Dans le spectacle de danse intitulé À la douleur que j’ai, la chorégraphe Virginie Brunelle explore la fuite du temps, autant que la notion de douleur. Il sera présenté le 20 mars, à la Salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière.

Chorégraphies du temps qui passe

La danse est si peu présente dans nos salles que la visite de la Compagnie Virginie Brunelle, le 20 mars, est à marquer d’une pierre blanche. Fruit d’un partenariat entre le Théâtre La Rubrique, Diffusion Saguenay et Objectif Danse, cet événement permettra de découvrir un spectacle intitulé À la douleur que j’ai. Il donnera lieu à une réflexion embrassant la notion de douleur, bien sûr, mais aussi notre rapport au temps.

« Je voulais d’abord parler de la douleur, puis la thématique a évolué. Moi-même, j’étais devenue nostalgique, mélancolique, et j’ai décidé de plonger là-dedans », a expliqué Virginie Brunelle au cours d’une entrevue téléphonique accordée au Quotidien. C’est elle qui a conçu les chorégraphies qui seront proposées à compter de 19 h 30, à la Salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière.

Ceux qui aiment se faire raconter des histoires devront solliciter leur imagination, puisqu’il n’y a pas de trame narrative à proprement parler. S’appuyant sur des images fortes, Virginie Brunelle, épaulée par la dramaturge Stéphanie Jasmin, a élaboré des tableaux que chaque personne est invitée à décoder à sa façon, sur la foi de ses expériences. 

« Ça peut parler d’un décès, d’une séparation ou de l’évolution d’une famille, de la manière dont les relations se transforment au fil des ans, explique la chorégraphe. Tous peuvent voir un miroir de ce qu’ils ont vécu. Ça rappelle des souvenirs, comme c’est arrivé à un homme rencontré durant notre tournée du Canada effectuée la saison dernière. Il nous a raconté qu’il avait perdu sa femme, quelques années plus tôt, et que le spectacle l’avait ému. »

Sa collaboration avec Stéphanie Jasmin a rendu plus fluide le lien entre les différents tableaux. Il s’agissait d’une première pour les deux femmes, qui ont travaillé avec un groupe formé de six danseurs. « Nous avons creusé dans le poids du souvenir », décrit Virginie Brunelle. C’est elle, en revanche, qui a sélectionné les œuvres classiques qui rythment ses chorégraphies, une habitude découlant de ses fréquentations passées avec le violon.

Une douzaine d’années d’études lui ont laissé un héritage que reflète, cette fois-ci, l’intégration de compositions de Haendel, Pergolèse et Philip Glass, ainsi que deux extraits des Saisons de Vivaldi revisitées par Max Richter. « Il y a quelque chose de musical dans mon phrasé en danse. La musique a teinté mes chorégraphies », confirme Virginie Brunelle.

Elle souligne également la présence de danseurs appartenant à des générations différentes, certains dans la vingtaine, d’autres voyant poindre la fin de la quarantaine. Les plus jeunes pouvaient ainsi se projeter dans l’avenir, tandis que les vétérans étaient exposés à une version d’eux-mêmes évocatrice de leurs débuts dans le métier. Deux faces du miroir évoqué plus tôt.

Tout en reconnaissant que la promotion de la danse demeure un défi en 2018, Virginie Brunelle se dit privilégiée de présenter À la douleur que j’ai dans plusieurs régions du Québec. C’est ainsi que se développeront, petit à petit, des habitudes semblables à celles qui ont cours en Europe. « Les audiences sont petites, ici, mais il est important de participer à des tournées, de donner des spectacles, d’échanger avec le public », estime la chorégraphe.

Dans le spectacle de danse intitulé À la douleur que j’ai, la chorégraphe Virginie Brunelle explore la fuite du temps, autant que la notion de douleur. Il sera présenté le 20 mars, à la Salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière.