Musique

Décès à 46 ans de la chanteuse des Cranberries

LONDRES — Cheveux noir de jais coupés court, silhouette longiligne et voix puissante jouant avec les aigus: Dolores O’Riordan, chanteuse rock irlandaise des Cranberries, est brusquement décédée à l’âge de 46 ans lundi à Londres.

La chanteuse, qui écrivait les textes du groupe, «était à Londres pour une courte session d’enregistrement», a précisé son agent Lindsey Holmes Publicity dans un communiqué, sans préciser les causes de la mort. «Les membres de sa famille sont dévastés par cette nouvelle», ajoute-t-il.

Interrogée par l’AFP, la police londonienne a indiqué enquêter sur la «mort soudaine» d’une femme d’une quarantaine d’années retrouvée décédée peu après 9h dans un hôtel du centre de Londres, sans confirmer l’identité de la victime.

Mais le prêtre de la paroisse de sa ville natale Friarstown, dans le comté irlandais de Limerick, a indiqué que la chanteuse serait enterrée en Irlande.

James Walton a précisé à l’agence britannique Press Association que sa famille était «dévastée et bouleversée».

«Sa famille attend encore des détails en provenance de Londres sur sa mort», a-t-il ajouté. «Il est prévu qu’elle soit enterrée ici, chez elle. La date dépendra du moment où le corps est remis» à sa famille.

Particulièrement célèbre dans les années 1990, avec des tubes comme Zombie (sur la guerre en Irlande du Nord), DreamsJust My Imagination, Linger ou Animal instinct, The Cranberries a vendu plus de 40 millions d’albums à travers le monde. L’album No Need to Argue s’était classé numéro un en Australie, en France et en Allemagne et numéro 6 aux États-Unis.

Arts

Le plein de nouveaux membres

L’Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-Saint-Jean et le Conservatoire de musique de Saguenay ont mené un blitz de recrutement dont on mesurera la portée lundi soir, à l’occasion de la première répétition de l’Orchestre des jeunes du Saguenay-Lac-Saint-Jean. À la fin de ses activités, avant la pause des Fêtes, cette formation comptait moins de 20 membres, alors qu’ils seront 35 à ouvrir l’année en compagnie du chef Jean-Michel Malouf.

Les nouveaux venus seront intégrés en douce, puisque dans la première heure, ils aborderont un répertoire un peu moins exigeant. Pendant les 90 minutes qui suivront, les vétérans travailleront entre eux sur des pièces présentant un degré de difficulté relativement élevé. C’est ainsi que le groupe préparera le concert prévu pour le 15 avril, où tous seront mis à contribution.

« L’idée derrière ce projet était de montrer que l’Orchestre des jeunes est ouvert à tous les musiciens de la région âgés de 24 ans et moins. L’équipe du conservatoire a travaillé fort pour que ça fonctionne. Les professeurs, ainsi que Louise Bouchard, la directrice, ont multiplié les démarches afin de susciter une relève », a souligné la directrice générale de l’Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Christine Boily, lors d’une entrevue accordée au Quotidien.

Des cordes provenant de l’École de musique de Chicoutimi se présenteront au local de répétition à 18 h 30. Ce ne sont pas les seules personnes qui effectueront leurs débuts au sein de l’Orchestre des jeunes, puisque des collègues associés à d’autres institutions d’enseignement ont aussi exprimé le désir de tenter leur chance. Pour être éligible, il fallait lire la musique, en plus de faire l’apprentissage d’un instrument depuis au moins cinq ans.

« Ce sera intéressant comme expérience. De 16 à 20 interprètes seront intégrés au groupe et les plus vieux leur accorderont leur appui », fait valoir Louise Bouchard. Cette forme de parrainage enrichira les vétérans de la formation, qui auront aussi le plaisir d’évoluer au sein d’une formation plus imposante. « C’était difficile de reproduire un son d’orchestre avec moins de vingt musiciens », explique Christine Boily.

