Appuyée par le pianiste Paul Shrofel et le contrebassiste Mike Di Masi, la chanteuse Suzie Arioli a profité de la rencontre de presse tenue jeudi, au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi, pour donner un aperçu du spectacle qu'elle présentera le 7 avril, dans le cadre du Festival jazz et blues de Saguenay.

50 spectacles en cinq jours

Quand la neige commence à fondre, le Festival jazz et blues de Saguenay se rappelle au bon souvenir des amateurs de musique. La 21e édition aura lieu du 4 au 8 avril et pendant une conférence de presse tenue jeudi, au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi, les membres du comité organisateur ont démontré que le temps qui passe n'a pas réduit leurs ambitions.
«Dans la région, c'est l'événement qui propose le plus grand nombre de spectacles à l'intérieur de cinq jours», a souligné Jacques Dubé, responsable des communications et de la programmation. De son côté, le président Albert Lemieux a insisté sur la notion d'accessibilité. Il est vrai que 43 % des activités sont gratuites, tandis qu'à l'autre bout du spectre, seulement sept nécessitent un investissement de 30 $ ou plus.
Quant aux têtes d'affiche, qui sont nombreuses, elles ont fait l'objet d'une intervention sentie de la part de l'ambassadeur du festival, l'animateur Stanley Péan. Une fois de plus (il a cessé de compter les années), son émission de radio diffusée sur la seconde chaîne de Radio-Canada, Quand le jazz est là, sera produite à Saguenay. On le verra aussi hanter les lieux de diffusion regroupés à Jonquière et Chicoutimi.
« Cette année, Ella Fitzgerald aurait eu 100 ans et ça tombe bien parce que le festival recevra Suzie Arioli (7 avril, Hôtel Chicoutimi), de même que Stacey Kent (8 avril, Théâtre Banque Nationale), une femme qui chante la bossa-nova comme si elle était née à Rio. Son concert est l'un de ceux qui doivent figurer à votre agenda, tout comme l'hommage que Sonia et Stephen Johnson (7 et 8 avril, restaurant Le Merlin) rendront à Ella », a-t-il mentionné.
Revenant sur ses jeunes années à Jonquière, Stanley Péan se dit jaloux parce qu'à l'époque, le festival n'existait pas. Pas de Gros Groupe avec Yannick Rieu, une affiche toute régionale pour le Côté-Cour (8 avril). Pas de Quatuor Saguenay avec Jacques Kuba Séguin le 4 avril, au Théâtre Banque Nationale. À propos de ce spectacle, précisons que les étudiants âgés de moins de 25 ans seront admis gratuitement, ce qui ramène au principe de l'accessibilité évoqué par Albert Lemieux.
Ajoutons Martha Wainwright qui chantera le 5 avril au Théâtre Banque Nationale, Betty Bonifassi et ses chants d'esclaves (8 avril, Salle Pierrette-Gaudreault), le solo du guitariste Michel Cusson à l'Hôtel Chicoutimi (4 avril), ainsi que le maître de la slide, Jack Broadbent (5 avril, Hôtel Chicoutimi), et ça donne une idée du choix proposé cette année. Néanmoins, la scène locale ne sera pas en reste, comme l'illustrera, entre autres, la présence de Marie-Noëlle Claveau et de Guy Tremblay.
On a aussi confirmé le retour du Dôme pour une troisième année consécutive, cette scène semi-extérieure nichée à l'angle des rues Racine et Bégin. Elle abritera 11 spectacles, une séquence lancée par la Jonquiéroise Cynthia Harvey, le 4 avril. Enfin, la signature visuelle du festival est assurée par le cinéaste Jean-Marc E. Roy, auteur du court métrage Close-up. Tourné pendant la 20e édition, il sera projeté du 20 mars au 10 avril, dans le mail du centre commercial Place du Royaume.
Suzie Arioli sous un jour différent
Vous croyez connaître Suzie Arioli, mais c'est sous un jour différent qu'elle apparaîtra le 7 avril, à l'Hôtel Chicoutimi. De retour au Festival jazz et blues de Saguenay en compagnie d'un quintette, la chanteuse montrera de quelle manière elle s'est repositionnée dans les dernières années, sans toutefois renier ses anciennes allégeances.
« Au début de ma carrière, j'ai été identifiée au swing et ça créait de la confusion par rapport au jive, une musique sur laquelle de nombreux jeunes aiment danser. Ce n'est pas la même chose et pour me présenter telle que je suis, j'ai formé un nouveau groupe », a raconté l'interprète jeudi, à la faveur d'une entrevue accordée au Quotidien.
Son spectacle comportera un certain nombre de standards, l'un d'eux étant Mean To Me. Une version en format trio a d'ailleurs été offerte pendant la rencontre de presse organisée par le festival, au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi, laquelle a marié élégamment le propos chargé de tristesse et la musique plutôt enjouée. Toujours dans ce contexte, on a pu apprécier un titre en français, Un jour de différence, dont les arrangements étaient ultra-soyeux.
«J'aime chanter dans cette langue et je préfère m'attaquer à des pièces qui ont été traduites, ce qui est le cas pour celle-ci, popularisée par Dinah Washington aux États-Unis. Les mots sont plus simples, davantage à ma portée que ceux qu'on retrouve dans une composition de Jacques Brel. J'aurais l'impression de le trahir», explique Suzie Arioli, qui profitera de son passage à Chicoutimi, son premier depuis trois ans, pour offrir quelques compositions de son cru.
Ceux qui l'ont déjà vue sur scène reconnaîtront un autre standard, Nuages de Django Reinhardt. Ils seront plus rares, cependant, les amateurs pouvant établir la filiation avec Trying to Get to You et pour cause. Ce n'est pas une chanson d'Elvis qui s'est incrustée dans la mémoire collective au même titre que Love Me Tender, mais il sera intrigant de la découvrir dans ses habits jazz.