Le concert-bénéfice pour la chapelle Saint-Cyriac a largement atteint ses objectifs, jeudi soir.

À l'unisson pour la chapelle

Rassemblés jeudi soir au centre culturel du Mont-Jacob pour un concert-bénéfice au profit de la chapelle Saint-Cyriac de Lac-Kénogami, les dignitaires, mélomanes et citoyens ont eu la confirmation que le joyau historique disposerait d’efforts financiers nécessaires à sa survie. Le récital qui fut offert par la pianiste saguenéenne Jacinthe Couture était une belle occasion d’unir les forces de tous les acteurs qui permettent ainsi de consolider la vocation artistique et patrimoniale de l’église. Au total, 400 000 $ auront été amassés pour la survie de la chapelle.

La réputée pianiste saguenéenne Jacinthe Couture a émerveillé une salle comble avec un programme sous la thématique de la danse, empruntant à la fois à Mozart, Chopin et Schubert afin de souligner l’étendue de son talent et sa maîtrise époustouflante du clavier. Celle qui a foulé nombre de scènes, en Europe, aux États-Unis et au Canada a fermement accroché la salle grâce à ses pianotements envoûtants, mais surtout avec la fulgurance qu’elle a déballée. D’emblée, la pianiste a souligné à quel point il était important pour elle de soutenir le symbole de Lac-Kénogami, où elle s’est par ailleurs produite en quelques occasions. « C’est un lieu exceptionnel, idéal pour un récital », a mentionné celle qui recevra en juin l’Ordre du Bleuet dans la catégorie artistes régionaux, pour sa contribution à l’enseignement de la musique, mais aussi pour ses interprétations remarquées.

Jacinthe Couture a ouvert son récital avec Haendel, dont la chaconne en sol majeur, originalement composée pour clavecin, avait pour l’occasion été adaptée pour le piano. La puissance des thèmes et des variations s’est suivie avec Mozart (Rondo en ré majeur K. 485) où la soliste a assumé des montées rythmiques épatantes. Profitant des intermèdes pour expliquer avec menus détails et sentiments les morceaux à venir, son dialogue sincère avec le public fut apprécié, agrémenté de témoignages et d’humour. De retour au piano, elle a continué son exploration de la période romantique, âge d’or de l’instrument selon elle, avec Schubert. La profonde mélodie a investi l’auditoire, et le public attentif a chaleureusement remercié son jeu brillant et nuancé. La pluie d’arpèges qui s’est suivie a montré la déconcertante facilité avec laquelle Couture alterne les mains, avec une étude de concert de Liszt. Enfin, les aiguës chavirants de la pièce ont permis de comprendre l’expérience et la ténacité de la virtuose, qui a enseigné dans de nombreuses universités de même qu’au Conservatoire du Saguenay.

Un amalgame de danses espagnoles davantage mouvementées et marquées d’accents toniques, emprunté au compositeur Grandados, a séduit le public et permis de voir la polyvalence de Jacinthe Couture. S’informant au passage si l’acoustique était à la hauteur, celle qui n’avait que pour seule amplification le coffrage autour de la table d’harmonie a eu de sincères applaudissements comme réponse. Le fameux Nocturne op.9 no. 2 de Chopin, terminus du récital, n’allait être que prélude à un émotif rappel dans lequel la sonate no. 14 en do dièse de Ludwig van Beethoven, mieux connue comme la sonate au clair de lune, a coiffé de belle façon toute la générosité qui a marqué la prestation de Jacinthe Couture pour ce concert-bénéfice dédié au joyau architectural de Lac-Kénogami.

Efforts financiers concertés

La concert caritatif, jumelé aux efforts et au dynamisme du Réseau des organismes de Lac-Kénogami (ROLK) et du milieu saguenéen, a permis d’amasser 100 000 $ afin d’assurer la sauvegarde ainsi que le développement de la chapelle centenaire. En toute fin de concert, un montant supplémentaire de 4000 $ a été ajouté à cette somme. De nombreux dignitaires, dont le député de Jonquière Sylvain Gaudrault, ont soutenu l’importance du petit monument trônant à Lac-Kénogami. La mairesse de Saguenay, Josée Néron, accompagnée du conseiller du district 1, Jonathan Tremblay, a profité de l’occasion pour annoncer une participation de la part de la Ville à hauteur de 300 000 $. Tous ont souligné la détermination ainsi que le dynamisme avec lesquels la communauté s’est mobilisée autour de « sa » chapelle, qui sans l’ombre d’un doute est un élément incontournable du fort sentiment d’appartenance de Lac-Kénogami.