Le travail de Pierre Dumont est présenté à titre posthume.

50 ans d’art au Cégep de Jonquière

Des enseignants, actuels et retraités, exposent à la Galerie d’art du Cégep de Jonquière jusqu’au 1er décembre pour souligner le 50e anniversaire de l’établissement.

« Ça intrigue les élèves de voir ce qu’on fait », avoue l’enseignante Annie Baron, qui présente Parcelle de vie. 

Dans un coin de la galerie, l’installation composée d’une table et de deux chaises disposées sur un tapis de terre et de mousse a de quoi surprendre, alors que les murs autour sont si immaculés. Si l’œuvre semble incomplète, c’est qu’il s’agit seulement des traces laissées par la performance de l’artiste multidisciplinaire lors du vernissage, le 2 novembre.

« C’est un hommage à la terre, au passage du temps », précise Mme Baron, qui enseigne au collège jonquiérois depuis plus de 20 ans. 

Tout comme la variété des médiums explorés par les étudiants durant leur parcours scolaire, les œuvres des enseignants sont diverses. Coordonnatrice de la galerie, Valérie Lavoie propose un court-métrage exploratoire filmé en 16 mm. Ancien enseignant en histoire de l’art, Roger Sarrasin souligne plutôt le travail de l’artiste Alexander Calder avec un joli mobile suspendu.

Différentes générations se côtoient également. Même s’il est décédé, Pierre Dumont vit encore à travers ses créations. Grâce au souci de conservation de sa compagne de vie Odette Bergeron, Roues sauvages s’impose au centre de la galerie en combinant une sculpture d’objets récupérés et sa représentation en peinture. Tout au fond, on observe plutôt le travail d’Audrey Larouche, qui était l’étudiante de certains exposants il n’y a pas si longtemps. Ses préoccupations féministes transparaissent autant dans le coloré tableau La femme sculpteure, portrait de Camille Claudel que la monochrome sculpture La vénus aux gerbes.

Entre les deux, Gérald Savard laisse transparaître des bribes d’histoires personnelles avec la sculpture Yegor. On peut aussi lire ses poèmes apposés au mur.

Alors que certaines œuvres ont été créées tout récemment expressément pour l’exposition, d’autres ont voulu se rappeler l’époque où ils enseignaient en ces murs. C’est ainsi que le retraité Jacques Roy a apporté deux estampes de 1982, réalisées à l’eau-forte sur du zinc. Roger Marchand s’est quant à lui donné le défi de sculpter le corps d’une femme, encore imparfait pour le perfectionniste qu’il est, mais fort magnifique pour l’œil du visiteur.

Évidemment, on ne retrouve pas les œuvres de tous les enseignants ayant marqué le cégep, mais l’exposition en donne un bon aperçu. Le film Là et ailleurs de Pierre Demers, qui a déjà donné des cours de cinéma, a aussi été présenté lors du vernissage, mais il n’était pas possible de le voir lors du passage du Progrès. 

Notons que l’exposition 67/17 — 50 ans d’arts visuels au Cégep de Jonquière a été réalisée à titre bénévole par les enseignants, qui sont déjà bien occupés par leur emploi. « On aime créer, mais notre vocation première, c’est enseigner », souligne Annie Baron.