Les premières plaintes déposées en 2015 visaient les usines fabriquant du papier surcalandré (papier glacé), notamment celles de Dolbeau-Mistassini et de Kénogami, tandis que la plainte de Norpac s'adresse aux fabricants d'un plus large éventail de papier, tel que le papier journal.

Une nouvelle plainte américaine contre Résolu

Produits forestiers Résolu pourrait faire face à un autre coup dur. Une troisième compagnie américaine a déposé une plainte au gouvernement des États-Unis, dénonçant les subventions accordées aux fabricants de papier canadiens. Les usines de Dolbeau-Mistassini et de Kénogami de PFR avaient déjà été frappées d'une surtaxe à la suite de plaintes déposées en 2015 par deux compagnies américaines. C'est maintenant l'usine d'Alma qui est visée, de même que celles d'Amos, de Baie-Comeau, de Clermont, de Gatineau et de Thunder Bay. Résolu ne saura toutefois qu'en juillet 2018 si de nouvelles taxes seront imposées.
Il y a deux ans, les exportations de papier de Dolbeau et de Kénogami étaient frappées d'une taxe de 18 % aux États-Unis, à la suite de plaintes déposées par deux compagnies américaines, qui jugeaient déloyale la compétition, prétextant que Résolu avait droit à des subventions gouvernementales. À cette époque, l'usine d'Alma n'était pas touchée par ces plaintes. Mais voilà que Résolu a appris, vendredi, qu'une nouvelle compagnie américaine, Norpac, dénonçait maintenant la situation au département américain du Commerce.
« Norpac demande aux fédéraux d'arrêter le ''dumping'' canadien injuste », peut-on lire dans la lettre envoyée au gouvernement américain et datée du 10 août.
La société américaine, basée à Washington, allègue que les fabricants de papier canadiens bénéficient de 65 subventions gouvernementales différentes, qui s'élèvent à « des centaines de millions de dollars ». Les subventions fédérales et provinciales comprennent les subventions gouvernementales, les allégements fiscaux, les prêts subventionnés, les matières premières aux coûts inférieurs aux marchés et l'électricité subventionnée à bon marché, estime Norpac.
Toujours selon la compagnie américaine, cette situation permettrait aux fabricants canadiens de vendre du papier de 16 à 65 % moins cher que la normale du marché.
« Alors que la demande pour tous les types de documents d'impression et d'écriture est en déclin à long terme, nous croyons que Norpac et d'autres producteurs américains ont beaucoup souffert des pratiques commerciales déloyales engagées par les producteurs canadiens et leurs gouvernements », a déclaré Craig Anneberg, président de Norpac, par voie de communiqué.
Les premières plaintes déposées en 2015 visaient les usines fabriquant du papier surcalandré (papier glacé), notamment celles de Dolbeau-Mistassini et de Kénogami, tandis que la plainte de Norpac s'adresse aux fabricants d'un plus large éventail de papier, tel que le papier journal.
La plainte, qui s'accompagne d'une pétition, est maintenant entre les mains du département américain du Commerce. Si le dossier est traité par le gouvernement des États-Unis, le processus d'enquête durera environ un an, afin de déterminer si les compagnies américaines sont bel et bien lésées. C'est d'ici juillet 2018 que les fabricants de papier canadiens visés sauront s'ils se verront imposer une nouvelle taxe.
Kénogami et Dolbeau-Mistassini
En février dernier, le responsable des communications de la multinationale, Karl Blackburn, avait expliqué qu'au 31 décembre 2017, avec l'imposition de la surtaxe de 18 % sur les exportations de papier aux États-Unis, les usines de Kénogami et de Dolbeau-Mistassini auront déboursé 50 millions $ en taxes compensatoires.
« La première victime de cette taxe a été la fermeture de l'usine Laurentides à Shawinigan. Maintenant, les usines à risque sont celles de Dolbeau et de Kénogami », avait affirmé M. Blackburn.
D'ailleurs, l'usine de Kénogami avait arrêté sa production durant deux semaines, en mars dernier.