Aller simple sur Mars avec Pauline Martin

La comédienne Pauline Martin aura provoqué et récolté les rires au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi, mercredi soir. Les spectateurs présents auront eu l’occasion de se préparer pour un aller simple sur Mars en compagnie d’Irène.

La pièce de théâtre Irène sur mars est une version comique d’un conflit générationnel entre un fils et sa mère vieillissante. C’est également un terrain d’exploration de la relation parent-enfant, des familles brisées et de la vieillesse. 

Ayant reçu par la poste les détails d’une résidence pour personnes âgées dans laquelle son fils Simon l’a placée, Irène Saint-Martin débarque chez lui pour le réprimander. Après avoir fait le voyage jusqu’en Suisse, la mère dans la soixantaine en profite pour lui annoncer qu’elle est candidate à un programme mondial de colonisation sur Mars.

À quelques heures de l’annonce des chanceux qui s’envoleront à l’autre bout du système solaire, la femme au foyer en profite pour marquer la fin de sa vie sur Terre avec une soirée d’adieux. Il s’agit de l’occasion pour elle d’« organiser la deuxième fugue marquante de sa vie » après avoir quitté le domicile familial et ses sœurs pas très reposantes. La cour arrière accueille ses derniers rendez-vous touchants. La candidate au programme de colonisation sur Mars reçoit ses invités sur le terrain de tennis construit, à l’époque, pour son fils Simon. La chaise d’arbitre est le théâtre de bien des réflexions et des discussions. Tour à tour, son voisin Gaston, sa fille Natasha et son regretté mari lui rendront visite. La surface du terrain de tennis rouge rappelle, tout au long de la soirée, le sol de la planète rouge. Le décor est à la fois simple et efficace. Les éclairages très présents, au début de la pièce, marquent de bonne façon les transitions. 

Catherine Audet donne la réplique à Gary Boudreault et à Pauline Martin (sur la chaise).

La dernière soirée d’Irène sera l’occasion de rayer quelques éléments de sa liste de choses à faire avant de partir. À soixante-six ans, elle retrouve même son nom de jeune fille, Sirois pour les curieux. La mère de Simon va jusqu’à laisser un message aux employés de Revenu Québec, message qui contient peu de compliments, vous l’aurez deviné. Les bilans de vie croiseront les dernières rencontres. À ces moments touchants s’ajouteront de nombreux rires qui sont toujours efficaces. Jamais le texte de Jean-Philippe Lehoux ne devient lourd.

Fidèle à l’ensemble de sa carrière, Pauline Martin a su, tout au long de cette heure et demie de théâtre, faire rire la salle pleine au tiers de sa capacité. La comique est appuyée, sur scène, par Catherine Audet, Gary Boudreault et Michel-Maxime Legault qui s’est également chargé de la mise en scène. Les quatre comédiens arrivent à rendre une version beaucoup plus comique que ce que peuvent traverser plusieurs familles. Même les craintes d’Irène Saint-Martin devant la mort en résidence pour personnes autonomes auront fait sourire le public. Le propos intense de la pièce est rendu presque toujours avec un ton sympathique plus qu’apprécié.