Karine Aubé présente sa plus récente création, le diptyque intitulé Notre vie. Il est accroché jusqu’au 16 septembre, à la bibliothèque municipale de Chicoutimi.

Arborescence: entre l’humain et l’écorce

Lorsque Karine Aubé peint un arbre, ce n’est pas juste un arbre. Ceux qu’on peut admirer jusqu’au 16 septembre, dans le cadre de l’exposition intitulée Arborescence, témoignent en effet de l’expérience humaine, autant que de son goût pour la nature. Ils ont valeur de symboles, au-delà de la beauté qui en émane.

« Je trace un lien avec les relations que nous entretenons, les uns avec les autres. À travers les ramifications qui partent du tronc, l’arbre représente également le désir de croissance », explique l’artiste établie à La Baie. Heureuse de montrer ses oeuvres à la bibliothèque municipale de Chicoutimi, un lieu où sont partagées des connaissances, elle a réalisé un tableau où les troncs sont couverts de mots grâce à la technique du collage.

Cette oeuvre de Karine Aubé porte le même nom que l’exposition qu’elle présente à Chicoutimi, Arborescence. C’est sa création la plus récente et la seule où figurent des personnages, en plus des arbres.

Une autre création élaborée en fonction de cette exposition, dont elle porte le titre, est la seule où on remarque une présence humaine. Des enfants regroupés en cercle sous un orme écoutent une personne avec attention, une scène inspirée par une photographie captée en Afrique. Ils sont le tronc et les branches, celui qui sait et ceux qui apprennent.

Possédant un atelier depuis quelques mois, Karine Aubé a développé un goût pour les grands formats qui a donné naissance à un diptyque remarquable : Notre vie. Il montre des bouleaux semblables à ceux qui s’étirent devant sa résidence, tandis que le ruisseau qui coule sur les deux tableaux est le fruit de son imagination. « C’est la vie qui coule et je suis fascinée, aussi, par le petit sapin qui pousse au coeur d’un bouleau qui se dédouble. Le grand prend soin du petit », avance l’artiste.

Ces tableaux montrant le pont couvert de L’Anse-Saint-Jean trahissent les liens tissés avec cette communauté du Bas-Saguenay. C’est là que Karine Aubé a grandi avant de s’établir à La Baie.

Il s’agit de son tableau le plus récent, achevé il y a trois semaines. D’autres sont plus anciens, comme ses deux représentations du pont couvert de L’Anse-Saint-Jean, réalisées en 2016 et en 2017. Ils ne sont pas seulement jolis, mais rappellent discrètement que la Baieriveraine fut jadis une Anjeannoise. C’est là que dès l’adolescence, le besoin de peindre est devenu partie intégrante de son identité.

« Ça fait toujours partie de ma vie et cette activité me donne des objectifs, une structure, ainsi qu’une forme d’équilibre. C’est devenu mon mode d’expression », confie Karine Aubé. L’huile est son médium préféré, mais il lui arrive de privilégier l’acrylique pour des raisons pratiques. Quand l’air ne circule pas suffisamment, par exemple, ça constitue la meilleure option.

Ce triptyque baptisé Incertitude compte parmi les oeuvres préférées de Karine Aubé. «Il permet de voyager à travers la matière, la terre, ainsi que le ciel et le rêve», décrit-elle.

Retrouvant une veine plus poétique, elle constate que les gens sont sensibles au charme que dégagent les arbres, ainsi qu’à la façon dont ils sont mis en scène dans ses tableaux. « C’est une exposition qui dégage une belle lumière, à travers laquelle on voyage sur le territoire, fait observer l’artiste. J’y vois aussi l’occasion d’entrer à l’intérieur de soi, de la même manière que je le fais lorsque je peins. »