Télé et radio

«La fureur», pour un soir seulement

CHRONIQUE / À la simple idée de ramener «La fureur», ne serait-ce qu’un soir, on réentend le thème, «chantez, dansez», on revoit la chorégraphie de l’ouverture, on se replonge dans l’ambiance survoltée du studio 42. Vingt ans après la première et plus de 10 ans après la fin d’une émission qui a marqué notre télévision, Véronique Cloutier et son équipe reprendront du service pour un soir seulement, le samedi 5 janvier prochain sur ICI Radio-­Canada Télé.

C’est en reprenant le concept pour Mariloup Wolfe à 1res fois cet hiver que l’idée est venue de faire revivre La fureur. «Sur le plateau, c’est comme si on était revenu 20 ans en arrière», confie Véronique Cloutier. Ce soir-là, les réseaux sociaux se sont emballés, réclamant le retour de l’émission. Le diffuseur a saisi l’occasion pour exaucer les fans.

Cette spéciale de 90 minutes sera présentée en direct du même studio, comme à l’époque. Quatre équipes se disputeront la victoire, deux composées de vétérans, et les deux autres, de recrues, trop jeunes à l’époque. Pour l’instant, on sait que deux joueurs étoiles de La fureur, Sébastien Benoit et Élyse Marquis, agiront respectivement comme capitaines des équipes des gars et des filles. Quant aux recrues, on peut s’imaginer que des Phil Roy, Jay Du Temple et Mariana Mazza auraient un plaisir fou à vouloir répondre aux questions.

Née à l’été 1998, La fureur était une adaptation d’un concept français. La version québécoise est celle qui a duré le plus longtemps parmi toutes les adaptations du concept dans le monde. Véronique Cloutier avait animé les cinq premières saisons, avant de céder son siège à Sébastien Benoit. Au moment de l’enregistrement de l’émission-pilote, les concepteurs français étaient convaincus qu’il était impossible de présenter l’émission en direct. Au bout de 274 émissions, on peut dire que l’équipe québécoise les a fait mentir.

Le 5 janvier 2019, les fans retrouveront avec plaisir les chants de ralliement, les danseurs et danseuses, et les jeux qui ont fait la renommée de l’émission, dont la chanson arrêtée, la «fausse» aux chansons, Carmen et la chanson à étages, peut-être aussi «Va t’asseoir» et «Je l’ai eu, tu joues pus», créés pour neutraliser Sébastien Benoit, devenu trop fort.

Véronique Cloutier, qui a visionné de vieilles émissions de La fureur, affirme que le concept a bien vieilli. «À part les looks!» blague l’animatrice, qui ajoute qu’aucune autre émission du genre à laquelle elle a participé n’est arrivée à la cheville de l’ambiance de La fureur. «C’était comme 700 bouteilles de 7 Up qui s’ouvrent en même temps», affirme Ève Déziel, qui était là dès le début, et qui revient comme productrice au contenu, tout comme le réalisateur Alain Chicoine. KOTV a racheté les droits, qui appartiennent maintenant à Endemol. Je garde pour ma part un souvenir impérissable de La MégaFureur au Colisée en 2002, que j’ai couvert de la passerelle, et qui avait attiré près de 12 000 spectateurs. C’était phénoménal.

L’an dernier, ICI Radio-Canada Télé avait fait renaître SNL Québec, le premier samedi de janvier. «Ça avait été un gros succès et ça nous a conforté d’utiliser cette case pour profiter de la disponibilité du public quelques jours après les Fêtes», affirme la directrice générale de la Télévision de Radio-Canada, Dominique Chaloult. Un second retour de SNL n’est cependant pas prévu.

Ceux qui rêvent d’un retour hebdomadaire de La fureur devront se faire à l’idée : 1res fois va trop bien pour que Véronique Cloutier pense à laisser tomber cette formule, de retour l’hiver prochain pour une deuxième saison.

