Une fois de plus, les amateurs de théâtre sont invités à se rendre à la Salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière afin de découvrir des productions destinées soit aux adultes, soit au jeune public. La sélection a été effectuée par le directeur artistique de La Rubrique, Benoit Lagrandeur.

19 pièces pour la prochaine saison de La Rubrique

Annoncé jeudi, le programme de diffusion du Théâtre La Rubrique témoigne de l'intérêt grandissant manifesté par la clientèle adulte. Alors que le nombre de pièces s'adressant au jeune public demeure stable avec six, 13 productions seront destinées aux spectateurs plus âgés, comparativement à dix au cours de la saison 2016-2017.
« Je ne pouvais pas me résoudre à dire non à certaines propositions. En plus, j'ai tenu compte du fait que la réponse est bonne. On sent qu'une habitude a été créée depuis l'ouverture de la Salle Pierrette-Gaudreault, il y a 17 ans. On a démocratisé l'accès au théâtre de création et les gens nous font confiance », a souligné le directeur artistique de la compagnie, Benoit Lagrandeur, au cours d'une entrevue accordée au Progrès.
L'une de ses priorités au moment de sélectionner les pièces consiste à montrer où se situe la dramaturgie québécoise et, dans cette perspective, le texte occupe une place de choix. Si la structure et la langue sont inventives, il y a de fortes chances que l'oeuvre fasse escale à Jonquière. Quant à la nature des productions, elle peut emprunter toutes les directions imaginables.
« J'aime tout, y compris la grosse comédie, à condition que ce soit bon. Le choix se fait de façon naturelle », explique Benoit Lagrandeur. C'est ainsi que la saison dernière, il avait amené Encore une fois, si vous permettez, la pièce de Michel Tremblay dans laquelle Guylaine Tremblay avait brillé devant deux salles combles. Cette production de la Compagnie Jean-Duceppe sera de retour le 2 novembre et il s'agira, dit-on, de l'ultime représentation.
On remarque également le passage du Déclin de l'empire américain le 3 février, cette fois au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi, dans le cadre d'un partenariat avec Diffusion Saguenay. « C'est comme dans le film, mais avec la perception de la génération actuelle. Ce que je trouve déprimant, c'est que celle-ci traîne les mêmes obsessions que les Boomers. Ça tourne toujours autour du cul », résume Benoit Lagrandeur.
L'argent représente un autre thème intemporel et, justement, il est exploré par Les Éternels Pigistes dans la pièce Pourquoi tu pleures ? , à l'affiche le 10 février. « Un homme laisse 5 millions $ à ses enfants, qui doivent répartir cette somme en fonction de leurs besoins. C'est de l'humour qui vire au noir », décrit le directeur artistique. La distribution comprend Christian Bégin, l'auteur du texte, Marie Charlebois, Pierre Curzi, Sophie Clément, Pier Paquette et Isabelle Vincent.
De leur côté, Maxime Denommée et Évelyne Gélinas posent une question qui tourmente les couples depuis que le monde est monde : pourquoi faire un enfant, alors que tant de choses vont de travers sur la planète ? Tel est le propos articulé dans une production du Théâtre de la Manufacture, Des arbres, que le public pourra découvrir le 17 janvier.
Benoit Lagrandeur croit que cette pièce touchera particulièrement les gens dans la vingtaine, tandis que La femme qui fuit, une lecture publique effectuée par Catherine de Léan en compagnie du musicien Bernard Falaise, le 26 octobre, fera écho à l'histoire vraie de la grand-mère de l'auteure Anaïs Barbeau-Lavalette. Celle-ci avait donné naissance à une fillette avant de prendre le large, un exercice de la liberté qui n'a pas laissé ses proches indemnes.
La musique, encore, imprégnera le premier spectacle à l'affiche cette saison, La Bibliothèque-interdite (19 septembre). En plus du comédien Sébastien Ricard, la scène sera habitée par le guitariste Mathieu Léveillé, le contrebassiste Francis Palma et l'auteur du texte, Denis Plante (bandonéon). L'histoire se déroule dans l'Argentine des colonels, où un poète devenu concierge a maille à partir avec un inspecteur.
« Dans cette production musicale où on entend du tango, il est question de la liberté de parole qui est bafouée. Le jeu de Sébastien Ricard est magnifique », rapporte Benoit Lagrandeur, dont la programmation comprend également L'Orangeraie (17 mars), du Chicoutimien Larry Tremblay, ainsi que trois spectacles de danse.
L'un d'eux, À la douleur que j'ai (20 mars, en codiffusion avec Diffusion Saguenay), l'a carrément subjugué. Notons également que le solo de Dulcinée Langfelder, Confidences sur l'oreiller, un essai sur les rêves (11 novembre), a fait l'objet d'une résidence à Jonquière. « Ce sera l'occasion idéale pour apprivoiser la danse moderne. C'est très accessible, avec un visuel riche qui évoquera des rêves faits par Dulcinée Langfelder », énonce Benoit Lagrandeur.