Catherine Leduc présentera pour la première fois au Saguenay-Lac-Saint-Jean le spectacle inspiré par son dernier album, Un bras de distance avec le soleil. Il aura lieu samedi, au Côté-Cour de Jonquière

Catherine Leduc, une artiste fidèle à ses convictions

L’album Un bras de distance avec le soleil fut l’un des plus beaux de l’année 2017, une opinion partagée par maints commentateurs de la scène culturelle. Il a confirmé la validité du repositionnement de Catherine Leduc, qui a troqué l’univers de Tricot Machine pour celui, plus foisonnant, de ses explorations menées sous son nom.

« Nous avons eu de super bonnes critiques à la sortie du disque, et il a été intégré dans plusieurs classements à la fin de l’année. Il nous reste maintenant à le faire connaître à plus de gens, cet enregistrement que nous avons effectué sans compromis. Je suis fière parce que nous sommes allés au bout de nos idées », a-t-elle mentionné mercredi, lors d’une entrevue téléphonique accordée au Progrès.

Elle voit dans le succès critique d’Un bras de distance avec le soleil un signe encourageant, en ce sens qu’il constitue un pied de nez aux diktats des radios commerciales. « Il y a plein de gens, au Québec, qui ont le goût d’entendre des musiques différentes, pas formatées. J’espère que ça amènera d’autres artistes à emprunter cette voie », énonce la chanteuse originaire de la Mauricie.

La fidélité à ses idéaux a aussi coloré la tournée qui, samedi à 20 h 30, fera escale au Côté-Cour de Jonquière. Cinq musiciens seront regroupés sur la petite scène, soit Guillaume Éthier (batterie), Maxime Castellon (basse), Ariane Bisson McLernon (piano et voix) et Matthieu Beaumont (claviers), l’éternel complice de Catherine Leduc. À une époque où il est d’usage de réduire ses voiles, surtout lorsqu’on évolue dans des salles intimistes, se donner tant de moyens constitue un acte de foi.

« Nous faisons les pièces de l’album dans un ordre différent, mais en reproduisant assez fidèlement les arrangements originaux. Tout est précis, très à sa place sur les enregistrements, et nous restons proches de ça », fait observer l’artiste. Elle précise que le titre le plus difficile à reproduire fut Tes sommets sont mes montagnes, tout en laissant entendre que la satisfaction a été à la hauteur de l’effort.

« C’est l’un de nos préférés, mais ça représente de la dentelle, du fin détail », résume Catherine Leduc, qui propose également des extraits de son premier album en solo, Rookie. En même temps, le spectacle de Jonquière devrait comporter une part d’inconnue, sous la forme d’une pièce élaborée dans les dernières semaines. Elle existe à l’état sauvage, pourrait-on dire. Les arrangements ne sont pas complétés.

Cette chanson devrait se retrouver sur le troisième projet solo de l’artiste, qui s’accordera autant de liberté que sur Un bras de distance avec le soleil. « À l’origine, je ne savais pas dans quelle direction ça irait. Nous sommes entrés dans une bulle de création, moi et Matthieu, et des fois, ça nous a conduits vers le folk rock, à d’autres moments vers le prog et le psychédélique », rapporte l’invitée du Côté-Cour. 

DE TRICOT MACHINE À CATHERINE LEDUC

Le succès commercial de Tricot Machine fut aussi inattendu que spectaculaire. Le premier album créé par Catherine Leduc et Matthieu Beaumont, sorti en 2007, est parti en orbite grâce à des compositions comme L’ours, Les peaux de lièvres et Pas fait en chocolat. Pendant un an ou deux, le duo a balayé d’un vent frais, un brin euphorisant, une scène musicale qui commençait à sentir le renfermé.

«C’est explosif, ce qui s’est passé à ce moment-là. Je garde un bon souvenir de cette période effervescente où, comme le groupe Malajube, nous avons participé à l’émergence de la chanson indie folk au Québec. Aujourd’hui encore, j’aime les pièces de Tricot Machine, sauf que j’ai moins envie de les jouer. Il faut dire que j’avais 26 ans, à l’époque. J’en ai maintenant 38», confie l’artiste.

Elle ajoute qu’à l’issue de cette aventure ponctuée par trois enregistrements, le duo a ressenti le besoin de changer d’atmosphère. Craignant de tomber dans la formule, il a préparé de nouveaux enregistrements en gardant toutes les portes ouvertes. «Nous aimons l’aventure musicale, la qualité, les mélodies qui sortent de l’ordinaire», décrit Catherine Leduc.

Néanmoins, il existe un fil conducteur entre Tricot Machine et les disques réalisés en solo. En spectacle, le groupe se donnait souvent la permission d’improviser à partir des airs familiers. Sans qu’on s’en doute, ces explorations menées par Matthieu Beaumont aux claviers ouvraient une fenêtre sur la suite des choses, ainsi que le reconnaît sa partenaire.

«Nous nous trouvons maintenant dans d’autres zones, mais avec la même intention», confirme Catherine Leduc