Le Syndicat des producteurs de bois du Saguenay-Lac-Saint-Jean organise chaque année la Journée forestière.

Un million $ en moins pour les producteurs de bois

Si le conflit du bois d'oeuvre avec les Américains s'éternise durant une année avec les mêmes conditions, les producteurs des forêts privées au Saguenay-Lac-Saint-Jean y laisseront plus de 1 million $.
Pierre-Maurice Gagnon
Les producteurs ne réussissent pas à vendre le bois aussi cher qu'ils le pourraient actuellement, car les scieries avec qui ils font affaire sont grandement affectées par les droits imposés par les États-Unis sur les importations canadiennes. Alors que le prix au mètre cube devrait se situer entre 55 et 60 $, certains arrivent difficilement à obtenir 47 $ au Québec. Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, le manque à gagner est plutôt de trois à quatre dollars par mètre cube grâce à de bonnes ententes. Sur une production annuelle de 300 000 à 350 000 mètres cubes, le calcul se fait facilement avec les explications du président du Syndicat régional des producteurs de bois, Pierre-Maurice Gagnon.
Rencontré samedi lors de la journée forestière annuelle, celui-ci a normalement le coeur à la fête. L'événement se tient au site de la Nouvelle-France à Saint-Félix-d'Otis et attire des centaines de personnes. Exposants, démonstrations de coupe de bois et équipements forestiers sont au programme, autant pour le grand public que pour les quelque 4000 membres du syndicat. Même si la journée est festive, les conséquences du conflit commercial prennent rapidement place dans la conversation.
« La journée sert à se faire connaître. La coupe de bois, c'est une activité naturelle, mais il faut éduquer les gens pour qu'ils sachent ce qu'on fait. Même les élus ne sont pas toujours conscients des enjeux pour la forêt privée, à travers la mer de la forêt publique. Oui il faut la défendre, mais le bois issu du privé devrait être exclu des taxes des Américains. Ils ne peuvent pas dire que c'est subventionné par le gouvernement », croit M. Gagnon.
Le président syndical, solidaire de l'industrie en forêt publique, estime tout de même que ce point serait un gain important dans les négociations. « On est chanceux que le prix soit assez élevé ces temps-ci », lance-t-il.
Le litige du bois d'oeuvre n'est pas la seule préoccupation des producteurs de bois privé. « Il y a une crise de surplus de copeaux et des sous-produits, il y en a trop sur le marché. Même si les entreprises ont une forte demande pour le bois de sciage, les scieries ne roulent pas à plein régime étant donné qu'elles restent avec trop de copeaux », explique Paul-Maurice Gagnon.
L'épidémie de la tordeuse du bourgeon de l'épinette affecte aussi les producteurs, qui ne peuvent plus vendre le bois lorsque l'arbre est contaminé. « C'est un stress, ils se dépêchent de couper avant que la tordeuse arrive, alors que normalement ils auraient fait autrement », précise M. Gagnon.