Arts

Entre pouvoir et vérité

L’éditorialiste Solange Speilmann s’apprête à publier une bombe ; une réplique à la menace du ministre de la Sécurité publique qui la fait chanter. Prise entre le rédacteur en chef et ses journalistes et en pleine campagne électorale, l’éditorialiste s’engagera dans un duel où la vérité prime. La nouvelle production du Théâtre La Rubrique, L’État, promet d’être puissante et intrigante. La grande première aura lieu le mercredi 26 septembre prochain, à la Salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière.

Les artisans de la nouvelle production s’étaient réunis au Cégep de Jonquière, mercredi matin, pour dévoiler L’État, une pièce à saveur politique écrite par Normand Canac-Marquis, mise en scène par Martine Beaulne et dirigée par Benoît Legrandeur. À ce trio se greffent les quatre comédiens de la pièce, Josée Gagnon, Monique Gauvin, Robert Lalonde et Louise Laprade. Ces deux derniers ont quitté leur grand Montréal et ont élu domicile à Jonquière le temps des répétitions et des présentations, lesquelles se poursuivront jusqu’au 14 octobre prochain.

Télé et radio

De garde 180 jours

CHRONIQUE / Tout le monde a une opinion sur la compétence des professeurs, sur l’état de nos écoles, sur ce qu’on devrait enseigner. Mais combien d’entre nous avons un réel portrait de ce qui s’y passe au jour le jour, des conditions dans lesquelles les profs doivent enseigner? La série documentaire «180 jours» risque d’avoir sur vous le même effet que «De garde 24/7», si vous avez suivi cette excellente série à Télé-­Québec, au point de changer considérablement votre vision du milieu scolaire.

Diffusée à partir de jeudi à 20h sur la même chaîne, la série de 12 épisodes, de la même équipe de production que De garde 24/7 chez Avanti, s’étend sur les 180 jours d’une année scolaire, de la rentrée au bal des finissants, à l’école secondaire Gérard-Filion à Longueuil. Dans cette première polyvalente au Québec, les élèves, de 65 nationalités différentes, proviennent souvent de milieu défavorisé. Le taux de décrochage y est élevé. De façon extrêmement sensible et respectueuse, la réalisatrice Mélissa Beaudet nous permet vraiment de saisir l’intensité de ce qui se vit dans une école chaque jour.

Comme d’autres problématiques scolaires, l’intimidation est l’un des sujets les plus sensibles. Et pas seulement celle qui se passe à l’intérieur des murs, mais aussi après les classes, notamment sur les réseaux sociaux, terreau fertile d’intimidation. Quand une élève reçoit des messages tels que «grosse pute, tu devrais pas vivre» et «fais-toi frapper par une voiture», l’école n’a pas le choix d’intervenir, de concert avec la police. Même collaboration quand un souteneur s’introduit dans la cour pour recruter des jeunes filles. Déjà dans les premiers jours, une altercation survient dans le couloir; un élève vient de dire à une autre de «niquer» sa mère. Un conflit que doit régler avec le plus grand tact une des directrices adjointes.

Imaginez, en cette rentrée, plusieurs postes de professeurs n’ont pas encore été comblés. Un enseignant engagé il y a à peine deux semaines doit à son tour former un suppléant. C’est si récent que, dans les documents remis aux élèves, Hugo Ladéroute n’est pas identifié. «Le pas de nom, c’est moi!» dit-il aux élèves qui cherchent leur classe de français. Attendez de voir la prof d’ECR (éthique et culture religieuse). Avec elle, la matière devient soudainement intéressante.

J’ai été particulièrement touché par la classe de Celso C. Leduc, composée d’élèves aux prises avec des troubles de communication. Une scène du cinquième épisode, particulièrement émouvante, montre ces élèves exprimer toute leur reconnaissance envers leur professeur et leurs camarades, avant le congé des Fêtes. Une démonstration éloquente de ce que peut changer l’école dans les vies d’enfants au bord de décrocher.

J’ai eu un coup de cœur pour la directrice, Sylvie Dupuis, elle-même une ancienne élève de Gérard-Filion. Humaine, attachante, investie. Les directeurs d’école peuvent passer pour des durs, c’est tout le contraire pour Sylvie Dupuis, qu’on sent tout à fait sincère dans ses rapports avec le personnel et les élèves.

Ce n’est pas vrai que les jeunes n’ont pas d’opinion, qu’ils n’ont rien à dire. Et ce, même si personne ne lève la main quand le prof demande qui connaît Michel Tremblay. Fred Pellerin? Deux mains se lèvent. Rachid Badouri? Tout le monde le connaît. Bien que certains visages soient brouillés dans les situations les plus délicates, la majorité des élèves se montrent à la caméra. Sachez qu’il a fallu expédier par la poste 1500 demandes de consentement aux parents afin d’y arriver, un travail titanesque.

