Directrice générale de Culture Saguenay-Lac-Saint-Jean, Gabrielle Desbiens voit d’un oeil favorable les annonces effectuées par la ministre de la Culture et des Communications du Québec, Nathalie Roy. Elle note cependant que beaucoup de chemin reste à parcourir avant que le milieu culturel retrouve le tonus perdu depuis le début de la crise sanitaire.
Directrice générale de Culture Saguenay-Lac-Saint-Jean, Gabrielle Desbiens voit d’un oeil favorable les annonces effectuées par la ministre de la Culture et des Communications du Québec, Nathalie Roy. Elle note cependant que beaucoup de chemin reste à parcourir avant que le milieu culturel retrouve le tonus perdu depuis le début de la crise sanitaire.

Arts et culture: beaucoup d’incertitude malgré l’annonce de Québec

Il est loin le jour où le milieu culturel affichera une forme équivalente à celle d’avant la pandémie. Directrice générale de Culture Saguenay-Lac-Saint-Jean, Gabrielle Desbiens compare spontanément ce parcours à un marathon. Elle estime cependant qu’un bout de chemin a été franchi lundi, dans la foulée des mesures annoncées par la ministre de la Culture et des Communications du Québec, Nathalie Roy.

« C’était un plan attendu. Dans les dernières semaines, on a senti qu’il y avait de l’impatience, notamment du côté des arts vivants. Cette annonce va poser un léger baume sur la situation, mais j’insiste sur le mot léger », a commenté Gabrielle Desbiens au cours d’une entrevue accordée au Quotidien.

Parmi les choses qui lui apparaissent sous un jour favorable, elle mentionne le fait que des enveloppes ont été dégagées par le ministère, de concert avec les organismes subventionnaires que le sont le Conseil des arts et des lettres du Québec, ainsi que la Société de développement des entreprises culturelles. De cette manière, l’argent pourra filtrer vers toutes les branches et sous-branches où se déploie la vie culturelle, ce qui correspond au voeu exprimé au sein des comités sectoriels.

Le diable étant dans les détails, il faudra examiner tous les documents, cependant, avant de se réjouir de la dernière annonce. Il existe des zones d’ombre, en effet, comme l’illustre le fonds d’urgence destiné aux artistes oeuvrant, entre autres, dans les sphères de l’audiovisuel et des arts de la scène. « En région, plusieurs personnes ne sont membres ni de la Guilde ni de l’Union des artistes, signale Gabrielle Desbiens. Fera-t-on le nécessaire pour qu’elles aient accès à cette aide ? »

Le désir du ministère de relancer la création de contenus québécois constitue une autre avenue intéressante, estime la directrice générale de Culture Saguenay-Lac-Saint-Jean. « On sent ce désir dans ses appels de projets, mais il faudra accorder aux gens le temps nécessaire pour préparer des choses. Monter un spectacle au théâtre, ça peut prendre deux mois », donne-t-elle en exemple.

Message saisi

S’agissant de la piste numérique, par ailleurs, les interventions de Nathalie Roy, en conférence de presse, pourraient atténuer les craintes qui se sont manifestées récemment. Le milieu du théâtre, entre autres, rejette l’idée qu’il s’agisse d’une panacée. Oui, on peut tenter des expériences par l’entremise de la Toile, surtout dans un contexte de crise sanitaire, mais il n’est pas question de renoncer à jouer devant des spectateurs en chair et en os.

« Le message a été saisi par le gouvernement. Les arts vivants, ça passe par des rencontres humaines. On ne peut pas tout transférer sur le virtuel », affirme Gabrielle Desbiens. À ce sujet, justement, elle a été agréablement surprise d’entendre Nathalie Roy parler d’une possible réouverture des salles de spectacles après la Fête nationale. Encore là, cependant, il faudra appuyer les groupes concernés, ne serait-ce qu’en finançant l’adaptation aux normes sanitaires.

À l’évidence, la pandémie est porteuse de bien d’autres interrogations. L’une d’elles, à laquelle on ne pense pas d’emblée, embrasse les collectes de fonds pilotées par les organismes culturels. Ceux qui sont enracinés hors des grands centres, où les mécènes tendent à canaliser leur action, ont besoin de ces activités qui s’adressent prioritairement aux citoyens, ainsi qu’aux entreprises de petite ou moyenne envergure. Cette année, ils feront quoi ?

« La crise met en relief nos faiblesses et nos défis, fait observer Gabrielle Desbiens. Puisqu’il n’a pas été possible de tenir de collectes de fonds depuis la mi-mars, plusieurs organismes vont le faire en même temps, probablement l’automne prochain. Ils vont solliciter le même bassin de donateurs et si certains n’atteignent pas leur cible au chapitre des revenus autonomes, quelle sera la position du ministère ? »

À propos de cette question comme de toutes les autres, Culture Saguenay-Lac-Saint-Jean se fait un devoir de prendre le pouls de ses membres, depuis le début de la pandémie. « Des rencontres virtuelles ont été organisées. Nous assumons notre rôle de leader », assure la directrice générale.