La proximité de l'usine Résolu de Saint-Félicien est susceptible de bonifier le projet d'usine-pilote de transformation de biomasse forestière en gaz naturel.

Un projet-pilote à Saint-Félicien

Un projet d'usine pilote de transformation de biomasse forestière en gaz naturel pourrait voir le jour à Saint-Félicien. Un investissement de plusieurs dizaines de millions de dollars.
Gaz Métro a aménagé un banc d'essai de transformation de biomasse forestière en gaz naturel à son centre de technologie de Boucherville.
Le député de Roberval, Philippe Couillard, et le maire de Saint-Félicien, Gilles Potvin, travaillent très fort pour que le projet se concrétise.
« J'ai dit à Gaz Métro que je voulais que ce soit dans ma région, dans le nord du Lac. Ils sont intéressés par le projet. Moi, je vais faire tout ce que je peux pour le développer », a déclaré le premier ministre lors d'une entrevue avec Le Quotidien.
Gaz Métro confirme son intérêt à mettre en place une usine pilote. « Nous avons fait un banc d'essai de transformation de biomasse forestière en gaz naturel à notre centre de technologie de Boucherville avec l'entreprise G4 Insight à l'aide d'un procédé thermochimique appelé l'hydrogénation pyrocatalytique. Les essais sont concluants et nous sommes prêts à passer à une autre phase, mais le projet est encore embryonnaire », mentionne la porte-parole de Gaz Métro, Catherine Houde.
Le maire Gilles Potvin estime que Saint-Félicien est l'endroit idéal pour accueillir ce projet.
« Un maillage naturel devrait se faire en s'associant à Résolu pour réaliser ce projet. L'usine pourrait être construite à côté de l'usine de pâte et ainsi fournir du gaz aux Serres Toundra. Comme le chemin de fer se rend, il sera facile d'y acheminer de la biomasse, dont des copeaux », mentionne-t-il.
En effet, le procédé pourrait même utiliser des copeaux. Avec la baisse de la demande pour le papier, les compagnies seront peut-être confrontées à un surplus de copeaux. Gilles Potvin pense que cette usine permettrait de valoriser tout le bois qui n'a plus de valeur commerciale à cause de la tordeuse du bourgeon de l'épinette.
Chez Gaz Métro, on confirme que Saint-Félicien a une situation stratégique.
« À Saint-Félicien, nous sommes au bout d'un réseau. Il serait donc plus simple pour Gaz Métro d'injecter ce gaz naturel renouvelable par la ligne déjà existante. Il est important de préciser que d'autres endroits au Québec sont aussi à l'étude », déclare la porte-parole.
Projet d'avenir
Philippe Couillard y voit un projet porteur d'avenir.
« Résolu semble en accord avec l'architecture du projet. Il s'agirait d'une belle forme de diversification des produits forestiers. Je vais tout faire pour qu'on s'entende. Imaginez le jumelage avec les Serres Toundra. Il y aurait un beau circuit d'énergie produite par la biomasse qui serait réinjectée dans les serres. Ça fait un circuit environnemental et économique extraordinaire », a-t-il fait valoir.
Gilles Potvin estime que Gaz Métro doit se « verdir ».
« L'entreprise aurait un modèle unique en fournissant du gaz naturel renouvelable pour les serres et ainsi contribuer aux prochaines phases. C'est un projet emballant pour le futur de notre municipalité », a-t-il affirmé.
Gaz Métro ne s'en cache pas, l'entreprise veut devenir une importante productrice d'énergie.
« Nous voulons valoriser la biomasse forestière et générer du gaz naturel renouvelable et québécois », a indiqué Catherine Houde.
Incertitude fédérale
Le premier ministre a soulevé une inquiétude lorsqu'il a parlé au Quotidien de ce projet.
« Par contre, les gens qui sont venus me rencontrer m'ont dit que l'incertitude fédérale entourant le caribou forestier devra se stabiliser et se dissiper. Pour investir, ils ont besoin de certitude pour l'approvisionnement forestier », a-t-il soulevé.