C’est fou comme plusieurs séries offertes sur nos chaînes cet automne réveillent en nous tant d’admiration. Pendant que la téléréalité célèbre l’insignifiance, il y a au moins les Infractions, Classe à part, Pinel : au cœur de la maladie mentale, L’unité des naissances et 180 jours qui nous font voir le travail essentiel d’une multitude d’individus, motivés par le cœur et le dévouement. De la télé qui fait du bien, dont notre monde a cruellement besoin.

***

Les quatre chefs chez Guy A.

Philippe Couillard, François Legault, Jean-François Lisée et Manon Massé seront de la première de Tout le monde en parle, dimanche à 20h sur ICI Radio-Canada Télé. Pour leur permettre de participer au Face à face Québec 2018 à TVA jeudi soir, l’émission sera exceptionnellement enregistrée vendredi. Aussi sur le plateau de Guy A. Lepage et Dany Turcotte : Louis-José Houde pour le Gala de l’ADISQ, Paul Arcand, qui a reçu un Gémeaux pour Conversation secrète, de même que Pénélope McQuade et Hugo Latulipe pour le documentaire Troller les trolls.

Cinéma

Oscars: «Chien de garde» représentera le Canada

«Chien de garde», de Sophie Dupuis, a été sélectionné pour représenter le Canada dans la course à l’Oscar du meilleur long métrage en langue étrangère.

Le film raconte l’histoire de JP, qui vit avec son frère Vincent, sa mère Joe et sa copine Mel dans un petit appartement de Verdun. Constamment sur la corde raide, JP tente de conserver un équilibre entre les nombreux besoins de sa famille dont il se sent responsable, son travail de collecteur qu’il fait avec son frère et ses fonctions dans le cartel de drogue de son oncle Dany qu’il considère comme un père.

«Chien de garde» met en vedette Jean-Simon Leduc, Théodore Pellerin, Claudel Laberge, Maude Guérin et Paul Ahmarani.

Depuis sa sortie en salle, ce premier long métrage de Sophie Dupuis a été présenté en compétition dans près d’une vingtaine de festivals à l’international. Le long métrage a également récolté trois prix Iris lors du dernier Gala Québec Cinéma: Meilleure interprétation féminine, premier rôle, Révélation de l’année et Meilleur montage.

Lors de l’annonce de sa sélection, mercredi après-midi à Montréal, Sophie Dupuis s’est dite «encore bouche bée» que son film ait été retenu dans la course à l’Oscar.

«Chien de garde» s’opposera maintenant à des dizaines d’oeuvres dans l’espoir d’obtenir une nomination à la 91e cérémonie des Oscars, qui se tiendra le 24 février, à Hollywood.

Chaque pays a jusqu’au 1er octobre pour désigner la production qui le représentera dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère, puis l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences procédera à deux vagues de vote pour finalement retenir cinq finalistes.

Pour être admissible, un film doit avoir été produit à l’extérieur des États-Unis et ses dialogues doivent principalement se dérouler dans une autre langue que l’anglais.

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Les derniers films canadiens soumis:

2017: «Hochelaga, terre des âmes», François Girard

2016: «Juste la fin du monde», Xavier Dolan

2015: «Félix et Meira», Maxime Giroux

2014: «Mommy», Xavier Dolan

2013: «Gabrielle», Louise Archambault

2012: «Rebelle», Kim Nguyen (finaliste à l’Oscar)

2011: «Monsieur Lazhar», Philippe Falardeau (finaliste à l’Oscar)

2010: «Incendies», Denis Villeneuve (finaliste à l’Oscar)

2009: «J’ai tué ma mère», Xavier Dolan

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Quelques films soumis pour la 91e cérémonie des Oscars:

Mexique: «Roma», Alfonso Cuarón

Belgique: «Girl», Lukas Dhont

Colombie: «Pájaros de verano» («Les oiseaux de passage»), Ciro Guerra et Cristina Gallego

Japon: «Manbiki kazoku» («Une affaire de famille»), Hirokazu Kore-eda

Suède: «Gräns» («Border»), Ali Abbasi

Télé et radio

«XOXO», chest, bras

CHRONIQUE / Si «XOXO» représente la nouvelle ère de la téléréalité, ce n’est pas sur l’apparence de ses candidats qu’on verra la différence, croyez-moi. Les cinq mâles de la nouveauté de TVA, qui commence mercredi à 19h30, pourraient tous danser au 281. Et les 26 filles qui les convoitent pourraient à peu près toutes travailler comme mannequins.

