Alexandre Da Costa présentera le spectacle Stradivarius à l’opéra le 15 février à 19h30, à la salle Michel-Côté d’Alma. Il affirme que cette production ambitieuse, dotée de moyens qu’on utilise surtout dans le monde de la pop, a pour objet de démocratiser l’accès à la musique classique.

Alexandre Da Costa, apôtre du classique décrispé

Si vous voulez capter l’essence du spectacle qu’Alexandre Da Costa présentera le 15 février à 19 h 30, à la salle Michel-Côté d’Alma, écoutez la première pièce figurant sur son dernier album, Stradivarius à l’opéra. Le titre, Apertura « Lo spettacolo deve andare avanti », ne révèle qu’un bout de l’histoire. La mention suivante, Rhapsodie sur un thème de F. Mercury/B. May, éclaire davantage la lanterne du mélomane, pour peu qu’il connaisse le groupe Queen.

« Je me suis inspiré d’une de mes chansons préférées, The Show Must Go On. Cet enregistrement a été agréable à faire, et je l’assimile à une fantaisie, plutôt qu’à un ‘‘cover’’. Il correspond au désir que j’ai de ne pas réaliser seulement des versions raffinées de compositions écrites il y a un siècle. Je veux aussi être créatif, faire du classique dans un format qui ne l’est pas », a expliqué le violoniste mardi, à la faveur d’une entrevue téléphonique accordée au Progrès.

Cette vision le hantait depuis trois ans, ce qui représente le temps qu’ont duré les préparatifs du spectacle Stradivarius à l’opéra. L’homme parle d’un spectacle, en effet, et non d’un concert. « Il y a des projections, des tableaux pour chaque pièce, des éclairages dignes d’une tournée pop. Nous avons aussi un décor, des costumes, et tous les instruments sont amplifiés. Le volume sonore est très grand », fait observer Alexandre Da Costa, qu’on entendra en compagnie d’un quintette.

Lui-même porte un costume signé Denis Gagnon, tandis que l’enrobage visuel a été élaboré par l’équipe de Silent Partners, la même qui, dimanche dernier, a épaulé le chanteur Justin Timberlake lors de sa participation au spectacle de la mi-temps du Super Bowl. Le son, lui, a été calibré par Bernard Grenon, l’une des autorités en la matière au Québec.

« Il est rare qu’on puisse se permettre toutes ces choses, ce qui explique le délai de trois ans pendant lequel j’ai dû rechercher des fonds. Or, l’accueil du public est fantastique depuis le début de la tournée. Les salles sont pleines, et les gens en redemandent. Des supplémentaires ont été ajoutées », se réjouit le musicien.

Outre la pièce inspirée par Queen, ainsi qu’un clin d’oeil à Leonard Cohen qui, semble-t-il, « fait vibrer les gens », le spectacle se moule étroitement aux compositions classiques figurant sur l’album. Les airs familiers abondent, qu’on pense à la Habanera tirée de Carmen, la Méditation de Thaïs, le Nessun dorma de Puccini ou Montaigu et Capulet, un titre de Prokofiev provenant de l’opéra Roméo et Juliette.

« Dans mes interventions, qui se veulent inclusives, je parle de l’opéra, ainsi que du Stradivarius sur lequel je joue (il s’agit du Di Barbaro, un instrument fabriqué en 1727, prêté par la compagnie Canimex). L’intention est que cet événement soit ‘‘user friendly’’ pour les personnes qui vont moins souvent aux concerts, tout en satisfaisant les mélomanes. On n’a pas coupé dans la qualité », plaide l’interprète.

Enthousiasmé par cette expérience qui, enfin, essaime dans les salles du Québec, il affirme que ce n’est que le début d’une démarche personnelle à laquelle d’autres collègues font écho, chacun à sa manière. « On a ouvert la porte, et je veux aller plus loin, toujours afin de présenter des concerts dans une ambiance moins crispée », souligne Alexandre Da Costa.

En parallèle, cependant, il demeurera actif dans le giron plus traditionnel de la musique classique, notamment à Vienne, où ses études l’avaient conduit, où les salles prestigieuses, dont le Konzerthaus, lui ouvrent les bras plusieurs fois par année. « C’est comme jouer dans un musée », résume le violoniste, qui se produit régulièrement aux côtés de l’Orchestre symphonique de Vienne, qui lui a rendu la politesse en participant à son plus récent album.