Belle Grand Fille a été impressionnée par son séjour à Tadoussac, à l'occasion du Festival de la chanson. Tant les Chemins d'écriture que le mini-spectacle donné samedi après-midi, au Café du Fjord, lui laissent le meilleur des souvenirs.

Belle Grand Fille, entre Tadoussac et Dubois

Même s'il peut contenir de 150 à 200 personnes, en comptant celles qui se tiennent debout, le Café du Fjord était trop petit pour Belle Grand Fille, samedi après-midi. Comme ses camarades qui, pendant cinq jours, ont participé aux Chemins d'écriture, des ateliers animés par Xavier Lacouture, la chanteuse originaire du Saguenay-Lac-Saint-Jean disposait de 20 minutes pour présenter ses compositions et elle n'a pas raté sa chance.

Première à se lancer, elle a d'abord exprimé son étonnement à la vue de tous ces gens. «Pour vrai, c'est surprenant, le monde qu'il y a ici. Je m'attendais à une vingtaine de spectateurs. Il faut croire que ce lieu jouit d'un pouvoir particulier», a souligné l'invitée du Festival de la chanson de Tadoussac avant d'offrir un échantillons de ce qu'elle appelle ses «tounettes».

La chanson titre du EP «Maille par maille», sorti en mars, lui a permis d'établir ses lignes de force. Le texte bien construit, évocateur d'une relation en train de prendre forme, a été livré d'une voix caressante, presque maternelle. Quant à son jeu au piano, il a impressionné par sa fluidité, autant que sa capacité d'expression, une qualité qui a coloré les cinq pièces partagées avec le public.

«L'escalier», «Comme des chercheurs de volcan» et «San Francisco», qui proviennent aussi du EP, ont eu droit à leur tour d'honneur. L'unique exception fut une composition écrite dans l'attente de la naissance d'un enfant, laquelle n'a pas été endisquée. Les futurs parents l'avaient affectueusement baptisé Bebitte, un nom qui a intrigué les Français qui ont entendu ce titre l'année dernière, à Saint-Mâlo. À Tadoussac, en revanche, les gens ont reçu cinq sur cinq ce témoignage d'affection qui a couronné le mini-spectacle de Belle Grand Fille.

Prête pour Dubois

Au cours d'une entrevue réalisée après sa sortie de scène, la chanteuse a tracé le bilan de sa participation aux Chemins d'écriture. «Chaque jour, pendant deux séances de deux heures, nous devions écrire des choses que tout le groupe avait ensuite l'occasion d'analyser. Or, il est rare qu'on reçoive autant de feedback constructif. En plus, mes collègues provenaient du Québec, des Maritimes, de la France et de la Belgique. Notre rapport à la langue était différent», a-t-elle expliqué.

Cette expérience fut d'autant plus éclairante qu'un texte a été mis en musique, alors que d'habitude, Belle Grand Fille procède à l'inverse. «J'ai constaté que c'était bénéfique de créer à partir du texte», note celle qui a mérité sa place à Tadoussac après avoir remporté le premier prix au Festival de la chanson de Saint-Ambroise, dans la catégorie Auteur, compositeur et interprète.

Cette performance a généré d'autres retombées, l'une d'elles tenant à sa présence le 12 juillet, au festival Jonquière en musique. On lui a confié la première partie de Claude Dubois, alors qu'elle disposera de 45 minutes pour faire bonne impression. Histoire de mettre toutes les chances de son côté, la chanteuse se pointera avec trois musiciens qui l'ont épaulée pendant l'enregistrement du EP.

«Ce sera la plus grosse foule de ma carrière. On fera des pièces du EP et d'autres qui attendent dans le "back store". Plusieurs devraient figurer sur mon premier album complet, que je souhaite sortir d'ici à 2021. Une fois de plus, la réalisation sera assurée par Mathieu Désy», annonce Belle Grand Fille. Ajoutons qu'une autre première partie l'attend le 13 juillet, cette fois à l'Auberge Île-du-Repos de Péribonka. Elle ouvrira pour Alfa Rococo.