Étienne Boulanger, président du conseil d’administration d’Art Nomade, s’attend à accueillir 150 personnes par soir à l’occasion des performances tenues au Lobe.

Art Nomade: le meilleur de l’art performance à Saguenay

Pendant trois jours, la ville de Saguenay sera la capitale nationale, peut-être même nord-américaine, de l’art performance. De retour après quatre ans d’absence, le festival Art Nomade accueillera en effet 50 artistes professionnels provenant de 20 pays. Ils animeront des ateliers et donneront des conférences, mais ce sont les soirées tenues au centre d’artistes Le Lobe de Chicoutimi, du 3 au 5 octobre, qui retiendront l’attention des amateurs.

À compter de 19 h, ils pourront assister à quatre performances réalisées dans la salle d’exposition, ainsi que dans la cour arrière. Accessibles gratuitement, elles auront pour trait commun de coller au thème de la cinquième édition : progéniture. Il amènera plusieurs des invités à se produire en compagnie de leur enfant, parfois aussi d’un de leurs parents, un contexte à la fois stimulant et peu familier.

Membre du quatuor de commissaires à l’origine de cette décision, Julie-Andrée T., elle-même performeuse, est bien placée pour en mesurer la pertinence. « On a des familles et on se demande comment faire cohabiter tout ça. Les enjeux soulevés sont très actuels », a-t-elle mentionné à l’occasion d’une rencontre de presse tenue récemment au Lobe.

Mince frontière

La frontière entre le domaine privé et la vie publique est de plus en plus ténue. De surcroît, les performeurs doivent concilier leur désir de créer avec la nécessité d’assurer la subsistance de leur famille. Ces pistes évoquées par le comité organisateur devraient inspirer des gens comme Marilou Desbiens et sa fille Odile Tremblay, de même que le couple formé par la Chilienne Alejandra Herrera Silva et l’Américain Jamie McMurry, qui seront accompagnés de leurs filles Trinidad, Evelyn et Diamanda.

« J’ai réalisé des performances dans 35 pays, depuis 25 ans, et je n’ai jamais vu ce thème proposé aux participants. J’ai hâte de voir les familles arriver. Ce sera unique », note Julie-Andrée T.. Cofondateur du festival avec Francis O’Shaughnessy, le président d’Art Nomade, Étienne Boulanger croit que le calibre des artistes qui convergeront à Chicoutimi attirera plus de spectateurs que ne peut en contenir Le Lobe.

« Il faut s’attendre à recevoir 150 personnes par soir, ce qui correspondrait à l’achalandage généré au cours de la dernière édition, qui a eu lieu en 2015. C’est le genre de foule qu’on ne voit pas dans les grands centres et, pour être sûrs d’accommoder tout le monde, nous avons prévu des lieux de débordement, annonce-t-il. Des performances se dérouleront dehors et sous un chapiteau. »

Il se montre d’autant plus enthousiaste que le comité organisateur a tiré profit de la pause effectuée en 2017. Le conseil d’administration a été renouvelé et la relance du festival a bénéficié de l’appui accordé par la ville de Saguenay, le Conseil des arts du Canada et le Conseil des arts et des lettres du Québec. « C’est le seul événement biennal en arts visuels au Saguenay-Lac-Saint-Jean et il mettra en vedette les meilleurs artistes au monde », fait valoir Étienne Boulanger.