Le baryton Dominique Côté chantera pour la première fois de sa carrière à la cathédrale de Chicoutimi, samedi soir. Il participera au concert Noël pour tous aux côtés de Marie-Denise Pelletier, Gabrielle Lapointe et Marie-Pier Simard-Gagnon, ainsi que le Choeur Euphonie.

Chanteur par accident

Les gens qui entendront chanter Dominique Côté, samedi soir, à la cathédrale de Chicoutimi, auront peine à croire qu'il s'agit de son deuxième choix de carrière. Le baryton né à Notre-Dame-du-Rosaire, un village niché près de la frontière du Maine, dans le voisinage de Montmagny, fut en effet comédien avant de se consacrer à l'art lyrique. Il parle de ce changement comme d'un pur accident, le résultat d'un problème de santé qui l'avait rendu aphone.
Le jeune homme avait joué dans des séries télévisées comme Virginie, Emma et Jean Duceppe lorsqu'un polype l'a graduellement réduit au silence. Son gagne-pain étant menacé, il n'a eu d'autre choix que de consulter une dame spécialisée dans la rééducation vocale. À force de travailler avec lui, elle a décelé dans sa voix des propriétés supérieures à celles d'un acteur.
«Je l'ai trouvée extravagante quand elle a dit que ma voix était faite pour l'opéra, mais elle avait raison. J'ai donc suivi une formation et pour me faire connaître, je me suis inscrit à des concours en Europe, dont ceux de Marmande et de la Corse, où j'ai fini premier. Très vite, les contrats sont arrivés et le métier de comédien a pris le second rang. La vie a choisi pour moi», a relaté Dominique Côté mardi, lors d'une entrevue téléphonique accordée au journal.
Faits d'armes
Parmi ses faits d'armes, signalons sa participation aux productions Starmania et Notre-Dame de Paris, des projets pilotés par l'Orchestre symphonique de Montréal. Il a aussi chanté dans Nelligan aux côtés de Marc Hervieux, celui-ci incarnant le poète à la fin de sa vie, alors que le baryton campait la version juvénile.
Plus près de nous, Dominique Côté a fait résonner sa voix dans La fille du tambour-major, une opérette présentée par la Société d'art lyrique du Royaume. Il a aussi donné un récital il y a deux ans, lors d'un concert des Jeunesses musicales du Canada tenu à la Salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière. «C'est le seul endroit où on a été "sold out", ce qui fait du bien. On se sent alors comme Madonna», lance l'artiste d'un ton enjoué.
Une voix, plusieurs styles
À la cathédrale de Chicoutimi, où lui et ses camarades feront leur apparition à 20h, Dominique Côté chantera au profit de la Fabrique Saint-François-Xavier. Il partagera la scène avec ses consoeurs Marie-Denise Pelletier et Gabrielle Lapointe, la violoncelliste Marie-Pier Simard-Gagnon et le Choeur Euphonie, dirigé par Micheline Hamel.
Le programme comprendra des airs de facture classique jumelés à des chansons populaires, ce qui rejoint la propension du baryton à explorer plusieurs créneaux simultanément. C'est ainsi qu'on l'entendra dans la pièce The Prayer, où lui et Marie-Denise Pelletier mettront leurs pas dans ceux d'Andrea Bocelli et Céline Dion. Il s'associera aussi à Gabrielle Lapointe pour interpréter White Christmas et Il est né le divin enfant.
«Je ferai des chansons de Noël et des "crossover", ce qui me plaît parce que ma carrière est basée sur l'idée que je peux jouer sur différents tableaux, note l'interprète. Je ne connaissais pas Marie-Denise, mais nous avons répété la semaine passée et je l'ai trouvée charmante, très professionnelle. Je proposerai aussi un titre en solo, I'll Be Home For Christmas, dans un arrangement jazz. Ça vient d'un spectacle créé avec le pianiste Pierre McLean.»
Il a hâte de découvrir la cathédrale et de retrouver l'atmosphère propre aux concerts de Noël, ce qui éveille des souvenirs remontant à l'époque où sa mère dirigeait la chorale de son village, dont lui-même faisait partie. Le jeune rosarien ne se doutait pas, alors, que ce passe-temps serait maillé aussi étroitement à sa ligne de vie.