Actualiser Alice au pays des merveilles

Et si Alice au pays des merveilles avait été écrite au 21e siècle, vivrait-elle les mêmes aventures? Dans Alice et les villes invisibles, la compagnie espagnole Onírica Mecánica actualise le roman de Lewis Carroll et livre une nouvelle version de cette histoire inventive et épurée.

Le récit d’Alice et les villes invisibles, même s’il s’inspire librement du classique de la littérature anglaise, demeure une œuvre onirique.

Alice est prisionnière d’un monde onirique.

Il démarre de la même manière que l’œuvre originale. La jeune Alice décide de suivre un lapin dans son terrier et se retrouve dans un monde imaginaire. Elle y rencontre des personnages tous plus loufoques les uns que les autres.

Les Espagnols prennent cependant quelques libertés. La chenille qui fume se transforme en tube de plastique desquelles s’échappent des ronds de fumée parfaits. La scène du salon de thé, avec le lapin pressé et le chapelier, se démarque par son potentiel comique. Le lapin qui est obsédé par sa montre finira par verser de l’eau sur la tête de son compagnon.

La chenille qui fume se transforme en tube de plastique

La version d’Alice présentée dans le cadre du Festival des arts de la marionnette à Saguenay (FIAMS), qui met en vedette Alicia Bernal dans le rôle principal, laisse aussi le délire de la jeune fille s’exprimer à travers la technologie.

Alice se divisera en trois et son visage se retrouvera dans tous les coins de la salle, prisonnière d’un écran compris dans une bulle.

Alice, assise à côté de lapin pressé et du chapelier, prend le thé.

Un des moments les plus spectaculaires de cette version revisitée est la scène finale du monde inventé, quand la reine de cœur clame haut et fort : «qu’on lui coupe la tête». Les soldats du jeu de cartes qui agissent sous les ordres de cette tyranne apparaissent par l’entremise de projections, alors que deux des interprètes de la pièce agitent un drapeau de gauche à droite devant des nuages de fumée.

Au moment de conclure l’histoire, la même question se pose dans les deux versions : était-ce seulement un rêve ?

Le FIAMS présente à nouveau Alice et les villes invisibles vendredi, à 20h, dans la salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière.