Annie Blanchard revendique fièrement ses racines country, ce dont témoignent son plus récent album, Welcome soleil, autant que les spectacles collectifs La caravane du country et Les symfolies de Noël, qui la tiendront occupée cette année.

Annie Blanchard: fille de région, fille de chansons

Annie Blanchard est une vraie fille de région. Elle qui a grandi dans le minuscule village de Maisonnette au Nouveau-Brunswick, qui regroupe quelque chose comme 600 habitants, se souvient de ses premières expériences au sein de la chorale paroissiale, aux côtés de sa mère, ainsi que des soirées musicales qui réunissaient tous les jeunes du coin pour la simple et bonne raison qu’il n’y avait rien d’autre à faire.

Loin de s’en plaindre, l’interprète qui avait émergé pendant la troisième saison de l’émission Star Académie, dont la version d’Évangéline a reçu le Félix de la chanson de l’année en 2006, se considère chanceuse d’être aussi profondément enracinée dans le terroir acadien. C’est ce qui a forgé ses goûts musicaux, entre autres, notamment son attirance pour le country nourrie d’un côté par les radios américaines, de l’autre par les stations de la Gaspésie.

La notion de communauté constitue aussi l’un de ses ancrages. Elle se manifeste à travers des projets collectifs comme celui qui la réunit depuis l’an dernier à Laurence Jalbert, Paul Daraîche, Marc-André Fortin et Maxime Landry, deux Gaspésiens, un Jeannois et un Beauceron. Ensemble, ils promènent un spectacle intitulé La caravane du country, dont l’unique escale au Saguenay-Lac-Saint-Jean est prévue pour le 1er septembre, sur la zone portuaire de Chicoutimi.

« On l’a d’abord tourné discrètement, mais là, ça explose. Il y a plein de dates partout et on a énormément de plaisir. En fait, on chante toujours ensemble, tout simplement parce qu’on aime ça. Les voix sonnent comme une tonne de briques et c’est aussi convivial qu’un party de famille. Le country, c’est tellement rassembleur. Ça fait chaud au coeur », a souligné Annie Blanchard il y a quelques jours, lors d’une entrevue accordée au Progrès.

Le contenu ratisse large, dans le temps et dans l’espace. On passe du Soldat Lebrun à Lady Antebellum, avec un détour du côté de ses classiques à elle. L’interprète refait Évangéline, Aide-moi à passer la nuit et C’est la saison, adaptation d’un succès des Bellamy Brothers signée Patrick Norman, laquelle figure sur son plus récent album, Welcome soleil. « On va jouer jusqu’à l’automne, autant dans les salles que dans les festivals », annonce l’Acadienne.

Les symfolies de Noël
Un bonheur n’arrivant jamais seul, Annie Blanchard est engagée dans un autre projet avec Laurence Jalbert et Maxime Landry, Les symfolies de Noël. Oui, il est un peu tôt pour évoquer le temps des Fêtes, mais une carrière de chanteuse se gère sur le long cours. Il faut se prendre de bonne heure pour enregistrer un album et planifier les spectacles qui, bien sûr, doivent être regroupés à l’intérieur d’une fenêtre de quatre ou cinq semaines.

« Nous sommes des amis dans la vie et des amoureux du temps des Fêtes. Après avoir été invités à participer à différents projets, des spectacles montés par d’autres, nous avons décidé de présenter le nôtre. Or, avant même que le contenu soit finalisé, plein de dates ont été retenues par les diffuseurs. L’agenda est presque complet », se réjouit l’interprète.

Cette fois, le répertoire sera plus varié. Le country aura droit de cité, mais aussi les airs traditionnels du Québec et de l’Acadie. « Nous en profiterons pour évoquer nos souvenirs, mettre une touche d’humour dans nos interventions. Je vais aussi chanter une pièce d’Angèle Arsenault, Un Noël comme autrefois. Elle a été un pilier de la chanson acadienne et depuis son départ, nous sommes plusieurs à redécouvrir ses compositions », rapporte Annie Blanchard.

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DES SUCCÈS FRANCOPHONES À LA SAUCE COUNTRY

Bien que sa carrière en solo tourne au ralenti, compte tenu des projets collectifs qui la mobilisent cette année, Annie Blanchard vient de sortir un album dont le plein potentiel devrait se matérialiser en 2019. Il a pour titre Welcome soleil et renferme dix succès francophones des années 1970 que l’artiste apprête à la sauce country.

Certains émanent d’une planète musicale différente, qu’on pense à La prison de Londres, un air traditionnel français adapté par Louise Forestier, de concert avec Claude Lafrance. C’est aussi le cas de la pièce titre, un classique du duo Jim et Bertrand dont les accents folk étaient particulièrement apaisants, et du célébrissime Travailler c’est trop dur qui a élevé Zachary Richard au rang de star, sans doute à son grand étonnement.

À cette liste, il faut ajouter la composition de Michel Conte, Évangéline. Elle n’est pas aussi vieille qu’on l’imagine et Annie Blanchard se l’est appropriée bien avant de l’interpréter dans le cadre de l’émission Star Académie. Il s’agit de sa troisième version après celle qui figurait sur l’album réunissant les vedettes de la série, puis son premier disque en solo, tous deux impossibles à trouver à l’état neuf.

«Je fais Évangéline depuis 20 ans et comme les gens continuent de la demander, il était logique de la remettre sur le marché. Cette fois, par contre, j’ai créé une version plus country, avec de la «pedal steel». Je chante aussi avec plus de maturité. Maintenant, je sais quoi faire quand j’entre dans un studio», mentionne l’Acadienne.

Elle a eu bien du plaisir au moment de sélectionner les titres qui figurent sur le disque et souhaite que le public lui réserve le même accueil qu’à Those Were The Days, son pendant anglophone sorti en 2016. «Je faisais beaucoup de festivals country où, en plus de mes chansons, je reprenais des choses que tout le monde connaissait. J’ai donc fait un album où plusieurs de ces pièces étaient regroupées et comme il a bien marché, on a souhaité que je revisite le concept en français», relate Annie Blanchard.

C’est au festival de Saint-Tite, le 12 septembre, que le spectacle inspiré par Welcome soleil sera mis sur les rails avec la complicité de son collègue, le Jeannois Marc-André Fortin. «La tournée va vraiment décoller en 2019», précise l’interprète, qui a fait de C’est la saison son premier extrait. Il a généré une jolie retombée lorsque Patrick Norman, celui qui a traduit le texte dans la langue de Marcel Martel, lui a écrit récemment.

«Il est content de ma version», résume Annie Blanchard