LE CHIFFRIER DU DIMANCHE

La première du Beau dimanche a attiré l’attention de 453 000 téléspectateurs dimanche soir sur ICI Radio-Canada Télé, une baisse par rapport à la première de l’an dernier, qui en avait retenu 542 000. Pas convaincu de la place occupée maintenant par Rebecca Makonnen, à droite de l’animateur plutôt que du côté des invités, où on la sentait plus impliquée, moins en retrait. On verra à l’usage. Plus tôt sur le même réseau, la première du talk-show animalier Les poilus a été vue par 482 000 curieux, et celle de Viens-tu faire un tour?, par 531 000. Mais c’est Conversation secrète avec Mike Ward qui a obtenu le plus gros score de la soirée, avec 694 000 téléspectateurs à TVA. Avec des chiffres pareils, ça paraît que l’été s’en vient.

Arts

Bande Sonimage: quatre films d'ici promus

La bande Sonimage prend sous son aile quatre courts métrages créés par des réalisateurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Elle en fera la promotion au cours des trois prochaines années, histoire de maximiser les ventes et la diffusion à l’échelle internationale. Entre autres retombées, cette initiative appuyée par le Conseil des arts et des lettres du Québec, ainsi que le Conseil des arts du Canada, leur donnera accès à de nombreux festivals.

Les heureux élus sont Gros Loup (François Harvey), Sur la ligne de crête (Chantale Boulianne), Des hommes à la mer (Alexandre Ruffin) et Saucha (Claudia Chabot). Ils ont été sélectionnés par un comité formé de pairs et ont pour trait commun d’avoir été projetés lors de la dernière édition du festival Regard sur le court métrage au Saguenay.

« Dans la région, 95 % des cinéastes ne sont pas familiers avec le travail lié à la distribution d’un film. C’est une démarche qui coûte des sous, en plus, ce qui représente l’une des choses que nous assumons. Nous prenons les films en charge et l’objectif est qu’ils soient vus, ce qui s’ajoute à notre gamme de services », a décrit la coordonnatrice, Caroline Gagnon, au cours d’une entrevue accordée au Quotidien.

Pour mesurer l’impact du soutien accordé par La bande Sonimage, il suffit d’examiner les retombées générées depuis que ce projet a été lancé, il y a un an. Les courts métrages qui avaient été choisis, DESTRIER, Terres Rompues, Qu’en ce jour je meure et Le silence fait peur aux brutes, ont été vus en Louisiane, à Prague, à Vladivostok, à Barcelone et à Lisbonne, toujours dans le cadre de festivals.

« La première année est la plus importante dans la vie d’un film. Il faut monter une stratégie en tenant compte de facteurs comme la vocation des festivals, ainsi que leur désir, ou non, de présenter des primeurs à l’échelle nationale ou internationale. Ça demande une longue recherche parce que des festivals, il y en a des milliers. On doit remplir beaucoup de formulaires et si la réponse est positive, on envoie du matériel promotionnel, ainsi que le court métrage », fait observer Caroline Gagnon.

Télé et radio

Claude Legault succède à Marc Labrèche au «Bye Bye»

BLOGUE / Marc Labrèche ne sera hélas pas du prochain «Bye Bye», qui en sera à sa 50e édition, mise à part une apparition. Voilà qui laisse une place libre, accordée à l'acteur Claude Legault, qu'on a surtout vu jouer des rôles dramatiques dans les dernières années.

Grand manitou de la revue humoristique d'ICI Radio-Canada Télé, Simon Olivier Fecteau en a fait l'annonce lors de la première de la saison du talk-show Le beau dimanche.

Anne Dorval, Patrice L'Ecuyer, Pierre Brassard et Véronique Claveau seront tous de retour. Le concepteur a révélé que plusieurs invités seraient de la fête pour souligner ce 50e Bye Bye et a laissé entendre que Marc Labrèche serait là d'une façon ou d'une autre. Il n'est donc pas exclu qu'on le revoit dans une autre formidable parodie de Céline Dion. Labrèche ne manquera pas d'occupation durant la prochaine saison, puisqu'il animera Cette année-là à Télé-Québec, en plus de revenir au printemps à Info, sexe et mensonges, maintenant sur ICI Radio-Canada Télé.