La saison débute ce soir, au conservatoire, mais l’histoire ne finit pas là, du moins en ce qui touche le recrutement. On mise en effet sur le bouche-à-oreille pour que les nouveaux venus incitent des camarades à embarquer dans l’aventure. « Jusqu’à la fin de janvier, nous serons en mesure d’accueillir d’autres recrues », confirme la directrice générale de l’Orchestre symphonique.

Arts

L’hommage à Montréal d’un Félicinois

Ça prenait un gars originaire de Saint-Félicien pour rendre le plus bel hommage qui soit à la ville de Montréal. Dans Hochelaga, terre des âmes, en effet, François Girard prend comme véhicule narratif un trou qui s’est formé sur le terrain de football du Stade McGill, le refuge des infortunées Alouettes. Il s’en sert pour évoquer le riche passé d’une communauté qu’on réduit trop vite au clivage entre anglos et francos.

Le trou en question est un « sinkhole », un mot désormais familier en raison des incidents parfois tragiques qui sont survenus dans les dernières années, notamment aux États-Unis. Le film montre comment le sol s’est affaissé pendant un match, sous le poids des joueurs agglutinés autour du porteur de ballon. Celui-ci perd la vie, noyé dans l’eau boueuse, et c’est le point de départ d’un fabuleux voyage dans le temps, sinon dans l’espace.

Des archéologues menés par un jeune Amérindien multiplient les découvertes. Celui-ci cherche l’emplacement du village d’Hochelaga, là où Jacques Cartier est allé à la rencontre du peuple iroquois en 1535. Des objets tirés du sol ouvriront également une fenêtre sur la colonie telle qu’elle existait en 1687, puis sur le soulèvement des Patriotes en 1837.

« Je voulais revenir vers mes racines à travers le personnage de l’archéologue. Je l’ai fait en creusant un trou, ce qui m’a permis de retracer l’occupation d’un lopin de terre sur une période de 750 ans. C’est une façon d’exprimer le fait que toutes les cultures qui s’y sont côtoyées ont fait le Québec d’aujourd’hui », a énoncé François Girard jeudi, à la faveur d’une entrevue téléphonique accordée au Progrès.

L’héritage amérindien

Toutes les cultures, c’est aussi celle des Amérindiens, qu’on voit apparaître au 13e siècle, à l’issue d’une bataille sanglante. Un chaman demande au Grand Esprit de préserver la mémoire de son peuple et d’amener la paix, deux voeux qui ont tardé à se concrétiser. Le cinéaste note cependant que la période noire ouverte au 19e siècle, lors de la création des réserves, est enfin chose du passé.

« Aujourd’hui, collectivement, nous nous réapproprions notre héritage amérindien. Or, pour comprendre ce qu’est un Québécois, il faut regarder de ce côté. Cet héritage a été déterminant. Il a conditionné notre rapport au territoire, à l’hiver, à la géographie. On en retrouve également la trace dans notre sens de l’inclusion et notre philosophie de partage, ce qui va plus loin que les noms intégrés dans la toponymie », analyse François Girard.

Dans le chapitre qui se déroule en 1687, justement, on voit un colon vivant avec une Amérindienne dans la plus parfaite harmonie, à l’intérieur d’un camp érigé au pied du mont Royal. De telles fréquentations vont à l’encontre de l’idéologie portée par le clergé, ainsi que l’exprime un prêtre ignoble à qui l’histoire ne donnera pas raison. 

« Il y a du sang amérindien dans notre ADN et même les individus qui n’en n’ont pas dans leurs veines sont imprégnés par les valeurs de ce peuple. Il ne faut pas oublier que dans la colonie, il y avait sept hommes pour une femme, tandis que pour toutes sortes de raisons, dont les maladies, il y avait quatre femmes pour un homme parmi les Amérindiens. Ce sont des faits qui ont encouragé la promiscuité. On s’est métissé », constate le cinéaste.

