Centre d’histoire Arvida: vers la création d’un écomusée en 2026

Maintenant qu’il a emménagé dans l’église Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus, le Centre d’histoire Arvida prépare l’étape suivante. Elle consiste en l’ouverture d’un écomusée en 2026, ce qui coïncidera avec le centenaire de la ville fondée par l’industriel américain Arthur Vining Davis.

«Nous y pensons déjà, à cet anniversaire. C’est sûr que ce projet figure dans nos cartons et comme c’est le cas au Centre d’histoire Sir-William-Price de Kénogami, notre approche sera participative. Nous souhaitons d’ailleurs qu’il y ait une synergie entre les deux lieux», a énoncé la directrice générale Josée Bergeron, à la faveur d’une entrevue accordée au Progrès.

Dans son esprit, l’approche participative imprégnera chacune des actions posées par l’institution. Ainsi, les Arvidiens de souche et de coeur auront leur mot à dire, chaque fois qu’un projet sera sur la table. Après tout, c’est l’histoire d’une communauté, pas uniquement d’une compagnie, qui se trouvera au coeur de la mission assumée par le nouveau musée.

«Nous faisons déjà ce genre de choses et nous poursuivrons dans cette voie. Nous voulons que les gens amènent des idées et puisque nous avons l’intention de monter une collection, nous leur demandons également de livrer des témoignages et de nous confier des photographies anciennes», mentionne la directrice générale.

Tout en veillant à la bonne marche du Centre d’histoire Sir-William-Price de Kénogami, où cette photographie a été captée, la directrice générale Josée Bergeron chapeaute les activités du Centre d’histoire Arvida. Celui-ci vient d’emménager dans l’église Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus.

C’est dans cette perspective, justement, que l’équipe du Centre d’histoire Arvida planche sur une politique d’acquisition. Tirant profit des expériences vécues par d’autres institutions, elle sait que la meilleure approche consiste à déterminer quelles sont ses priorités. Autrement, il sera impossible de gérer l’afflux de dons.

«L’objectif consiste à savoir ce qui est vraiment important. Nous avons de l’espace, mais si nous ne faisons pas attention, ça pourrait devenir problématique», énonce Josée Bergeron, qui ne doute pas que les vieilles maisons d’Arvida regorgent d’objets pouvant apporter un éclairage au passé.

Une exposition en 2021

Il ne faudra pas attendre jusqu’en 2026, toutefois, pour visiter une exposition centrée sur l’histoire d’Arvida. Dès le printemps 2021, un projet de cette nature verra le jour. C’est à l’intérieur de l’église, dans une section de la nef où les bancs ont été enlevés, qu’il prendra forme.

«Nous devions tenir cette exposition cette année. Il y a eu un délai, cependant, en raison de la crise sanitaire et des retards avec les fournisseurs. C’est pour cette raison que nous la présenterons plus tard», fait observer la directrice générale.

En attendant, les amateurs d’histoire peuvent effectuer une visite guidée de l’église Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus cet été, du mercredi au dimanche.

Deux circuits extérieurs sont également disponibles, d’une durée de 45 à 60 minutes chacun. L’un d’eux se déploie dans l’orbite du Manoir du Saguenay, tandis que l’autre amène les visiteurs près du centre-ville. «Nous les avons adaptés à la clientèle, précise Josée Bergeron. Il faut tenir compte de la forme physique des gens, qui peut varier.»

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CENTRE D'HISTOIRE SIR-WILLIAM-PRICE: DEUX FAÇONS DE DÉCOUVRIR KÉNOGAMI

Situé au coeur de Kénogami, plus précisément au 1994, rue Price, le Centre d’histoire Sir-William-Price possède plusieurs arguments justifiant une visite au cours de l’été. On peut s’y rendre pour découvrir la chapelle St. James the Apostle, qui abrite l’exposition Oeuvres sur papier. C’est aussi le point de départ des visites guidées dans les quartiers environnants.

De fait, il n’y a rien de tel qu’une déambulation dans ses rues pour savoir comment cette ville de compagnie a pris forme, à compter de 1912. Les départs ont lieu du jeudi au dimanche, à 14h, et deux options sont offertes par l’institution. On peut se rendre dans le quartier des Anglais ou dans le quartier où étaient regroupés les ouvriers travaillant à l’usine de la compagnie Price.

«La démarcation est encore plus grande qu’à Arvida, puisque les quartiers sont séparés par le chemin de fer. Les maisons des patrons sont de style néo-Tudor, tandis que celles des employés, qu’on voit notamment sur les rues Bergeron et Lapointe, ressemblent à celles d’Arvida et de Port-Alfred», raconte la directrice générale Josée Bergeron.

Comme il faut tenir compte des mesures sanitaires imposées par le gouvernement, un maximum de 12 personnes peuvent participer à une visite. Néanmoins, on mise sur ce produit pour générer un peu d’affluence, en dépit de la baisse anticipée de l’activité touristique. En prime, les gens pourront voir Oeuvres sur papier, une exposition où l’art se marie à l’histoire.

Elle regroupe des portraits d’ouvriers réalisés entre 1930 et 1960. Exécutés au pastel, ils ont été produits par deux artistes de renom, le Québécois Francesco Iacurto et l’Anglaise Kathleen Shackleton. Si son nom de famille vous dit quelque chose, c’est normal. Son frère, l’explorateur Ernest Shackleton, s’est couvert de gloire en Antarctique.

«Oeuvres sur papier a été lancée en 2012, alors que le cycle pour une exposition permanente se situe entre cinq et dix ans. Elle est belle, mais nous souhaitons en créer une nouvelle. Ce ne sont pas les idées qui manquent», laisse entendre Josée Bergeron. 

Elle ajoute qu’on peut la visiter sans crainte, grâce aux mesures destinées à réduire les risques de contamination.