Bien avant 19-2 et Fugueuse, Claude Legault a pu exploiter son talent comique dans les séries Le club des 100 watts, Dans une galaxie près de chez vous, 450, chemin du Golf, au cinéma dans Les trois p'tits cochons et à la Ligue nationale d'improvisation. Comme plusieurs d'entre nous, il affirme regarder le Bye Bye depuis son enfance. «J'y ai rêvé longtemps», a admis le comédien à l'animateur Jean-Philippe Wauthier. Conscient que le défi est énorme, il affirme que sa première réaction à cette proposition a été de «vomir». «Et l'autre, ça a été de vouloir fuir.» Il a finalement dit oui, sachant qu'il devra se prêter à des imitations.

Simon Olivier Fecteau a également profité de sa présence pour confirmer le retour d'En audition avec Simon, sur ICI Tou.tv.

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Arts

Déferlante punk rock au centre-ville

Forts du succès de l’an dernier, les organisateurs du festival musical Le Délüge ont présenté en grande pompe mardi leur programmation. La seconde mouture de ce rendez-vous se tiendra les 14 et 15 septembre et fera vibrer cinq lieux de spectacle au coeur de Jonquière. L’organisation a mis le grappin, en exclusivité québécoise, sur The Sainte Catherines, groupe montréalais renommé, en plus de mettre l’accent sur les formations régionales et une offre variée. Un nouveau site de spectacle aux visées plus accessibles a aussi été annoncé.

Les amateurs de ska, de hardcore et d’autres musiques alternatives ont assisté, nombreux et fébriles, au dévoilement des formations qui fouleront les planches de la salle Nikitoutagan, du pub festif L’Envol, du Côté-Cour ainsi que de la microbrasserie Hopera, où se tenait le lancement de la programmation. La Voie Maltée, partenaire fournisseur depuis le début, embarque cette fois dans l’aventure en offrant sa terrasse sise sur la St-Dominique, où un concert acoustique, aux visées familiales, se tiendra le samedi. 

Les lieux de diffusion intimistes, au coeur du quadrilatère aux abords de la rivière aux Sables, facilement accessibles à pied, verront les groupes The Queers, Dance Laury Dance, Exterio et Xavier Caféïne contribuer à une ambiance unique. 

« L’objectif est de faire sortir les gens, particulièrement les 18-45 ans, et de les faire vibrer au rythme. Certains découvrent, d’autres revivent une partie de leur jeunesse, mais tous soulignent le caractère festif, respectueux et exceptionnel des spectacles du Délüge », souligne Sébastien Lavoie, qui préside le regroupement d’une douzaine d’amis, musiciens et mordus de punk qui ont donné naissance au Délüge. 

Résolument punk rock, mais ratissant large, l’orientation musicale du festival est conçue pour tous les goûts. Les formations francophones et anglophones en offriront beaucoup durant les 48 heures où Jonquière honorera sa réputation survoltée. 

L’organisation bonifie à 37 formations sa programmation cette année, parmi lesquels huit groupes proviennent du Saguenay–Lac-Saint-Jean, dont Beyond Fiction et Oldest Memories. Du nombre, certains se reforment pour l’occasion (Public X, Lily Is So Cute et Les Dérailleurs), alors que The Queers ne fera que deux arrêts dans la Belle Province, l’un à Jonquière et l’autre en Beauce.

Les 100 premiers laissez-passer ont été mis en prévente mardi sur le portail lepointdevente.com, au coût de 38 $. Par la suite, il sera possible de s’en procurer chez GD Musique (Jonquière) ainsi qu’au salon de tatouage Sacré-Bleu (Chicoutimi). Il est aussi envisageable d’acquitter le prix d’entrée à la porte. 

Un festival rassembleur 

Outre les groupes d’envergure qui ont été annoncés, le vent de fraîcheur qu’a amené la tenue de cet événement en septembre dernier a été souligné à de nombreuses reprises, à la fois par les administrateurs du festival, mais aussi par les dignitaires et les gens du milieu jonquiérois. Se tenant à la mi-septembre, période un peu moins mouvementée dans l’offre jonquiéroise, Le Délüge a insufflé une brise d’affluence bien accueillie dans l’arrondissement, avec des retombées économiques non négligeables. « La première édition a été fantastique, entraînant une effervescence marquée et des retombées économiques notables. Saguenay est fière de contribuer financièrement à la tenue de la deuxième édition », a lancé le conseiller municipal Jonathan Tremblay, avouant du même coup que Le Délüge est l‘une des rares activités festivalières à voir sa subvention bonifiée. 

