Les travaux à la chapelle Saint-Cyriac.

2018, une année de changements significatifs

Dieu sait qu’il a été question du changement lors des élections provinciales, une notion qui, à bien y penser, résume bien l’année culturelle au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Des personnes ont vécu des transitions importantes, au même titre que plusieurs organisations dont les pratiques, ainsi que le personnel, laissent voir des signes de renouveau.

Le cas le plus spectaculaire est celui de Diffusion Saguenay. Phil Desgagné a succédé à Pierre Mazurette à la présidence, tandis que Claude Simard a pris sa retraite, ce qui a mené à l’embauche d’Isabelle Gagnon au poste de directrice générale. Le désir de rétablir les ponts avec différents acteurs du milieu culturel a donné ses premiers fruits récemment, ainsi que l’illustre le partenariat conclu avec la troupe Québec Issime et son fondateur, Robert Doré.

Un autre diffuseur, le Côté-Cour de Jonquière, a complété avec succès le repositionnement amorcé à la suite du départ du directeur général et artistique Réjean Bouchard. Après une période de flottement marquée par des expériences pas toujours concluantes, l’organisme dirigé par Dario Larouche a trouvé ses repères. La chanson à texte constitue l’un de ses ancrages, ce qui ne l’empêche pas de flirter avec le rock, le théâtre et la littérature quand l’occasion se présente.

Il reste à voir comment évoluera le dossier de la restauration du bâtiment qui abrite le Côté-Cour, pour lequel on sollicitera divers appuis, dont celui de la Ville de Saguenay. Plus vieux que l’église Saint-Dominique, son élégante voisine, il accuse le poids des ans et a besoin de beaucoup d’amour. Or, ses murs de brique rouge sont intimement liés à l’histoire de Jonquière.

Sur un registre similaire, il faut signaler les travaux menés à la chapelle Saint-Cyriac, elle aussi plus que centenaire. On notera que ce projet découle, pour une large part, du comité de citoyens qui organise des concerts à cet endroit. Ces événements très populaires ont fait la preuve, si besoin était, de l’utilité du lieu de culte, même si l’assistance à la messe tend à diminuer.

Puisqu’on parle de lieux de diffusion, mentionnons l’arrivée d’un nouveau joueur au centre-ville de Chicoutimi, Le Cavô. On y propose une programmation qui flirte joyeusement avec le champ gauche, que ce soit dans la chanson ou l’humour. Un peu plus bas sur la rue Racine, des gens d’affaires du Saguenay ont ouvert le Bistrot Café Summum, dont l’un des premiers invités fut Dumas en formule solo.

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FIN D'UNE ÉPOQUE

Julie Lévesque a remplacé Ariane Blackburn à la direction des Farandoles.

Notre époque est oublieuse, d’où l’intérêt de rappeler le départ de la directrice de l’école de danse Les Farandoles, Ariane Blackburn. Pendant plus de 40 ans, cette femme a veillé à la bonne marche de l’organisation, en plus de partager son amour de la danse folklorique, qui demeure l’une des spécialités de la maison. Son dernier geste avant de prendre une retraite méritée fut de planifier sa succession, assumée par Julie Lévesque.

Pour le commun des mortels, cependant, Ariane Blackburn restera éternellement associée aux grands spectacles comme Ecce Mundo et Paris Folies. Cette aventure a débuté modestement, dans l’ombre du Carnaval-Souvenir de Chicoutimi, avant de devenir l’un des piliers de l’offre touristique saguenéenne aux côtés de La Fabuleuse histoire d’un Royaume et des productions de la troupe Québec Issime.

Au Quatuor Saguenay, pendant ce temps, c’est une arrivée qui a été officialisée au début de 2018, celle de la violoniste Marie Bégin. Elle a succédé à Laura Andriani et apporte un coup de jeune à la formation, ce qui correspond au voeu exprimé par ses nouveaux camarades. Sitôt installée au Saguenay, la jeune femme originaire de Québec s’est distinguée en accédant à la ronde finale du Concours international de violon Isaac Stern, tenu à Shanghai.

Le changement a aussi touché les deux événements qui se donnent pour mission de faire connaître les musiques d’ailleurs. C’est ainsi que le Festival international des Rythmes du Monde a proposé plusieurs spectacles payants sur la Zone portuaire de Chicoutimi, dont celui, excellent, de Wyclef Jean. À Alma, le Tam Tam Macadam a étrenné un nouveau lieu de diffusion, voisin de la scène extérieure de la rue Collard. Le groupe Mosaïque, appuyé par le musicien Surojit, du Bengale, fut le premier à s’y produire.

Sur la scène country, l’un des artistes les plus populaires de la région, le Jeannois Luc Boulianne, a donné son dernier spectacle en 2018. La demande restait vigoureuse, mais il souhaitait se concentrer sur l’écriture de chansons. En même temps, cet artiste sympathique se sentait arrivé à la croisée des chemins. Il aurait eu besoin d’un coup de main pour amener sa carrière à un niveau supérieur, au lieu d’assumer lui-même des responsabilités telles que le « booking ». 

Et pour revenir au monde de la danse, il importe de mentionner l’honneur que le Bolshoï a conféré au Jeannois Guillaume Côté. Lui dont la carrière internationale est florissante depuis près de 20 ans n’avait jamais foulé la scène mythique. Or, non seulement a-t-il réussi son entrée dans le ballet Roméo et Juliette, mais la direction l’a invité à revenir. C’est bien la preuve qu’à 37 ans, le fils le plus illustre de Lac-à-la-Croix demeure au sommet de son art.