Dans L’air du Lac, Robert Maltais raconte une histoire sur la quête de sens qui se déroule au Saguenay.

Chercher un sens à la vie, à Arvida

Où trouve-t-on le bonheur quand la chance nous sourit et que notre avenir matériel est assuré ? Dans son roman L’air du Lac, l’auteur originaire de Chicoutimi Robert Maltais écrit une histoire sur la recherche de sens dans la vie qui se déroule entre Arvida et la rue Racine.

Robert Maltais lance son huitième roman. Celui qui est venu à l’écriture tardivement, après une carrière prolifique qui l’a mené à faire mille et une choses, campe ici le récit de son roman dans la région qui l’a vu naître.

« J’ai connu l’époque où il y avait une barrière au début du parc des Laurentides et une autre à la fin. On s’enregistrait au début et si on arrivait à l’autre barrière avant 1 h 30, on recevait une contravention » se rappelle celui qui a grandi à Rivière-du-Moulin.

Même si cette histoire aurait pu se produire n’importe où, Robert Maltais voulait la camper au Saguenay–Lac-Saint-Jean, là où il a fait son cours classique avant de quitter pour faire ses études universitaires en droit à Québec. Ce parcours ressemble à celui du principal protagoniste du récit, Joseph Bouchard.

« Ce n’est pas une histoire autobiographique, précise l’auteur. J’aime bien paraphraser Victor Hugo à ce sujet-là. Il disait que ‘‘les auteurs s’écrivent toujours eux-mêmes’’ ».

Le roman se déroule dans un cabinet d’avocats de la rue Racine. Joseph Bouchard, après un cours classique au Séminaire Marie-Reine-du-Clergé et des études en droit, débute sa carrière dans la profession. Il est placé sous l’aile de Frank Stewart, un avocat d’affaires qui travaille et s’enrichit avec les grandes entreprises que sont Price Brothers et Alcan.

À la suite d’un événement tragique, Joseph Bouchard, qui est devenu indépendant de fortune, se questionne sur le sens de la vie. Alors que les succès s’accumulent pour lui, une question demeure : comment être heureux quand l’argent n’est plus une question de vie ou de mort ?

Personnages vrais

Robert Maltais donne la parole, dans L’air du Lac, à des personnages qui croient en Dieu et pratiquent la religion. Autre fait plus rare dans la littérature québécoise: Robert Maltais met en scène des personnages fédéralistes qui portent un jugement plutôt sévère sur la montée du mouvement indépendantiste québécois.

Loin de vouloir prendre position pour ou contre ces idées, Robert Maltais a voulu présenter des personnes qui existent, mais dont on parle peu dans la littérature d’ici.

« Ces gens-là ne sont pas des imbéciles parce qu’ils ne pensent pas de la même manière que les autres. Il y en a beaucoup plus que l’on croit. Un des plus beaux commentaires que l’on m’a fait sur le livre, c’était de me dire : ‘‘Ces voix que tu fais entendre, on ne les entend jamais.’’ », estime celui qui dit privilégier les personnages plausibles et cohérents.

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PASSE-PARTOUT, UN BEAU SOUVENIR

Pour toute une génération, l’auteur Robert Maltais demeurera la voix originale de Perlin, le père de Pruneau et Canelle dans la première version de Passe-Partout.

Maintenant âgé de 72 ans, celui qui était comédien admet avoir écouté par curiosité le premier épisode de la nouvelle génération de cette série jeunesse culte diffusée à Télé-Québec depuis la fin du mois de février.

S’il reconnaît la qualité de la production, Robert Maltais n’a pas l’intention de visionner les suivants. Le souvenir original de cette aventure restera toujours plus fort pour lui. « Je ne peux pas accrocher », confie-t-il, vantant ensuite le charme de la comédienne qui interprète désormais Passe-Partout, Élodie Grenier.

Encore aujourd’hui, même s’il est passé à autre chose dans sa vie, Robert Maltais évoque cette époque avec bonheur. C’est d’ailleurs lui qui a abordé le sujet lors de l’entrevue. « Les voix que j’ai faites dans l’émission m’ont donné un salaire pendant une vingtaine d’années », raconte-t-il, avant de citer de mémoire des répliques écrites par Michèle Poirier.