Encore cette année, la corporation du centre-ville de Jonquière est partenaire du festival, tout comme trois microbrasseries régionales (La Voie Maltée, L’Hopera et Riverbend), ainsi que de nombreux commanditaires. 

Il s’agit de l’un des seuls événements régionaux à promouvoir une offre de bières exclusivement régionale sur les sites de spectacles. 

 Surfant le sommet de l’onde créée l’an dernier, les organisateurs du Délüge voient déjà grand pour 2019. Un projet de scène extérieure est dans les cartons, ce qui contribuerait à ouvrir davantage l’offre et à faire grouiller le centre-ville. 

Arts

Un concert dont on ne sort pas indemne

Hier Guernica, les camps nazis, le Vietnam et le Moyen-Orient. Aujourd’hui l’Afghanistan, le Soudan et toujours, le Moyen-Orient.

La guerre que tant d’hommes ont célébrée, l’Anglais Karl Jenkins en a montré le vrai visage dans une oeuvre puissante, dérangeante, L’homme armé-Messe pour la paix. Interprétée vendredi soir, en l’église Saint-Mathias d’Arvida, elle a amené des formations célébrant leurs 75 et leurs 50 ans, le Choeur Amadeus et le Choeur de Québec, à livrer une performance dont nul n’est sorti indemne.

Juste de voir la foule, impressionnante, ainsi que la centaine de choristes regroupés devant l’orchestre et le chef Guy Bélanger, laissait entrevoir que ce concert ne serait pas ordinaire, une impression renforcée par le président d’honneur, Mgr André Rivest. « En cette période tourmentée, ce qu’il y a dans nos coeurs, c’est un désir de paix », a-t-il énoncé.

Le ton était donné pour 65 minutes pendant lesquelles la folie du dernier siècle a enveloppé l’église, un concentré de tous les conflits qui ont montré à quel point il est mince, le vernis de civilisation protégeant l’humanité de la barbarie. Le tout a débuté par un roulement de tambour, puis un thème ancien, L’homme armé, chanté devant un écran où défilaient des portraits de Staline.

Tandis que les percussions se faisaient martiales, les voix d’hommes et de femmes ont exécuté un chant d’une précision d’orfèvre, tant elles étaient savamment mêlées. Le cercle de la violence s’est refermé peu après, dans la partie intitulée Save Me From Bloody Men. Percussions rageuses. Chant de fin du monde. D’aucuns ont sursauté au début de cette séquence dont la sauvagerie s’est communiquée au Sanctus, le chapitre suivant, qu’un cliquetis obsédant a rendu encore plus sinistre.

La guerre a déroulé son tapis de misère, puis l’espoir est apparu, timidement, ensuite avec éclat, jusqu’à la finale où le chant soyeux s’est mué en prière. Les interprètes ayant été à la hauteur des ambitions de Jenkins, de sa foi en l’âme humaine, leurs efforts furent salués avec chaleur, des cris se mêlant aux applaudissements, fort mérités.

Le plus beau est qu’ils remettront ça dimanche à 19 h 30, cette fois en l’église Saint-Charles-Garnier de Sillery. 

Arts

Giorgia Fumanti, apôtre de l'amour

Depuis quatre semaines, le nouvel album de Giorgia Fumanti, Amour, squatte le sommet du palmarès québécois. Seul Éric Lapointe a pu le déloger de la première place dans les derniers jours, ce qui montre à quel point les interprétations de la Québécoise originaire de l’Italie sont appréciées dans sa terre d’accueil.

C’est d’autant plus satisfaisant que cet enregistrement réalisé en 2017 constitue un hommage à sa nouvelle patrie. Toutes les pièces sont en français, en effet, une langue que la chanteuse maîtrise bien, mais moins que l’italien et l’anglais, de son propre aveu. Elle a donc pris ses aplombs avant d’entrer en studio, puisqu’à ses yeux, le texte doit être aussi bien servi que la musique.

« Je tenais à ce que ce soit en français parce que c’est au Québec que j’ai eu mes enfants et parce que ma plus vieille, âgée de 9 ans, est inscrite dans une école francophone, ce dont je suis fière. Je me suis donné du temps pour préparer ce projet et je suis contente du résultat », a confié Giorgia Fumanti jeudi, à l’occasion d’une entrevue téléphonique accordée au Progrès.

