Léo Konnerth, Claudia Chabot et Chantale Boulianne préparent trois courts métrages que vient d’appuyer la Bande Sonimage, via ses bourses d’aide à la création.

Bande Sonimage: trois projets d’ici appuyés

Trois courts métrages ont reçu l’appui de la Bande Sonimage par l’entremise de ses bourses d’aide à la création. En plus de Léo Konnerth, dont le film intitulé Pekuakami sortira l’an prochain (voir autre texte), l’organisme sans but lucratif a donné un coup de pouce aux cinéastes Claudia Chabot et Chantale Boulianne, qui planchent respectivement sur Nadia et Dans l’oeil du cyclone.

Chacun a reçu un cachet d’artiste de 1500 $ et des services dont la valeur peut atteindre 15 000 $. La liste comprend l’accès à un studio d’enregistrement sonore et à un espace de travail, l’encodage DCP, le prêt d’équipements de tournage et de montage, ainsi que des conseils portant sur la création du scénario. C’est un jury de pairs qui a procédé à la sélection des dossiers, a-t-on précisé par voie de communiqué.

Chantale Boulianne, qui prépare un deuxième film d’animation, apprécie pleinement le support accordé par la Bande Sonimage. « C’est un organisme merveilleux. Sa présence dans la région permet de développer un beau bassin de compétences », a-t-elle commenté à l’occasion d’une entrevue accordée au Progrès. Son projet, fruit d’un immense labeur, prend la forme d’une fiction racontée au moyen de dessins sur papier.

Il en faudra 3200 pour couvrir les trois minutes que durera le court métrage, le tout au rythme de 15 images/seconde. La cinéaste est rendue à un peu plus de 900, ce qui a permis à sa collaboratrice Alexa Tremblay-Francoeur d’amorcer le montage. L’objectif consiste à boucler l’oeuvre d’ici aux Fêtes, l’espoir ultime étant de la voir projetée pendant la prochaine édition du festival REGARD sur le court métrage au Saguenay.

« Dans l’oeil du cyclone montre un personnage désabusé, un genre d’homme d’affaires qui a vécu quelque chose. Un événement déclencheur le projette dans un monde parallèle. Il va se promener de l’infiniment grand à l’infiniment petit avant de trouver réponse à sa peine », décrit Chantale Boulianne, dont la première création a pour titre Sur la ligne de crête.

De son côté, Claudia Chabot brossera le portrait d’un couple atypique. Elle se donne de 15 à 20 minutes pour montrer comment Nadia et son conjoint, Sébastien, arrivent à voyager en pratiquant une version originale du système D. Se déplaçant en vélo, ils assurent leur subsistance en rendant différents services. Il arrive aussi que la jeune femme, qui est peintre, fasse le troc de ses oeuvres.

« Ce sont des gens intéressants, très drôles, dont la vie est centrée sur le moment présent. Moi et Nicolas Lévesque, qui assure la direction photo, allons les rejoindre dans le pays où ils auront abouti dans quelques mois. Nous allons témoigner de leur mode de vie où des événements très beaux peuvent suivent des événements très durs », mentionne la cinéaste.

En plus de compter sur l’appui de la Bande Sonimage, Claudia Chabot se réjouit de la collaboration de l’agence Canopée, puisque les frais de tournage s’annoncent substantiels. Elle laisse entendre que Nadia pourrait atterrir sur les écrans au début de 2020, possiblement à REGARD, de même qu’à l’extérieur de la région.

+

LÉO KONNERTH, ENTRE LE QUÉBEC ET LA FRANCE

Le profil de Léo Konnerth est singulier. Parti de sa France natale pour accompagner un ami au Québec, il a fait le tour du territoire sur le pouce avant d’étudier trois ans au Cégep de Saint-Félicien en Techniques d’aménagement de la faune. À une session de la fin, le jeune homme originaire de la région de Valence a souhaité revenir à la création artistique, ses anciennes amours, par le truchement du collectif 3REG. Les poèmes livrés dans ce contexte l’ont amené à collaborer avec le cinéaste Alexandre Ruffin, puis à monter son propre projet de film, le court métrage Pekuakami, que vient d’appuyer la Bande Sonimage.

Cette histoire épouse la forme d’un conte philosophique. Elle montre un jeune Innu qui en a assez de travailler dans une scierie. Il part donc en motoneige sur le lac Saint-Jean, prenant soin de se couvrir le corps de peinture. On perd ensuite sa trace, tandis qu’un autre personnage, sa mère, prend le relais. « On l’entend en voix off, tout en voyant la motoneige sur le lac. Elle se demande si son fils ne n’est pas fondu avec lui », rapporte le cinéaste. Il précise que le tournage a eu lieu l’hiver dernier, de même qu’au printemps, avec Alexandre Ruffin à la direction photo. Il reste à peaufiner le monologue de la femme endeuillée, puis à l’enregistrer, ainsi qu’à peaufiner le son et la musique.

Le rôle de l’Innu est campé par Tommy-Joe, tandis que la mère emprunte les traits de Jeannette Siméon, une dame rencontrée il y a cinq ans en faisant du pouce. « J’avais passé deux semaines dans le bois avec elle et son époux. C’est elle qui m’a transmis des éléments de la culture amérindienne », fait observer Léo Konnerth. Précisant qu’un producteur français épaule ce projet, au même titre qu’Alexandre Ruffin, qui a prêté l’équipement nécessaire au tournage, il n’a pas eu besoin de la bourse de la Bande Sonimage pour en assurer le financement. Elle a toutefois permis de rémunérer les comédiens, qui avaient accepté de collaborer à titre bénévole.

Si tout va bien, Pekuakami sera prêt l’année prochaine et fera partie de la programmation de REGARD sur le court métrage au Saguenay. Entre-temps, le cinéaste travaillera sur un autre film, un long métrage intitulé Up Life. Il a amorcé l’écriture du scénario il y a deux ans avec un copain de lycée, le réalisateur Timothée Hochet. Cette première version est restée sur la glace jusqu’au moment où les deux ont repris contact, séparés par un océan. Son désir de pousser ce projet plus loin ayant été ravivé par le tournage de Pekuakami, Léo Konnerth retournera bientôt en France pour mettre la dernière main au texte. Le procureur mentionné tantôt fait partie de l’équipe, dont le voeu consiste à tourner en 2019.