Mené par Jean-Marc Pisapia, toujours aussi alerte, toujours aussi allumé, le groupe The Box a livré une performance remarquable en début de soirée, vendredi, sur la Zone portuaire de Chicoutimi.

Bain de nostalgie signé The Box

Soirée empruntant à la thématique des années 1980, vendredi, sur la Zone portuaire de Chicoutimi. Pas de chemises rose saumon ni de Pontiac Acadian dans le paysage, mais des chansons, beaucoup de chansons, qui existent par elles-mêmes, mais aussi grâce au poids des souvenirs qui s’y rattachent.

Pour réveiller le nostalgique qui sommeille en chaque Québécois, le Festival international des Rythmes du Monde (FIRM) avait invité un spécialiste de la chose, Sylvain Cossette. C’est lui qui devait ratisser le plus large par l’entremise du spectacle 80s, mais au préalable, le public avait rendez-vous avec une machine à hits correspondants au même millésime, le groupe The Box, avec à sa tête l’inusable Jean-Marc Pisapia.

Était-ce de l’ironie ou l’effet du hasard ? Toujours est-il que le premier titre fut Must I Always Remember ? . Dois-je toujours me souvenir ? Ceux qui ont connu intimement la décennie lancée par le référendum – perdu ou gagné, ça ne regarde que vous –, clôturée par la chute du mur de Berlin, n’ont pas eu besoin de travailler fort pour activer leur mémoire. La batterie insistante et les claviers omniprésents semblaient sortir tout droit d’un clip diffusé au cours de l’émission Friday Night Video.

Comme il faisait encore clair, les gens continuaient d’arriver lorsque le groupe a enchaîné avec Carry On, titre répété si souvent qu’on aurait dit une incantation. De jolies harmonies vocales ont conféré à cette pièce des accents lyriques sur fond de cymbales, mais c’est sur la composition suivante, Hey Little Rock Star, que The Box a confirmé son emprise sur les spectateurs. Le plus drôle est que cette chanson est relativement récente et pratiquement inconnue. Or, le rythme enlevé, le refrain vaguement beatlesque et les couleurs contrastées des claviers témoignent d’une réelle ambition. Pas étonnant que des cris et des sifflets se soient mêlés aux applaudissements.

Dans une veine similaire, So Beautiful a confirmé que The Box a encore des choses à dire, cette fois sur un ton enveloppant. « C’est sorti en 2005, l’année où le band tel qu’on le connaît aujourd’hui a été formé. On a été plus longtemps ensemble que la première version de The Box », a souligné Jean-Marc Pisapia. Ajoutons que ça paraît quand on voit les musiciens et la choriste interagir avec lui. Leur complicité fait plaisir à regarder.

Une heure, c’est court, cependant. Quand on possède un tel répertoire, il faut entrer rapidement dans le vif du sujet, ce qui s’est traduit par un chapelet de hits lancé avec Crying Out Loud For Love. Le public a vite identifié l’air et s’est fait un plaisir de chanter les dernières lignes a cappella. « Yes ! », a répondu Jean-Marc Pisapia à la suite de cet effort méritoire.

La suite se lit comme une musicographie, les histoires de drogue en moins. My Dreams Of You et ses synthés à la Ultravox. Une version aérienne de Dancing On The Grave, très années 1980. Ordinary People et son message de paix réveillant les fantômes de la Guerre froide. Puis, une pièce de résistance, L’Affaire Dumoutier (Say To Me), qui a amené plein de gens à taper du pied même si personne ne pouvait les entendre. Oubliez 2019. Ils étaient revenus en 1985 et certains, parmi eux, avaient encore leurs cheveux.

C’est là que Jean-Marc Pisapia a surpris tout le monde en évoquant ses débuts avec Men Without Hats. « J’ai quitté le groupe juste avant qu’il décolle à l’international. Son succès nous a aidés à percer », a-t-il confié, avant de rendre hommage à ses vieux camarades en reprenant The Safety Dance. Le party a pris, comme on dit, et The Box a conclu la vente avec son immortelle à lui, Closer Together. La foule avait des envies de rappel, mais il était rendu 21 h et Sylvain Cossette attendait dans les coulisses. Lui aussi, sans doute, a trouvé le moyen de la faire voyager dans le temps.

Le Festival international des Rythmes du Monde a misé sur Sylvain Cossette et le spectacle 80s, vendredi soir, pour réveiller la fibre nostalgique du public.