Ce n’est donc pas un hasard si en 1837, un vieil autochtone pleure la mort d’un Patriote et qu’en 2011, un descendant des premiers occupants prend en mains le dossier des fouilles grâce à l’appui d’un universitaire bienveillant. En parallèle, le film présente un portrait nuancé des relations entre les anglophones et les francophones. Ainsi, c’est une Anglaise pur jus, vivant dans un manoir, qui offre gîte et couvert à deux Patriotes essayant d’échapper aux Habits rouges.

« Moi-même, je suis un francophone souverainiste, mais je trouve que c’est une simplification grossière lorsqu’on fait tout passer à travers le prisme anglophone-francophone. On parle peu du docteur Nelson, par exemple, un stratège, un chef d’armées au sein des Patriotes, dont la cause relevait aussi de la lutte des classes. Même dans la haute société, ils avaient des sympathisants et c’est ce que j’ai voulu illustrer », fait observer François Girard.

Parlant de racines, celui dont le film sera diffusé à compter de vendredi, dans les salles du Québec, revendique fièrement celles qui l’unissent à sa région d’origine. « Aujourd’hui encore, j’ai beaucoup de parenté à Alma, du côté de ma mère, de même qu’au Saguenay, du côté de mon père. Je profite de l’occasion pour saluer les membres de ma famille », lance le cinéaste à la fin de l’entrevue. 

Encore plus

Papetier romancier

Il existe un lien fondamental entre ce qui a nourri le quotidien de Roger Malaison pendant toute sa vie professionnelle et ce qui alimente aujourd’hui les jours du retraité d’Abitibi-Price : le papier. L’ancien travailleur d’usine et ex-maire de Kénogami vient tout juste de publier un premier roman, à l’âge vénérable de 88 ans.

Jamais, alors qu’il travaillait comme papetier ou tandis qu’il dirigeait l’ancienne ville fusionnée à Jonquière en 1976, Roger Malaison n’a cru qu’il prendrait un jour la plume. Mais comme le veut le dicton, il ne faut jamais dire jamais et le père de famille a eu l’appel de l’écriture peu après sa retraite, prise à 57 ans. C’était presque un concours de circonstances.

À ce moment, Roger Malaison avait envie de partager ses souvenirs de jeunesse et de rassembler dans un recueil les événements qui ont marqué les annales familiales, photographies incluses. Le tout a pris la forme de mémoires, rédigés sur 20 ans. L’auteur a profité d’une fête organisée pour marquer son 75e anniversaire de naissance, en 2004, pour présenter son bébé à ses proches. L’ouvrage, publié à compte d’auteur, était en fait un cadeau destiné à ses deux enfants, Jean et Louise. 

L’aboutissement du projet a agi comme bougie d’allumage et a mis la table à des écrits subséquents. Les premiers épanchements littéraires de Roger Malaison ont titillé quelque chose chez lui, ouvrant ainsi les vannes d’un ouvrage de retenue contenant une inspiration puissante et faste. Il a pris goût à cette forme d’expression, laquelle, dit-il, lui permet de vivre de belles et grandes émotions.

« Pourquoi j’ai écrit alors que je n’avais jamais écrit avant ? Disons qu’avec l’ordinateur et le correcteur, ça m’a donné le goût. Ensuite, quand j’ai lu ce que j’avais écrit dans le livre pour ma famille, Afin que vous sachiez, et que je me suis relu, j’ai pensé que je pouvais faire mieux », raconte l’octogénaire, qui se trouve en pleine forme, à deux printemps de ses 90 ans.

Né en 1929, Roger Malaison est issu d’une famille typique de Kénogami au début du 20e siècle. Fils de papetier, il était voué au même destin que ses oncles, son père et ses frères. Il a fait ses premières armes au moulin tout jeune et y a gravi les échelons.

Le dernier projet qu’il a dirigé avant d’accrocher sarrau, lunettes protectrices et casque antibruit a été la modernisation de la machine #7, la dernière en activité à Kénogami. Roger Malaison s’est déplacé jusqu’en Finlande pour aller chercher le savoir-faire et les connaissances requises à la refonte des équipements. Après voir quitté l’entreprise fondée par la famille Price (aujourd’hui Produits forestiers Résolu), il a agi comme consultant dans l’industrie des pâtes et papiers en Europe. Pendant son séjour sur le Vieux Continent, le Kénogamien a tenu un journal de bord, ce qui lui a permis de rassembler beaucoup de notes. De l’argent en banque, pour toute personne qui aspire à concrétiser un projet d’écriture. 

Sans prétention

Roger Malaison lance donc Entre usine et clocher en toute humilité. Ce premier ouvrage, tiré à une centaine d’exemplaires, porte sur la vie de familles qui ont vécu à Kénogami entre 1912 et 1946. Les histoires, basées sur des personnes et des faits réels, sont romancées. Elles se déclinent sur fond de pauvreté, de diversité culturelle et d’entrepreneuriat. On y retrouve des personnages colorés et des anecdotes qui font dans une pléiade de registres, du drame à l’humour. « Des situations tantôt drôles, parfois dramatiques, mais toujours passionnantes. La vie quoi ! », peut-on lire sur le quatrième de couverture du livre.

Roger Malaison a puisé sa matière première dans toutes les histoires que lui a racontées sa mère. Il les a couplées à son bagage personnel avant de faire jaillir quelque 500 pages animées des Silverman, des McNabb, des Cyrène, des Laroche, des Verreault, des Archibald, des Fitzmorritz et autres détenteurs de patronymes francophones et anglophones qui ont contribué à l’essor de Kénogami. Certains noms ont été conservés, d’autres sont fictifs. McNabb, par exemple, est un ancien patron de l’usine, un homme bon qui a gagné le coeur et l’admiration de Roger Malaison. 

« Ce McNabb en a tellement fait pour moi », confie l’auteur. Cette admission le fait basculer dans l’émotion, comme une vague qui fait perdre le pied au baigneur insouciant. Plus tard, Roger Malaison a acheté la maison des McNabb, une superbe propriété typique du quartier des Anglais située sur la rue Fluhman.

Arts

L’Heptade en septembre plutôt qu’en janvier

Ça s’appelle reculer pour mieux sauter. Au lieu de présenter l’intégrale de L’Heptade le 20 janvier, au Théâtre du Palais municipal de La Baie, le groupe Premier Ciel attendra jusqu’au 22 septembre afin d’étrenner ce spectacle au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Il se produira alors au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi.

«Le diffuseur (Diffusion Saguenay) a préféré reporter notre visite et je suis d’accord avec cette décision. Comme nous ne sommes pas appuyés par une grosse machine, peu de gens savaient que L’Heptade s’en venait au Saguenay. Nous aurons donc l’occasion de préparer le terrain en donnant des entrevues et en misant sur les médias sociaux», a souligné le chanteur Mathieu Grégoire au cours d’une entrevue téléphonique accordée au journal.

C’est lui qui campe le rôle assumé jadis par le leader d’Harmonium, Serge Fiori. Trois fois déjà, lui et ses camarades ont abordé le répertoire de cette formation au Théâtre Banque Nationale et trois fois, ils ont attiré des foules conséquentes. C’est donc sans états d’âme qu’ils s’y rendront à nouveau, d’autant qu’elle leur a laissé un bon souvenir. «C’est une belle salle qui sonne bien», note ainsi l’interprète.

Il s’appuie sur les réactions suscitées par L’Heptade depuis son lancement en février, à Sherbrooke, pour justifier son optimisme à propos du rendez-vous de septembre. Cette production approuvée par Serge Fiori a été montée avec la collaboration de deux autres piliers d’Harmonium, la chanteuse Monique Fauteux et le bassiste Louis Valois. Elle est calquée sur un enregistrement réalisé à Vancouver, une version «live» de l’album double lancé en 1976.

