Une cure de jouvence

Bien que La Fabuleuse histoire d'un royaume fête son 26e anniversaire cette année, le spectacle à grand déploiement a toujours un petit air de jeunesse. Pour cette cuvée 2014, c'est au tour de l'environnement sonore ainsi que la scène du déluge d'avoir droit à une cure de jouvence.
Les spectateurs étaient au rendez-vous en grand nombre hier soir pour la grande première. Tout au long de la présentation, et particulièrement lors des tableaux comportant des effets spéciaux, le public présent au Théâtre du Palais municipal de La Baie a vivement réagi en laissant entendre des cris d'émerveillement tout en sursautant à quelques reprises.
Immense fresque vivante relatant les hauts faits de l'histoire du Saguenay-Lac-Saint-Jean, La Fabuleuse est désormais connue de tout un chacun pour sa horde inusitée de comédiens (plus de 150) et ses effets spéciaux saisissants. Évidemment, comme le dit l'adage, à quoi bon réparer quelque chose qui n'est pas brisé? Du coup, même si les grandes lignes du récit sont fidèles à ce que le public a pu voir au cours des dernières années, il reste qu'elle bénéficie cette fois-ci d'une revitalisation de sa bande sonore. Le non-initié aux difficultés techniques qu'un tel changement peut apporter présumera qu'il ne s'agit là que d'une réactualisation purement cosmétique, or nul n'a besoin d'être un spécialiste du domaine pour constater à quel point cette mise à jour est saisissante.
À la différence de l'ancienne bande sonore, où seul un mixage stéréophonique était possible, La Fabuleuse a maintenant droit à un effet 5.1, ce qui signifie que désormais, de multiples sources sonores sont disposées autour de la salle. Ainsi, la provenance de chaque échantillon dirigera instinctivement le spectateur à jeter le regard dans la direction où l'action a lieu et, de ce fait, les tableaux à grand déploiement n'en sont que plus réalistes.
Dans le même ordre d'idées, il faut souligner que ces fameux tableaux à effets spéciaux sont toujours aussi efficaces. Ici, on n'a qu'à penser au tableau imageant la Deuxième Guerre mondiale, où des soldats descendent littéralement du plafond en plus des nombreuses explosions à donner des frissons dans le dos. Même son de cloche quant au tableau illustrant le Grand feu de 1870. D'ailleurs, accordons une mention d'honneur à la courageuse comédienne qui joue le rôle de la torche humaine. Difficile de rester froid devant un tel exploit.
Bien entendu, on ne peut passer sous silence la scène du Déluge de 1996. Tragédie encore toute fraîche dans l'imaginaire collectif, celle-ci est abordée avec sensibilité et compassion tout en en mettant plein la vue. De plus, le tableau profite cette année d'un tout nouvel enrobage visuel conçu par l'entreprise régionale Zed.
Enfin, du côté des comédiens, on pourrait blâmer l'utilisation d'une bande sonore, toutefois, en tenant compte de toute l'artillerie nécessaire afin de donner vie à un tel spectacle, il serait tout à fait irréaliste de leur faire interpréter leurs lignes de vive voix. Aussi, grâce à la mise en scène minutieuse de Louis Wauthier, on sent qu'aucun comédien n'est laissé à lui-même sur scène et le spectateur se laisse ainsi rapidement emporter par toutes ces vies qui s'animent sur les planches.
Le spectacle de La Fabuleuse histoire d'un royaume est présenté jusqu'au 23 août au Théâtre du Palais municipal de La Baie.