Yves Sergerie proposera un spectacle dans lequel on découvrira toutes les possibilités de l'harmonica.

Yves Sergerie, maître harmoniciste

Elle est révolue, l'époque où Yves Sergerie montait sur les tables en soufflant dans son harmonica. Lui qui aimait chanter a aussi renoncé à ce mode d'expression à la suite d'une opération aux cordes vocales. L'amour de la musique ne l'a pas abandonné, cependant, ce dont témoignera le spectacle qu'il étrennera le 14 avril, au restaurant Le Merlin de Chicoutimi.
Le Saguenéen, qui a le sens de l'humour, l'a baptisé H@rmoni.ca. Ses instruments sont tout ce qu'il y a de plus traditionnel, pourtant. Pas fidèle pour deux sous, il laisse son coeur balancer entre l'harmonica basse, l'harmonica chromatique et une infinie variété d'harmonicas diatoniques.
Sa carrière l'a mené au Spectrum, ainsi qu'au Forum de Montréal, pendant les quatre années où Yves Sergerie faisait partie du groupe country de Bourbon Gauthier. Il a aussi tourné avec Charlotte Hébert, tandis qu'ici, on l'a vu animer d'innombrables soirées au sein de la formation Taxi Blues et du duo Rick et Slim.
Cette fois, c'est aux côtés d'un autre vétéran, le contrebassiste Réjean Blackburn, et du batteur David Simard, que l'harmoniciste prépare son retour. Leur trio a concocté un spectacle acoustique qui présente le meilleur de l'harmonica, à tout le moins dans les registres du jazz, de la chanson française et de la musique latine.
«Bien qu'il soit moins festif que ce que faisais avant, c'est le meilleur spectacle que j'ai monté. Ce sera l'occasion de présenter différentes dimensions de l'harmonica dans un cadre intimiste», a affirmé l'interprète il y a quelques jours, lors d'une entrevue accordée au Progrès-Dimanche.
Du jazz au hip-hop
Le répertoire abordé dans H@armoni.ca comprend des titres aussi familiers que l'Hymne à l'amour et Ne me quitte pas. Du côté de la note bleue, on retrouvera des standards comme Summertime et Autumn Leaves, ainsi que le Petite fleur de Sydney Bechet.
Le blues et les rythmes latins auront également droit de cité, ce qui est moins étonnant que la dernière partie du spectacle où le trio deviendra un quintette. Membres des Indispensables, les rappeurs O-Max et Bamboo Buska, deux neveux de Yves Sergerie, viendront scander leurs textes pendant une trentaine de minutes.
«Ça fait longtemps qu'on veut monter un projet ensemble. On a développé une belle complicité, alors qu'ils ont écrit des paroles sur des compositions créées par moi et Réjean, entre autres. Ça va apporter une touche spéciale», anticipe l'harmoniciste.
Son voeu est de faire vivre le spectacle pendant quelques mois, d'où les démarches entreprises dans la région, ainsi qu'à l'extérieur. «Les gens verront ce que c'est, l'harmonica, et qui sait? Peut-être que ça donnera le goût à un jeune de prendre la relève», anticipe Yves Sergerie.