«Nous ne reprenons pas les orchestrations de Neil Chotem, bien sûr, mais nos interprétations sont plus longues que sur le disque original et les solistes s’autorisent de belles envolées. Je dirais que le ton est plus enjoué. Ça déménage, alors que nous nous appliquons à recréer l’ambiance de l’époque», fait remarquer Mathieu Grégoire.

Le spectacle commence avec Dans le noir, une pièce qui ne figure pas sur L’Heptade, mais qu’Harmonium avait composée en vue de la tournée. Ensuite, Premier Ciel s’attaque au monument lui-même en réduisant les interventions parlées à leur plus simple expression. C’est juste à la fin de ce voyage, que d’aucuns assimilent à une messe, que le chanteur s’adresse au public.

«Le fun commence à ce moment-là. On fait quelques titres provenant des albums précédents, mais l’enrobage visuel reste assez sobre. Il n’y a pas de flafla, pas d’éléphants gonflables. Puisque reprendre L’Heptade constitue une charge colossale, on laisse la musique parler et on laisse nos voix chanter», décrit Mathieu Grégoire.

Arts

Sophia, instructrice de Zumba à 16 ans

Sophia Ghaleb Fillion n’a que 16 ans et déjà, elle enseigne la Zumba à l’école de danses latines Salsa Nueva à Chicoutimi. Elle souhaite transmettre sa passion à ses clients, et ce, le plus longtemps possible.

Il y a un an, Sophia s’est présentée de reculons à un cours de Zumba, alors qu’elle accompagnait sa mère. Dès les premiers pas de danse, ce fut le coup de coeur immédiat. « Je suis tombée en amour avec ce sport. C’est devenu rapidement ma passion, j’en mange maintenant », soutient la jeune fille. N’ayant aucune expérience de danse, elle a tout de même réalisé son rêve, devenir instructrice de Zumba fitness. Lundi dernier avait lieu son premier cours. « Grâce à ce rôle, je peux ainsi partager le bonheur que ce sport me procure aux participants de mes cours », affirme Sophia Ghaleb Fillion.

Formation obligatoire

Afin de devenir instructrice de Zumba fitness, il est nécessaire de suivre une formation. Toutefois, Sophie a été ralentie en raison de son âge puisqu’il est obligatoire d’avoir 16 ans et la permission écrite du parent avant de suivre les cours.

Avec l’enseignement de la spécialiste en éducation de Zumba, Karine Opasinski, elle a appris les rudiments de cette danse. La formation se donnait à Montréal le 27 décembre dernier et Sophia l’a réussie avec succès. Au cours de cette journée, elle a pris connaissance du côté théorique de la Zumba, puis assimilé les quatre pas de base pour ainsi mieux les transmettre aux clients. Pour sa préparation elle a assisté à de nombreux cours de danse avec le copropriétaire de l’école et instructeur, Patrick Potvin.

« C’est une instructrice de talent qui arrive au moment opportun pour Salsa Nueva, car l’école avait grandement besoin de relève. La clientèle n’émet que des commentaires positifs pour le travail de Sophia », soutient Patrick Potvin. 

Sophia, guidée par sa passion, possède déjà un horaire chargé. Elle offre des cours tous les lundis et mercredis soir de 17 h à 18 h. De plus, elle accompagne Patrick Potvin tous les jours à l’exception du vendredi et du dimanche. « Je souhaite offrir des cours de Zumba toute ma vie », conclut chaleureusement Sophia Ghaleb Fillion.

Arts

La France à l’honneur

(Simone Pilote) – Tous les lundis, à compter du 15 janvier, les cinéphiles retrouveront leur rendez-vous hebdomadaire du Ciné-club de Chicoutimi au Théâtre Banque Nationale. Pour la saison hivernale, le Ciné-club entame en force sa saison hivernale avec le film d’animation La Passion de Van Gogh.

Dans ce long-métrage, une centaine d’artistes peintres ont été mis à contribution à partir des tableaux les plus connus de Van Gogh pour peindre, image par image, chacun des plans qui composent ce film.

