Voici l’oncle et le neveu, incarnés par Yves Jacques et Benoit Mauffette. Ils sont les protagonistes de la pièce Je suis mixte, où un homme tout ce qu’il y a de plus straight découvre un monde à la fois déroutant et fascinant, à l’occasion d’un séjour à Berlin.
Voici l’oncle et le neveu, incarnés par Yves Jacques et Benoit Mauffette. Ils sont les protagonistes de la pièce Je suis mixte, où un homme tout ce qu’il y a de plus straight découvre un monde à la fois déroutant et fascinant, à l’occasion d’un séjour à Berlin.

Ce qui passe à Berlin ne reste pas à Berlin

« On fait semblant de ne pas être bons », lance Yves Jacques d’un ton amusé. Membre de la distribution de Je suis mixte, une pièce présentée le 6 décembre, à 20 h, à la salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière, le comédien prend plaisir à interpréter deux rôles, dont celui d’un homme qui se pointe devant les spectateurs en compagnie de son neveu. Ils ont monté un spectacle afin de raconter leur histoire, mais ne connaissent rien au théâtre.

On devine que le texte écrit et mis en scène par Mathieu Quesnel épouse les traits d’une comédie. Il a imaginé un citoyen de Drummondville (François, incarné par Benoit Mauffette), plutôt rangé, avec femme et enfants, ainsi qu’une entreprise dont il gère la destinée. Pendant un voyage d’affaires en Allemagne, on lui suggère d’effectuer un détour à Berlin avant de revenir à la maison. Berlin, la ville où les bars ne ferment jamais. La ville de tous les excès. Il n’en sortira pas indemne. « Je joue le rôle de l’Allemand qui recommande à François de se rendre à Berlin, mais aussi l’oncle de ce dernier, celui qui l’accompagne dans cette ville, a mentionné Yves Jacques au cours d’une entrevue téléphonique accordée au Quotidien. Les deux se lâchent lousses. Le neveu se réveille comme s’il faisait sa crise d’adolescence en retard, si bien qu’à la fin du séjour, une question se pose. Doit-il demeurer ici ou retourner chez lui ? »

Cette idée n’est pas venue de nulle part, raconte le comédien. Benoit Mauffette – qui, en passant, est le fils de Pauline Martin, originaire de Chicoutimi – a vécu à Berlin après avoir complété ses études en théâtre. Son ami Mathieu Quesnel l’a rejoint et tout naturellement, Je suis mixte a pris forme dans leur tête. La pièce a été créée par les Productions Tôtutard et la représentation donnée à Jonquière mettra un terme à la tournée québécoise amorcée plus tôt cet automne.

Yves Jacques ne s’est pas fait prier pour prendre la route, puisque ce spectacle lui procure du plaisir.

Il aime le caractère absurde des situations dans lesquelles sont plongés les personnages, un trait que l’auteur partage avec Claude Meunier. « Mathieu aime aussi jouer avec le public, souligne le comédien. C’est ainsi que la pièce débute avec François qui se confie comme dans une réunion des Alcooliques anonymes. À ses côtés, il y a un vieux bonhomme et les gens ne savent pas ce qu’il fait là. C’est moi. »

Les escapades berlinoises de l’oncle et du neveu sont ponctuées de chansons rock qu’ils interprètent avec la complicité du musicien Navet Confit. Ceux qui ont connu Yves Jacques au temps du groupe Slick And The Outlags, actif de 1977 à 1979, pourront succomber aux charmes équivoques de la nostalgie. « Rendus là, nous ne savons plus où nous sommes. À Berlin, mais peut-être à Jonquière. Mathieu ne veut pas qu’on donne des informations trop précises à ce sujet », mentionne le comédien.

Ajoutons que des images captées dans l’ancienne capitale de la Prusse, en mars 2018, émaillent la pièce.

Il y a des photographies et des bouts de films présentés par le neveu et l’oncle dans le cadre de leur vrai/faux spectacle.

Tel qu’évoqué tantôt, leur maladresse est manifeste, ce qui ne signifie pas qu’elle soit facile à incarner. « Mathieu souhaite que nous déstabilisions le public. Ce n’est pas évident », révèle Yves Jacques.

Je suis mixte est présenté par le Théâtre La Rubrique, dans le cadre de sa programmation destinée aux adultes.