Alejandra Ribera donnera le deuxième spectacle de sa nouvelle tournée, celle de l'album This Island, au Côté-Cour de Jonquière. Elle s'y présentera en compagnie de trois musiciens, le 24 février.

Alejandro Ribera de retour au Côté-Cour

Il y a quelques années, à Paris, Alejandra Ribera a participé à un atelier centré sur la notion de mouvement. Animé par une danseuse qui avait travaillé avec la chorégraphe Pina Bauch, il a réuni une douzaine de personnes à qui elle a demandé de marcher en formant une ligne bien droite. Le hic, c'est que personne ne devait les diriger et qu'il n'y avait aucune musique. Il fallait que les participants trouvent la solution en eux-mêmes.
«Je me demandais comment on y arriverait, mais ça a marché», s'est émerveillé la chanteuse il y a quelques jours, lors d'une entrevue téléphonique accordée au journal. Fascinée par ce moment où les esprits et les corps ont fonctionné de concert, «cet instant entre la suspension et la libération», l'artiste a transposé cette approche dans sa relation avec les musiciens qui ont créé This Island, son album sorti à la fin de janvier.
Eux aussi, ils ont dû trouver une façon de communiquer qui pouvait ressembler à une communion. Il n'était pas question de produire cet enregistrement piste par piste, en effet, à la manière d'une peinture à numéros. «Nous avons joué ensemble et nous aussi, on peut dire que nous avons marché ensemble. Or, ce ne sont pas tous les musiciens qui peuvent accomplir une telle chose. L'instinct doit être là», décrit Alejandra Ribera.
Le fruit de ces efforts est un album au charme intemporel, où sa voix douce et profonde à la fois habite un monde qui n'appartient qu'à elle. Parfois, comme dans la première pièce, Russian Plates On Michigan Avenue, on se laisse bercer comme dans ces pièces de Leonard Cohen où il semblait avoir l'éternité devant lui pour raconter une histoire. Sur un titre tel Blood Moon Rising, en revanche, la dame se laisse aller. «Je trouve ça cool d'exploser là-dessus», confie-t-elle.
Une équipe soudée
Le disque est tout frais et voici qu'Alejandra Ribera aborde l'étape suivante, celle de la tournée. Cohérente, elle souhaitait la vivre avec ceux qui ont porté This Island sur les fonds baptismaux et c'est ce que pourront apprécier ceux qui assisteront au deuxième spectacle figurant à son agenda, celui du 24 février, tenu au Côté-Cour de Jonquière.
«Nous ferons l'album au complet, ainsi que des extraits du précédent, La boca. Et comme nous jouons au Québec, il y aura une pièce d'ici, mais je ne dis pas laquelle. C'est une surprise», mentionne l'artiste d'un ton guilleret. Elle sera accompagnée par Cédric Dind-Lavoie ( basse) et Jean-Sébastien William (guitare), en plus de Pietro Amato (cor français), qui se joindra au groupe à titre exceptionnel.
«J'ai tellement confiance en ces musiciens, qui sont aussi des amis. En même temps, je me trouve chanceuse de pouvoir partager mon énergie avec le public», énonce la Québécoise. Il s'agira de sa deuxième visite au Côté-Cour et justement, elle affiche un parti-pris en faveur des salles au caractère intimiste, comme celle de la rue de la Fabrique.
Ce qui lui sourit tout autant, c'est l'attitude des spectateurs québécois, notamment leur capacité d'écoute et leur attitude. «Ici, je sens une présence et une ouverture face aux montées d'émotion. C'est différent ce que je remarque au Canada anglais, mais proche de ce que vis en Allemagne, où je retournerai cette année. Là-bas aussi, ils ne craignent pas de partager des moments d'intensité», fait observer Alejandra Ribera.
Trois artistes, trois modèles
Fiona Apple, Rufus Wainwright et Anthony Johnson forment l'équivalent de la Sainte-Trinité aux yeux d'Alejandra Ribera. Chacun à sa manière, ces artistes l'ont aidée à façonner sa personnalité artistique, laquelle rayonne bien au-delà du Québec depuis la sortie de son premier enregistrement, La boca, il y a trois ans.
À l'évidence, la seule femme du groupe possède un statut particulier. La chanteuse américaine représente un modèle, en effet, tant pour son attitude face au métier que pour la nature de ses créations. « Pour moi, c'est un génie. La façon dont elle chante, ainsi que les textes de ses compositions, c'est malade », résume-t-elle.
Son courage aussi l'impressionne, un trait que Fiona Apple partage avec Anthony Johnson, qui fait carrière sous son seul prénom. Cet homme à la voix singulière, si haut perchée, ne cherche pas à plaire au plus grand nombre. « Je veux mener ma carrière de la même manière, sans compromis. C'est pour ça que mon nouvel album commence avec une pièce qui dure six minutes. Ce n'est pas une collection de ''singles'' à consommer rapidement », explique Alejandra Ribera.
Quant à Rufus Wainwright, il la séduit grâce à ses musiques, de même que sa capacité de les interpréter sur scène. « Je l'ai rencontré une fois, lors d'un hommage. J'ai eu l'occasion de le voir jouer au piano et le résultat était incroyable. En plus, il a la capacité de créer des mélodies qui comportent plein de ''twists'', de choses étranges, et qui sonnent pop en même temps », fait valoir sa consoeur.