L’histoire se situe un an après la mort du peintre, en 1891, alors que le fils de son facteur mène une enquête personnelle qui l’incite à remettre en question la thèse officielle du suicide de l’artiste.

« Il s’agit d’un film exceptionnel. Les gens vont tomber de leurs sièges », assure le responsable du Ciné-club de Chicoutimi, Richard Boivin.

Par la suite, le Ciné-club offrira trois comédies françaises. Tout d’abord, la comédie sentimentale Aurore, réalisée par Blandine Lenoir (29 janvier), à ne pas confondre avec la célèbre histoire québécoise Aurore l’enfant martyre.

Ensuite, Le sens de la fête (12 février) une comédie des réalisateurs Eric Toledano et Olivier Nakache, du film à succès Les Intouchables, et finalement Les grands esprits (19 février) d’Olivier Ayache-Vidal.

Le seul long-métrage québécois présenté est Nous sommes les autres (5 février), mettant en vedette Émile Proulx-Cloutier, Pascale Bussières, Jean-Michel Anctil et James Hyndman. Ce drame réalisé par Jean-François Asselin sera aussi offert au Ciné-club de Jonquière, le même jour. 

Le drame Après la foudre (22 janvier), du réalisateur Todd Haune, représentera les États-Unis, en plus du tout dernier de Woody Allen, Wonder Wheel (26 février) qui clôturera le premier volet de la programmation hivernale. Les films qui suivront seront dévoilés à la mi-février. 

Comparativement au Ciné-club de Jonquière, deux projections sont offertes le lundi soir, soit à 17 h et à 19 h 30. 

Légère augmentation

En ce qui touche la fréquentation, le Ciné-club de Chicoutimi a connu une légère augmentation lors de la dernière saison. 

« Une cinquantaine de personnes se sont ajoutées. Chaque soir, environ 450 personnes se présentent », affirme Richard Boivin.

Arts

Du virtuel au solide

Dans Productions récentes, l’artiste saguenéen Yves Tremblay propose deux installations étonnantes qui sont le fruit du numérique concrétisé en matière, à l’Espace virtuel du Centre Bang, jusqu’au 2 février 2018.

Lorsque l’on pénètre dans la première salle, dans l’édifice de la rue Jacques-Cartier Est à Chicoutimi, on a un peu l’impression de se retrouver au cœur d’une étrange salle des machines. Dérivation comprend des blocs beiges reliés par des tuyaux en métal et une foule de petits objets sculptés alignés sur les murs. On peut imaginer les conduits serpenter dans le sol et dans les parois, là où ils disparaissent.

Il a fallu huit mois à Yves Tremblay pour mettre au point son installation, le produit de ses apprentissages et de ses expérimentations avec une fraiseuse numérique à trois axes. Cet équipement est disponible au Centre de production en art actuel TOUTTOUT, un espace d’ateliers que l’artiste a d’ailleurs cofondé.

À l’aide d’un logiciel, le sexagénaire a d’abord simulé diverses opérations dans des fluides, juste assez intenses pour qu’il n’y ait pas d’éclaboussures et que le résultat des ondulations puisse être sculpté. Ces simulations sont ensuite transformées en code pour que la fraiseuse puisse les comprendre et les former en parcourant les plaques de bois de sa pointe. 

« C’est la solidification du numérique, résume le détenteur d’un baccalauréat interdisciplinaire en arts de l’Université du Québec à Chicoutimi. Des lignes et des points deviennent des objets, avec une certaine impression de formes corporelles. Le parcours de l’outil est remis en situation dans l’espace. »

Quand on travaille avec des logiciels, il n’y a pas de place pour l’erreur, fait valoir l’artiste. « On fait peu d’accidents avec ce médium. » Yves Tremblay a cependant réussi à en faire un pour porter sa démarche plus loin. Sur le pourtour des blocs, le visiteur à l’œil alerte pourra remarquer des petites pyramides, agencées entre elles en une sorte de symboles. Il n’y avait auparavant pas de vide entre les formes, c’est l’artiste qui l’a créé en enlevant certains détails.

