Membre du comité de programmation du Festival jazz et blues de Saguenay, Jacques Dubé affirme que les changements à la direction aideront le comité organisateur à préparer l’avenir, dans la foulée d’une édition qui n’a pas eu lieu en raison de la pandémie.
Membre du comité de programmation du Festival jazz et blues de Saguenay, Jacques Dubé affirme que les changements à la direction aideront le comité organisateur à préparer l’avenir, dans la foulée d’une édition qui n’a pas eu lieu en raison de la pandémie.

Avec sa nouvelle direction, le Festival jazz et blues se tourne vers l’avenir

Conscient que l’avenir immédiat sera semé d’embûches, l’évolution de la crise sanitaire pouvant réserver de mauvaises surprises, Carl Huth s’est délesté de deux de ses trois fonctions au sein du Festival jazz et blues de Saguenay. Il ne sera plus directeur artistique, ni coprogrammateur, afin de canaliser son énergie vers la direction générale.

Il s’agit d’un changement significatif, puisque l’homme assumait tous ces rôles depuis la fondation de l’événement, il y a un quart de siècle. Pour le remplacer, on a recruté Marc-André Sarault, qui planchera sur la programmation avec Jacques Dubé. De son côté, Catherine Boulay devient l’adjointe du directeur général. Depuis quelques années, elle était contractuelle.

« Il y a eu une réflexion sur l’avenir du festival et Carl a voulu se concentrer sur d’autres tâches afin d’assurer la pérennité de l’organisation. C’est lui qui a pris cette initiative et même si je le regrette au plan personnel, parce que nous avions une belle relation au sein du comité de programmation, je comprends sa décision », a confié Jacques Dubé lors d’une entrevue accordée au Quotidien.

Tournant son regard vers l’avenir, il croit que l’arrivée de Marc-André Sarault apportera une plus-value en raison de ses contacts professionnels. Le fait qu’il soit établi à Montréal constitue également un atout, puisqu’il lui permet de voir davantage de spectacles que ses collègues du Saguenay. Quant à Catherine Boulay, elle l’impressionne en raison de son dynamisme, tout en présentant les qualités requises pour assurer la relève, le cas échéant.

Des points d’interrogation

La nouvelle équipe arrive dans la foulée d’une édition qui n’a pas eu lieu. Puisqu’il s’était écoulé peu de temps après l’imposition du confinement, le comité organisateur n’a pas pu explorer d’autres modes de diffusion, notamment le numérique. Les priorités étaient ailleurs : rassurer les partenaires et joindre les représentants des artistes qui auraient dû se produire au Saguenay.

« Les gens ne s’en rendent pas compte, mais c’est plus d’ouvrage de “débooker”. Tous les contrats ont été annulés, mais comme nous avions monté une solide programmation, la grande majorité des artistes ont été réinvités, annonce Jacques Dubé. C’est le cas de Colin James et Cœur de Pirate, ainsi que de Florence K, qui se joindra à l’Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-Saint-Jean. »

Les finances aussi ont été stabilisées, grâce aux engagements pris par les différents paliers de gouvernement, ainsi que les partenaires du secteur privé. Ce n’est pas rien, eu égard aux points d’interrogation qui bouchent l’horizon. Le comportement imprévisible du coronavirus, illustré par la menace que fait planer une deuxième vague de contamination, empêchera maints diffuseurs de dormir sur leurs deux oreilles.

« Pourrons-nous tenir des spectacles au Théâtre Banque Nationale si les normes de distanciation demeurent en vigueur ? S’il reste 150 places ? Et le dôme de la rue Racine, est-ce que ça vaudra la peine de le monter pour 60 personnes, au lieu de 140 ? Ce sera le même coût », donne en exemple Jacques Dubé.

Faute de lire l’avenir au fond d’une tasse de thé, il a renforcé les clauses de force majeure intégrées dans les contrats. C’est toujours ça de pris.