L’Inter s’est rapidement enflammé avec Angel Forrest.

Angel Forrest survoltée au Festival jazz et blues

Coqueluche des amateurs et invitée de longue date du Festival jazz et blues de Saguenay, la fougueuse Angel Forrest a solidement ancré la 23e édition, mardi soir, alors qu’elle foulait les planches du restaurant L’Inter. L’interprète féminine s’est accaparé avec brio un répertoire mélangeant les compositions originales et les classiques revisités, auquel les mélomanes n’ont pas résisté bien longtemps.

En compagnie de ses compères Denis Coulombe et Ricky Paquette, celle qui a récemment représenté la Belle Province au renommé International Blues Challenge de Memphis (Tennessee) a fait retentir son blues à l’intérieur du décor intimiste de l’établissement de la rue Racine. Si la minuscule scène contenait à peine le trio formé de deux guitaristes et de la vocaliste, l’étendue du talent qui en sortait a vite dépassé les frontières pour joindre rapidement le public. La blueswoman, ensorcelée par les riffs communicatifs venant de gauche et de droite, a immédiatement déployé une grande énergie dès le départ. Dès la deuxième pièce, les accents rythmiques ont chauffé la salle. « Ç’a l’air qu’il n’y a pas beaucoup de fenêtres qui s’ouvrent, ici », a ricané Angel Forrest. « Mais on aime ça quand on est tout proche de vous », a ajouté la dame qui s’est montrée généreuse et décontractée. 

Souvent comparée à Janis Joplin, l’interprète a montré de quel bois elle se chauffait avec Piece of my Heart, dont l’énergie était au diapason de la sienne. L’ambiance s’en est trouvée survoltée ; rien de surprenant, à constater le titre de son dernier album double, Electric Love. Plusieurs pièces de cette œuvre ont d’ailleurs permis de s’immiscer dans l’univers de la chanteuse à la voix rocailleuse, nommée pour une 5e année consécutive en tant qu’interprète féminine au gala Maple Blues Awards de Toronto. Si la relecture d’un des tubes de The Animals a permis au public d’apprécier la subtilité de la formation, les trois comparses revenaient inévitablement aux rythmes contagieux qui faisaient leur effet dans l’auditoire, qui battait la mesure sans se faire prier.

Complices du manche

La symbiose entre le puissant larynx d’Angel Forrest et le jeu éblouissant des guitaristes charmait l’oreille et créait une unicité aux envoûtements puissants. L’avenant Denis Coulombe (à la guitare rythmique) et Ricky Paquette, guitar hero de l’Outaouais, ont un jeu extrêmement communicatif, et leurs chœurs sont à la hauteur de leurs arpèges. Assurément, le plaisir qu’ils ont à partager la scène et à accompagner Angel Forrest est un élément fort de la prestation qui a eu lieu mardi. À les voir aller, on peut s’assurer que lorsqu’ils se commettront de nouveau mercredi, leur vitalité et leur dynamisme n’auront pas du tout diminué.