« Les différentes variations sont devenues mon cryptage », illustre-t-il. 

Selon lui, l’idée de Dérivation est le « raccord d’une chose à une autre, l’interstice dans la matière et la réalité ». Une belle métaphore, au fond.

Inspirant aluminium

En arrière de la salle, la deuxième installation paraît plus simple, mais la réflexion qui l’a inspirée est fascinante. Yves Tremblay a été interpellé par un article journalistique où l’aluminium produit au Saguenay-Lac-Saint-Jean était décrit comme un matériau « vert », respectueux de l’environnement. D’un autre côté, un stratagème mis au point par les alumineries chinoises était dénoncé. Pour faire passer leurs lingots comme des produits de deuxième transformation, ceux-ci étaient coulés en forme de poignée de porte.

« Ce sont en fait des lingots déguisés pour permettre une surproduction polluante. La région est terriblement imprégnée de l’industrie, avec Rio Tinto. Tout ça me donnait la grisaille, confie celui qui s’interroge aussi sur le réel caractère vert de l’aluminium. J’ai donc imaginé une poignée de porte qui plongeait dans un lingot, avec un logiciel. »

Les différentes étapes de la simulation ont été décortiquées, et une vingtaine d’images sur une centaine ont été sélectionnées. Elles sont ensuite passées au monde réel via une imprimante 3D. Chaque création est disposée sur une plaque de verre, un jeu de mots avec « vert », le tout supporté au mur avec une tige d’aluminium. C’est ce qui donne l’installation Aluvernium.

Yves Tremblay a réalisé cette œuvre en six mois, après bien des recherches. « L’imprimante 3D, c’est très long. Ça bouffe la patience ! »

Alors que le numérique semble être une ressource sans limites, Yves Tremblay y voit une contrainte. « Je me méfie du poids des fichiers. » Leur lourdeur peut parfois être aussi frustrante pour un artiste que des matériaux difficiles à manier ou trop chers à acquérir.

La place publique de Daniel Côté

Actualités

Les étudiants autochtones à l’écran

Une série télévisée portant sur les étudiants du programme Techniques policières Premières Nations du Collège d’Alma est présentée depuis lundi sur les ondes d’APTN. Les 14 épisodes de Sentier sont diffusés les lundis jusqu’au 14 avril. La série suit le parcours de formation de jeunes aspirants policiers provenant des Premières Nations, indique le communiqué du Collège d’Alma.

Le tournage avait débuté à l’automne 2016 et a été réalisé par Trinôme, une équipe de production de Montréal. Issue de ces tournages, Sentier est une série documentaire réalité à travers laquelle il est possible de découvrir les défis auxquels sont confrontés les élèves avant de pouvoir devenir policiers dans diverses communautés amérindiennes.

La série a ceci d’intéressant qu’en plus de filmer les jeunes durant leur formation, ils sont aussi montrés dans leur communauté, leur milieu de vie et parmi leurs amis. « Leurs rêves, la peur de l’échec, leurs questionnements donnent lieu à autant de situations dévoilant aux téléspectateurs un univers fascinant », poursuit le communiqué. 

Il est possible de visionner la bande-annonce de Sentier au www.sentier-la-serie.com. De plus, il y a 12 capsules présentant des anecdotes et des visites des lieux de tournage. Le site comprend également une section informant ceux qui désireraient également devenir policiers.

« Sentier est le fruit de près d’une année de tournage auprès d’étudiants qui ont quitté leur communauté pour réussir leurs études dans un milieu collégial, animés par une volonté d’avoir un impact positif, d’attaquer les problèmes de front et d’aider leur communauté en étant aux premières lignes. Leurs motivations sont multiples et personnelles. Une belle histoire de succès ! », est-il écrit également.