forte demande a pris de court la Société d’histoire du Lac-Saint-Jean, l’organisme qui a porté ce projet avec l’appui d’Alma et de l’organisme qui chapeautait les fêtes du 150e. En plus des amateurs d’histoire présents au sein de la communauté, ils ont été nombreux, les Jeannois de la diaspora, à acquérir un exemplaire afin de redécouvrir leurs racines.

L’idée de procéder à une réimpression s’imposait, mais encore fallait-il dénicher les sous. C’est du côté du 150e que la solution est venue, grâce au surplus que cette organisation a pu dégager. Le conseil municipal a accepté de canaliser une partie des fonds vers la Société d’histoire du Lac-Saint-Jean, qui a commandé 800 exemplaires. Hormis une poignée de corrections, des erreurs de noms et des coquilles, pour l’essentiel, rien n’a été modifié, note l’auteur.

C’est donc une brique impressionnante, une succession de chroniques relatant l’histoire d’Alma, de l’arrivée des Amérindiens jusqu’à nos jours, qui retrouve sa place sur les rayons. Et ceux qui croient que cette fois, ils pourront prendre leur temps avant de l’acquérir, feraient bien de se raviser. Juste à l’Odyssée des Bâtisseurs, en effet, la liste d’attente comprend plus de 200 noms.

« Je suis content parce que d’habitude, ce genre d’ouvrage cesse de se vendre six mois après sa sortie. C’est ce que j’ai constaté dans d’autres municipalités, où il m’est arrivé de tomber sur des boîtes de livres qui n’avaient pas été ouvertes, plus de 15 ans après l’anniversaire qui avait justifié leur publication », raconte Gaston Martel, qui se fera un plaisir d’autographier des exemplaires de Chronique d’Alma le 15 décembre à 13 h, à l’Odyssée des Bâtisseurs, puis dans l’après-midi du 22, à la Librairie Harvey.

Lui qui a commencé à travailler sur ce projet à feu doux, il y a quatre ans, qui ne savait pas si ses recherches mèneraient à la création d’un livre, a mis au monde un best-seller sans le vouloir. « À la fin, j’avais accumulé 1400 pages de notes. Même s’il a fallu que j’en coupe la moitié, les gens se reconnaissent dans cet ouvrage qui ne se contente pas de décrire l’histoire de la municipalité sous l’angle de la politique et de la religion. Il aborde aussi la vie quotidienne, les sports et la culture », fait valoir l’heureux auteur.

Gaston Martel a été le premier surpris quand le premier tirage de son livre, Chronique d’Alma, a été épuisé en l’espace de quatre mois. Il est donc heureux de le voir revenir sur le marché aujourd’hui, grâce à une réimpression financée par la ville d’Alma.

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LA PHOTO, OUTIL POUR RACONTER L'HISTOIRE

Gaston Martel estime que la présence de nombreuses photographies dans le livre Chronique d’Alma a incité plusieurs personnes à l’acheter, au point de justifier une réimpression. Celui qui a longtemps exercé le métier d’archiviste croit, en effet, que l’image constitue un excellent véhicule pour faire connaître l’histoire d’une communauté. 

« Les photos intéressent beaucoup les gens. Ça leur parle. C’est une façon d’illustrer les lieux, les gens, la vie quotidienne d’une municipalité. Il s’agit d’une excellente stratégie », fait-il remarquer. En parallèle, bien sûr, le Jeannois a mené de patientes recherches dans le but d’étoffer les textes rédigés par ses soins. Il a épluché de vieux journaux, notamment le Lac-Saint-Jean, Le Quotidien et Le Progrès-Dimanche, ainsi que l’édition régionale du Soleil.

« J’ai eu de l’aide pour Le Quotidien et Le Progrès. Si on empilait tous les articles où il a été question d’Alma dans ces journaux, ça donnerait une tour qui atteindrait 40 mètres », s’émerveille Gaston Martel. Ces sources furent d’autant plus utiles que dans certains domaines, en particulier les sports et les arts, les fonds d’archives se font rares. Quand des organisations ferment les livres, leurs documents connaissent une fin pas toujours glorieuse.

Reconnaissant que la recherche a été longue, l’auteur rappelle qu’il a planché à plein temps sur le livre, au cours de l’année 2016. C’est le prix qu’il a fallu payer pour livrer des textes à la fois instructifs et divertissants, couvrant toutes les dimensions de l’histoire d’Alma. C’est l’œuvre d’une vie, mais Gaston Martel est le premier à reconnaître que plusieurs pistes mériteraient d’être explorées de manière plus pointue.

« En ce qui me concerne, je ne travaille pas sur d’autres projets, mais je crois que l’évolution de la vie culturelle dans la communauté représente un beau sujet. D’habitude, quand une ville fête son anniversaire, dans les monographies, on parle de la chorale et c’est tout. Juste à Alma, il y aurait bien d’autres choses à couvrir », mentionne l’archiviste en donnant l’exemple du volet local de la Société des concerts, une organisation qui a accueilli des artistes prestigieux au Théâtre Alma, à compter des années 1940.