Directrice générale de Diffusion Saguenay et metteur en scène de La Fabuleuse histoire d’un Royaume, Isabelle Gagnon et Jimmy Doucet présentent la nouvelle image graphique de cette production en attendant de rajeunir le contenu. Ce chantier, amorcé cette année, sera étalé sur trois ans, ce qui coïncidera avec la 35e édition du spectacle.

1,2 million $ pour rajeunir La Fabuleuse

Vers La 35e Fabuleuse. C’est le nom du projet que Diffusion Saguenay entend réaliser au cours des trois prochaines saisons de La Fabuleuse histoire d’un Royaume. L’organisme se donne jusqu’en 2022 pour moderniser la facture du spectacle en intégrant de nouvelles technologies, en plus de remplacer deux des 28 tableaux et d’en remanier un autre. Cette démarche, destinée à maintenir l’achalandage à un niveau élevé, nécessitera un investissement de 1,2 million $, a appris Le Quotidien.

« Notre plan a été approuvé par le conseil d’administration en octobre. Le défi posé à notre nouveau metteur en scène, Jimmy Doucet, consiste à rajeunir cette production, de même que le public. Nous souhaitons que tous se sentent interpellés par l’histoire qui est racontée », énonce la directrice générale de Diffusion Saguenay, Isabelle Gagnon.

Directrice générale de Diffusion Saguenay et metteur en scène de La Fabuleuse histoire d’un Royaume, Isabelle Gagnon et Jimmy Doucet présentent la nouvelle image graphique de cette production en attendant de rajeunir le contenu. Ce chantier, amorcé cette année, sera étalé sur trois ans, ce qui coïncidera avec la 35e édition du spectacle.

Lors de sa nomination, officialisée il y a 18 mois, l’organisation profitait de l’erre d’aller que lui avait procurée l’importante mise à jour effectuée en 2017. Après avoir vu le nombre de spectateurs passer de 22 279 à 35 645 en l’espace d’un an, on prévoyait surfer sur cette vague jusqu’à la 35e édition. Plusieurs facteurs, dont l’arrivée de Jimmy Doucet l’année dernière, ont milité en faveur d’une attitude plus proactive.

Ses premiers mois au Théâtre du Palais municipal de La Baie lui ont permis d’assimiler les connaissances acquises par son prédécesseur, Louis Wauthier, depuis la création de La Fabuleuse en 1988. Maintenant qu’il connaît les airs de la maison, le nouveau metteur en scène se sent d’attaque pour ajouter sa couleur à lui, dans le respect du travail accompli précédemment.

La remise à jour de La Fabuleuse histoire d’un Royaume a pour but de maintenir l’achalandage à un niveau élevé, tout en rejoignant les jeunes générations, affirme la directrice générale de Diffusion Saguenay, Isabelle Gagnon.

« Ce fut une bonne chose que je sois arrivé il y a un an. Ça m’a donné le temps d’évaluer toutes les possibilités, qui sont grandes. Mes forces étant l’humour, l’interaction avec le public, ainsi que la représentation des gens et des communautés de la région, ce que j’ai fait pendant 20 ans avec La Caravane, on va retrouver ça dans les différents tableaux de La Fabuleuse. Dès l’été prochain, ça fera une différence », assure Jimmy Doucet.

L’eau et l’Esprit du fjord

Le projet se concrétisera graduellement, à compter de cette année. Tel que mentionné, le metteur en scène procédera à petites touches avant d’entrer dans le vif du sujet en 2021. C’est cette année-là que deux tableaux seront remplacés et qu’un troisième subira une profonde mutation. Or, il n’est pas question de travailler à la pièce. Chaque modification devra s’insérer à l’intérieur d’un tout cohérent.

« Nous n’avons pas le choix de procéder ainsi, puisque l’objectif de La Fabuleuse, c’est de raconter notre histoire », explique Jimmy Doucet.

Il devra également intégrer de nouvelles technologies, une perspective qui, manifestement, stimule son imagination. Tant d’outils sont maintenant disponibles. Le problème sera de choisir ceux qui donneront le meilleur rendement, eu égard au coût d’acquisition.

Ces innovations mettront la table en vue de la 35e édition, où le public découvrira la nouvelle bande sonore, des textes remaniés, ainsi que les effets spéciaux centrés sur l’Esprit du fjord. Celui-ci est présent dans le spectacle, mais bientôt, il imprégnera l’ensemble des tableaux. À travers lui, c’est le thème de l’eau qui formera la trame du scénario. « Il est important d’avoir une structure à l’intérieur de laquelle on peut se donner de la souplesse », fait valoir Isabelle Gagnon.

Il est difficile, pour l’heure, d’illustrer comment l’eau et l’Esprit du fjord se manifesteront au fil de la production. Pour donner un exemple qui, peut-être, n’ira pas plus loin que la planche à dessin, Jimmy Doucet évoque une situation où deux personnes sont en train de jaser. De l’eau atteint leurs chemises, lesquelles, instantanément, changent de couleur, grâce à la magie des nouvelles technologies. On imagine l’effet que ça produirait dans la salle.


