C’est à droite du Côté-Cour que la pression exercée par la glace, ce printemps, a arraché une section de la gouttière protégeant le bâtiment. De l’eau s’est ensuite infiltrée dans les murs.
C’est à droite du Côté-Cour que la pression exercée par la glace, ce printemps, a arraché une section de la gouttière protégeant le bâtiment. De l’eau s’est ensuite infiltrée dans les murs.

600 000 $ pour refaire la toiture du Côté-Cour

À première vue, le Côté-Cour de Jonquière porte bien ses 109 ans. La brique est jolie, tout comme ses fenêtres presque neuves. Si on jette un oeil du côté droit, cependant, on remarque qu’un bout de métal pend dans le vide. Il s’agit d’une gouttière endommagée ce printemps, lors de la fonte des glaces. Les infiltrations d’eau causées par ce bris furent si sévères que des travaux d’urgence s’imposent. Leur coût est évalué à près de 600 000 $.
Directeur général du Côté-Cour de Jonquière, Dario Larouche affirme que les infiltrations survenues ce printemps ont couru le long des murs, avant de former des flaques d’eau. Des travaux d’urgence seront nécessaires afin de corriger le problème.

C’est pour cette raison que le 29 juillet, à l’occasion d’une séance extraordinaire tenue à 9h, le conseil municipal de Saguenay verra apparaître ce dossier sur son écran radar. Un avis de motion sera déposé, en vue d’un règlement d’emprunt à hauteur de 587 000 $. Comme il importe d’agir vite, l’objectif consiste à ouvrir le chantier cet automne, après la confection des plans et devis.

«Le dernier hiver a été vraiment "rough". Quand la gouttière s’est détachée, l’eau a descendu le long des murs et de grandes flaques se sont formées autour des fenêtres. Si ça se répète, le coût de la rénovation du bâtiment va augmenter», a expliqué le directeur général du Côté-Cour, Dario Larouche, lors d’une entrevue accordée au Quotidien. La rénovation, en effet, c’est l’autre dimension de l’histoire, celle qui donne son sens au règlement d’emprunt.

Trois partenaires
Le projet de rénovation du Côté-Cour est en gestation depuis 2013. Un carnet de santé fut dressé par l’architecte Luc Fortin, suivi par un audit technique confectionné par les firmes Unigec et Pôle Architecture. Les travaux ont été évalués à 3 millions $, ce qui comprend la réfection de la toiture, le déplacement de la chambre technique du sous-sol vers le premier plancher, la remise à neuf du plancher de la salle de spectacles (y compris des éléments structurels), ainsi que l’aménagement de toilettes publiques et de loges plus fonctionnelles, entre autres choses.

Voici le système qui, jusqu’au printemps dernier, a empêché les infiltrations de causer des dégâts majeurs au Côté-Cour de Jonquière. Des bâches avaient été installées dans le grenier afin de diriger l’eau dans des seaux, puis vers les gouttières.

Le dossier a été déposé en juillet 2019, à la direction régionale du ministère de la Culture et des Communications du Québec. La Ville, Québec et Ottawa, par le biais de Patrimoine Canada, seront appelés à contribuer à parts égales. Outre le fait que le Côté-Cour constitue un lieu de diffusion important, l’un des arguments en faveur de sa remise à niveau tient à son caractère historique, en même temps que patrimonial.

Le bâtiment de la rue de la Fabrique a servi de chapelle pendant la construction de l’église Saint-Dominique, en plus d’abriter la première bibliothèque (1927) et d’accueillir les premiers étudiants du Collègue classique (1955), berceau du Cégep de Jonquière. Ses plans ont été tracés par l’architecte René-Pamphile Lemay, dont les réalisations comprennent l’église et le presbytère voisins. Il est cité immeuble patrimonial depuis 1998.