Symbolisant sa double allégeance, celle des origines et celle de sa nouvelle vie, trois chansons écrites en italien ont été traduites dans la langue de Tremblay. La plus ancienne, Un amour encore plus grand, a été très populaire dans les années 1970. C’est d’ailleurs elle qui ouvre l’album, tandis que Perdre l’amour et Grand amour ont été placées à la toute fin.

« Tous les Italiens connaissent Un amour encore plus grand, et, lorsque j’ai rencontré les auteurs, ils ont été touchés à l’idée qu’on en fasse une version française, mentionne l’interprète. Je suis également la première femme à l’enregistrer. Plusieurs personnes ont repris cette composition, dont Luciano Pavarotti, mais uniquement des hommes. »

Un cadeau au pape François

Détail intéressant, Perdre l’amour a été offerte au pape François l’année dernière, à la faveur d’une audience privée. « Je l’avais choisie parce que cette pièce évoque l’amour entre un homme et une femme, mais aussi les liens qui unissent des amis et l’amour qu’on porte à Dieu. Quand je l’ai donnée au pape avec quelques-uns de mes albums, sa première réaction a été de demander : ‘‘Est-ce que c’est pour moi ? ’’ Cet homme est si humble », rapporte Giorgia Fumanti.

Cette manière d’être est magnifiée par le luxe ostentatoire qui entoure le souverain pontife. Vivre ainsi n’a pas érodé son humanité, bien au contraire. « J’ai été bouleversée par l’amour que dégage cet homme, sa lumière. Dans ses yeux, on voit un grand coeur », fait observer l’interprète, qui avait amorcé son séjour à Rome en chantant à la télévision vaticane.

Une autre marque d’affection est venue de Claude Dubois, dont elle a repris Si Dieu existe. Ils se connaissaient déjà, puisque leurs enfants fréquentaient la même école, il y a quelques années. Lorsqu’il a entendu cette version, le vétéran lui a spontanément accordé sa bénédiction. « Il a été très gentil avec moi », confirme sa consoeur.

Elle s’est aussi attaquée aux classiques de Jean-Pierre Ferland et de Raymond Lévesque, Une chance qu’on s’a et Quand les hommes vivront d’amour, tout en abordant les monuments du répertoire francophone que sont L’hymne à l’amour et La quête. Entre les deux, on remarque la présence du Hallelujah de Leonard Cohen, la seule pièce qui ait été commercialisée avant l’enregistrement d’Amour.

Elle est tirée d’un album de Noël sur lequel on entend La Croche Choeur, la chorale de Saint-Nazaire dirigée par une amie de la chanteuse, Desneiges Simard. « Nous l’avions faite au Lac-Saint-Jean, et j’ai décidé de la reprendre sur le nouvel album, afin de lui donner une plus grande visibilité, au-delà de la période des Fêtes », souligne l’artiste.

Quant au titre, Amour, il est apparu tout naturellement, après la sélection des pièces qui le composent. Ce qu’il reflète transcende toutefois les mots et les notes qui y sont rassemblés, eu égard au contexte dans lequel ce disque est né. « Mon père était très malade, et, moi aussi, j’ai eu des défis de santé. Or, le fait de me retrouver en studio m’a procuré beaucoup de joie. Le chant, c’est une grande thérapie », constate Giorgia Fumanti.

Arts

Double honneur pour Belle Grand Fille

Belle Grand Fille, alias Anne-Sophie Doré-Coulombe, a remporté les honneurs dans la catégorie Auteur-compositeur-interprète du concours Ma première Place des Arts.

La Métabetchouanaise d’origine, installée à Montréal depuis six ans, a aussi mis la main sur le prix Chanson de l’année avec sa pièce Maille par maille. Tout un doublé pour celle qui propose ses propres chansons depuis un an à peine. 

Anne-Sophie Doré-Coulombe ne pourrait être plus heureuse. Mercredi soir, elle est repartie de la 24e édition du concours organisé par la Société pour l’avancement de la chanson d’expression française (SACEF) avec deux prix convoités. 

« Je suis très contente, très surprise. J’admire beaucoup le travail de mes collègues finalistes. Ce sont des prix importants », affirme-t-elle au cours d’un entretien téléphonique. 

