La soprano France Bellemare, originaire de Saint-Félicien, a accompli un exploit en décrochant la troisième place, mercredi soir, à l'occasion du Concours musical international de Montréal.

Une joie inespérée pour France Bellemare

Troisième au Concours musical international de Montréal, mercredi soir, la soprano originaire de Saint-Félicien, France Bellemare, vient de forcer la porte du destin. En plus de décrocher une bourse de 10 000 $ à laquelle se grefferont des bonifications, l'artiste de 27 ans a ajouté à son c.v. le genre de mention qui ouvre la porte des maisons d'opéra.
« Au début, je me disais que j'aurais de la misère à me rendre en demi-finale. Je ne pensais pas qu'il serait possible d'aller aussi haut », a-t-elle confié hier, lors d'une entrevue téléphonique accordée au Quotidien. Enjouée, même s'il restait un gala à préparer pour ce soir, avec les autres lauréats, la jeune femme profitait pleinement de l'instant.
Pour prendre la mesure de son exploit, rappelons que 24 concurrents provenant de neuf pays étaient en lice à l'étape des quarts de finale. La Jeannoise a traversé l'épreuve sans coup férir, tout comme la demi-finale, alors qu'elle était appuyée par son amie, la pianiste Marie-Ève Scarfone. Ce fut plus ardu en finale, puisque les six « survivants » devaient se produire à la Maison symphonique, lors d'un concert de l'Orchestre symphonique de Montréal.
« C'était exigeant, puisque je n'avais jamais chanté là. L'acoustique fait ressortir les moindres nuances du jeu de l'orchestre. Il faut donc trouver sa place là-dedans, une forme d'équilibre. En même temps, ça représentait 40 minutes de musique, avec des airs souvent difficiles », rapporte France Bellemare.
Juges et critiques ont salué son talent. Même les plus pointilleux ont vanté sa voix, certains laissant entendre qu'une position plus élevée n'aurait pas été usurpée. En prime, des offres ont été soumises à la soprano, sitôt la compétition terminée.
Elle qui venait d'interpréter des airs de Rachmaninov, Puccini, Mozart et Bizet, en plus du cycle Les nuits d'été de Berlioz, sera donc occupée dans les prochains mois. Elle retournera à l'Atelier lyrique de l'Opéra de Montréal et participera à quelques productions, tout en effectuant des auditions en Europe.
Quant à son prochain concert, il la ramènera au Camp musical du Saguenay-Lac-Saint-Jean, le 2 août à 10 h 30 (9 h 30 si on profite du repas). « Pour ce récital matinal, je ferai des airs de Carmen et La Bohême, du Piaf aussi. J'ai hâte de découvrir la salle. Ce sera un beau moment intime », anticipe France Bellemare.