Directeur artistique du Théâtre La Rubrique, Benoit Lagrandeur sera le dernier invité de Marilou Guay-Deschênes dans le cadre des <em>Rencontres théâtrales</em>. Leur entretien sera diffusé en direct le 18 juin, à 19h30, via les pages Facebook et YouTube de la compagnie jonquiéroise.
Directeur artistique du Théâtre La Rubrique, Benoit Lagrandeur sera le dernier invité de Marilou Guay-Deschênes dans le cadre des <em>Rencontres théâtrales</em>. Leur entretien sera diffusé en direct le 18 juin, à 19h30, via les pages Facebook et YouTube de la compagnie jonquiéroise.

Benoit Lagrandeur, le clou des Rencontres théâtrales

Directeur artistique du Théâtre La Rubrique, Benoit Lagrandeur sera le dernier invité de la saison dans le cadre des Rencontres théâtrales, un événement tenu jeudi (le 18 juin), à 19h30. En attendant qu’elle revienne à l’automne, les amateurs de cette série pourront assister, par le truchement des pages Facebook et YouTube de la compagnie, à l’entretien que mènera l’animatrice Marilou Guay-Deschênes.

Il sera sûrement question de son travail en tant que comédien, ainsi que des principes qui balisent la sélection des pièces présentées à la Salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière. Cette responsabilité qui lui échoit, année après année, constitue l’aboutissement d’une démarche mûrement réfléchie. Cette fois-ci, par contre, il y a un os. Un gros os qui complique la vie de bien des gens.

« Au début de la pandémie, en mars, je venais de mettre le point final à la programmation 2020-2021, ce qui comprenait notre production à nous, Batelos, le chant du bègue, où doivent jouer sept comédiens. J’ai dû rappeler tout le monde, mais j’avais eu la présence d’esprit de ne pas signer de contrats, uniquement des lettres d’intention. Je sens donc l’étau un peu moins serré », note Benoit Lagrandeur.

Il y a un fond d’ironie dans sa voix, mais il ne faut pas gratter longtemps pour percevoir un prodigieux agacement. Le virus, c’est une chose. La façon dont les autorités abordent les arts vivants, c’en est une autre. Encore lundi, l’irruption de nouvelles normes à géométrie variable, deux mètres ici, 1,5 mètre là, a fait ressortir l’idée que ce dossier prend un tour absurde. On pourrait s’en amuser, si ce n’était des conséquences pour les organisations concernées.

« Les chantiers de construction, les centres d’achats et les campings ouvrent, mais pas les salles de spectacles. C’est d’un ridicule! On en rit, mais c’est à pleurer », affirme l’homme de théâtre. Il ne compte plus le nombre de plans B qui ont germé dans sa tête, depuis trois mois. Tous se sont heurtés au même obstacle : l’absence de directives claires, permettant une véritable reprise des activités.

« À Montréal, il y en a qui s’arrachent les cheveux, dont les compagnies qui présentent des productions à elles, tout au long de la saison. Certaines se sont engagées à hauteur de 500 000 $ », rapporte Benoit Lagrandeur. Il n’a jamais vu une telle tempête s’abattre sur le milieu du théâtre et c’est pourquoi certaines directives qui lui passent sous le nez, comme celle demandant aux comédiens de se déplacer chacun dans son véhicule, en tournée, le font damner.

« Ça coûterait une fortune », tonne le directeur artistique, dont la priorité, pour l’heure, consiste à trouver des façons de procurer du travail aux artistes de la région. Des idées commencent à prendre forme, celle de productions déambulatoires, par exemple. Peut-être qu’un projet de cette nature pourra aboutir à l’automne. En attendant, la bonne nouvelle tient aux nombreux échanges mobilisant les diffuseurs, ainsi que les gens de théâtre.

« Il y a une solidarité comme je n’en ai jamais vu. Le nombre de rencontres Zoom que j’ai pu faire... Ça n’arrête pas. Le monde se parle beaucoup et ça fait du bien », constate Benoit Lagrandeur.