« Nous souhaitons que tous se sentent interpellés par l’histoire qui est racontée. »
Isabelle Gagnon

La magie a un prix, cependant, d’où la nécessité de dégager une enveloppe de 1,2 million $. C’est à cette fin que Diffusion Saguenay a engrangé des économies qui pourraient atteindre 500 000 $. Des demandes de subventions ont aussi été logées auprès des différents paliers de gouvernements. « Nous attendons des réponses en mars et le travail de défrichage n’est pas terminé. Nous avons l’avantage de toucher à la culture, au tourisme et au développement économique », note Isabelle Gagnon.

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REFAIRE LA BANDE SONORE: UNE NÉCESSITÉ

L’une des clés du renouveau de La Fabuleuse histoire d’un Royaume passe par le rafraîchissement de la bande sonore. Bien que des modifications aient été réalisées au fil des saisons, de larges tranches de cet enregistrement remontent à la création du spectacle en 1988, sous l’impulsion de l’homme de théâtre Ghislain Bouchard.

L’arrimage avec les nouvelles technologies qui seront introduites dans les prochaines années ne permet plus de perpétuer cet état de fait. C’est pourquoi le metteur en scène Jimmy Doucet a entrepris des démarches afin de produire une version mieux adaptée au contexte d’aujourd’hui. Des effets spéciaux pourraient faire partie de l’équation, mais on travaillera aussi sur le contenu.

« Comme il faut amener de nouveaux tableaux dès la deuxième année de notre plan d’action, soit à l’été 2021, il faudra commencer les enregistrements dans les prochains mois. C’est pour cette raison que j’ai rencontré le compositeur de la musique, Dominic Laprise. Nous nous sommes vus quatre fois, jusqu’à maintenant. Il est hyper motivé, super ouvert », rapporte Jimmy Doucet.

Puisque la philosophie qui guide Diffusion Saguenay consiste à procéder à des changements dans le respect de ce qui a été accompli dans le passé, un autre artiste étroitement maillé à la bande sonore, le comédien Michel Dumont, sera invité à participer au projet. Ce sera d’autant plus approprié que pour bon nombre de spectateurs, l’Esprit du fjord, c’est un peu lui.

Image renouvelée

Toujours dans le but de montrer La Fabuleuse histoire d’un Royaume sous un jour différent, Diffusion Saguenay a fait préparer une nouvelle image graphique, laquelle sera utilisée dès cette année. Nouveau logo. Nouvelles affiches. Nouvelles publicités. Le message véhiculé par ces créations s’inscrit dans la foulée du projet de rajeunissement de la production.

« C’est pour qu’on sente le vent de changement », explique Isabelle Gagnon.

Le metteur en scène de La Fabuleuse histoire d’un Royaume, Jimmy Doucet, affirme que la bande sonore sera refaite dans les prochains mois. Le compositeur de la musique, Dominic Laprise, a été rencontré à cet effet.

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INVESTIR POUR PRÉSERVER SES ACQUIS

Au-delà des considérations artistiques entourant La Fabuleuse histoire d’un Royaume, il y a les retombées économiques. Elles aussi font partie de l’argumentaire de Diffusion Saguenay en faveur du rafraîchissement du spectacle. Rien ne s’étiole plus vite que la nouveauté, en effet. Pour préserver ses acquis, il faut sans cesse frapper les esprits.

C’est ce qu’a démontré le repositionnement opéré en 2017, grâce à une hausse de 60 % des assistances au cours de la saison estivale. À l’autre bout de la lorgnette, on remarque que depuis ce spectaculaire redressement, le nombre de billets vendus tend à diminuer. Le rythme est de 2000 entrées payantes par année, révèlent les statistiques compilées par l’organisation.

« En 2019, nous avons accueilli 31 028 spectateurs au Théâtre du Palais municipal de La Baie, soit une moyenne de 1300 personnes par représentation. Comme 82 % de notre clientèle provient de l’extérieur de la région, La Fabuleuse est encore le produit d’appel numéro un au Saguenay », fait remarquer la directrice générale de Diffusion Saguenay, Isabelle Gagnon.

L’administratrice est fière de ces résultats, mais consciente de la nécessité de renverser la tendance à la baisse. « Une étude menée par CEM Stratégie en 2011, alors que nous avions attiré 15 000 touristes, avait établi les retombées économiques du spectacle à 5,3 millions $, précise-t-elle. Si on effectue une règle de trois en se basant sur l’achalandage généré en 2019, on obtient des retombées de 7,8 millions $. La Fabuleuse demeure actuelle, mais on veut l’amener encore plus loin. »

Outre la mise en œuvre du projet de rajeunissement de la production, ce désir passera par la confection d’une nouvelle étude centrée sur les retombées, laquelle sera réalisée prochainement. On veut connaître le portrait réel, actualisé. Enfin, Diffusion Saguenay entend générer des revenus supplémentaires en jumelant au spectacle un présentateur officiel. Celui-ci sera invité à s’engager pour trois ans.

« Nous recherchons présentement un partenaire. Il jouirait d’une belle visibilité », assure Isabelle Gagnon. Elle ajoute que le dernier maillage de cette nature, conclu avec la firme Telus, avait aussi duré trois ans.