«Le projet de rénovation est dans la machine et dès que nous obtiendrons l’accord du gouvernement du Québec, une demande de financement sera soumise à Patrimoine canadien. Nous nous attendions à ouvrir ce chantier dans deux ans, mais le problème posé par la toiture nous oblige à la refaire rapidement», affirme Dario Larouche. Il ajoute que les 600 000 $ investis par la ville seront déduits de sa contribution au projet global.

Une protection insuffisante
Pour revenir aux infiltrations, elles ne représentent pas un phénomène nouveau, comme l’illustrent les bâches déployées dans le grenier du Côté-Cour, depuis quelques années. Elles canalisent l’eau vers des seaux pourvus de tuyères, celles-ci ayant pour fonction d’amener le liquide dans les gouttières. Ce système a fait le travail, mais aujourd’hui, il n’arrive plus à protéger le bâtiment.

«Il faut refaire la toiture, une tâche qui s’annonce complexe parce qu’il s’agit d’un toit en tôle à la canadienne. On en voit souvent dans la région de Charlevoix, mais ici, c’est plutôt rare. En plus, il faudra examiner la structure de bois sur laquelle repose la tôle. Il y a des poutres qui ne supportent plus rien», constate Dario Larouche.

Il souhaite donc que les travaux soient amorcés dès cet automne, ce qui représenterait la meilleure solution pour le bâtiment, tout en affectant modérément les activités de diffusion au Côté-Cour. Rappelons que celles-ci sont au point mort depuis le début de la pandémie et si reprise il y a, à compter de septembre, elle se fera à doses homéopathiques.

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UN JOYAU À PRÉSERVER POUR KEVIN ARMSTRONG

Kevin Armstrong connaît bien le Côté-Cour de Jonquière, puisque cette salle de spectacles fait partie du district qu’il représente au conseil municipal de Saguenay. Ses besoins lui sont familiers, notamment la réfection de la toiture, qui épouse un caractère d’urgence depuis ce printemps. À ses yeux, la menace de nouvelles infiltrations d’eau commande d’agir avec célérité.

«On ne peut pas se permettre de perdre un joyau comme le Côté-Cour. C’est un lieu de convergence culturelle très prisé, dirigé par une équipe compétente. En plus, ce dossier comporte un volet patrimonial», a fait valoir l’élu municipal, mardi, lors d’une entrevue accordée au Quotidien.


Le conseiller municipal Kevin Armstrong souhaite qu’on procède rapidement à la réfection de la toiture du Côté-Cour. Les fonds engagés par la ville de Saguenay pourraient être déduits de sa contribution au projet de mise à niveau du bâtiment.

L’avis de motion soumis à l’attention du conseil municipal de Saguenay, au cours d’une séance extraordinaire tenue le 29 juillet, s’inscrit dans le droit fil de ses préoccupations. Il est question d’un projet de règlement à hauteur de 587 000 $, un montant qui correspond, en gros, au coût de restauration de la toiture.

«L’avis de motion constitue la première étape. Plus tard, les élus se prononceront sur la question et j’ai confiance que le conseil se montrera favorable au projet de règlement. Quand la mairesse leur demandera de voter, ses membres pourront exprimer une réelle intention», fait observer Kevin Armstrong.

Il estime que plus on attendra, plus ça coûtera cher afin de procéder à la mise à niveau du Côté-Cour, un projet sur lequel le diffuseur et la Ville planchent depuis des lunes. L’an passé, un dossier a été soumis au ministère de la Culture et des Communications du Québec. La facture est évaluée à 3 millions $, incluant la réfection de la toiture. Si ce dernier volet est financé par la Ville, ça réduira d’autant sa contribution à l’ensemble du projet.

Il est prévu, en effet, que le gouvernement provincial, la ville et le palier fédéral (par l’entremise de Patrimoine canadien) assument l’ardoise à parts égales, l’objectif étant d’ouvrir le chantier dans un horizon de deux ans. «Il est temps de régler ça et le député de Jonquière, Mario Simard, se dit prêt à collaborer. Lui aussi, il va travailler sur la mise à niveau du Côté-Cour», se réjouit Kevin Armstrong.