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Archipel du Chicoutimien Félix Dufour-Laperrière au Festival international du film de Rotterdam [VIDÉO]

Anne-Marie Gravel
Anne-Marie Gravel
Le Quotidien
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Le nouveau film d’animation du cinéaste originaire de Chicoutimi Félix Dufour-Laperrière sera présenté en première mondiale au Festival international du film de Rotterdam. Archipel fera partie de la compétition officielle de l’événement, dont la 50e édition se déroulera du 1er au 7 février.

« Je suis ravi, toute l’équipe est ravie. Dans un contexte où les festivals réduisent leur édition, avoir droit à une première d’une telle qualité, c’est vraiment un bonheur », affirme d’emblée le réalisateur, scénariste et producteur, au cours d’un entretien téléphonique.

L’essai documentaire animé d’une durée de 72 minutes sera en compétition officielle dans la section Big Screen réservée aux films qui font le pont entre cinéma populaire, classique et artisanal.

Félix Dufour-Laperrière connaît bien l’impact que peut avoir une telle diffusion sur la vie de son film.

Ses films ont été présentés dans plusieurs festivals, musées et événements nationaux et internationaux où ils ont remporté plusieurs prix.

Archipel sera lancé dans le cadre d’un des plus importants festivals de cinéma en Europe.

« C’est une sélection prestigieuse qui va certainement en amener d’autres. C’est très précieux pour notre film atypique. Ça l’empêche d’être contraint à certaines catégories. Archipel est un documentaire inventé sur des îles rêvées. Un essai documentaire d’animation. Ça parle du Québec, du fleuve, d’Hubert Aquin, de ma grand-maman. C’est tout ce que j’aime, c’est très proche de moi. Je suis heureux de franchir le seuil d’un auditoire international avec le film. »

Le long métrage sera d’abord présenté dans le cadre du premier volet du festival, qui se déroulera sur le Web. Un second volet composé de projections en salles est ensuite prévu en juin, si les conditions sanitaires le permettent.

« J’espère évidemment que la portion en salles pourra avoir lieu. Je souhaite pouvoir m’abreuver de l’énergie des autres, partager le film en salle. Je sens dans mon corps comment une projection se déroule quand j’y assiste. »

La projection en salle est aussi l’aboutissement d’un long processus de création. L’écriture d’Archipel a été amorcée en 2014 et s’est étalée sur plus d’une année. Le processus de création a ensuite nécessité un peu moins de trois ans de travail. « On bénéficiait d’un budget qui peut sembler important pour s’acheter une maison, mais qui est bien peu pour créer un film. »

Archipel a été créé par une petite équipe de 10 à 15 personnes à qui Félix Dufour-Laferrière a laissé beaucoup de latitude. « J’ai choisi de réinsérer une liberté, de l’improvisation dans un processus qui est habituellement très contrôlé. J’ai trié sur le volet les gens de mon équipe, plusieurs sont des amis. Je leur donnais le scénario, quelques pages de notes et beaucoup de liberté. C’est un film qui est comme un cadeau. Il s’est écrit facilement, s’est financé facilement et il a été créé dans la joie. »

Évidemment, le créateur espère pouvoir poursuivre l’aventure du film dans un même esprit. « Pour nous, c’est précieux de conclure ce geste avec la présence de l’auditoire. »

Archipel est distribué par La Distributrice de films et produit par Embuscade Films, la maison de production que le cinéaste a mise sur pied avec son frère, Nicolas Dufour-Laperrière.

La maison de production se concentre sur le cinéma d’animation, le documentaire de création et la fiction atypique.

Archipel est le deuxième long métrage d’Embuscade Films, qui a été fondée en 2013 et qui compte plusieurs courts métrages à son actif.

« On est en préparation d’un troisième film qui est une rencontre entre la crise d’octobre et Alice au pays des merveilles. La mort n’existe pas sera un film d’animation très coloré qui portera sur le caractère tragique de l’engagement et la violence politique. »

La coproduction Québec-France-Luxembourg nécessitera un budget beaucoup plus imposant qu’Archipel. « On est en démarche pour le financement. On est confiants. »

Quant à l’avenir de ses films en cette période des plus instables, le cinéaste demeure optimiste, même s’il a certaines inquiétudes. « Je suis inquiet, oui et non. La forme d’art demeure, je suis convaincu de la pertinence du cinéma. Ça, ça ne m’inquiète pas. Par contre, au niveau économique, c’est inquiétant. Les conditions de travail sont et seront sous tensions. »