Caroline Fillion présente Hommage après ouragan au Centre des arts et de la culture de Chicoutimi.

Caroline Fillion et ses hommages tordus

À première vue, les œuvres de la série Hommage après ouragan, que l’on peut apprécier sur les murs du Centre des arts et de la culture de Chicoutimi, présentent des scènes de désolation que l’on a vues des tonnes de fois. Sur une photographie, on aperçoit des débris emportés par une tornade. En face, une toile montre ce qu’il reste après le passage d’un ouragan.

Mais ces zones où règne une atmosphère digne de l’apocalypse sont en fait des hommages ludiques que Caroline Fillion rend à des artistes reconnus qui proviennent du Québec. Elle s’est amusée, en imaginant des catastrophes naturelles, à détruire les œuvres phares d’artistes tels Mathieu Valade, Cindy Dumais ou Carl Bouchard.

Hommage après ouragan comporte deux séries d’œuvres. La première est composée de photographies numériques superposées et fait la vie dure à des œuvres d’artistes de la région. Dans la deuxième, le principe de la superposition est cette fois-ci utilisé avec de la peinture et rend hommage à des créateurs québécois dont les œuvres sont éparpillées dans des salles déconstruites d’un musée.

Dans une série de peintures, Caroline Fillion s’amuse à détruire les oeuvres d’artistes québécois.

Ce processus, assure l’artiste, n’est pas une critique. « Je veux réfléchir sur la pérennité des œuvres, des artistes, sur comment dans le milieu de l’art, on devient légitime. C’est un peu un témoignage d’amour que je leur fais », raconte l’artiste rencontrée sur les lieux de l’exposition.

Comment ont réagi les artistes dont les œuvres se sont retrouvées au centre de cet hommage hors de l’ordinaire ? « Je n’avais pas besoin de leur demander la permission, mais ils ont tous trouvé ça très drôle. Ils ont souri », précise Caroline Fillion.

« Son OVNI »

Au centre de la galerie, une structure circulaire, qui fait un petit cliquetis et que Caroline Fillion appelle « son ovni », parle en code morse. L’objet répète avec un rythme régulier : « Je suis le sacre de l’art. » À l’intérieur, une image représente le ciel lors d’une tempête avec des éclairs de chaleur.

Dans une série de photographies, Caroline Fillion s’amuse à détruire les oeuvres d’artistes régionaux.

« L’idée derrière ça est un peu de rappeler le côté sacré de l’art, qui s’approche un peu de la religion parfois, où il y a des croyants. C’est un clin d’œil », indique-t-elle.

L’ensemble de l’exposition joue sur une certaine forme d’ambiguïté entre ce qui est à prendre au premier degré et ce qui ne l’est pas. Résolument faite avec humour, cette exposition est aussi une marque de respect envers des créateurs établis.

Hommage après ouragan se poursuit jusqu’au 10 février.

Départ du Lobe

Caroline Fillion, qui occupait le poste de direction à la galerie Le Lobe jusqu’à la fin de 2018, a quitté cet emploi pour se consacrer à temps plein à sa carrière d’artiste. Hommage après ouragan est sa première exposition depuis ce départ.

« J’en avais besoin. Ce n’est pas parce que je n’aime pas Le Lobe, au contraire. Mais j’avais envie de voir où ça pouvait me mener », raconte-t-elle.

Caroline Fillion présente Hommage après ouragan au Centre des arts et de la culture de Chicoutimi.