Celle qui a été sacrée auteure-compositrice-interprète du concours a mis la main sur une bourse de 2500 $. Elle a aussi eu droit à une enveloppe supplémentaire de 1500 $ grâce à sa chanson Maille par maille qui a été choisie par un jury de l’industrie 

« Tous les auteurs-compositeurs-interprètes et les groupes qui participaient au concours devaient soumettre une pièce. Du lot, c’est la mienne qui a été sélectionnée », s’étonne encore celle dont le prix lui permettra de monter sur scène dans le cadre des FrancoFolies. 

Depuis 24 ans, le concours Ma première Place des Arts a couronné plusieurs artistes qui ont fait leur chemin dans le milieu. Parmi ceux-ci figurent notamment Nicola Ciccone, Ima, Corneille, Philippe Brach, Klo Pelgag et plusieurs autres. « C’est inspirant. Un concours, ça n’enlève pas le travail qu’on doit mettre pour réussir, mais c’est un coup de pouce, une tape dans le dos dont on a parfois besoin », estime la jeune femme de 27 ans qui monte sur les scènes de la région depuis plusieurs années. Elle détient d’ailleurs un diplôme d’études collégiales en musique du Collège d’Alma. Depuis qu’elle est installée à Montréal, où elle a obtenu un baccalauréat en interprétation jazz de l’Université de Montréal, elle accompagne des musiciens à titre de choriste, percussionniste et pianiste. 

Belle Grand Fille a vu le jour il y a un an seulement. C’est à ce moment qu’Anne-Sophie Doré-Coulombe s’est lancée dans la création de ses propres pièces. « Ç’a été un long processus. Je fais de la scène depuis longtemps, mais à ce moment, ça me prenait un médium pour exprimer mes propres chansons », explique celle qui a opté pour Belle Grand Fille comme nom de scène, un nom que lui donnait sa mère lorsqu’elle était enfant. « Je voulais que ce soit moi, sans que ce soit mon prénom », explique celle qui propose des images qui parlent dans ses pièces. 

Belle Grand Fille, qui travaille sur un EP dont la sortie est prévue à l’automne, affirme être inspirée par Richard Desjardins et par le joual de Fred Fortin. 

« Je crois que je propose du populaire, dans la tradition de la chanson québécoise colorée. C’est très expressif, les mots sont importants, c’est fignolé tout doucement au piano. » Dans le cadre du concours, elle a pu bénéficier des conseils de Dany Placard, qui a agi à titre de mentor. « Ç’a cliqué. Il m’a aidé à changer quelques trucs et ça m’a donné confiance. »

Anne-Sophie Doré-Coulombe participera à la Bourse Objectif scène le 14 juin prochain à la Salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière. 

En attendant, elle sera de passage à Saint-Gédéon où elle a fait l’acquisition de la maison de son grand-père. « Je ne pourrais pas quitter complètement la région. »

Arts

Une belle vitrine pour Meggie Cloutier-Hamel

Les Grands Ballets canadiens de Montréal tiendront une activité prestigieuse à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, du 7 au 9 juin. Ce spectacle ayant pour titre La Soirée des étoiles – Dance Me To The End Of Love mettra en vedette des artistes de réputation internationale, dont la Française Amandine Albisson. Il mobilisera également une jeune interprète de la région, Meggie Cloutier-Hamel, qui dansera avec des collègues de l’École supérieure de ballet du Québec.

Âgée de 15 ans, elle fait sa troisième année au sein de cette institution établie dans la métropole. Son parcours n’a pas été linéaire, comme en témoignent les maux de dos qui l’ont obligée à porter un corset jusqu’au début de 2018. Désormais rétablie, l’adolescente est plus engagée que jamais dans son art, ce qui confère plus de relief à l’expérience qu’elle s’apprête à vivre.

« Son école est affiliée aux Grands Ballets, et Meggie fait partie du groupe d’élèves invités à danser en juin. Il s’agira de sa première participation à ce gala, ce qui lui donnera l’occasion de se faire valoir en présence des dirigeants des Grands Ballets », a raconté la mère de la ballerine, Chantale Hamel, au cours d’une entrevue téléphonique accordée au journal.

