Une machine à dessiner est exposée dans le cadre de Datasets: Lumière: Strasbourg.

Almario transforme la lumière en oeuvres

Paolo Almario capte la lumière des villes, puis transforme les données recueillies en oeuvres d’art. Le fruit de sa dernière expérience est exposé à Strasbourg, jusqu’au 29 juillet. Le résultat est convaincant, tellement que l’artiste perfectionnera encore ses techniques afin de faire de la lumière de Saguenay le sujet de son prochain projet.

Muni d’un capteur numérique, d’un GPS et d’un micro-ordinateur intégré à son sac à dos, Paolo Almario a marché dans les rues de Strasbourg afin d’en capturer la lumière. Puis, il a transformé ce qu’il a saisi en oeuvres d’art. « Mon intention est de capturer la lumière de la ville, ou plutôt de capturer la ville par sa lumière. J’utilise des capteurs numériques. À partir des données, je crée une oeuvre d’art », explique celui qui a lui-même créé son dispositif de captation.

Paolo Almario transforme les données qu’il capte en oeuvres d’art.

L’objectif du projet consistait à créer plusieurs cartographies de la ville de Strasbourg. L’artiste a voulu porter un regard sur l’espace architectural, sans tenir compte des volumes. Les oeuvres sont produites par une machine à dessiner.

L’exposition Datasets : Lumière : Strasbourg, présentée depuis le 14 juin au Centre européen d’actions artistiques contemporaines (CEAAC), à Strasbourg, est le résultat de la recherche-création qu’il a menée sur place entre octobre et décembre 2017, dans le cadre du programme Résidences croisées Grand Est, France/Saguenay–Lac-Saint-Jean, Québec de l’Agence culturelle France Alsace et de Langage Plus.

« C’est un programme qui existe depuis environ 20 ans, entre le Québec et l’Alsace. L’artiste Laurent Odelain a été accueilli à Langage Plus. Par contre, c’était la première fois qu’un artiste du Québec allait à Strasbourg », raconte Paolo Almario, ravi de son expérience.

« Tout s’est très bien passé. J’ai reçu un accueil fantastique », assure celui dont les oeuvres ont aussi été exposées au Canada, en Colombie, en Italie et en Belgique.

Paolo Almario transforme des données numériques captées en oeuvre d’art.

Pour l’artiste d’origine colombienne installé à Chicoutimi depuis 2011, il s’agit de la toute première exploration d’un projet qu’il souhaite développer, notamment avec Bang, lui qui est récipiendaire de la seconde bourse D’Artagnan-02.

C’est cette bourse qui lui permettra d’approfondir son projet. Il compte notamment perfectionner le processus de captation et de transformation, ainsi que transformer la lumière captée en son.

Paolo Almario compte répéter sa démarche et approfondir ses recherches grâce à la bourse D’Artagnan-02, dont il est récipiendaire.

« À Strasbourg, c’était une première. Accomplir le travail a nécessité beaucoup de recherche. Cette année, je vais perfectionner la technique et répéter l’expérience à Chicoutimi. Ensuite, il y aura une exposition », explique celui qui est aussi chargé de cours à l’Université du Québec à Chicoutimi, où il enseigne, depuis 2014, les cours de la concentration Arts numériques du Module des arts.

La prochaine année risque d’être riche en création.

Paolo Almario transforme des données numériques captées en oeuvre d’art.

Un projet à plus petite échelle est d’ailleurs aussi prévu à Toronto.