Même si le genre m’indiffère totalement, j’étais curieux de voir à quoi rimait cette réplique de TVA à Occupation double. Compliqué, XOXO? Il faut admettre qu’une fois la première terminée, on comprend assez bien le concept. Sachez que les trois conseillers, l’artiste peintre et ex-lofteuse Elisabetta Fantone, M. Beachclub, Olivier Primeau, et le styliste Cary Tauben auront chacun leur équipe de filles, qu’ils appuieront dans l’organisation d’événements pour appâter les mâles. Des conseillers, il est clair que Tauben se démarquera par son exubérance et sa spontanéité. En français, l’artiste anglophone s’exprime en peu de mots et rappelle étrangement le chroniqueur artistique de l’époque disco Coco Douglas Léopold. «Je t’aime et je veux toi dans mon groupe!» dit-il à une candidate. Jamais un mot méchant, toujours adorable. Chaque conseiller a un penthouse, décoré à son goût, qui sera habité par les filles. Dans celui de Cary Tauben, les armoires sont léopard, à l’image du personnage.

Arts

Une tournée pour créer des ponts

C’est à l’initiative de Kent Nagano que l’orchestre symphonique de Montréal présente une tournée de six spectacles dans les communautés autochtones du nord du Québec et du Nunavik, en créant une œuvre basée sur une légende des premières nations. Au-delà du spectacle, cette tournée revêt un symbole important de partage entre les nations.

L’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) fait des tournées depuis sa création, il y a 85 ans, car c’est dans son mandat d’être un ambassadeur culturel, a mentionné le maestro Kent Nagano, mais les tournées étaient devenues moins fréquentes avant l’arrivée de ce dernier. « Après avoir visité les grandes villes du sud, j’ai vu la carte du Canada et j’ai demandé pourquoi on ne visite pas les communautés au nord », a-t-il commenté, en admettant sa naïveté initiale. Malgré les difficultés techniques, une première tournée a été effectuée au Nunavut et au Nunavik, il y a dix ans, présentant des spectacles classiques. Mais cette fois-ci, le chef d’orchestre est fier de présenter un spectacle conçu spécialement pour cette tournée présentée dans les communautés autochtones.

Arts

Un salon de la musique en 2019

Après le livre et les métiers d’art, la musique aura également droit à son salon, un événement qui aura lieu pour la première fois à l’automne 2019. Fruit de l’entente de développement culturel qui lie Saguenay et le ministère de la Culture et des Communications du Québec, ce projet est porté par le groupe de compétence en musique chapeauté par Culture Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Ses membres y travaillent depuis 18 mois et l’une de ses fonctions – mais vraiment pas la seule - consistera à remplacer la semaine Faites de la musique, arrivée au bout de sa vie utile après sept ou huit éditions. L’un des avantages de la nouvelle activité est lié au moment où elle se déroulera. On juge que les mois d’octobre ou novembre ciblés par le comité organisateur seront plus favorables que février, ne serait-ce que pour générer des inscriptions dans les écoles de musique en vue de la session d’hiver.

Arts

La légende de Tshakapesh selon l’OSM

Mashteuiatsh est tombé sous le charme de l’orchestre symphonique de Montréal, qui a présenté un spectacle à l’école secondaire Kassinu Mamu, mardi soir. Avec une narration en innue par Florent Vollant, 45 musiciens accompagnés de deux ténors chantant des airs d’opéra en langue crie, ont raconté la légende de Tshakapesh, sous la direction du maestro Kent Nagano.

L’instant d’une soirée, les 240 spectateurs présents dans le gymnase de l’école Kassinu Mamu ont eu droit à un concert de l’orchestre symphonique de … Mashteuiatsh, a blagué l’auteur-compositeur-interprète Stanley Vollant, avant d’entamer la narration du conte de Tshakapesh.

Musique

Retrouvailles magiques avec Paul McCartney

CRITIQUE / «Oh man! C’est le party!» a lancé Paul McCartney après avoir livré quatre chansons dans un Centre Vidéotron survolté. Il n’avait encore rien vu… Et nous non plus! Restait encore une bonne trentaine de titres pour célébrer le retour de l’ex-Beatles dans la capitale. Un peu de neuf, beaucoup de classiques et un plaisir évident d’être là, tant sur scène que dans les gradins… Ç’a donné quelque chose comme des retrouvailles magiques!