Un bonheur n’arrivant jamais seul, Meggie Cloutier-Hamel participera aussi au spectacle de fin d’année de l’École supérieure de ballet du Québec, tenu à la salle Pierre-Mercure de Montréal. Elle sera des représentations données les 25 et 26 mai, un honneur d’autant plus apprécié qu’il n’est pas accordé à tous les élèves de l’institution dirigée par la danseuse étoile Anik Bissonnette. Sa sélection ne tient pas du hasard. Trois ans après avoir quitté Larouche avec ses parents, qui souhaitaient lui offrir le meilleur encadrement possible afin de poursuivre son rêve, l’adolescente affiche une détermination sans faille. « Elle veut décrocher un diplôme d’études collégiales (DEC) en danse et entrer dans une compagnie, que ce soit en ballet ou en danse moderne. C’est pour cette raison qu’elle danse 17 heures par semaine », s’émerveille Chantale Hamel.

Même la nature apporte son concours, puisque la Jeannoise est arrivée au bout de sa phase de croissance. Le fait qu’elle ait atteint une grandeur moyenne représente un atout, dans la mesure où il sera plus facile de l’intégrer dans des numéros collectifs. Le ballet a pris tant de place dans sa vie que deux autres passions, la chanson et la comédie, ont été reléguées à l’arrière-plan.

C’est pourquoi Meggie Cloutier-Hamel ratera le Festival de la chanson de Saint-Ambroise, pour une deuxième année consécutive, en août. « Puisqu’elle participera à un camp de danse d’une durée de trois semaines, en juillet, ça lui laissera peu de temps pour se préparer », explique Chantale Hamel. En ce qui touche ses apparitions à l’écran, par ailleurs, elles se sont tellement raréfiées qu’on peut parler d’une pause prolongée.

Quant à ses parents, loin de regretter leur décision de quitter Larouche, ils songent à mettre en vente leur maison afin d’emménager pour de bon dans la métropole. « Nous nous étions donné trois ans pour voir ce qui se produirait, et, maintenant, il est clair que Meggie s’est bien adaptée. Nous continuerons donc de la suivre, tout en conservant nos attaches au Lac-Saint-Jean », confie Chantale Hamel.

Arts

Reggae, marijuana et réglementation municipale

COMMENTAIRE / Si vous examinez la programmation du Festival international des Rythmes du Monde (FIRM), dévoilée mercredi, vous remarquerez plusieurs noms associés aux scènes hip-hop, rock, pop, folk, country, electro house, flamenco, disco et latino. Ce que vous ne verrez pas, ou si peu, c’est le mot reggae. On l’a accolé au nom de la vedette de l’édition 2018, Wyclef Jean, mais ce brillant touche-à-tout n’explore qu’en pointillé le genre musical popularisé par Tosh et Marley.

Comme l’ont souligné les membres du comité organisateur lors de la rencontre de presse tenue à Chicoutimi, la présence modeste du reggae découle d’une offre moins abondante à l’intérieur de cette mouvance. Les astres n’étaient pas alignés, contrairement à ce qui s’était produit lors de la venue d’artistes tels Ky-Mani Marley, Alpha Blondy et Tiken Jah Fakoly, sans parler de l’inusable Marcia Griffiths, membre des I Threes, l’ensemble vocal qui accompagnait le grand Bob.

Si vous êtes porté sur les théories de la conspiration, vous tracerez un lien entre la discrétion du reggae cette année et la légalisation de la marijuana que le gouvernement fédéral appelle de ses voeux. On le sait, la loi ne sera pas en vigueur le 2 août, jour où la première tranche du festival, celle qui aura lieu sur la zone portuaire, se mettra en branle. Mais pourquoi s’embarrasser des faits quand il est plus agréable d’imaginer de sombres desseins?

Ceux qui ont assisté à des spectacles reggae, en effet, savent qu’un parfum illicite enveloppe inévitablement l’espace où les fans sont regroupés. Même le soir où Ki-Mani Marley, le fils de l’autre, avait chanté sur la rue Racine, sous une plue battante, des amateurs fumaient autre chose que des cigarettes à bouts filtres. C’est un classique, au même titre que les briquets qui s’allumaient dès que Bob Dylan reprenait Blowin’ in the Wind.

