Troisième et quatrième à partir de la gauche, la responsable de la programmation, Chantal Boivin, ainsi que le directeur général Robert Hakim, ont dévoilé la programmation du volet gratuit du Festival international des Rythmes du Monde, jeudi, en compagnie de plusieurs collègues et partenaires.

Beaucoup de musiques d’ailleurs au FIRM

Il y a beaucoup de rythmes du monde dans le volet gratuit du Festival international des Rythmes du Monde (FIRM). On savait déjà que l’Allemand Shantel s’y pointerait le 10 août, en compagnie du Bucovina Club Orkestar, mais ce n’est pas la fin de l’histoire, loin s’en faut. La programmation dévoilée jeudi avant-midi, à Chicoutimi, est riche en musiques venues d’ailleurs.

La formation la plus connue chez nous est certes La Compagnie Créole. Il y a dix ans, elle avait attiré 4000 personnes à la faveur d’un concert payant qui s’était déroulé sur la zone portuaire de Chicoutimi. Cette fois, ses fans n’auront rien à débourser pour entendre La machine à danser et Ça fait rire les oiseaux à l’angle des rues Racine et Bégin. Ils ont aussi le temps de réserver leur carré d’asphalte puisque c’est le 7 août, premier jour de cette tranche du festival, que le quatuor célébrera ses 30 ans de tournée au Québec.

Toujours sur la grande scène, une soirée « full latine » sera proposée le 8 août. Dominique Hudson, qui a l’habitude de déjouer les prévisions du comité organisateur en matière d’achalandage, se lancera à 19 h 30. La case suivante est plus enviable, celle de 21 h 30, mais celui qui l’occupera n’est pas un pied de céleri. Il s’agit d’Alain Pérez, qui sera flanqué de ses fidèles camarades de La Orquestra.

Cet homme vit à Cuba, où on le considère comme une superstar. Réputé pour sa versatilité, il s’est produit avec les plus grosses pointures de la scène locale, notamment Irakere, la formation du grand Chucho Valdez, et l’inusable Los Van Van. « Dominique est heureux de faire sa première partie », a révélé le directeur général Robert Hakim au cours d’une conférence de presse convoquée par le FIRM.

Tout aussi intense, mais d’une manière on ne peut plus différente, le Québec Redneck Bluegrass Project aura accès à la grande scène, le 9 août à 21 h 30. Ce groupe dont les racines sont profondément maillées à la terre régionale devrait produire un impact significatif. Le comité organisateur anticipe la présence de nombreux jeunes, en effet, d’autant qu’un combo punk canadien, les Planet Smashers, lancera la soirée à 19 h 30.

« Retour aux sources »

La deuxième scène, plus petite, donnera lieu à un changement destiné à accommoder les commerces établis dans le voisinage de la rue Labrecque. Pour que cette artère demeure ouverte à la circulation, les artistes se produiront plus loin, à la hauteur de l’édifice Gagnon et Frères. En revanche, le nombre de spectacles sera plus élevé. Chaque soir, sauf le samedi, il y en aura deux. « Nous avons fait un compromis avec les gens du secteur. On va essayer ça, même si on réalise qu’il y aura moins d’espace », note Robert Hakim.

Là aussi, les Rythmes du Monde porteront leur nom. L’Italie sera représentée par Peppe Voltarelli, le 8 août, tandis qu’une émule de Cesaria Evora, la Cap-Verdienne Lucibela, fera ses débuts au festival à 20 h 30. Le lendemain, les danseurs et musiciens de la formation The Imbayakunas animeront cette section de la rue Racine, précédés par Thomas Croft à 19 h.

« Si quelqu’un dit que ce n’est pas de la musique du monde, il est mêlé. C’est un retour aux sources pour le festival. L’essence même du FIRM, c’est d’être ouvert à tout le monde », a commenté Robert Hakim au sujet de l’approche préconisée cette année, eu égard aux volet gratuit. Il croit que la cuvée 2019, qui comprend également Dear Denizen et Bob et les Macalous (7 août), de même qu’Alaclair Ensemble (10 août), constituera un grand cru.

Elle complétera l’offre qui sera proposée du 1er au 3 août, sur la zone portuaire. On sait que ces spectacles payants (un passeport est en vente, au coût de 35 $) permettront de voir The Mavericks, Matt Lang et David Thibault (1er août), Sylvain Cossette et The Box (2 août), ainsi que Randy Bachman et Glass Tiger (3 août). Ils visent une clientèle plus mature, même si The Mavericks, offerts en exclusivité au Québec, génèrent un buzz dont l’ampleur étonne le comité organisateur. C’est leur faute, semble-t-il, si davantage de passeports ont été vendus à l’extérieur du Saguenay-Lac-Saint-Jean. « Ce n’est pas cher pour trois soirées, mais dans les prochains jours, nous relancerons les gens de la région. Déjà, la moitié des 2000 passeports ont été réservés », fait observer le directeur général du FIRM, qui souhaite que la 17e édition, toutes formules confondues, génère 150 000 entrées.

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LE DÉFICIT DE 400 000$ A ÉTÉ EFFACÉ, ANNONCE ROBERT HAKIM

Le Festival international des Rythmes du Monde (FIRM) a effacé le déficit de 400 000 $ qu’il traînait comme un boulet depuis 2012. 

Une gestion prudente des finances, jumelée à la tenue d’un plus grand nombre de spectacles payants et à des activités comme l’encan d’objets souvenirs tenu depuis cinq ans, ont permis d’effacer cette ardoise. 

« Il y a eu un redressement incroyable. C’est un miracle, le fait que nous puissions atteindre l’équilibre cette année », estime le directeur général Robert Hakim.

S’il respire mieux, cela ne signifie pas que le comité organisateur peut se lancer dans les dépenses comme un marin en goguette. Une tendance lourde s’installe dans le paysage, en effet, soit le désengagement progressif des corps publics. La popularité d’un événement ne constitue plus une protection absolue, ni à Saguenay ni ailleurs au pays.

« Les subventions baissent partout et il est normal qu’on demande aux organisations de trouver des sources de revenus différentes. C’est pour cette raison qu’au Québec, on en a pour un maximum de quatre ou cinq ans, relativement à la gratuité des festivals », énonce Robert Hakim. 

Ainsi justifie-t-il la mise en place du premier volet de la programmation, formé de spectacles payants offerts sur la zone portuaire de Chicoutimi. 

Ils aident à financer les activités tenues sur la rue Racine.

Ce n’est pas magique, cependant. Si fréquentées soient-elles, les trois soirées connues sous le nom de La Veille du FIRM n’autorisent pas les organisateurs à voir plus grand. 

C’est pour cette raison que le rêve de ramener le défilé, six ans après sa dernière présence dans les rues du centre-ville, n’a pu se concrétiser. 

Appelé à s’exprimer à ce sujet, le directeur général s’est tourné vers Jonathan Tremblay, membre du conseil municipal de Saguenay, en faisant mine de solliciter son appui.

« Ce serait l’fun de refaire un défilé. Le problème est qu’à l’époque, il coûtait 35 000 $, comparativement à une somme de 100 000 $ à 125 000 $ aujourd’hui. Nous aurions besoin de plus d’argent pour y arriver, mais je suis sûr qu’un jour, nous allons le trouver. Nous le méritons », affirme Robert Hakim.