Dix ans après une première rencontre mémorable sur les plaines d’Abraham et cinq ans après une deuxième visite, elle aussi à l’extérieur, les fans de Paul McCartney ont enfin pu voir et entendre le légendaire musicien dans le confort d’une salle de spectacles. La vedette anglaise a passé les derniers jours dans la capitale pour mettre la touche finale à son nouveau tour de chant, Freshen Up, présenté en première mondiale dans un Centre Vidéotron rempli à ras bord. Avec un nouvel album, Egypt Station, encore tout chaud, qui a de surcroît atteint aux États-Unis le sommet du palmarès Billboard (une première en plus de 35 ans pour Sir Paul), l’heure était à la fête.

«Je ne veux pas nous vanter, mais l’album est numéro un», s’est-il d’ailleurs félicité avant d’entonner les nouvelles Who Cares et Come On to Me. Cette dernière, à l’énergie résolument juvénile, avait de quoi nous faire oublier que notre homme a dépassé les trois quarts de siècle!

Répondons d’abord à la question que tous se posent : et puis, la voix de Sir Paul? Difficile de nier qu’elle n’est plus la même que dans son jeune temps : le contraire aurait été miraculeux. Si les cordes vocales de l’ex-Beatles ont montré quelques brefs moments de vulnérabilité dans des segments plus dépouillés, le chanteur s’en tire encore fort bien, surtout qu’il est vocalement appuyé par ses musiciens. S’il a atteint un âge où la moyenne des ours assume depuis longtemps son statut de retraité, on n’a pas eu l’impression d’assister au spectacle d’un artiste vieillissant, lundi. Bien au contraire. C’est d’autant plus admirable lorsqu’on considère le répertoire colossal que nous lui devons et l’importance primordiale qu’il représente dans l’histoire de la musique.

Classe et humour

Avec énergie, classe et beaucoup d’humour, c’est tout ce parcours — du premier enregistrement des Beatles à la toute nouvelle Fuh You en passant par quelques succès des Wings — qu’il a une nouvelle fois mis en exergue devant une foule gagnée d’avance, mais jamais tenue pour acquise. «C’est le fun d’être de retour… And it’s good to be back!» a souligné McCartney dans les deux langues officielles, lui qui s’est efforcé, au fil d’un généreux programme musical de près de trois heures, de s’adresser le plus souvent possible au public en français, voire en québécois. Comme dans cet hommage à son «chum» George Harrison avant d’entonner Something seul avec son ukulélé. Ses complices sont revenus à temps pour la fin de la chanson et l’iconique solo de guitare, offrant l’un des moments magiques d’une soirée qui n’en a pas manqué.

En vrac, au chapitre des grands classiques, notons A Hard Day’s Night, qui a lancé les festivités de plus que réjouissante manière; Can’t Buy Me Love qui a rajouté une bûche dans le feu peu après ou I Saw Her Standing There qui a prouvé que tout le monde avait encore du carburant en fin de parcours. 

Dans un registre plus intime, notons un autre hommage, à John Lennon celui-là, qui a précédé Here Today; Blackbird interprétée seul à la guitare sur une plateforme élévatrice dans la lueur des cellulaires; l’incontournable Yesterday, gardée pour le début du rappel ou Hey Jude devant une marée de bras qui s’agitent pendant que l’amphithéâtre chantait d’une seule voix.

Finalement, au rayon plus rock, difficile de passer sous silence la livraison du tonnerre de Back in the USSR, la toujours aussi solide Helter Skelter qui a galvanisé la foule au rappel ou Live and Let Die catapultée dans une pétarade d’effets pyrotechniques, au terme de laquelle le légendaire chanteur s’est bouché les oreilles et a empoigné sa poitrine, l’air de dire :“je suis trop vieux pour ça!” Personne ne vous a cru, mon cher Paul!

Ça s’est terminé sur un «Au revoir toute la gang», sympathique clin d’œil à la première visite de 2008. Plus cool que ça, tu meurs.

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LA LISTE DES CHANSONS

Arts et spectacles

Retrouvailles magiques avec Paul McCartney

CRITIQUE / «Oh man! C’est le party!» a lancé Paul McCartney après avoir livré quatre chansons dans un Centre Vidéotron survolté. Il n’avait encore rien vu… Et nous non plus! Restait encore une bonne trentaine de titres pour célébrer le retour de l’ex-Beatles dans la capitale. Un peu de neuf, beaucoup de classiques et un plaisir évident d’être là, tant sur scène que dans les gradins… Ç’a donné quelque chose comme des retrouvailles magiques!

