Hélène Blackburn, fondatrice et directrice artistique de la compagnie de danse de réputation internationale Cas Public, cherche des moyens de faire rayonner la danse malgré le confinement. Celle qui est originaire de Chicoutimi propose des ateliers de danse gratuitement sur le Web deux fois par semaine.
Hélène Blackburn, fondatrice et directrice artistique de la compagnie de danse de réputation internationale Cas Public, cherche des moyens de faire rayonner la danse malgré le confinement. Celle qui est originaire de Chicoutimi propose des ateliers de danse gratuitement sur le Web deux fois par semaine.

Cas Public offre des ateliers sur le Web

La COVID-19 a mis fin à une tournée importante et à toute une série d’engagements pour la compagnie Cas Public. Pour Hélène Blackburn, fondatrice de la compagnie de réputation internationale, le temps est à la réflexion. Comment continuer à démocratiser la danse et à propager l’amour de son art ? Les questionnements sont nombreux, tout comme les avenues à explorer. Mais pour le moment, c’est par des classes offertes gratuitement sur le Web que Cas Public poursuit sa mission.

Le coronavirus a frappé au moment où Cas Public se trouvait en Europe pour une tournée de trois mois qui devait mener la troupe à la rencontre des publics et de producteurs importants. Après trois semaines de représentations, le groupe a dû rentrer au bercail.

« C’était crève-coeur. Il y avait des choses qu’on travaillait depuis des années. À Paris, une dizaine de programmateurs français avaient confirmé leur présence. C’est là qu’on vend. Tout ça est tombé », raconte Hélène Blackburn, originaire de Chicoutimi, fondatrice et directrice artistique de Cas Public.

Depuis la mi-mars, 40 représentations de la tournée ont dû être annulées, dont le passage à l’Opéra national de Paris ainsi que le FAMFEST (Chili).

La fin abrupte de la tournée européenne représente des pertes financières de 200 000 $ à elle seule. «On était dans une grosse période. C’est énorme ce que ça représente. Heureusement, on a pu reporter 90 % de nos engagements. Techniquement, on reprend en octobre… Mais en ce moment, il y a beaucoup d’inconnu.»

Les danseurs ont dû rentrer chez eux. Les répétitions de groupe sont impossibles.

«Ils sont tous au chômage. Je me suis demandé comment continuer de fabriquer de l’art là-dedans», explique la directrice artistique.

Depuis quelques semaines, des classes de danse sont offertes gratuitement au public les lundis à 11h, sur le compte Instagram de la compagnie. Les classes d’une durée d’une heure se veulent accessibles.

Les jeudis, 11h, c’est au tour des enfants, peu importe leur âge, d’avoir droit à des ateliers via Facebook. «On propose des ateliers qu’on donne sur la route et qui accompagnent les spectacles jeune public. C’est une façon de redonner, de rester connecté avec notre public malgré les mesures de confinement, mais également de partager avec le grand public notre passion pour la danse et le talent de nos danseurs. Quand les enfants retourneront à l’école, on changera peut-être la classe pour le samedi. La semaine dernière, 115 personnes on fait la classe, c’est surprenant.»

Deux festivals auxquels la compagnie devait participer ont aussi décidé d’offrir une édition sur le Web, ce qui permettra à Cas Public de continuer de rayonner. La pièce 9 sera présentée par l’intermédiaire du réseau officiel du Festival Cultural de Mayo au Mexique. Cas Public ouvrira également le Festival International Dansencore de Trois-Rivières avec une vidéo de danse à relais qui sera diffusée via les médias sociaux.

«On est chanceux. Et j’ai espoir qu’à la fin de l’été on pourra recommencer à travailler, à répéter, avec de nouvelles normes.»

Hélène Blackburn craint toutefois une seconde vague. Elle réfléchit donc aux façons de faire rayonner son art autrement.

«Il faut apprendre à composer avec le confinement. J’ai commencé à créer et tester des outils qu’on pourra utiliser si on ne peut pas partir à l’automne. Ça peut être long. On ne peut pas le prédire. Ça ne donne rien de faire des prévisions. Il faut faire contre mauvaise fortune bon coeur. Il faut trouver comment on fait pour passer à travers ça. C’est un réflexe normal et sain d’avoir peur, mais il ne faut pas qu’elle nous paralyse. Il faut que ce soit un moment d’action et de réflexion.»

La chorégraphe a aussi une pensée pour les écoles de danse qui doivent composer avec l’incertitude. «J’ai offert d’enseigner bénévolement à l’École Florence Fourcaudot en août si le camp d’été peut avoir lieu. C’est là que j’ai évolué de 5 à 18 ans. Je pense énormément à ce genre d’école.»