La Baieriveraine Andréa Martin est une spécialiste de la danse irlandaise. Dimanche, elle participera à une compétition prestigieuse en Angleterre, l’une des étapes en vue de son objectif ultime, soit les championnats mondiaux de 2020, qui auront lieu à Dublin.

Andréa Martin va compétitionner en Angleterre

Andréa Martin, une spécialiste de la danse irlandaise originaire de La Baie, vivra le moment le plus important de sa carrière, le 27 octobre. Couronnement d’une année particulièrement intense à l’entraînement, elle participera au Great Britain Championship, une épreuve tenue dans la ville anglaise de Torquay. Les meilleurs de la planète y seront, soit 3000 personnes au total, dont 300 dans la catégorie Senior Lady, qui regroupe les compétitrices âgées de 23 ans et plus.

Bien qu’elle soit âgée de 22 ans, c’est au sein de ce groupe que la jeune femme a été intégrée par la CLRG, l’organisme qui régit cette épreuve, en plus de codifier chacun des éléments soumis à l’attention des juges. Il y a peu de marge de manœuvre, en effet, surtout dans les premiers exercices inscrits au programme. L’un d’eux nécessite le port de chaussons en cuir, tandis que le second fait intervenir des souliers rigides, semblable à ceux qu’on utilise afin d’exécuter une gigue.

« Chaque ronde dure deux minutes et pour avoir accès à la troisième, il faut être classé parmi les 50 % qui ont obtenu le meilleur pointage. Rendues là, on porte des hard shoes, les souliers rigides, et on réalise une performance de trois minutes qui s’apparente à une chorégraphie. C’est ce score qui peut donner accès au championnat mondial de danse irlandaise. L’édition 2020 se déroulera à Dublin », a raconté Andréa Martin, mardi, au cours d’une entrevue accordée au Quotidien.

Elle qui s’envolera avec sa mère Nathalie Maltais, mercredi, ne s’attend pas à décrocher un laissez-passer en vue du prestigieux rendez-vous. Son objectif, dimanche, consistera à mesurer sa progression à l’échelle internationale parce que la Baieriveraine n’a jamais été confrontée à un niveau aussi relevé, ni au Canada, ni aux États-Unis, où elle a participé à de nombreuses compétitions dans les derniers mois. En fait, elle est la première danseuse de la région à se rendre aussi loin dans le contexte de sa spécialité.

Plusieurs fois cette année, Andréa Martin est partie compétitionner au Canada et aux Etats-Unis. C’est au tour de l’Angleterre d’accueillir la Baieriveraine, plus précisément la ville de Torquay où, dimanche, elle démontrera son savoir-faire en matière de danse irlandaise.

C’est son admission à l’école Bernadette Short de Montréal, il y a un an, qui a fait la différence. Après avoir tenté sa chance dans quelques épreuves, Andréa Martin a senti le besoin de hausser son jeu, pour reprendre une expression propre au monde du sport. Elle a donc commencé à fréquenter l’école montréalaise, tout en enseignant elle-même la danse irlandaise et la danse contemporaine à Chicoutimi, chez Les Farandoles.

« Depuis deux mois, je fais des entraînements tous les samedis, à Montréal, et le dimanche à Québec. Au total, je pratique la danse 40 heures par semaine et je n’ai jamais été aussi en forme de ma vie. Je suis prête et je pars confiante, avec pour seul objectif de n’avoir rien à regretter à la fin de la compétition. Ça va se jouer à l’intérieur de sept minutes, mais je suis ‘‘drillée’’, bien préparée. Ce sera le tout pour le tout », confie Andréa Martin.

Plus nerveuse dans les coulisses que sur la scène, elle a tellement pratiqué ses routines, ses chorégraphies, qu’elles sont devenues parties prenantes de son corps. Pourtant, il n’y a rien de naturel dans la danse irlandaise. Si attrayante soit-elle aux yeux des spectateurs, cette forme d’expression impose des contraintes dont les profanes n’ont pas idée.

« C’est juste des sauts, les bras collés le long du corps et sans que les talons touchent le plancher. Tout le corps est sollicité à l’extrême, y compris les bras, mais j’ai des outils pour prévenir les blessures. J’ai complété une formation en danse contemporaine à L’École de danse de Québec et présentent, j’étudie en kinésiologie », fait observer la Baieriveraine.

Après le rendez-vous de Torquay, elle se préparera en vue d’une épreuve tenue en décembre, à Toronto. Il s’agit du championnat de l’Est du Canada et comme il n’y aura que 20 femmes dans sa catégorie, ses chances de décrocher l’un des cinq billets disponibles en vue des mondiaux de Dublin seront meilleures que dimanche prochain. « Je crois en mes chances parce qu’en Angleterre, face aux autres participantes, je verrai ce que j’aurai besoin de faire pour continuer ma progression », énonce Andréa Martin.

+
LA FIERTÉ DES FARANDOLES

« Pour se rendre au national et dans des compétitions de calibre mondial comme le fait Andréa Martin, ça demande beaucoup de travail. Or, elle est très appliquée. C’est le genre qui va en répétition dès que l’occasion se présente. Elle est très motivée et toujours de bonne humeur », décrit Julie Lévesque, directrice administrative de l’école de danse Les Farandoles.

Dès ses études secondaires, la Baieriveraine a suivi des cours dispensés par cette institution basée à Chicoutimi. C’est là, aussi, que les élèves peuvent profiter de son enseignement depuis trois ans. Tout en chapeautant deux troupes de danse contemporaine, le CLF et le Mini CLF, la jeune femme s’occupe de l’un des trois groupes de danse irlandaise constitués par Les Farandoles.

« Andréa possède un talent extraordinaire. Ses jambes musclées lui permettent d’exécuter des sauts impressionnants. Ça demande de la discipline et, à 22 ans, elle est rendue à son apogée en ce qui touche la compétition. Ce qui lui arrive ces temps-ci représente un motif de fierté pour notre école. On espère qu’en Angleterre, ses résultats correspondront à ses attentes », souligne Julie Lévesque.

La Baieriveraine suit la voie tracée par une autre spécialiste de la danse irlandaise associée aux Farandoles, Magalie Boivin. Elle qui enseigne toujours cette discipline a aussi fait de la compétition à un niveau supérieur. Ce faisant, elle a entraîné des jeunes dans son sillage, si bien qu’aujourd’hui, près de 65 élèves ont accès à des cours de danse irlandaise.

« Nous sommes pas mal les seules à faire ça dans la région », note Julie Lévesque. Quant à Andréa Martin, elle précise que le 1er décembre, à 13 h et 15 h, on pourra la voir exécuter les trois numéros qui seront livrés dimanche, en Angleterre. Ils seront intégrés au spectacle que donneront les troupes de l’école, lequel sera présenté à l’École polyvalente Lafontaine de Chicoutimi. Pour réserver, il suffit de téléphoner au numéro 418 549-4777.