Dix ans après une première rencontre mémorable sur les plaines d’Abraham et cinq ans après une deuxième visite, elle aussi à l’extérieur, les fans de Paul McCartney ont enfin pu voir et entendre le légendaire musicien dans le confort d’une salle de spectacles. La vedette anglaise a passé les derniers jours dans la capitale pour mettre la touche finale à son nouveau tour de chant, Freshen Up, présenté en première mondiale dans un Centre Vidéotron rempli à ras bord. Avec un nouvel album, Egypt Station, encore tout chaud, qui a de surcroît atteint aux États-Unis le sommet du palmarès Billboard (une première en plus de 35 ans pour Sir Paul), l’heure était à la fête.

«Je ne veux pas nous vanter, mais l’album est numéro un», s’est-il d’ailleurs félicité avant d’entonner les nouvelles Who Cares et Come On to Me. Cette dernière, à l’énergie résolument juvénile, avait de quoi nous faire oublier que notre homme a dépassé les trois quarts de siècle!

Répondons d’abord à la question que tous se posent : et puis, la voix de Sir Paul? Difficile de nier qu’elle n’est plus la même que dans son jeune temps : le contraire aurait été miraculeux. Si les cordes vocales de l’ex-Beatles ont montré quelques brefs moments de vulnérabilité dans des segments plus dépouillés, le chanteur s’en tire encore fort bien, surtout qu’il est vocalement appuyé par ses musiciens. S’il a atteint un âge où la moyenne des ours assume depuis longtemps son statut de retraité, on n’a pas eu l’impression d’assister au spectacle d’un artiste vieillissant, lundi. Bien au contraire. C’est d’autant plus admirable lorsqu’on considère le répertoire colossal que nous lui devons et l’importance primordiale qu’il représente dans l’histoire de la musique.

Classe et humour

Avec énergie, classe et beaucoup d’humour, c’est tout ce parcours — du premier enregistrement des Beatles à la toute nouvelle Fuh You en passant par quelques succès des Wings — qu’il a une nouvelle fois mis en exergue devant une foule gagnée d’avance, mais jamais tenue pour acquise. «C’est le fun d’être de retour… And it’s good to be back!» a souligné McCartney dans les deux langues officielles, lui qui s’est efforcé, au fil d’un généreux programme musical de près de trois heures, de s’adresser le plus souvent possible au public en français, voire en québécois. Comme dans cet hommage à son «chum» George Harrison avant d’entonner Something seul avec son ukulélé. Ses complices sont revenus à temps pour la fin de la chanson et l’iconique solo de guitare, offrant l’un des moments magiques d’une soirée qui n’en a pas manqué.

En vrac, au chapitre des grands classiques, notons A Hard Day’s Night, qui a lancé les festivités de plus que réjouissante manière; Can’t Buy Me Love qui a rajouté une bûche dans le feu peu après ou I Saw Her Standing There qui a prouvé que tout le monde avait encore du carburant en fin de parcours. 

Dans un registre plus intime, notons un autre hommage, à John Lennon celui-là, qui a précédé Here Today; Blackbird interprétée seul à la guitare sur une plateforme élévatrice dans la lueur des cellulaires; l’incontournable Yesterday, gardée pour le début du rappel ou Hey Jude devant une marée de bras qui s’agitent pendant que l’amphithéâtre chantait d’une seule voix.

Finalement, au rayon plus rock, difficile de passer sous silence la livraison du tonnerre de Back in the USSR, la toujours aussi solide Helter Skelter qui a galvanisé la foule au rappel ou Live and Let Die catapultée dans une pétarade d’effets pyrotechniques, au terme de laquelle le légendaire chanteur s’est bouché les oreilles et a empoigné sa poitrine, l’air de dire :“je suis trop vieux pour ça!” Personne ne vous a cru, mon cher Paul!

Ça s’est terminé sur un «Au revoir toute la gang», sympathique clin d’œil à la première visite de 2008. Plus cool que ça, tu meurs.

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LA LISTE DES CHANSONS

Arts

Le plaisir de lire

Du 27 au 30 septembre, le livre sera à l’honneur dans la région alors que se déroulera la 54e édition du Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Le Centre des congrès Delta Saguenay fourmillera d’activités, mais le plaisir de lire se propagera également un peu partout sur le territoire.

La prochaine édition du Salon du livre promet d’être riche. Au total, 302 auteurs et illustrateurs seront présents dans la région pour l’occasion. Quelque 162 activités littéraires figurent à l’horaire de la programmation du Delta. Les visiteurs auront droit à des séances de dédicaces, lectures de contes, entrevues, tables rondes, discussions, lancements d’œuvres et plus encore. Les touts petits pourront profiter de 25 animations, tandis qu’une trentaine d’activités auront lieu au carrefour de la BD et que se tiendra la 28e édition du concours d’écriture Jeunes auteurs, à vos crayons !