Le problème est que dans notre bonne ville de Saguenay, on songe à adopter une réglementation destinée à encadrer la consommation du cannabis dans les lieux publics. C’est ce que rapportait Le Quotidien en janvier, mais comme le diable est dans les détails, une question vient à l’esprit, un brin malicieuse. Le conseil municipal voudra-t-il codifier le comportement des amateurs de reggae qui, tôt ou tard, retourneront au centre-ville pour célébrer une grande messe à l’invitation du FIRM?

Si oui, on lui souhaite bonne chance parce que des gens qui ont écouté Pete Tosh chanter Legalize It et qui apprécient la pièce Smoke Two Joints de Bob Marley n’ont pas attendu la loi de Trudeau pour accéder à la transcendance. Et parions qu’à la première occasion, ils seront excités à l’idée de défier les autorités, ne serait-ce que pour honorer la mémoire de leurs idoles!

Arts

Une nouvelle ère s'ouvre à Langage Plus

Le centre d’art actuel Langage Plus d’Alma est entré dans une nouvelle ère, lundi, lorsque Catherine Bouchard a assumé ses fonctions en tant que directrice administrative. L’équipe qu’elle forme en compagnie de la directrice artistique Mariane Tremblay et de la coordonnatrice à la médiation culturelle Mélissa Corbeil consacre en effet le désir du conseil d’administration d’instaurer une direction circulaire, de préférence à une structure hiérarchique.

« Il s’agit d’un beau défi pour moi, puisque Langage Plus est bien positionné. Je me sens choyée, très motivée », a confié Catherine Bouchard, il y a quelques jours, lors d’une entrevue accordée au journal. Elle est d’autant plus heureuse que le modus operandi se moule à une pratique qui lui est familière, en raison de ses expériences de travail dans le milieu de la recherche.

« J’ai l’habitude de fonctionner en équipe et je trouve ça plus efficace. Si la structure avait été hiérarchique, je n’aurais pas soumis ma candidature », a ajouté la nouvelle administratrice, dont l’enthousiasme est partagé par Mariane Tremblay. Tout comme Mélissa Corbeil, la directrice artistique a oeuvré aux côtés de l’ancienne directrice générale, Jocelyne Fortin. Et elle aussi voit l’avenir d’un bon oeil.

« Déjà, au temps de Jocelyne, nous tendions vers une approche circulaire. Comme l’équipe était stable, elle nous donnait de plus en plus de place. Il restait juste à trouver la bonne personne (Catherine Bouchard) afin de poursuivre le processus », raconte Mariane Tremblay, qui salue au passage la contribution majeure de l’ancienne directrice.

L’institution qu’a servie Jocelyne Fortin est mieux outillée que jamais pour réaliser sa mission première, centrée sur la diffusion. Ses locaux de la rue Collard, à Alma, offrent un cadre intéressant pour la tenue d’expositions et d’activités à caractère éducatif. La fréquentation se maintient, tandis que l’enracinement dans la communauté profite d’initiatives comme les résidences en milieu scolaire, une expérience tentée avec succès dans la dernière année.

Elle a permis à l’artiste Carl Bouchard d’oeuvrer avec des écoliers de Mashteuiatsh, tandis que sa consoeur Catherine Lisi-Daoust faisait de même à Alma. « Nous avons connu deux succès et nous souhaitons poursuivre dans la même voie au cours de la prochaine année. Dans chaque cas, nous avons pu mesurer les bienfaits que la création apporte aux jeunes », fait valoir Mariane Tremblay.

Une autre initiative fructueuse est la résidence dans l’est de la France, un programme d’échange instauré en 2004, de concert avec le FRAC Alsace (Fonds régional d’art contemporain). Un nouvel appel de candidatures a été lancé il y a quelques jours, à l’intention des artistes du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Ils ont jusqu’au 15 juin pour soumettre un dossier à Langage Plus.

Quant aux expositions, elles continueront d’incarner la volonté de l’administration de mettre l’art en rapport avec la vie, tout en articulant une réflexion sur des thèmes tels que l’identité, le territoire, l’urbanité et la vie en société. « Chaque année, nous recevons plus de propositions que nous n’avons d’espace pour les accueillir. Par contre, les choix se décantent tout naturellement », constate Mariane Tremblay.